Sauvons la forêt

17 juin 2019

 

C’est surtout ceux qui l’entretiennent si bien qu’il faut sauver. En effet depuis plusieurs années les gouvernements successifs ont mis en place un plan sournois de privatisation de l’ONF, un organisme publique qui gère, assure leur entretien et protège les forêts. Le principal défaut pour l’état et l’actuel gouvernement, c’est que les agents de cet organisme sont des fonctionnaires. Une politique de dé-fonctionnarisation des emplois est en route en remplaçant les départs en retraite par des emplois privés. En conséquence il n’y a plus de concours de recrutement de fonctionnaires à l’ONF depuis quelques années. Si traditionnellement il y avait déjà 40% d’emplois privés au sein de l’ONF ce pourcentage va augmenter rapidement, c’est la fin programmée d’un service public (un de plus).

Une nouvelle mission

Tout cela correspond à un changement de la mission du forestier. Si l’un des rôles de l’agent, armé et assermenté, était de surveiller (empêcher le braconnage), de gérer et de protéger la forêt, ces fonctions disparaissent au profit d’activités financièrement plus rentables pour l’état, la production et la vente des arbres avec de nouvelles spécifications. Le bois doit être façonné en fonction des applications industrielles. La nature doit s’adapter aux exigences de l’industrie; ce n’est pas vraiment dans l’esprit du garde forestier.

Une usine à bois

Ce métier de passion évolue vers une surexploitation de la ressource qui devient une usine à bois. Encore une ressource renouvelable et un bien commun national qui va passer au privé, comme les barrages hydroélectriques, la politique de ce gouvernement est suicidaire. Récemment les forestiers sont sortis du bois (!)  pour protester contre leur privatisation au profit des grands lobbies toujours à l’affût ! Il faudrait les soutenir si l’on veut continuer à promener nos petits enfants sans risque dans les forêts domaniales comme celle de Bercé dans la Sarthe. Pourtant les choses avancent, la déclaration des droits de l’arbre vient d’être proclamée à l’assemblée nationale lors du colloque d’une association de défense de la forêt.

Pas mieux ailleurs

Si l’on quitte le territoire national, la situation n’est pas meilleure. Le problème principal est la destruction des forêts tropicales pour les remplacer par une culture industrielle de palmier à huile au détriment de ses habitants donc de la biodiversité. Total n’est pas en reste en envisageant d’installer une bio-raffinerie pour produire du biodiésel à partir d’huiles d’origines diverses mais surtout d’importantes quantités d’huile de palme importées. Pas de chance les députés ont retirés l’avantage fiscal à l’huile de palme en décembre dernier et le parlement européen a voté l’interdiction d’utiliser l’huile de palme comme carburant à partir de 2021. Comme d’habitude ce gouvernement va dans le mur privilégiant les lobbies au détriment des citoyens, c’est navrant !

Réforme du bac

10 juin 2019

Jusqu’ici le baccalauréat était un diplôme universitaire, le premier, et c’était d’ailleurs un enseignant-chercheur qui, en président le jury, le délivrait au candidat. C’était un honneur mais aussi un pensum pour mes collègues et moi lorsque l’on était désigné par l’administration. Ce diplôme permettait d’accéder à l’université dans la filière de son choix, mais l’augmentation conséquente des bacheliers a fini par engendrer des problèmes d’accueil dans certaines filières et a obligé les gouvernements successifs à trouver des solutions qui n’ont pas toujours été très heureuses comme le tirage au sort de triste mémoire. La mise en place de « Parcoursup » tente de résoudre partiellement ce problème de sureffectifs en orientant de force certains étudiants vers des filières moins engorgées et à priori plus en adéquation avec leur formation dans le secondaire. 

