Le site de la Hague

 

Ce n’est pas nouveau, mais Greenpeace a remis à la mode les rejets en mer de déchets radioactifs à l’aide d’un pipeline qui partant de l’usine de  retraitement du site de la Hague s’enfonce dans la manche sur plusieurs km.

Rejet de tritium

  Naturellement le taux de radioactivité de ces rejets est contrôlé et ne dépasse pas les normes autorisées par la réglementation. C’est essentiellement de l’eau tritiée (1) qui est rejetée dans la mesure où sous cette forme mais rassurez vous si vous en avalez malencontreusement en vous baignant, il est rapidement éliminé par l’organisme. C’est plutôt le principe de protection de l’environnement qui est bafoué par cette pratique très répandue dans tous les sites nucléaires. La tolérance zéro si chère à nos gouvernants ne s’applique pas ici, on se demande pourquoi ? Raison d’état bien sûr pour ce permis de polluer, mais là encore c’est navrant ! Dans l’Ouest, info ou intox, il semble que plus de 6 millions de personnes sont alimentées par de l’eau contaminée au tritium sans toutefois dépasser le seuil autorisé de 100 Bq (2) par litre, on est rassuré ! Une ONG, l’ACRO (l’association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest) demande que des contrôles plus fréquents de la présence du tritium soient réalisés.

  1. De l’eau tritiée contient un radio-isotope de l’hydrogène, le tritium (3H). C’est un émetteur d’Électrons bêta dit mous car de faible énergie et de ce fait il est peu radiotoxique.

Fûts de déchets 

Sans oublier que pendant presque 50 ans des milliers de fûts de déchets radioactifs solides ont été déversés en grande quantité dans la Manche à proximité de nos côtes, dans la fosse des Casquet. Ce n’est qu’en 1993 que cette pratique qui concernait aussi l’Angleterre et la Belgique a été suspendue reconnaissant que c’était une erreur; mais le mal est fait, certains de ces fûts sont éventrés et libèrent leur contenu dans la mer sans que l’on puisse maintenant intervenir, c’est inquiétant d’autant plus que la radioactivité est une pollution totalement transparente, qui ne se voit pas et ne se sent pas et seul un appareil conçu en son temps par Mr Geiger peut la détecter. Un jour peut-être avant d’aller se baigner sur les côtes du Corentin en plus du niveau de pollution bactérienne affiché à l’entrée des plages il faudra regarder quel est la quantité de Becquerel par litre d’eau de mer si l’on ne veut pas devenir fluorescent !

Grand débat national

 Un grand débat national (nouvelle spécialité de notre président) sur la gestion des déchets radioactifs est en cours, le PNGMDR (bel acronyme signifiant : plan national de gestion des matières et déchets radioactifs et non plan national de gestion mort de rire, encore que!). Il a débuté en avril et se terminera le 25 septembre. Trois mois et demi déjà d’un débat (avec des hauts et des bas) avec des rencontres publiques discrètes dont la prochaine est prévue début septembre. On peut surtout y participer par internet sur une plateforme participative proposée par le CNDP (commission nationale du débat public). Un premier compte rendu sous forme de synthèse est en ligne sur le site mais la participation est faible. On peut le résumer à un affrontement entre deux lobbys celui du nucléaire et celui des écologistes avec des champions des deux côtés. Boycotté par certaines organisations comme « Sortir du nucléaire » alors que d’autres y participent comme « Greenpeace » ce qui engendre une polémique au sein des antinucléaires. A la fin du processus un compte rendu sera rédigé et une vague commission sera mise en place pour prendre en compte les propositions des citoyens, mais il est bien connu que lorsque l’on veut enterrer un projet, et c’est le cas ici pour les déchets entre autres, on crée une commission !

Dernière minute 

Dernière minute, une mauvaise nouvelle, les japonais ne vont plus pouvoir stocker l’eau contaminée au tritium utilisée pour refroidir le réacteur de Fukushima; aussi envisagent-ils  de la rejeter dans l’océan Pacifique de façon contrôlée (un milliard de litres quand même !) d’ici trois ans. Emportée par les courants marin cette pollution risque de se retrouver sur les côtes coréennes. Du coup les coréens sont inquiets et très mécontents, on le serait à moins, et demandent le soutien de la communauté internationale pour stopper le projet du gouvernement japonais. Un dernier scoop cinq de nos vieux réacteurs nucléaires vont devoir s’arrêter pour des problèmes de soudures ! Mais l’EDF reste discrète, les soudures ce n’est pas son truc !

(1) le Becquerel est une unité d’activité d’une source radioactive correspondant à une désintégration par seconde d’un noyau instable d’un radio-isotope.

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