Archive pour juin 2019

Macron champion de la langue de bois

Lundi 24 juin 2019

Il n’y aura pas de fermetures d’hôpitaux ni d’écoles, mais il y aura des fermetures de services et des fermetures de classes, ce président nous prend vraiment pour des imbéciles à qui on peut faire avaler des couleuvres. Ce ne sont plus des promesses mais littéralement des mensonges comme disait Arlette, dans le bon temps : »travailleurs, travailleuses on nous ment, on nous spolie »! Bien sûr ces fermetures concerneront essentiellement les petites écoles de campagne et les hôpitaux peu rentables des villes moyennes et en particulier des maternités, obligeant les parturientes à faire plusieurs dizaines de km pour accoucher.

 

Les campagnes s’appauvrissent 

 

Dans le même temps les biens immobiliers des habitants des villes moyennes et des campagnes ne cessent de perdre de la valeur au bénéfice des grandes villes. Ainsi alors que le prix du m2 ne cesse d’augmenter à Paris (dépassant en moyenne les 10 000 €) il ne cesse de baisser pour les habitations de province, tandis que leurs charges augmentent du fait du prix du mazout et de l’électricité. De la même façon alors que dans les grandes villes les transports en commun sont subventionnés, dans les campagnes l’essence et le gazole des véhicules particuliers, dont les prix ne sont pas régulés,  pénalisent fortement les frais de déplacements journaliers des habitants. 

 

Les revendications des gilets jaunes se sont étendues 

 

Si la taxe sur le gazole, à l’origine du mouvement des gilets jaunes, n’a pas été appliquée le prix du carburant a malgré tout augmenté du fait des variations des cours du brut. C’est donc loin d’être réglé et les revendications des gilets jaunes se sont rapidement étendues en demandant une augmentation de leur pouvoir d’achat, plus de justice fiscale dont la remise en place de l’ISF, la suppression de l’augmentation de la CSG non compensée pour les retraités, une consultation plus fréquente du peuple par référendum, l’augmentation du SMIC et des retraites, l’interdiction du glyphosate et la suppression de la limitation à 80 km/h, pour ne relever que les principales. En résumé plus de justice sociale et moins de précarité. Lors de son grand débat Macron le magicien a escamoté toutes ces revendications, mais du coup rien n’est résolu et la cocotte risque prochainement d’exploser. Pour positiver, à une époque récente, on s’était demandé à quoi pouvaient servir tous ces ronds-points que les maires installaient à l’excès dans leurs communes, maintenant grâce au gilet jaunes on le sait !

 

 

 

Sauvons la forêt

Lundi 17 juin 2019

 

C’est surtout ceux qui l’entretiennent si bien qu’il faut sauver. En effet depuis plusieurs années les gouvernements successifs ont mis en place un plan sournois de privatisation de l’ONF, un organisme publique qui gère, assure leur entretien et protège les forêts. Le principal défaut pour l’état et l’actuel gouvernement, c’est que les agents de cet organisme sont des fonctionnaires. Une politique de dé-fonctionnarisation des emplois est en route en remplaçant les départs en retraite par des emplois privés. En conséquence il n’y a plus de concours de recrutement de fonctionnaires à l’ONF depuis quelques années. Si traditionnellement il y avait déjà 40% d’emplois privés au sein de l’ONF ce pourcentage va augmenter rapidement, c’est la fin programmée d’un service public (un de plus).

Une nouvelle mission

Tout cela correspond à un changement de la mission du forestier. Si l’un des rôles de l’agent, armé et assermenté, était de surveiller (empêcher le braconnage), de gérer et de protéger la forêt, ces fonctions disparaissent au profit d’activités financièrement plus rentables pour l’état, la production et la vente des arbres avec de nouvelles spécifications. Le bois doit être façonné en fonction des applications industrielles. La nature doit s’adapter aux exigences de l’industrie; ce n’est pas vraiment dans l’esprit du garde forestier.