Réforme à marche forcée 

Avec la réforme du baccalauréat, à marche forcée, mise en place dès la rentée prochaine par l’actuel Ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer,  il va y avoir de nombreux bouleversements qui inquiètent à la fois les enseignants,  les parents d’élèves mais aussi très certainement les futurs bacheliers. Le ministre se vante d’un large consensus pourtant en 2018 le conseil supérieur de l’éducation avait rejeté massivement le projet du ministre.

Une escroquerie

Plusieurs problèmes apparaissent : la disparition des maths dans le tronc commun alors que l’on manquait déjà de scientifiques est une mauvaise idée. La suppression des  filières classiques au profit de « spécialités » choisies par les élèves en fin de seconde (parcours individualisé), est une escroquerie dans la mesure ou la liberté de choix, prônée par le ministre, va se heurter à la réalité du terrain. Chaque établissement ne sera pas en mesure de proposer toutes les options et loin de là. C’est une logique de concurrence entre élèves et entre établissements qui se met en place avec la possibilité d’aller chercher des options manquantes dans les établissements privés. 

Logique de tri sélectif

Avec le « parcours individualisé » et  le  « parcoursup » à l’arrivée, c’est une logique de tri qui se surajoute. L’élève-produit devra apprendre à se vendre, à construire son CV pour être accepté dans les formations de l’Enseignement Supérieur. En faisant cela on renforce l’individualisme des élèves au détriment de l’égalité républicaine. Les établissements de banlieue ou de province,  déjà souvent mal dotés en formations, et qui accueillent  des élèves issus de catégories sociales défavorisées, risquent de voir leurs offres encore diminuer.

 Cette réforme a surtout pour but de faire des économies sous couvert de révolution pédagogique. Le manque de moyens inhérent à l’éducation nationale depuis des lustres va se poursuivre avec des classes surchargées; la barre a été fixée à 36 élèves par classe pour obtenir des moyens supplémentaires, c’est très pédagogique ! Il faudrait surtout sauvegarder le caractère national de ce diplôme, mais ce gouvernement libéral a tendance à tout dénationaliser. Que va-t-il rester de nos valeurs républicaines après son passage, on peut craindre le pire !

 

Encore plus de CO2

27 mai 2019

Un nouveau record mondial, mais de celui là on ne peut pas en être fier : la teneur en dioxyde de carbone ou CO2 a dépassé les 415 ppm (parties par million). Triste record alors qu’en 2015 elle était encore à 400 ppm et que dans les années 1990 quand nous étalonnions au laboratoire l’analyseur de CO2 dans l’infrarouge, la valeur retenue était de 380 ppm. Il faut regarder très loin en arrière de l’ordre d’au moins 3 milliards d’années pour retrouver une telle teneur dans l’atmosphère de notre planète.

Accord de Paris

Malgré l’accord de Paris de 2015, en 2017 les émissions de gaz à effets de serre ont battu tous les records en augmentant de façon croissante tous les ans de 2,5 ppm en moyenne et devrait augmenter de 3 ppm cette année. Bien que l’humanité soit maintenant consciente du danger, on s’étonne qu’un Donald Trump aux USA ou un Bolsonaro au Brésil puissent continuer, sans état d’âme et sans être inquiétés, à exploiter intensément les énergies fossiles pour le premier ou à détruire la forêt amazonienne pour le second ! Que fait l’ONU à part distribuer des prix de champion de la terre comme pour Emmanuel Macron en 2018 ? Pourquoi pas Trump ou Bolsonaro pour 2019 ! Suspens. Pourquoi ces états et leurs présidents ne sont-ils pas poursuivis alors que la notion de crime écologique est maintenant acceptée par la plupart des nations.

