Archive pour avril 2019

Avalanche de dons

Lundi 29 avril 2019

 

Les sommes récoltées pour restaurer Notre-Dame-de-Paris dépassent déjà de plus de trois fois le budget consacré tous les ans à l’entretien des monuments historiques par le gouvernement. C’est impressionnant et ce n’est pas fini. Si l’on compare avec les sommes d’argent reçues, sur un an, par les principales associations caritatives les plus connues  comme les Restaus du cœur, le Téléthon, le Secours Catholique, la fondation Abbé Pierre, la Ligue contre le cancer, la Croix rouge et l’Institut Marie Curie et en additionnant le tout on n’arrive même pas encore à une telle somme. A croire que les français préfèrent les vieilles pierres aux pauvres gens. Ce n’est pas du tout dans l’esprit de Victor Hugo !

Générosité sélective

C’est inquiétant pour l’avenir cette générosité sélective. Depuis Emmanuel Macron, les dons à l’humanitaire s’étaient déjà effondrés du fait de la suppression de l’ISF dans la mesure où les assujettis à cet impôt jouaient beaucoup la carte de la défiscalisation. De même les retraités ont compensés eux même la non compensation de l’augmentation de la CSG en réduisant leurs dons aux associations humanitaires. On peut s’étonner que des responsables politiques parisiens comme Valérie Pécresse ou Anne Hidalgo puisse débloquer si vite un « pognon de dingue » pour remettre un toit sur une cathédrale alors qu’il y a encore beaucoup de SDF dans les  rues de leur ville, qui passent leur nuit sans toit, et qu’il y a beaucoup de gilets jaunes qui n’arrivent pas à finir le mois avec le salaire ou les aides sociales qui leur sont versées. Faire des dons, pour des pierres mêmes si elles sont chargées d’histoire et laisse des traces, semble plus motivants pour les grandes fortunes que de verser de l’argent aux nécessiteux. N’en déplaise à Stéphane Bern l’humain est prioritaire alors que les grands groupes financiers prouvent une nouvelle fois leur inertie face à la misère sociale.

Cathédrales en chocolat

 Pour collecter de l’argent des pâtissiers ont eu l’idée de proposer à leurs clients des cathédrales en chocolat, initiative originale dans la mesure où ils s’engagent à reverser la totalité des sommes récoltées à la fondation du patrimoine. Surprise, parmi ceux-ci la maison Trogneux du Touquet,  maintenant bien connue, habituellement spécialisée en macrons, pardon faute de frappe, en macarons , commercialise une tablette de chocolat représentant Notre Dame. Brigitte y serait-elle pour quelque chose ?

Sites frauduleux

 Sentant la bonne affaire vu l’afflux des donateurs, des  escrocs ont aussitôt mis en place des sites en copiant celui de la fondation du patrimoine et en piégeant ainsi beaucoup d’internautes. D’autres fraudeurs se  sont lancés dans les envois en nombre de courriels sollicitant des dons en proposant de cliquer sur un lien menant à un site frauduleux. Une technique de démarchage de masse qui se développe aussi par téléphone et par courrier et qui pollue déjà largement notre espace de vie lorsqu’elle est légale et dont l’aspect frauduleux aggrave encore la situation. Des plaintes ont été déposées, que fait la police ? Plutôt que d’arrêter des gilets jaunes, elle ferait mieux de s’occuper des vrais délinquants.

 Combien cela va coûter ?

Enfin le coût de la reconstruction de Notre-Dame-de-Paris est estimé au maximum à 600 millions d’euros; compte tenu des sommes récoltées, il va en rester encore beaucoup, des sous, mais pour qui ? Pas pour l’état qui, du fait de la défiscalisation de tous ces dons qu’il a lui même augmenté pour les particuliers, va se trouver l’an prochain avec un sacré trou dans son budget du fait du moins perçu d’impôts. Pour un gouvernement qui veut réduire les niches fiscales, ce n’est pas très malin.

L’effet waouh, plutôt wallou

Lundi 22 avril 2019

L’effet waouh désigne une action ou un message qui déclenche un effet de surprise ou d’admiration voire d’appréciation des spectateurs et qui s’exprime par cette onomatopée. En ce qui concerne notre président, la référence à l’effet waouh, ce graal du marketing commercial, le fait retomber dans l’un de ses travers, l’utilisation d’un vocabulaire à base de globish qu’il avait soigneusement évité au cours du grand débat, face aux gilets jaunes qui dans tous les cas n’auraient pas compris la subtilité du discours présidentiel. Il a ainsi remplacé le sreening de zone par un tour d’horizon territorial et le feed-back par la parole citoyenne, etc.

