Archive pour mars 2019

La mort programmée des petits labos

Dimanche 31 mars 2019

Les établissements de la vague D ont eu une drôle de surprise, une circulaire du ministère les a informé de la fin de la labellisation des Équipes d’Accueil (EA) pour eux cette année et pour tous en 2020. Plus de reconnaissance ministérielle des activités de recherche de ces groupes. L’argumentation du ministère est très fallacieuse, consistant à parler d’une politique donnant encore plus d’autonomie aux universités. Les universités et leur président, enfin vrai chef d’entreprise, pourront ainsi déterminer librement les structures de recherches qu’elles entendront reconnaître et financer, mais aussi celles qu’elles pourront éliminer ! Mais tout cela avec quel argent, le ministère ne le dit pas et pour cause.

Recherche sous tutelle

En dehors de l’aspect financier, plus dramatique encore seront les arbitrages locaux avec une mises sous tutelle de la recherche et de l’enseignement supérieur par le marché, à la botte des bureaucrates et des économistes locaux. Fini les enjeux scientifiques extra-économiques, plus de critères nationaux qui étaient plus ou moins homogènes mais jusque là respectés, à la place un assujettissement aux industriels et aux bassins d’emplois locaux. Les  laboratoires SHS vont souffrir, mais pour les sciences molles, comme la biologie marine au Mans, l’avenir est dans les rillettes pour pas dire dans les choux !

Unités locales

D’après le ministère, ces nouvelles équipes ou unités locales seront quand même évaluées par l’HCERES et pourront accueillir des doctorants, mais quid des bourses ? Sans bourses ni financement leur existence risque d’être précaire, la seule solution sera de candidater puis d’émarger sur des appels d’offres régionaux, nationaux ou européens, mais l’absence de label risque d’être rédhibitoire déjà que précédemment, on nous le reprochait maintenant cela va être pire. J’ai peur que la référence à une université mondialement connue et renommée comme « Le Mans Université » risque d’être insuffisante alors que l’ancienne appellation «Université du Maine » en anglais laissait planer une certaine ambiguïté.

Une régression

 Si cette évolution, pardon régression, ne pourrira pas trop la fin de carrière de la génération des cinquantenaires qui vont avoir un argument tout trouvé pour se laisser glisser jusqu’à la retraite en se consacrant à leur enseignement et en ne faisant plus de recherche. Pour les jeunes collègues récemment recruté.es dont la carrière est en devenir, cette situation risque d’être catastrophique, une génération de jeunes chercheurs sacrifiée sur l’hôtel de l’ultra-libéralisme macronien. Une nouvelle fois la politique scientifique, comme le reste, de ce gouvernement est inacceptable et navrante !

Disparition programmée de la fonction publique

Lundi 25 mars 2019

Les deux objectifs de ce gouvernement libéral concernant la fonction publique sont un recours systématique aux contractuels et la reconversion des fonctionnaires dans le privé. Souplesse et mobilité sont les mots clefs du secrétaire d’état Olivier Dussopt, exsocialiste reconverti, qui a trouvé la foi (en Macron) et présenté ce projet en conférence de presse. Le gouvernement veut mener très rapidement cette réforme alors que les syndicats y sont tous opposés. Elle va bien plus loin que la suppression des 120 000 postes de fonctionnaires promise par Macron dans son programme électoral. Comme par hasard la question du pouvoir d’achat des fonctionnaires, pourtant mis à mal depuis le début de ce quinquennat avec le gel du point d’indice et l’augmentation de la CSG non compensée, n’est pas abordée. Les syndicats ne peuvent accepter la mise en place d’une loi déjà ficelée et allant vers plus de précarité.

Mots clefs

Les mots clefs sont contractualiser, rémunérations au mérite, mobilité, départ volontaire, quel programme ! Mais à part cela les syndicats qui négocient depuis plusieurs mois se plaigne de ne pas avoir le texte de la réforme. