La France toujours un train de retard : la Khan Academy, maintenant en français !

17 février 2016

Une grande partie des cours, du moins pour le moment en Sciences, de la Khan Académie sont depuis peu en langue française grâce à l’intervention d’une ONG « Bibliothèque Sans Frontières » qui officie pour le développement culturel dans le monde francophone (ce qui n’est pas pour me déplaire). En effet le principal défaut des excellents cours de la  » khan Academy » était la langue utilisée, que je ne citerai pas car je trouve qu’elle se développe beaucoup trop à mon goût au détriment des autres. Quoi qu’il en soit, pour ce que j’ai pu en vérifier, en m’inscrivant comme étudiant… Malgré mon âge avancé, c’est que les cours sont excellents ; d’un aussi bon niveau que ceux que je dispensais il y a encore peu de temps, c’est vous dire ! Et si l’iconographie avec un tableau vert sur lequel les schémas sont grossièrement dessinés et les légendes, aussi mal écrites que lorsque c’était moi qui maniais la craie, semble au premier coup d’œil un peu étrange, cela induit en fait une sorte de complicité entre l’étudiant et le prof, montrant que ce dernier est loin d’être parfait.

En effet, depuis de nombreuses années, mes collègues comme moi-même oubliant le tableau noir, avons usé et peut-être abusé des moyens modernes (du moins en biologie) en projetant à nos étudiants à l’aide d’un rétroprojecteur puis maintenant d’un vidéoprojecteur des schémas parfaits (souvent photo-copillés dans des ouvrages de référence, sans citer les sources ni abonder à la déclaration annuelle au CFC – Centre Français d’exploitation du droit de Copie -, ce qui me désole maintenant que j’en écris … des livres*); schémas que les étudiants sont malheureusement incapables de reproduire le jour de l’examen.

Pour moi qui étais étudiant dans les années 1960 où le prof ne disposait que d’un, mais très grand tableau noir, je retrouve dans les cours de la Khan Académie cette ambiance très pédagogique (mais sans l’odeur de craie). À l’époque, le prof de microbiologie, pour nous faire saisir la différence de taille entre une bactérie et un virus, prenait plusieurs minutes pour dessiner une bactérie de 10 m sur 2 m au tableau puis il se retournait vers l’assistance et plaçait un point dans un coin du tableau en disant : par rapport à une bactérie, un virus c’est ça… Une telle démonstration a marqué de façon définitive la mémoire du jeune étudiant que j’étais, la preuve… Je ne suis pas sûr que l’énorme quantité de données (parfaitement présentées) qui apparaissent lors d’un cours sur l’écran impressionne aussi fortement la mémoire des étudiants de 2 014.

Ayant débuté comme enseignant dans un pays chaud et en voie de développement, J’ai souvent mouillé ma chemise et la blouse qui la protégeait en illustrant, tant bien que mal, au tableau noir mon enseignement de physiologie végétale mais face à des étudiants qui buvaient mes paroles (c’était le rêve) et non comme maintenant face à une foison de dos d’écran d’ordinateur portables sur lesquels certains étudiants prennent des notes, du moins on peut l’espérer (à moins qu’ils ne jouent à Candy Crush, mais c’est leur problème…). Mais dans cette situation on peut aussi envisager qu’ils suivent en parallèle les cours de la Khan Académie au détriment de ceux donnés par mes collègues et qu’ils ne finissent par disparaître des amphis. Que restera-t-il alors pour les profs à part l’activité la plus rébarbative de ce métier : la surveillance des examens et la correction des copies. Est-ce une évolution ou une régression, je me pose la question ? Pour positiver (Comme on dit chez Carrefour) d’un côté, la possibilité, n’importe où sur la planète, de pouvoir acquérir Librement des connaissances est une avancée importante (à condition de disposer d’une connexion internet) mais d’un autre côté ce sera toujours au bénéfice du bon étudiant qui s’appropriera facilement la connaissance, mais quid de l’étudiant en difficulté que l’on essaie pourtant d’aider depuis des années à grand renfort de moyens sans vraiment de résultats.