Pas uniquement la Chine

Avec 29 % de rejet la Chine est le premier émetteur de CO2 devant les États Unis qui y participe pour 15 %. L’Union européenne arrivant en troisième position avec 11%. Par contre les émissions par habitants placent les États Unis loin devant la Chine. Pour notre pays l’émission de CO2 est quand même de 5,3 t par habitant, mais c’est deux fois moins que nos voisins allemands. Les origines de ce CO2 sont principalement la combustion du pétrole, du charbon et du gaz auxquels s’ajoutent la déforestation et l’utilisation des sols qui en résulte. Alors que le système se régulait depuis des millénaires les puits de carbone naturels éliminant le CO2 de l’atmosphère au fur et à mesure qu’il était produit par les sources naturelles comme la respiration, la décomposition des végétaux et le rejet océanique. Grâce à ce mécanisme le niveau de dioxyde de carbone se maintenait à un niveau satisfaisant,  un équilibre qui s’est maintenu depuis des millions d’années jusqu’à ce que les activités humaines le perturbe en ajoutant du CO2 dans l’atmosphère mais sans prévoir son élimination. Bien que l’apport du aux activités humaines soit faible par rapport au dioxyde de carbone anthropomorphique, elles ont suffit à engendrer un déséquilibre. Il ne reste plus qu’à planter beaucoup d’arbres mais j’ai peur que ce soit un peu tard et sûrement insuffisant ! La jeunesse est inquiète en manifestant tous les vendredis et elle a raison.

Coïncidence, hasard ou nécessité

20 mai 2019

 

Le jour du dépassement est atteint : c’est la date  où l’Europe a épuisé ses ressources pour l’année 2019.  Donc en un peu plus de 4 mois les européens ont épuisés toutes les ressources naturelles (arbres, poissons, etc.) du continent disponibles pour l’année. C’est aussi le jour où nos émissions de gaz à effet de serre dépassent ce que nos océans et nos forêts peuvent absorber.

Programme européen de Macron

Comme par hasard la veille est publié le programme européen de Macron qui est tout d’un coup très écologiste, une thématique pourtant jusqu’ici oubliée dans les discours d’un président pas très vert. Ce revirement très conjoncturel est difficile à croire et les principales mesures comme une taxe carbone aux frontières pour tous les produits provenant de pays ne respectant pas les normes environnementales européennes, souvent proposée mais jamais appliquée. Ou encore l’interdiction des pesticides, vœu pieu tout de suite démenti par le président lui même, ne ciblant l’interdiction du glyphosate que dans 3 ans et avec des réserves, etc.

20 % de la bio capacité

Avec 7 % de la population mondiale les européens consomment 20 % de la bio capacité de la terre. Si le reste du monde faisait pareil il faudrait presque 3 planètes pour subvenir aux besoins de la population mondiale. Inverser cette tendance est pourtant  indispensable. La campagne sur la réduction de la consommation de viande ou la campagne sur l’isolation gratuite des maisons sont une fois encore des voeux pieux.

« Quand je serais grand je voudrais être vivant »

Les manifestations des jeunes pour le climat, qui se sentent beaucoup plus concernés que nos dirigeants la plus part cinquantenaires, sont impressionnantes mais n’atteignent pas vraiment leurs buts. Le slogan « quand je serais grand je voudrais être vivant » résume bien leur revendications, mais elle étaient jusqu’ici peu prise en compte par l’actuel gouvernement qui avait déjà fort à faire avec celles des gilets jaunes. L’approche des élections européennes a changé la donne et soudain le programme de LREM prend tout d’un coup en compte tous les problèmes environnementaux, comme un battement d’ailes de papillon aurait dit Loiseau !

Scandale des votes

13 mai 2019

 

Un vrai scandale et une manipulation : l’assemblée nationale vient de voter la vente des bijoux de famille à 6 h du matin après une nuit de débat  par 42 voix contre 17 sur 577 députés, le compte n’y est pas. Où étaient les autres députés dans leur lits ou en boîte de nuit comme Castaner ? Suite à ce vote, c’est un paquet cadeau qui est proposé au privé avec comme produit d’appel « ADP aéroport de Paris », en deuxième lot « la française des jeux » et cerise sur le gâteau quelques reliquats d’ENGIE. Rien ne justifie ces privatisations hormis de combler le déficit des fins de mois de notre président.