Une usine à bois

Ce métier de passion évolue vers une surexploitation de la ressource qui devient une usine à bois. Encore une ressource renouvelable et un bien commun national qui va passer au privé, comme les barrages hydroélectriques, la politique de ce gouvernement est suicidaire. Récemment les forestiers sont sortis du bois (!)  pour protester contre leur privatisation au profit des grands lobbies toujours à l’affût ! Il faudrait les soutenir si l’on veut continuer à promener nos petits enfants sans risque dans les forêts domaniales comme celle de Bercé dans la Sarthe. Pourtant les choses avancent, la déclaration des droits de l’arbre vient d’être proclamée à l’assemblée nationale lors du colloque d’une association de défense de la forêt.

Pas mieux ailleurs

Si l’on quitte le territoire national, la situation n’est pas meilleure. Le problème principal est la destruction des forêts tropicales pour les remplacer par une culture industrielle de palmier à huile au détriment de ses habitants donc de la biodiversité. Total n’est pas en reste en envisageant d’installer une bio-raffinerie pour produire du biodiésel à partir d’huiles d’origines diverses mais surtout d’importantes quantités d’huile de palme importées. Pas de chance les députés ont retirés l’avantage fiscal à l’huile de palme en décembre dernier et le parlement européen a voté l’interdiction d’utiliser l’huile de palme comme carburant à partir de 2021. Comme d’habitude ce gouvernement va dans le mur privilégiant les lobbies au détriment des citoyens, c’est navrant !

Réforme du bac

Lundi 10 juin 2019

Jusqu’ici le baccalauréat était un diplôme universitaire, le premier, et c’était d’ailleurs un enseignant-chercheur qui, en président le jury, le délivrait au candidat. C’était un honneur mais aussi un pensum pour mes collègues et moi lorsque l’on était désigné par l’administration. Ce diplôme permettait d’accéder à l’université dans la filière de son choix, mais l’augmentation conséquente des bacheliers a fini par engendrer des problèmes d’accueil dans certaines filières et a obligé les gouvernements successifs à trouver des solutions qui n’ont pas toujours été très heureuses comme le tirage au sort de triste mémoire. La mise en place de « Parcoursup » tente de résoudre partiellement ce problème de sureffectifs en orientant de force certains étudiants vers des filières moins engorgées et à priori plus en adéquation avec leur formation dans le secondaire. 

Réforme à marche forcée 

Avec la réforme du baccalauréat, à marche forcée, mise en place dès la rentée prochaine par l’actuel Ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer,  il va y avoir de nombreux bouleversements qui inquiètent à la fois les enseignants,  les parents d’élèves mais aussi très certainement les futurs bacheliers. Le ministre se vante d’un large consensus pourtant en 2018 le conseil supérieur de l’éducation avait rejeté massivement le projet du ministre.

Une escroquerie

Plusieurs problèmes apparaissent : la disparition des maths dans le tronc commun alors que l’on manquait déjà de scientifiques est une mauvaise idée. La suppression des  filières classiques au profit de « spécialités » choisies par les élèves en fin de seconde (parcours individualisé), est une escroquerie dans la mesure ou la liberté de choix, prônée par le ministre, va se heurter à la réalité du terrain. Chaque établissement ne sera pas en mesure de proposer toutes les options et loin de là. C’est une logique de concurrence entre élèves et entre établissements qui se met en place avec la possibilité d’aller chercher des options manquantes dans les établissements privés. 

Logique de tri sélectif

Avec le « parcours individualisé » et  le  « parcoursup » à l’arrivée, c’est une logique de tri qui se surajoute. L’élève-produit devra apprendre à se vendre, à construire son CV pour être accepté dans les formations de l’Enseignement Supérieur. En faisant cela on renforce l’individualisme des élèves au détriment de l’égalité républicaine. Les établissements de banlieue ou de province,  déjà souvent mal dotés en formations, et qui accueillent  des élèves issus de catégories sociales défavorisées, risquent de voir leurs offres encore diminuer.

 Cette réforme a surtout pour but de faire des économies sous couvert de révolution pédagogique. Le manque de moyens inhérent à l’éducation nationale depuis des lustres va se poursuivre avec des classes surchargées; la barre a été fixée à 36 élèves par classe pour obtenir des moyens supplémentaires, c’est très pédagogique ! Il faudrait surtout sauvegarder le caractère national de ce diplôme, mais ce gouvernement libéral a tendance à tout dénationaliser. Que va-t-il rester de nos valeurs républicaines après son passage, on peut craindre le pire !