 

* Abrégé de biochimie appliquée (en cours de réédition chez EDP Sciences)

* Mémento technique à l’usage des Biologistes et des biochimistes paru en 2013 chez le même éditeur

 

Bonne année 2015 ! Mais pas pour les retraités de la COREM

17 février 2016

Pour la nouvelle année 2015 comme des dizaines,  voire des centaines de milliers de retraités de l’éducation nationale ma retraite complémentaire COREM va être réduite de 30 %. Petit historique : Dans les années 70, jeune enseignant-chercheur non titulaire en coopération avec un avenir non garanti, j’ai souscrit à la MRIFEN (mutuelle retraite des instituteurs et des fonctionnaires de l’éducation nationale) une retraite complémentaire gérée à l’époque par les instituteurs, ce qui me semblait une garantie de bonne gestion. En 1987, une bonne année, la MRIFEN devient le CREF (complément de retraite de la fonction publique) bénéficiant d’avantages fiscaux : la totalité des cotisations versées étant déductible du revenu imposable, ce qui était un plus avantageux dont j’ai profité. J’ai donc cotisé régulièrement jusqu’en 2002 (mauvaise année cette fois) ou j’ai été informé (après faillite et disparition du CREF remplacé par l’UMR) que ma future retraite allait baisser de 17 %. En 2008, à 60 ans j’ai donc commencé à toucher mensuellement ce complément de retraite amputée de 17 % par rapport à l’engagement de départ. Il y a quelques mois, mauvaise nouvelle, pour des raisons multiples soi disant indépendantes de la bonne (ou peut-être mauvaise) gestion de cet organisme, un trou abyssal s’est creusé depuis 2002, aussi nouveau coup de ciseau cette fois de 30 % excusez moi du peu, sur le régime de rentes dites R1 issues du CREF et jamais revalorisées depuis. Aussi dès janvier 2015, une mauvaise année encore, comme pour les autres retraités COREM , je ne toucherai plus qu’environ les 2/3 de la retraite promise lorsque je l’ai souscrite au siècle dernier alors qu’elle devait non seulement ne jamais baisser mais être revalorisée en suivant le traitement des fonctionnaires (qui depuis quelque temps est peu revalorisé, je vous l’accorde).

Tout cela, pour informer les jeunes collègues de l’éducation nationale qui craignent (et ils ont raison) pour leur retraite de fonctionnaire (par répartition) pourtant garantie par l’état (à condition qu’il ne soit pas en faillite) et qui pourraient être tentés de souscrire à un complément de retraite par capitalisation. Ainsi, Le site Web de la COREM continue comme si de rien n’était à vanter le caractère « sûr et performant » de ce régime de retraite. Et là, je vais contre mes intérêts car c’est surtout grâce à l’argent des nouveaux cotisants que je vais peut être pouvoir continuer à toucher cette fabuleuse retraite, encore que rien n’est moins sûre. Comme disait notre président, mon ennemi c’est la finance et pour une fois il avait raison. Pour le petit épargnant que je suis, comme tous mes collègues retraités de l’éducation nationale, je ne pouvais pas imaginer une telle situation, j’étais confiant. Dommage !

 

Comme dit Houellebecq, c’est un beau métier, Prof de Fac !

17 février 2016

Je ne suis pas un fan de Houellebecq; je n’avais, jusqu’ici, que parcouru ses livres, mais cette fois-ci le personnage principal de sa dernière production a attiré mon attention. En effet, son héros est « prof de fac », comme on dit couramment, prof pas excellent et pourtant à notre époque et dans cette fonction, il faut l’être, sans excellence pas de salut (mais j’en ai déjà parlé plusieurs fois, c’est une autre histoire). Compte tenu de mes fonctions passées et de ce qui m’en reste encore comme professeur émérite, je me suis naturellement intéressé à ce personnage de fiction, un Professeur des Universités spécialiste de littérature française, plus précisément de Huysmans.