 Votes discrets

Un autre vote discret de nuit reculant de trois ans la date d’interdiction des pesticides par 27 voix contre trois, on croit rêver nos députés sont des couche-tôt. Lors du vote pour l’interdiction du glyphosate, amendement qui a été rejeté par 63 contre et 20 pour,   491 députés étaient absents. On continuera donc à nous empoisonner et à hypothéquer l’avenir de nos enfants.

Députés inconséquents

 L’inconséquence de nos représentants du peuple grassement rémunérés est un scandale, mais il semble qu’il n’y ait rien à faire, car à l’assemblée il n’est pas prévu de quorum minimum pour les votes. Le taux moyen de présence aux votes est autour de 20 % ce qui choque beaucoup de nos citoyens . Pour lutter contre cet absentéisme chronique et la possibilité qu’ils ont de voter par procuration sans être présent dans l’hémicycle, dorénavant les scrutins indiqueront clairement le nom de ceux qui ont été effectivement présents dans la salle lors du vote. Il y a bien des sanctions financières prévues pour les absents récidivistes mais elles ne sont jamais appliquées. En commission pour plus de deux absences consécutives un prélèvement de 360 € sur leur indemnité est effectué. Une plus grosse amende est prévue, de 4320 €  pour une absence à plus de deux tiers des scrutins sur une session entière, mais elle n’a jamais été utilisée, quelle clémence !

Cela continue

 Le 10 avril il y avait en moyenne 70 députés présents, 90 la veille, le 8 une cinquantaine, pire le 29 mars une vingtaine, surprise le 26 ils étaient presque tous là pour voter la loi sur l’orientation et la transformation du système de santé (349 pour, donc soutien inconditionnel au gouvernement) mais cela a été la seule fois dans le mois. C’est navrant ! En février ce n’est pas mieux sauf au début du mois pour voter la loi visant a prévenir les violences lors des manifestations et à punir les auteurs. Même histoire en janvier avec une seule séance qui fait le plein. Inutile de regarder sur 2018 on trouverait la même chose. La majorité absolue de LREM fausse le jeu démocratique, les autres partis faisant de la figuration. Quid de la démocratie ! Difficile dans des conditions de motiver les électeurs pour aller voter pour leur représentants aux élections européennes !

 

 

La castagne

6 mai 2019

 

Avec Castaner c’est la castagne, la traditionnelle manifestation du 1er mai qui réunit les travailleurs dans beaucoup de pays, bien encadrée par les services d’ordre des syndicats, se déroule habituellement sans violences. Pourtant cette année notre ministre de l’intérieur avait prédit une tuerie avec plusieurs milliers de black block (formulation impropre car les black block ne sont pas un mouvement mais une technique de manifestation violente ou non, propre à un groupe d’individus qui se distinguent car ils sont vêtus de noir), détruisant tout sur leur passage et justifiant de la présence de forces de l’ordre importantes. Déçu par l’absence de violences les CRS ont fait de la provocation chargeant les manifestants sans raisons, pendant que Macron à l’Élysée offrait du muguet à ses amis les riches qui le soutiennent, les forces de l’ordre balançaient des châtaignes et des grenades qui n’étaient pas parfumées au muguet à ses ennemis, les gens qui ne sont rien !

Premier mai raté

Du fait de la présence massive des CRS, les syndicats et les associations organisatrices se sont senties dépossédées de leur premier mai et ont vivement protesté contre les violences policières et les provocations de Castaner qui a poussé le bouchon jusqu’à mentir en parlant d’une attaque de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière par les manifestants  alors que pris en tenaille par les CRS ils essayaient de rentrer dans un lieu publique pour se protéger des tirs de grenades lacrymogènes. Une fake New reprise par les principaux membres du gouvernement sans aucune vérification uniquement dans le but de monter la population contre les gilets jaunes.

Pétain le retour

 Reprenant une formulation de Pétain, notre président présente le 1er mai comme la fête de ceux « qui aiment le travail et le chérisse » selon ses propos, formule chère au gouvernement de Vichy, alors que la fête des travailleurs célèbre leurs droits et leurs acquis sociaux et rend hommage à leurs combattants tirant son origine dans l’histoire du mode ouvrier. Une boulette de plus, est-il inculte ou en fait-il exprès à moins que cela ne lui ait pas été enseigné à l’ENA ce qui justifierait la fermeture de cet école pleine de mauvais prof ! A moins encore qu’il ait été mauvais élève ?

Plein de Benalla

La place de la Contre Escarpe est restée calme comme l’an dernier jusqu’à l’intervention d’Alexandre Benalla et de son comparse qui trouvant, à l’époque, les forces de l’ordre trop passives sont intervenus violemment déguisés en policiers en arrêtant un jeune couple de manifestants. En souvenir de cet événement historique, sur cette place a été organisé un «Benalla bloc» les manifestants portant des masques de Benalla. Fait-il encore peur ?

Avalanche de dons

29 avril 2019

 

Les sommes récoltées pour restaurer Notre-Dame-de-Paris dépassent déjà de plus de trois fois le budget consacré tous les ans à l’entretien des monuments historiques par le gouvernement. C’est impressionnant et ce n’est pas fini. Si l’on compare avec les sommes d’argent reçues, sur un an, par les principales associations caritatives les plus connues  comme les Restaus du cœur, le Téléthon, le Secours Catholique, la fondation Abbé Pierre, la Ligue contre le cancer, la Croix rouge et l’Institut Marie Curie et en additionnant le tout on n’arrive même pas encore à une telle somme. A croire que les français préfèrent les vieilles pierres aux pauvres gens. Ce n’est pas du tout dans l’esprit de Victor Hugo !

Générosité sélective

C’est inquiétant pour l’avenir cette générosité sélective. Depuis Emmanuel Macron, les dons à l’humanitaire s’étaient déjà effondrés du fait de la suppression de l’ISF dans la mesure où les assujettis à cet impôt jouaient beaucoup la carte de la défiscalisation. De même les retraités ont compensés eux même la non compensation de l’augmentation de la CSG en réduisant leurs dons aux associations humanitaires. On peut s’étonner que des responsables politiques parisiens comme Valérie Pécresse ou Anne Hidalgo puisse débloquer si vite un « pognon de dingue » pour remettre un toit sur une cathédrale alors qu’il y a encore beaucoup de SDF dans les  rues de leur ville, qui passent leur nuit sans toit, et qu’il y a beaucoup de gilets jaunes qui n’arrivent pas à finir le mois avec le salaire ou les aides sociales qui leur sont versées. Faire des dons, pour des pierres mêmes si elles sont chargées d’histoire et laisse des traces, semble plus motivants pour les grandes fortunes que de verser de l’argent aux nécessiteux. N’en déplaise à Stéphane Bern l’humain est prioritaire alors que les grands groupes financiers prouvent une nouvelle fois leur inertie face à la misère sociale.

Cathédrales en chocolat

 Pour collecter de l’argent des pâtissiers ont eu l’idée de proposer à leurs clients des cathédrales en chocolat, initiative originale dans la mesure où ils s’engagent à reverser la totalité des sommes récoltées à la fondation du patrimoine. Surprise, parmi ceux-ci la maison Trogneux du Touquet,  maintenant bien connue, habituellement spécialisée en macrons, pardon faute de frappe, en macarons , commercialise une tablette de chocolat représentant Notre Dame. Brigitte y serait-elle pour quelque chose ?

Sites frauduleux

 Sentant la bonne affaire vu l’afflux des donateurs, des  escrocs ont aussitôt mis en place des sites en copiant celui de la fondation du patrimoine et en piégeant ainsi beaucoup d’internautes. D’autres fraudeurs se  sont lancés dans les envois en nombre de courriels sollicitant des dons en proposant de cliquer sur un lien menant à un site frauduleux. Une technique de démarchage de masse qui se développe aussi par téléphone et par courrier et qui pollue déjà largement notre espace de vie lorsqu’elle est légale et dont l’aspect frauduleux aggrave encore la situation. Des plaintes ont été déposées, que fait la police ? Plutôt que d’arrêter des gilets jaunes, elle ferait mieux de s’occuper des vrais délinquants.

 Combien cela va coûter ?

Enfin le coût de la reconstruction de Notre-Dame-de-Paris est estimé au maximum à 600 millions d’euros; compte tenu des sommes récoltées, il va en rester encore beaucoup, des sous, mais pour qui ? Pas pour l’état qui, du fait de la défiscalisation de tous ces dons qu’il a lui même augmenté pour les particuliers, va se trouver l’an prochain avec un sacré trou dans son budget du fait du moins perçu d’impôts. Pour un gouvernement qui veut réduire les niches fiscales, ce n’est pas très malin.

L’effet waouh, plutôt wallou

22 avril 2019

L’effet waouh désigne une action ou un message qui déclenche un effet de surprise ou d’admiration voire d’appréciation des spectateurs et qui s’exprime par cette onomatopée. En ce qui concerne notre président, la référence à l’effet waouh, ce graal du marketing commercial, le fait retomber dans l’un de ses travers, l’utilisation d’un vocabulaire à base de globish qu’il avait soigneusement évité au cours du grand débat, face aux gilets jaunes qui dans tous les cas n’auraient pas compris la subtilité du discours présidentiel. Il a ainsi remplacé le sreening de zone par un tour d’horizon territorial et le feed-back par la parole citoyenne, etc.

Discours raté

Quoiqu’il en soit son discours sur les réformes issues de son analyse du grand débat qui devait avoir lieu lundi dernier à 20 h a été reporté suite à l’incendie de Notre-Dame, pas de chance, pas d’effet waouh mais plutôt wallou, comme on dit au Maghreb, c’est à dire rien du tout. On est déçu, il va falloir attendre, l’impact médiatique risque de ne pas être le même. Il est reporté sine die, pour les non latinistes (comme moi) littéralement sans date, les gilets jaunes vont devoir patienter. Emmanuel Macron en profite pour se recycler en bâtisseur de cathédrale, y voyant une façon de marquer l’époque et de redevenir populaire en mettant sous le tapis tous les problèmes générés par la première moitié de son quinquennat. En fait il y a eu des fuites et les principales mesures de son discours plein de vide ont été dévoilées, fin du suspens il n’a plus qu’à refaire sa copie.

Problème pour Bercy

Mais il y a un problème, c’est le niveau de réduction d’impôts qui sera appliqué aux différents donateurs. Sans aller jusqu’à Alliagon dont la loi sur le mécénat prévoit 90 % de crédit d’impôts si l’édifice est classé trésor national, la niche mécénat classique prévoit 60 % de réduction d’impôts pour les sociétés et 66 % pour les particuliers. Un gouffre budgétaire pour le gouvernement qu’il faut éviter de creuser; aussi une réflexion est menée pour fixer le niveau de cette réduction qui reste aux frais des contribuables dans la mesure où l’impôt n’est pas perçu. Une solution pour tester la motivation des donateurs serait de ne pas proposer de réduction d’impôts pour ce cas précis. Le don serait vraiment alors un véritable acte citoyen. Mais c’est l’inverse qui est proposé par le gouvernement en augmentant la réduction d’impôts pour les particuliers avec quand même un plafond à 1000 €, ce qui avait précédemment été oublié pour les entreprises dans la loi sur le mécénat. Remettre en place l’ISF serait une bonne solution pour financer la reconstruction de la cathédrale par les plus riches, mais pour Macron ce n’est pas d’actualité et ça ne va pas dans le bon sens !

