Archive pour mars 2020

Quand le principe comptable supplante le principe de précaution !

Lundi 30 mars 2020

 

Il semble que le comité scientifique qui conseille Macron soit plus politique que scientifique et mon cousin, ex professeur de pneumologie interviewé récemment sur BFM, constate compte tenu de sa composition, avec l’absence de pneumologue et de radiologue,  qu’il n’a pas les compétences pour ce genre de pathologie.

Politique de l’autruche

Après avoir pratiqué pendant une semaine la politique de l’autruche le gouvernement a décidé de confiner l’ensemble des français mais il semble que cette procédure retenue pour contrer l’épidémie consistant à enfermer les gens bien portants plutôt que les malades ne fait pas l’unanimité.

Pas de masques

Essayant avec difficultés de justifier sa position en déclarant à l’encontre des prescriptions de l’OMS que le masque ne sert à rien le gouvernement tente de masquer, si l’on peut dire, le vrai problème qui est la pénurie de masques. D’autres pays où l’épidémie semble presque maîtrisée ont plutôt choisi le dépistage systématique des malades en les confinants et en suivant ensuite leur parcours récent afin de rechercher d’éventuels porteurs du virus auxquels on imposa le port du masque. 

Le confinement, c’est moins coûteux 

Cette démarche qui nécessitait de gros moyens financiers n’a pas été retenue par nos instances dirigeantes. Si c’est juste une question de financement ce n’est pas glorieux. La méthode antédiluvienne du confinement semble moins coûteuse dans un premier temps, á plus long terme son impact économique risque d’être catastrophique pour notre pays et son gouvernement qui était pourtant jusqu’ici un adepte des économies sur le dos de ses concitoyens les plus démunis. C’est d’ailleurs ce qui inquiète vivement Trump, prêt à sacrifier une partie de sa population la plus démunie plutôt que de mettre son économie florissante en danger. 

Contradictions

En France, les recommandations du gouvernement sont quelque peu contradictoires encourageant d’un côté les employeurs et les travailleurs à poursuivre leurs activités tout en précisant qu’il n’a pas les moyens de les protéger de l’épidémie en leur fournissant des masques et donc en prônant d’un autre côté le confinement ! Au dernière nouvelles, il veut envoyer ceux qui sont en chômage forcé dans les champs pour ramasser les légumes au grand air, cela rappelle du déjà vu en Chine du temps de Mao, notre petit timonier local serait-il devenu maoïste ! 

 

 

L’effet Corona virus

Lundi 23 mars 2020

 

Ce que les manifestants dans la rue n’avaient pas réussi à obtenir, le Covid 19 l’a fait. Le président l’a annoncé à la télévision : l’ensemble de ses dernières réformes antisociales comme celle des retraites ou du chômage vont être suspendues. C’est l’occasion d’aller plus loin et de les supprimer définitivement, mais il ne faut pas rêver, une fois la guerre terminée comme il dit, contre ce virus, donc dés l’armistice, ces mesures négatives risquent de ressortir d’autant plus facilement que le gouvernement, du fait de l’état d’urgence sanitaire, va pouvoir gouverner par ordonnances. 

Je vous ai compris

Sur un autre plan le président dit maintenant qu’il a compris que certaines activités sont au bénéfice de tous les français et que dorénavant il donnera des moyens conséquents aux hôpitaux et à la recherche ! Espérons qu’il ne l’oubliera pas une fois la crise sanitaire passée.

 Tests nécessaires

En prétendant que les tests ne sont nécessaires que pour les patients les plus malades alors qu’il faudrait dépister tous les cas suspects et que les masques doivent être seulement réservés aux professionnels de santé alors qu’ils devraient être distribués à toutes les personnes en contact ou risquant d’être en contact avec des malades comme les caissières, le gouvernement cache la réalité ; c’est à dire une impréparation systématique face à un risque de pandémie qui date de plusieurs années avec pour l’hôpital une politique de réduction du nombre de lits et des moyens, et pour la recherche une réduction des crédits avec le remplacement d’une politique de laboratoire par une politique de projet ne donnant pas aux chercheurs  la garantie d’une possible continuité de leurs travaux.

 

 

Le retour des MOOCs

Lundi 16 mars 2020

 

Avec le corona virus et ses conséquences, la fermeture de tous les établissements d’enseignement dans notre pays, les MOOCs vont redevenir d’actualité. Il y a quelques années je m’étais inquiété de l’apparition des « Massive Open Online Courses » autrement dit les célèbres MOOCs. Je craignais surtout la disparition du métier de professeur des universités : » les MOOCs arrivent en France : un projet qui va mettre les profs d’université au chômage « article encore en ligne au niveau du Plus du nouvel Obs (2013). Je m’étais trompé : 5 ans après, ce concept qui devait révolutionner l’université a fait plouf ! Alors que les MOOCS devaient donner la possibilité, pour tout un chacun, d’accéder du monde entier et gratuitement aux cours des meilleures universités, ce bel idéal qui devait ouvrir à tous l’enseignement supérieur a partiellement échoué.