Juste un petit rappel, durant la deuxième partie du siècle dernier (année 1960-1970), les Professeurs des Universités, surtout ceux qui étaient titulaires d’une chaire, étaient des fonctionnaires très respectés et très bien rémunérés Ainsi, dans les années soixante lorsque j’étais étudiant, pour la plupart ils venaient donner leurs cours à bord de 404 Peugeot (voiture de prestige de l’époque) qu’ils garaient dans des places de parking réservées sur le campus; ensuite ils les remplacèrent par des 504 puis plus récemment dans les années quatre-vingt par des voitures allemandes comme des BMW, preuve de leur réussite financière. À partir de 1984 (l’égalisation des charges d’enseignement) la situation des Professeurs des Universités s’est dégradée, finie la référence aux 3 heures de cours hebdomadaire sur 25 semaines et de ce fait leur charge de travail a presque doublée alors que leur pouvoir d’achat a baissé progressivement (de plus de 20 % entre 1981 et 2005 pour stagner ensuite). Ainsi leur niveau de rémunération ne leur permit plus de s’offrir des voitures de luxe d’autant plus que l’évaluation de la réussite sociale au XXIème siècle n’est plus basée sur la bagnole mais sur d’autres critères comme la Rollex. Jusqu’à une époque récente vers la fin des années 2000, il était facile dans les différents conseils et instances des Universités de reconnaître les professeurs du reste des participants de rang inférieur par le port ostensible de la cravate. De là à penser que la déliquescence de la fonction a pour origine la disparition de cet attribut vestimentaire, il n’y aurait qu’un pas que je franchirais pas, d’autant plus que cela m’a rendu service, étant totalement allergique à cette pièce de vêtement lorsque j’ai été moi-même promu dans cette fonction. Dans l’analyse de Houellebecq, ce que j’ai apprécié c’est sa vision objective de la situation catastrophique des Professeurs des Universités. C’est ce bilan que fait Houellebecq dans son roman en montrant que la fonction de professeur a perdu tout prestige avec un salaire en fin de carrière bien inférieure à celui d’un fonctionnaire de rang équivalent dans un autre ministère. Aussi dans sa fiction la Sorbonne est transformée en « Nouvelle Sorbonne » Université islamique rachetée et largement financée par les Pays du Golfe et les professeurs enfin reconnu à leur juste valeur voient leur salaire triplé à condition de se convertir à l’islam. Je ne suis pas sûr que cette option enthousiasme beaucoup de mes collègues, mais cela met le doigt sur l’état de déliquescence dans lequel sont nos établissements et dont sont responsables les gouvernements successifs. On peut relier cela à une décadence générale de notre service public qui était pourtant une des fiertés de notre république et qui se traduit actuellement à tous les niveaux par une société en total désarroi. Il n’en reste pas moins que le personnage (de fiction bien sur) de professeur veule, irresponsable et collabo (puisque pour réintégrer son emploi, il se convertit à l’islam afin de profiter des avantages, argent, honneurs et femmes soumises), ne valorise pas cette fonction. J’ai donc lu l’ouvrage  » Soumission », mais je ne me suis pas identifié à son anti-héros; j’en ai surtout retenu l’aspect Universitaire, mais on y trouve bien d’autres sujet de polémiques comme en font état la multitude d’articles écrit depuis sa parution. Si l’on considère Houellebecq comme un visionnaire, l’analyse que l’on peut tirer de son livre, concernant les prochaines élections présidentielles, c’est de ne pas voter pour le candidat de gauche surtout celui qui remonte actuellement dans les sondages, mais pour un autre même si c’est contre notre nature, à moins que ce soit celui de « Nouvelle Donne »1.