Il faut des sous

Du coup alors qu’il devait nous redonner des sous, Emmanuel va nous en demander pour reconstruire la cathédrale ! Et on va tous participer (peut être !), un grand élan national qui risque de faire oublier les revendications des gilets jaunes. Va-t-on suivre nos milliardaires planqués en Belgique ou en Suisse qui proposent des dons très importants : la famille Arnault (200 millions) comme la famille Bettencourt, un peu moins seulement 100 millions pour la famille Pinault, Le groupe Total pour la même somme, la ville de Paris pour la moitié, etc. Plutôt que la discrétion et l’humilité ils ont choisi faire le buzz et par la même de la publicité à bon compte pour leurs entreprises. Une ribambelle d’autres donateurs affluent du monde entier, ce flux d’argent doit exciter la partie comptable de notre président, du coup il semble délaisser le reste en reportant sa conférence de presse bilan du grand débat ! Et en plus il est pressé, 5 ans pour reconstruire la cathédrale, il va falloir rapidement donner nos sous. Pinault donne l’exemple en refusant la réduction d’impôts, les autres milliardaires vont ils le suivre ? Encore faudrait-il que leurs groupes payent déjà leurs impôts en France, mais c’est une autre histoire !

Pour conclure,  il y a un type qui veut reconstruire une cathédrale en cinq ans, ne serait-ce pas le même qui est en train de détruire notre pays en cinq ans, et il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas que Notre-Dame qui a besoin d’un toit ! A méditer…

Le champion de la com, encore que !

15 avril 2019

D’un côté Il faut parfois reconnaître son talent ou peut-être celui de ses conseillers. Ainsi pour rendre visite à un SDF, scène immortalisée par sa photographe personnelle, sous sa tente il abandonne le costume cravate pour un djean et un blouson de cuir afin de faire plus peuple. Mais en réduisant de 58 millions d’euros les crédits affectés au financement des hébergements d’urgence alors qu’il s’était engagé à ce qu’il n’y ait plus de sdf à dormir dans les rues, il est loin de tenir ses promesses !

Gilets jaunes crise politique

 Avec les gilets jaunes, Macron a plongé notre pays dans l’une des plus grandes crises politiques qu’il ait connu depuis 1968. Une des causes, des choix calamiteux en matière de communication à son niveau. Il le reconnaît lui-même dans son discours du 10 décembre : » j’ai pu blesser certains d’entre vous par mes propos ». Ça  nous a coûté un pognon de dingues, 10 milliards d’euros de mesures sociales pour tenter d’éteindre les protestations d’une grande partie de la population, essentiellement les plus démunis, mais seulement ceux qui travaillent avec un salaire insuffisant. Mais c’est raté, 3 mois après les gilets jaunes sont toujours dans la rue et sur les ronds-points malgré une féroce répression.  Pour les empêcher de manifester le gouvernement réactive les brigadiers voltigeurs de triste mémoire lorsque l’on se rappelle le décès de Malik Oussékine. Alors qu’il faudrait discuter et négocier avec les protagonistes, ce gouvernement ne connaît que la répression comme action politique. C’est navrant !

Des erreurs de communication

Macron ce sont des dizaines d’erreurs de communication alors qu’il prônait l’avènement d’un nouveau monde suite à son élection. La mise en place à marche forcée de ses réformes donnant une impression de puissance, d’influence sur la vie des gens et une image d’autorité qui lui a été défavorable. Il a fallu longtemps à Emmanuel Macron pour comprendre qu’on ne peut diriger un pays en multipliant les vexations aux gens qui ne sont rien, aux ouvrières illettrées de l’entreprise Gad, en passant par les chômeurs qui n’ont pas le courage de traverser la rue, il a oublié que communiquer c’est gouverner mais sûrement pas de la façon hautaine et dédaigneuse dont il a le secret !