Discours raté

Quoiqu’il en soit son discours sur les réformes issues de son analyse du grand débat qui devait avoir lieu lundi dernier à 20 h a été reporté suite à l’incendie de Notre-Dame, pas de chance, pas d’effet waouh mais plutôt wallou, comme on dit au Maghreb, c’est à dire rien du tout. On est déçu, il va falloir attendre, l’impact médiatique risque de ne pas être le même. Il est reporté sine die, pour les non latinistes (comme moi) littéralement sans date, les gilets jaunes vont devoir patienter. Emmanuel Macron en profite pour se recycler en bâtisseur de cathédrale, y voyant une façon de marquer l’époque et de redevenir populaire en mettant sous le tapis tous les problèmes générés par la première moitié de son quinquennat. En fait il y a eu des fuites et les principales mesures de son discours plein de vide ont été dévoilées, fin du suspens il n’a plus qu’à refaire sa copie.

Problème pour Bercy

Mais il y a un problème, c’est le niveau de réduction d’impôts qui sera appliqué aux différents donateurs. Sans aller jusqu’à Alliagon dont la loi sur le mécénat prévoit 90 % de crédit d’impôts si l’édifice est classé trésor national, la niche mécénat classique prévoit 60 % de réduction d’impôts pour les sociétés et 66 % pour les particuliers. Un gouffre budgétaire pour le gouvernement qu’il faut éviter de creuser; aussi une réflexion est menée pour fixer le niveau de cette réduction qui reste aux frais des contribuables dans la mesure où l’impôt n’est pas perçu. Une solution pour tester la motivation des donateurs serait de ne pas proposer de réduction d’impôts pour ce cas précis. Le don serait vraiment alors un véritable acte citoyen. Mais c’est l’inverse qui est proposé par le gouvernement en augmentant la réduction d’impôts pour les particuliers avec quand même un plafond à 1000 €, ce qui avait précédemment été oublié pour les entreprises dans la loi sur le mécénat. Remettre en place l’ISF serait une bonne solution pour financer la reconstruction de la cathédrale par les plus riches, mais pour Macron ce n’est pas d’actualité et ça ne va pas dans le bon sens !

Il faut des sous

Du coup alors qu’il devait nous redonner des sous, Emmanuel va nous en demander pour reconstruire la cathédrale ! Et on va tous participer (peut être !), un grand élan national qui risque de faire oublier les revendications des gilets jaunes. Va-t-on suivre nos milliardaires planqués en Belgique ou en Suisse qui proposent des dons très importants : la famille Arnault (200 millions) comme la famille Bettencourt, un peu moins seulement 100 millions pour la famille Pinault, Le groupe Total pour la même somme, la ville de Paris pour la moitié, etc. Plutôt que la discrétion et l’humilité ils ont choisi faire le buzz et par la même de la publicité à bon compte pour leurs entreprises. Une ribambelle d’autres donateurs affluent du monde entier, ce flux d’argent doit exciter la partie comptable de notre président, du coup il semble délaisser le reste en reportant sa conférence de presse bilan du grand débat ! Et en plus il est pressé, 5 ans pour reconstruire la cathédrale, il va falloir rapidement donner nos sous. Pinault donne l’exemple en refusant la réduction d’impôts, les autres milliardaires vont ils le suivre ? Encore faudrait-il que leurs groupes payent déjà leurs impôts en France, mais c’est une autre histoire !

Pour conclure,  il y a un type qui veut reconstruire une cathédrale en cinq ans, ne serait-ce pas le même qui est en train de détruire notre pays en cinq ans, et il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas que Notre-Dame qui a besoin d’un toit ! A méditer…

Le champion de la com, encore que !

Lundi 15 avril 2019

D’un côté Il faut parfois reconnaître son talent ou peut-être celui de ses conseillers. Ainsi pour rendre visite à un SDF, scène immortalisée par sa photographe personnelle, sous sa tente il abandonne le costume cravate pour un djean et un blouson de cuir afin de faire plus peuple. Mais en réduisant de 58 millions d’euros les crédits affectés au financement des hébergements d’urgence alors qu’il s’était engagé à ce qu’il n’y ait plus de sdf à dormir dans les rues, il est loin de tenir ses promesses !

Gilets jaunes crise politique

 Avec les gilets jaunes, Macron a plongé notre pays dans l’une des plus grandes crises politiques qu’il ait connu depuis 1968. Une des causes, des choix calamiteux en matière de communication à son niveau. Il le reconnaît lui-même dans son discours du 10 décembre : » j’ai pu blesser certains d’entre vous par mes propos ». Ça  nous a coûté un pognon de dingues, 10 milliards d’euros de mesures sociales pour tenter d’éteindre les protestations d’une grande partie de la population, essentiellement les plus démunis, mais seulement ceux qui travaillent avec un salaire insuffisant. Mais c’est raté, 3 mois après les gilets jaunes sont toujours dans la rue et sur les ronds-points malgré une féroce répression.  Pour les empêcher de manifester le gouvernement réactive les brigadiers voltigeurs de triste mémoire lorsque l’on se rappelle le décès de Malik Oussékine. Alors qu’il faudrait discuter et négocier avec les protagonistes, ce gouvernement ne connaît que la répression comme action politique. C’est navrant !