Enfin pour finir sur une note positive, un sondage récent a classé le métier de Professeur des Universités comme le moins stressant et comme dit la Comtesse2 : « c’est malgré tout un beau métier professeur ».

 

 

 

1 Parti politique de création récente animé par un économiste P. Larrouturou

2 Du Canard Enchainé

 

Fioraso la mal aimée, enfin elle s’en va !

17 février 2016

Déjà qu’on ne l’aimait pas beaucoup, mais là, elle vient de nous décevoir fortement; en effet d’après une enquête de Médiapart elle ne semble pas être titulaire de l’un des diplômes dont elle se glorifie : une maîtrise d’économie soi disant obtenue à l’université d’Amiens (d’où vient aussi Nadjat Vallot-Belkacem) et qui comptait s’en glorifier jusqu’à ce que les responsables de l’université s’aperçoivent qu’elle n’y a jamais suivi ce cursus et encore moins obtenu le diplôme correspondant. Si l’on peut penser que cette erreur est due aux biographes qui ont fait du copier collé et qu’elle a juste menti par omission en oubliant de demander une correction; il n’en reste pas moins qu’au niveau du who’s who c’est le candidat lui même qui fournit le CV, ce qui peut nous faire douter de son innocence.

Comme beaucoup d’autres, je n’avais pas aimé Geneviève Fioraso Ministre quand elle a voulu profiter de sa loi pour imposer de l’enseignement en anglais dans les Universités (1) même si disait-elle seulement 1% des cours devaient être dispensés en langue anglaise.

Elle était mal classée (avant dernière) lorsqu’elle était ministre (d’après Challenge) et nous avons été plus de 11 000 pétitionnaires en 2014 à ne pas aimer son retour comme secrétaire d’état très inquiets de l’avenir de nos établissements si l’on ne changeait pas d’orientation (2, 3).

Nous n’avons pas aimé sa loi qui prolongeait la LRU ou Loi Relative aux libertés et responsabilités des Universités de Valérie Pécresse. La loi du 22 juillet 2013 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche dite Loi Fioraso au lieu d’abroger la précédente, comme on aurait pu le penser (« le changement c’est maintenant ») la prolonge dans ses aspects les plus négatifs. Critiquant entre autre le regroupement à marche forcée des universités et des grands établissements et le manque de moyens financiers, obligeant les présidents, afin d’éviter la mise sous tutelle rectorale de leur établissement, d’user d’expédients peu satisfaisant (non publication de poste, réduction des enseignements, etc.) pour boucler leurs budgets. Nous préférons oublier l’affaire de ses 5 cuisiniers et quelques autres casseroles …

Même à Grenoble, son fief, elle n’a plus la cotte ainsi elle a du annuler une conférence le 30 janvier dernier à cause d’une importante mobilisation étudiante et syndicale face aux conséquences de sa loi (défaut de moyens, de locaux et d’enseignants).

Enfin, cela ne nous plait pas lorsqu’elle n’est pas totalement insensible aux propositions du tout nouveau prix Nobel d’économie concernant une augmentation des droits d’inscription pour les seuls étudiants étrangers à l’image des pays anglo-saxons !

Nous allons apprécier son départ pour raison de santé qui tombe à point pour éviter une nouvelle affaire dont l’actuel gouvernement n’a pas vraiment besoin.

