Changement de paradigme !

 

Surprise, le directeur du CNRS, concernant la recherche et les chercheurs, prône l’inégalité !  il n’y avait déjà pas beaucoup de fraternité dans ce milieu et alors que la liberté dans le choix des thématiques de recherche se réduit comme peau de chagrin, la devise de notre république pourtant gravée dans la pierre au fronton de nos mairies, est mise à mal. Cet individu, ancien professeur de mathématiques à l’ENS, déclare lors d’une interview concernant le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche annoncée par le gouvernement : «Je suis pour une loi inégalitaire, vertueuse et darwinienne ». 

Pauvre Darwin !

Se servir de ce pauvre Darwin, qui doit se retourner dans sa tombe,  pour cautionner et justifier une évolution aussi régressive du devenir de la recherche en France et de ses acteurs afin de se plier au dictat des classements mondiaux, c’est affligeant. Il devrait relire Darwin et surtout les travaux qui ont suivi  car la sélection naturelle basée sur la compétition entre individus n’est sûrement pas la meilleure méthode pour faire émerger une nouvelle espèce comme une science de qualité. Si dans la nature au cours de l’évolution. ce sont les individus les plus aptes à survivre et à se reproduire rapidement qui s’en sortent le mieux, dans le monde universitaire ce sont les chercheurs, qui ayant repéré quels sont les critères de sélection et s’y plient, qui bénéficieront dans l’avenir du jackpot financier de l’état  C’est déjà un peu le cas mais l’idée, c’est d’institutionnaliser la démarche et notre bon président qui n’aime que les meilleurs y est très favorable. Cela concerne les soi-disants plus productifs donc les plus publiants sans tenir compte du fait que le système d’évaluation actuel à base d’indices, principalement quantitatifs, est loin d’être satisfaisant.

 Sur-financer les petits génies !

  Il faudrait au contraire promouvoir une science de qualité rigoureuse. Inventive, originale et surtout coopérative plutôt que de sur-financer des centres dits d’excellences remplis de petits génies, se reproduisant entre eux, alors que les avancées scientifiques sont plutôt le fait de multiples équipes de recherche fonctionnant de façon collectives et échangeant travaux et idées. Nous sommes nombreux à penser que la démarche inégalitaire, plus de moyens aux équipes les mieux notées, proposée par ce «petit» directeur (dictateur !) du CNRS est un mauvais choix et sera en final contre productive. 

Camembert ! Le Petit ! Mauvaise blague mais je n’ai pas pu m’en empêcher.

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