Disparition des MOOCs

Après avoir été ouverts gratuitement à tous au début, la plupart des MOOCs ont disparu faute de participants, en effet à peine 5 % des inscrits allaient jusqu’au bout des formations et très vite la gratuité a elle aussi disparu surtout aux États Unis. D’une façon plus générale au niveau des universités les relations entre l’enseignement académique traditionnel et les MOOCs a été déficient. Il aurait fallu repenser les cursus en y intégrant les MOOCs et les mutualiser entre plusieurs établissements, alors qu’au contraire chaque établissement a développé  ses propres produits en privilégiant la communication au détriment d’une transformation en profondeur des formations.

Dans la plupart des cas les MOOCs ont été considérés comme une sur-couche à disposition des apprenants et lorsqu’ils étaient intégrés dans une formation, ils fonctionnaient de date à date comme les cursus traditionnels donc de façon contraignante alors qu’il aurait été plus judicieux de les laisser ouverts en permanence et de fournir une attestation de suivi lorsque tous les exercices proposés auraient été faits et validés; ce qui aurait été un complément au CV de l’étudiant.

Les irréductibles

Quoiqu’il en soit il reste encore quelques irréductibles qui organisent des sessions d’examens afin de valider les diplômes issus des MOOCs comme dans mon université en chimie par exemple, mais cela risque de disparaître à plus ou moins long terme. Les acoustichiens pardon acousticiens de mon universités se sont lâchés en mettant récemment à disposition d’un large publique un MOOC intitulé «  les bases de l’acoustique, la voix dans tous ses états », bel effort, mais peut-être un peu tardif ! Par contre les cours en visioconférence se développent de plus en plus dans les filières surchargées comme la première année de médecine, mais il semble que pour les étudiants rien ne remplace le professeur en chair et en os, c’est plus conviviale.

Pour conclure

Quoiqu’il en soit si l’utilisation des MOOCs dans les pays développés où abondent les établissements d’enseignement supérieur est en régression, c’est dans les pays en voie de développement, en Afrique ou en Asie, qui manquent cruellement d’enseignants et d’universités que les MOOCs sont le plus utiles et dont l’utilisation devrait  se développer, du moins on peut l’espérer ! Encore que depuis que Macron a fermé  les universités l’utilisation des MOOCs devraient être relancée dans notre pays

Les municipales à Paris

Lundi 9 mars 2020

 

 

A Paris Rachida Dati a été investie par défaut par les républicains; tant qu’à perdre autant y envoyer un vilain petit canard (si l’on fait référence à son dernier lifting).

Avec 23 % d’intention de vote, Elle est au coude à coude avec Anne Hidalgo,  Benjamin Griveaux était à 16 % avant son départ, mais à 15 où 16  % on trouve aussi le candidat vert David Belliard. Derrière on trouve ensuite le matheux trouble fête dissident de LREM et récemment exclu, Cédric Villani, qui stagne à 7 % largement derrière son concurrent du même parti. Mais tout est remis en question avec le retrait surprise de Benjamin Griveaux, un garçon qui ne fait pas attention quand il envoie des photos intimes à sa copine et qu’il a oublié de proposer à Paris Match. Dans ce magazine il s’était présenté comme un père de famille parfait ce qui a dû la choquer. Emmanuel Macron va devoir trouver un autre copain à sacrifier vu le peu de chance de réussite d’un candidat LREM !

 Les candidats des autres partis France Insoumise et Rassemblement National restent en dessous des 10 % et quelques micro candidats indépendants sont à moins de 5 % et Marcel Campion, le forain, ferme la marche. 

Hidalgo n’a pas la cote

Toutefois une majorité de parisiens ne souhaitent pas que le mandat d’Anne Hidalgo soit renouvelé. Il risque donc d’y avoir un nouveau maire dans la capitale en fonction des alliances et des désistements de dernière minute. Benjamin Griveaux était le mieux placé en cas de désistement de Villani, candidat du président il faisait parti des anciens apparatchiks du Parti Socialiste ( les traîtres) qui ont rejoint Macron et ont participé à la création du parti En Marche. Soutien de la première heure, élu député sous cette bannière, puis secrétaire d’état aux finances, il fut ensuite nommé porte-parole du gouvernement d’ Édouard Philippe et a démissionné de cette fonction pour se présenter comme candidat à la mairie de Paris. Il risque maintenant de se retrouver au chômage encore que par copinage il va sûrement être discrètement recasé !