RAFP : Racket A Fonds de Pension

17 février 2016

Créée par la loi du 21 août 2003, ou « Loi Fillon » sur les retraites et mise en place depuis 2005, peut-être sans le savoir chères et chers collègues fonctionnaires, vous cotisez tous sur vos primes et heures supplémentaires à la « Retraite Additionnelle de la Fonction Publique », ce qui vous permettra de toucher « peut-être » un complément de retraite quand vous en aurez l’âge. Ce que vous ne savez peut-être pas c’est que vos cotisations vont augmenter de 4,75 % cette année et la même chose l’an prochain, tout en ne modifiant pas la valeur de votre point de retraite, en bref vous allez y perdre. Pourquoi cette arnaque ? Tout simplement parce que vous êtes assujettis sans le savoir à un complément de retraite par capitalisation qui vous permet de gagner des points tous les ans à condition de toucher des primes ou de faire des heures supplémentaires. Mais surtout pour la première fois dans la fonction publique, cet argent existe, du vrai argent sonnant et trébuchant comme on disait dans le temps, pas comme l’argent de votre retraite par répartition qui n’existera vraiment que lorsque l’on vous le versera. Pour gérer tout cet argent un établissement public a été mis en place qui gère actuellement environ 16 milliards d’euros, mais cela augmente tous les ans par définition, un montant qui atteindra 100 milliards d’euros en régime de croisière (en 2 050), ce n’est pas rien. D’énormes sommes donc immobilisées pour longtemps et pour un faible bénéfice. Elles sont tout naturellement placées sur des marchés financiers dont le rendement est au combien aléatoire et incertain. Pourtant l’obligation était faite par la loi de placer cet argent au trois-quarts en obligations d’État de la zone euro. Malheureusement la crise s’est traduite par une moins value de 650 millions d’euros en 2 011 (d’après le rapport de la Cour des comptes). La faiblesse des rendements de l’ensemble de ces obligations souveraines fait que le gain n’est plus suffisant pour que ce fonds de pension (il faut bien l’appeler par son nom) puisse tenir ses promesses à long terme, c’est-à-dire payer les compléments de retraites. La cause fondamentale réside dans la stagnation de l’économie en Europe et notamment en France. La décision du gouvernement (socialiste !!!) est d’autoriser la RAFP à augmenter la proportion d’actions d’entreprises de 25 à 40 % dans son portefeuille, donc de transformer la RAFP en un véritable fonds de pension avec les dérives que l’on connaît. En même temps une série d’économies sur le dos des personnels seront réalisées reportant l’âge de la retraite pour bénéficier de la complémentaire de 60 ans à 62 ans, et en augmentant le coût d’achat du point.

Les cotisations s’élevaient jusque-là, à 10 % du montant des primes et diverses bonifications (avec quand même un plafond de 20 % maximum du salaire indiciaire), 5 % étant à la charge du fonctionnaire et 5 % à la charge de l’employeur, lorsque vous les paierez fin 2015, elles auront sûrement augmenté.

En 2005 à la création, Il fallait 1 € de cotisation pour obtenir 1 point qui devait rapporter 0,04 € de retraite par an, ce qui depuis s’est beaucoup dégradé. Ainsi la valeur de vos points déjà achetés sans le vouloir puisque les cotisations sont obligatoires ne s’est pas maintenue face à l’inflation. Entre 2010 et 2013, il aurait perdu 3,5 % par rapport à l’inflation.

D’un autre côté, bénéficiant de cette complémentaire depuis mon départ en retraite, mon intérêt est qu’elle continue à fructifier afin de recevoir tous les mois la mirifique somme de 20 et quelques euros ; pourvu qu’il n’y ait pas un krach boursier maintenant que presque la moitié des sommes vont être placées en bourse.

Toutefois la solution à l’avantage des personnels aurait été, comme le proposent certains syndicats, d’intégrer les primes et autres émoluments dans les salaires, donc dans le calcul de la retraite par répartition mais cela n’était pas de l’intérêt du gouvernement de l’époque ni malheureusement de l’actuel…

 

Départ de Fioraso, une bonnne occasion d’arrêter le massacre des Universités

17 février 2016

Avec le départ de Geneviève Fioraso pour raisons de santé disparaît, peut-être provisoirement, du moins on peut l’espérer, le Secrétariat d’État à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche, ce qui est très regrettable. Sans vouloir faire porter le chapeau à G. Fioraso, il faut se rappeler qu’elle avait quand même accepté la transformation de son Ministère en Secrétariat d’État lors du remaniement ministériel alors que lors des États généraux de la recherche il avait été acquit qu’un Ministère de la Recherche, de l’Enseignement Supérieur et de la Technologie était indispensable pour affirmer le caractère prioritaire de la recherche dans notre pays, et son lien très fort avec l’enseignement supérieur. Encore une promesse non tenue !