Des erreurs de communication

Macron ce sont des dizaines d’erreurs de communication alors qu’il prônait l’avènement d’un nouveau monde suite à son élection. La mise en place à marche forcée de ses réformes donnant une impression de puissance, d’influence sur la vie des gens et une image d’autorité qui lui a été défavorable. Il a fallu longtemps à Emmanuel Macron pour comprendre qu’on ne peut diriger un pays en multipliant les vexations aux gens qui ne sont rien, aux ouvrières illettrées de l’entreprise Gad, en passant par les chômeurs qui n’ont pas le courage de traverser la rue, il a oublié que communiquer c’est gouverner mais sûrement pas de la façon hautaine et dédaigneuse dont il a le secret !

Départ de son conseiller

Le départ de son conseiller en communication Sylvain Fort ne va pas tout résoudre d’autant plus que sa directrice de la communication, Sibeth Ndiaye, au langage châtié continue à sévir. Elle vient même d’être nommée Secrétaire d’Etat porte parole du gouvernement, cela ne va pas être triste. Du coup avec la façon irrespectueuse dont il les traite, il n’est pas prêt de se débarrasser des gilets jaunes à moins qu’il finisse par accepter quelques unes de leurs revendications, mais j’en doute, trop orgueilleux pour les accepter comme interlocuteur et céder sur quoi que ce soit ! Il va terminer sa tournée des popotes, le grand débat, par la Corse qui l’a accueilli avec un mot d’ordre : île morte ! Pas terrible la Com !

Que va-t-il  proposer ce soir dans son discours bilan du grand débat aux gilets jaunes et à l’ensemble de ces concitoyens, le suspense reste entier, rien ne fuite, cela va être soi-disant une surprise disent ses communicants. Espérons que ce ne sera la pochette surprise de notre enfance qui le plus souvent ne contenait rien de bien intéressant !

Les SDF, problème non réglé !

Lundi 8 avril 2019

En 2018, 566 SDF dont 6 enfants de moins de 5 ans sont morts sur le trottoir pourtant Emmanuel Macron s’était engagé à ce qu’il n’y ait plus un seul SDF dans la rue à Noël 2017. Non seulement il n’a pas réussi à tenir ses promesses mais cela ne s’est pas arrangé. Le nombre de décès augmente chaque année et les pouvoirs publics semblent incapables de gérer cette situation. Ce n’est pas nouveau et le gouvernement préfère l’oublier, mais le collectif les morts de la rue recense maintenant ces décès précoces, moyenne d’âge 47 ans alors que l’espérance de vie en France voisine les 80 ans. Le nombre de centres d’accueil est notoirement insuffisant surtout sur Paris aussi Anne Hidalgo veut prolonger de 5 ans celui qui avait été installé dans le XVIème arrondissement au grand désespoir de la droite locale qui pensait que cette verrue allait disparaître de leur quartier. 

Hivers difficiles

L’ancienne ministre du logement, Emmanuelle Cosse, en déclarant bien au chaud dans son ministère : » Si les hivers sont difficiles, celui la n’est pas plus difficile que les autres » botte en touche. Pourtant selon les ONG seulement une personne sur deux est prise en charge après un appel au 115. Ce que conteste bien sûr la Ministre qui donne le chiffre de 30%. Quoiqu’il en soit ce n’est pas un problème de chiffres mais le fait qu’un nombre toujours trop important d’individus soient obligés de dormir la nuit dans le froid de l’hiver. La déclaration du nouveau ministre du logement, un certain Denormandie (qui nous fait honte à nous les normands),  sur la présence de seulement 50 SDF dormant dehors la nuit dans Paris dont certains volontairement, n’a pas convaincu et pour cause. Afin d’éviter les polémiques le président n’a pas repris ce chiffre aberrant, bottant en touche en parlant de problème de méthodologie au niveau du comptage !

Manque de logements 

L’arrivée permanente de migrants aggrave encore la situation mais le problème n’est pas là, ce qu’il manque ce sont les offres de logement. Le vrai scandale, c’est l’accueil en chambres d’hôtels, un mode d’hébergement très coûteux pour l’état mais privilégié car facile à mettre en œuvre sans rien gérer, juste à payer des tarifs souvent exorbitants tout au bénéfice d’hôteliers, un peu crapuleux, propriétaires d’établissements bas de gamme en région parisienne. La maire de Paris a pourtant donné l’exemple en ouvrant des mairies et l’hôtel de ville afin d’accueillir des femmes SDF. Bel effort, espérons qu’il sera suivi par notre gouvernement, il y a sûrement de la place dans les bâtiments de la république.