Départ de son conseiller

Le départ de son conseiller en communication Sylvain Fort ne va pas tout résoudre d’autant plus que sa directrice de la communication, Sibeth Ndiaye, au langage châtié continue à sévir. Elle vient même d’être nommée Secrétaire d’Etat porte parole du gouvernement, cela ne va pas être triste. Du coup avec la façon irrespectueuse dont il les traite, il n’est pas prêt de se débarrasser des gilets jaunes à moins qu’il finisse par accepter quelques unes de leurs revendications, mais j’en doute, trop orgueilleux pour les accepter comme interlocuteur et céder sur quoi que ce soit ! Il va terminer sa tournée des popotes, le grand débat, par la Corse qui l’a accueilli avec un mot d’ordre : île morte ! Pas terrible la Com !

Que va-t-il  proposer ce soir dans son discours bilan du grand débat aux gilets jaunes et à l’ensemble de ces concitoyens, le suspense reste entier, rien ne fuite, cela va être soi-disant une surprise disent ses communicants. Espérons que ce ne sera la pochette surprise de notre enfance qui le plus souvent ne contenait rien de bien intéressant !

Les SDF, problème non réglé !

8 avril 2019

En 2018, 566 SDF dont 6 enfants de moins de 5 ans sont morts sur le trottoir pourtant Emmanuel Macron s’était engagé à ce qu’il n’y ait plus un seul SDF dans la rue à Noël 2017. Non seulement il n’a pas réussi à tenir ses promesses mais cela ne s’est pas arrangé. Le nombre de décès augmente chaque année et les pouvoirs publics semblent incapables de gérer cette situation. Ce n’est pas nouveau et le gouvernement préfère l’oublier, mais le collectif les morts de la rue recense maintenant ces décès précoces, moyenne d’âge 47 ans alors que l’espérance de vie en France voisine les 80 ans. Le nombre de centres d’accueil est notoirement insuffisant surtout sur Paris aussi Anne Hidalgo veut prolonger de 5 ans celui qui avait été installé dans le XVIème arrondissement au grand désespoir de la droite locale qui pensait que cette verrue allait disparaître de leur quartier. 

Hivers difficiles

L’ancienne ministre du logement, Emmanuelle Cosse, en déclarant bien au chaud dans son ministère : » Si les hivers sont difficiles, celui la n’est pas plus difficile que les autres » botte en touche. Pourtant selon les ONG seulement une personne sur deux est prise en charge après un appel au 115. Ce que conteste bien sûr la Ministre qui donne le chiffre de 30%. Quoiqu’il en soit ce n’est pas un problème de chiffres mais le fait qu’un nombre toujours trop important d’individus soient obligés de dormir la nuit dans le froid de l’hiver. La déclaration du nouveau ministre du logement, un certain Denormandie (qui nous fait honte à nous les normands),  sur la présence de seulement 50 SDF dormant dehors la nuit dans Paris dont certains volontairement, n’a pas convaincu et pour cause. Afin d’éviter les polémiques le président n’a pas repris ce chiffre aberrant, bottant en touche en parlant de problème de méthodologie au niveau du comptage !

Manque de logements 

L’arrivée permanente de migrants aggrave encore la situation mais le problème n’est pas là, ce qu’il manque ce sont les offres de logement. Le vrai scandale, c’est l’accueil en chambres d’hôtels, un mode d’hébergement très coûteux pour l’état mais privilégié car facile à mettre en œuvre sans rien gérer, juste à payer des tarifs souvent exorbitants tout au bénéfice d’hôteliers, un peu crapuleux, propriétaires d’établissements bas de gamme en région parisienne. La maire de Paris a pourtant donné l’exemple en ouvrant des mairies et l’hôtel de ville afin d’accueillir des femmes SDF. Bel effort, espérons qu’il sera suivi par notre gouvernement, il y a sûrement de la place dans les bâtiments de la république.

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