En plus de cela, à l’heure du bilan, l’ambiance est plutôt à la déception chez les universitaires, après trois années de gouvernement de gauche. Il faut dire que les attentes étaient fortes et que la fable des 1 000 postes créés par an (en réalité gelés ou supprimés pour raisons budgétaires dans les établissements) et celle de la sanctuarisation du budget de l’ESR n’ont convaincu personne. Au contraire la Ministre a notamment continué à renforcer le financement des équipes de recherche sur projet au détriment des crédits récurrents.

Autre bilan de la gouvernance de Madame Fioraso : la promulgation et la mise en œuvre de la loi sur l’enseignement supérieur et la recherche (dite justement Loi Fioraso), dans la droite ligne de la LRU de Madame Pécresse. L’aspect central de cette nouvelle loi concerne l’obligation faite aux établissements de constituer, dans un calendrier serré, des regroupements d’Universités (principalement sous la forme de communauté d’universités et établissements ou COMUE) conjuguée au lancement d’un deuxième Plan d’Investissement d’Avenir instaurant des financements à plusieurs vitesses, (L’ancien IDEX, auquel s’ajoute l’ISITE) « Initiatives Science – Innovation – Territoires – Economie » avec toujours la même idée maîtresse : doter le pays d’une dizaine de grandes universités dont la recherche sera visible de Shanghai alors qu’il y a une vingtaine de COMUE en cours de reconnaissance. Quid des 10 autres non classées par les experts comme futurs pôles universitaires car « ne disposant d’une puissance et d’un impact scientifique de tout premier plan dans de larges champs de connaissances, et qui ne brillent pas par le rayonnement de leur recherche, l’attractivité de leurs formations, la notoriété de leur corps académique et la qualité de leur gouvernance », si l’on suit les injonctions du Ministère.

Dans ce contexte si notre COMUE « Université Bretagne Loire » est la plus importante en nombre d’étudiant, elle est par contre la moins bien dotée en personnel enseignant et administratif ; ainsi des COMUE comme : « Université de Lyon », « Sorbonne Paris cité », « Paris Saclay », « Université de Dijon » pour des effectifs étudiants moindres ont des taux d’encadrement bien supérieur. Comment répondre à l’excellence dans de telles conditions ? Et qu’en est-il de l’égalité républicaine ? Cerise sur le gâteau face à la dégradation générale des conditions de travail et d’études il y a un urgent besoin de financements et de postes au niveau des Universités, mais cela risque de tarder car dans la situation économique actuelle le ministère prévoit, pour alimenter les dotations de fonctionnement 2015, de prélever 100 M€ sur les fonds de roulement des universités et des écoles d’ingénieurs sous sa tutelle. Est-ce le bon choix : même l’équipe dirigeante de la CPU récemment élue en doute, c’est vous dire…

Loi renseignement, Liberté, Egalité, Fraternité que va-t-il rester de notre République ?

17 février 2016

La démarche du gouvernement est grossière : profiter des menaces terroristes pour étendre une loi restrictive à toute une population. La pilule est un peu grosse à avaler !

Parmi les catégories sociales à surveiller listées par Libération, il y a les terroristes et les Jihadistes, bien sûr, à l’origine de cette loi, les espions à espionner, les trafiquants d’arme qui doivent concurrencer nos ventes officielles de Rafales, les dealers qui pourraient en partie disparaitre si on légalisait la vente du Cannabis, mais aussi les indépendantistes bretons ou autres qui vont sûrement prochainement menacer l’intégrité de notre territoire, enfin les manifestants mais ils se-ront nombreux à surveiller, du moins je l’espère, en fait tous les Monsieur ou Madame « tout le monde » qui ont eu un jour un contact sans le savoir avec un individu appartenant aux précédentes catégories, et en particulier la ménagère de moins de 50 ans déjà beaucoup espionnée par les annonceurs. Par rapport aux journalistes de Libération, je rajouterais les syndicalistes, on voit bien pourquoi, ce sont des gens dangereux, ils forcent les autres à réfléchir.