Macron a parlé aux maires

Fin 2019, afin de participer de loin à la campagne électorale Macron est venu parler aux maires lors de leur congrès annuel. Avec un long discours de plus de 90 min, un peu creux, qui a fait partir une partie de l’assemblée et parmi ceux qui sont restés en a endormi certains ! Il voulait tellement cajoler les élus qu’ils se sont assoupis. Un point positif quand même, il ne s’est pas fait siffler comme en 2007 et c’est mieux qu’en 2018 où il avait fait faux bond. Il n’en reste pas moins que ces élections municipales au niveau national vont être difficiles pour la république en marche car beaucoup de candidats dans ou proche de ce parti préfère se présenter sans étiquette. Démarche stratégique pour ces candidats qui évite ainsi de dévoiler leur ligne idéologique et surtout de s’afficher sous une étiquette politique qui est devenue au cours du temps très stigmatisante, voire handicapante !

Marlène Schiappa se pointe 

Elle est candidate dans le XIV arrondissement mais ne sera pas tête de liste tout en restant au gouvernement avec la bénédiction d’Emmanuel Macron et d’Édouard Philippe. Elle doit maintenant soutenir la nouvelle candidate remplaçante de Benjamin Griveaux, l’ex ministre de la santé Agnès Buzyn nouvelle tête de liste de LREM sur Paris . Il fallait bien un plan B pour les macronistes mais on peut quand même s’étonner qu’elle préfère favoriser sa carrière politique au détriment de l’hôpital public déjà si mal en point. Elle avait précisé deux jours avant qu’elle ne pouvait accepter car avec le corona virus elle était surbookée. Sous la pression de son mentor elle a dû accepter de quitter son ministère alors que le premier ministre candidat dans son fief du Havre garde son poste. Avec Macron deux poids deux mesures.

Élue fantôme 

En ce qui concerne Schiappa, elle est toujours élue fantôme au conseil municipal du Mans, mais argumente qu’elle n’a pas été parachutée à Paris dans la mesure où elle réside maintenant à Montparnasse et qu’elle a vécu dans sa jeunesse dans cet arrondissement. Elle fait sa Ségolène car en 2019 elle n’a participé à aucune des neufs réunions du conseil municipale du Mans, mais elle s’engage à faire mieux à Paris si elle est élue. Va-t-elle convaincre les électeurs ? J’en doute !

 

Macron de gauche

Dimanche 1 mars 2020

On l’a un peu oublié mais Emmanuel Macron vient de la gauche, mais d’une gauche un peu molle avec Hollande, il faut le reconnaître. C’était l’homme providentiel arrivé pile poil au bon moment alors qu’il y avait une forte demande de renouvellement du personnel politique chez les électeurs. Une fois élu avec un fort soutien de la droite et du centre il s’est dévoilé en s’entourant de ministres de droite dont le premier, Édouard Philippe !

Dans Valeurs Actuelles !

En donnant une interview à «Valeurs Actuelles » un hebdomadaire qui est loin d’être de gauche dans lequel il se lâche sur l’immigration, le communautarisme et le voile, il se positionne très à droite. D’un point de vue économique, Il était déjà très libéral, il cherche maintenant à séduire la droite sociétale celle des valeurs (actuelles, bien sûr!) en prévision des élections présidentielles de 2022.

Électeurs insatisfaits

Il a découragé nombre de ses électeurs de 2017 par son arrogance, sa brutalité vis à vis des mouvements sociaux en niant les violences policières, par le traitement indigne des réfugiés, par l’absence de mesures en faveur de l’écologie, par ses ponctions sur les retraités, etc. Face à cela sa principale opposante Marine Le Pen, très maline, en profite pour changer de position sur l’Europe et sur l’euro, mais ne s’engage pas sur des mesures sociétales comme la PMA.

Programme commun

Du coup les différences entre les programmes des deux candidats se réduisent et les positions néolibérales de plus en plus marquées de Macron risque de décourager ses électeurs du centre gauche ou de gauche (s’il en reste!) en les orientant vers l’abstention lors de la prochaine présidentielle. Il y a là un danger de se retrouver avec Marine à l’Élysée si aucune force politique crédible ne se met en travers de ces pronostiques très pessimistes, et un Macron qui succéderait à un Macron n’est pas une perspective enthousiasmante bien au contraire. Il reste encore deux ans pour modifier tout cela mais comment faire ?

LREM (la retraite en moins)

Bon mot du secrétaire national du PCF et repris sur les affiches de la France insoumise. Ainsi le dispositif de retraite par point présenté par le gouvernement n’est pas clair ni juste pour plus de 60 % des français, et pour le même pourcentage ils sont convaincus que cette réforme se traduira par une baisse de leur pension. Du fait de la forte opposition à l’assemblée sous forme de 40 000 amendements déposés si le premier ministre veut tenir les délais qu’il s’est imposé (vote de la loi avant les municipales) il va devoir utiliser le 49-3 ce qui est fait depuis samedi et c’est loin d’être glorieux. Face à l’opposition massive à ce projet il aurait été plus judicieux de le reporter. Espérons qu’il seront lui  et son parti sanctionnés dans les urnes lors des municipales à venir.