 

Mais pourquoi les chercheurs ? Parce qu’ils risquent de porter atteinte aux intérêts économiques et scientifiques essentiels et industriels et scientifiques majeurs dit la loi …

Moi qui croyais que mes travaux de recherche comme ceux de mes collègues allaient dans le sens du plus grand bien de mon pays qui d’ailleurs les finançait et souvent pas très bien…

En plus sont aussi visés les étudiants étrangers (surtout les chinois bien sûr) quand on sait que les laboratoires de recherches, comme celui dans lequel je suis encore accepté, sont remplis par des thésards qui ne sont pas de nationalité française. Ils jouent un rôle essentiel dans leur fonctionne-ment et au lieu de porter atteinte aux intérêts de la recherche scientifiques de notre pays ils en sont pour une partie non négligeable les acteurs.

Il semble d’après les sondages qu’une majorité de Français soient d’accord pour que l’on limite leur liberté, je pense qu’il faudrait vraiment leur demander par référendum; et si c’est vraiment le cas, ce dont je doute, corriger la devise qui est gravée sur le fronton des mairies. Déjà que, dans une récente intervention un futur candidat à la présidence définissant notre République en à oublié les deux derniers préceptes : Egalité et Fraternité alors qu’il veut appeler son parti les républicains … pauvre République, tu es mal barrée.

La France coupée en deux

17 février 2016

Faut il faire une analogie entre la théorie des deux France chère à Emmanuel Todd et les résultats de l’évaluation des regroupements des universités ?

Suite aux projets Idex-Isite cinq régions (Aquitaine, Midi-Pyrénnées, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Cote d’Azur, Rhones-Alpes) restent privilégiées toutes au sud (au soleil, la où il fait bon vivre) auquel se rajoute l’île de France confirmant son appellation d’île puisqu’il y a un désert scientifique (du moins d’après les experts) tout autour d’elle et une petite enclave à l’est, la Lorraine, par contre à l’Ouest rien de nouveau !

 

L’UBL+ (Université Bretagne Loire, je traduit l’acronyme car il est difficile de savoir à quoi correspondent ceux présents dans les tableaux des compte-rendus de l’évaluation) est éliminée.

Pour Todd, la France est coupée en deux : la vieille France laïque et républicaine qui a fait la Révolution et qui correspond pour lui, entre autre, au Bassin Parisien, au sud et à la façade méditerranéenne, par opposition à la France périphérique (300 à 400 km de Paris) comme celle de l’Ouest qui était restée profondément imprégnée de catholicisme jusqu’à la fin des années 60 en résistant à la Révolution. Je n’irai pas plus loin dans cette analogie car je ne souscris pas à toutes les idées et propos de Todd (très à la mode malheureusement dans la population, voir son dernier ouvrage).

Il n’en reste pas moins qu’il y a, á différents niveaux, une coupure entre deux France : religieuse pour O. Todd, climatique pour Laurent Romejko, dans la répartition des richesses pour tous le monde, médicale pour le Ministère de la Santé, etc. et maintenant de la recherche scientifique depuis la mise en place des Labex par le gouvernement de François Fillon; politique d’exclusion poursuivie par le gouvernement actuel et les ministres de l’enseignement supérieur et de la recherche qui se sont succédés en restant sur la même ligne droite ! Bien que l’on soit théoriquement sous un gouvernement de gauche et pour finir par disparaître; il n’y a même plus de Secrétariat d’Etat à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche depuis le départ de la regrettée G. Fioraso… Enfin, on nous avait dit que la notation à bases de A, de B et de C était supprimée et voilà qu’elle ressort ici; et cette fois ceux qui étaient abonnés au A+, avec les notes obtenues cette fois par l’UBL, doivent ressentir ce que mes collègues et moi subissons à une plus petite échelle depuis des années : une condamnation sans recours. Je compatis.

 

Devoir de mémoire

17 février 2016

Comme beaucoup, j’ai été très touché par la violence, l’ignominie et l’absurdité des actes terroristes du vendredi 13 novembre et ce d’autant plus que deux de mes fils avaient des places pour aller voir un autre groupe, le lendemain, donc le samedi soir, au Bataclan.

 

Si la plus part des gens, je m’associe mais de loin aux cérémonies du souvenirs organisées un peu partout, je crains que rapidement d’autres actualités ne prennent le dessus comme la COP21 ou les élections régionales à venir et que les victimes soient rapidement oubliées. La France va faire son deuil comme on dit dans pareil cas. Aussi je salue la belle initiative du journal libération qui sous le titre « Génération Bataclan » publie tous les jours depuis les attentats du 13 novembre un portrait et une courte biographie des victimes afin de faire connaître à tous, ce qu’aura été leur courte vie avant qu’ils ne tombent dans l’oubli. Je regrette seulement que cette démarche originale reste discrète hormis pour les lecteurs assidus de ce journal dont je fais partie.

 

Je ne suis pas convaincu que l’envoi de notre prestigieux porte-avion afin d’intensifier des bombardements qui tuent aussi des civils innocents dans les zones occupées par Daech soit la meilleure des solutions. Comme beaucoup, je ne crois pas que cette escalade de la violence à plusieurs milliers de km de notre pays permettra d’éradiquer les islamistes radicalisés susceptibles de devenir des terroristes dans la mesure où, cela vient de se vérifier, ils sont déjà chez nous et ce depuis longtemps.

 

En tant que pacifiste non violent et normand je n’oublie pas les bombardements en aveugle à 10 000 pieds du siècle dernier, même si c’était pour une bonne cause, ont beaucoup touchés les habitants des côtes normandes, eux aussi victimes innocentes. Même s’ils sont maintenant dit chirurgicaux donc très précis, les bombardements actuels touchent quand même de temps en temps une école, voire un hôpital ou un rassemblement festif comme un mariage dans la totale indifférence des pays européens et de leurs habitants. Tout cela demande réflexion, une attitude un peu désuète dans notre époque de communications et d’informations permanentes.

 

Pour qui vote-t-on ?

17 février 2016

Je pouvais être sur la liste des candidats aux élections régionales, mais mon parti politique a décidé démocratiquement de ne pas présenter de liste, essentiellement pour des problèmes financiers. Si bien que non favorable au vote blanc, mon choix va être difficile au lieu de voter pour une liste, je vais devoir faire un non choix en votant contre une des listes voir contre plusieurs.

Par contre quelque chose m’étonne nous devons élire nos représentants au conseil régional et dans les documents reçus pour le vote pour l’ensemble des partis qui présentent des candidats (une liste complète doit comporter entre 60 et 100 candidats) une unique information sur la tête de liste (belle photo) et parfois quelques adjoints est donnée.

Hors il me semble que nous allons voter à l’aveugle car dans cette élection nous allons voter pour nos futurs représentants au conseil régional sans les connaître, d’autant plus que dans ma ville comme dans d’autres il y a des machines à voter au niveau desquelles, dans l’isoloir, l’information est des plus réduite.

De ce fait cette élection régionale est dévoyée car elle devient une sorte d’élection nationale (voire une anticipation de la présidentielle) pour des partis politiques qui mettent en avant leurs leaders. On s’étonnera ensuite du peu d’intérêt des électeurs et du faible taux de participation. Tout cela est navrant, mais j’irai quand même voter dimanche pour le parti le moins mauvais et le choix n’est pas facile. C’est navrant, il est temps de changer la donne ….

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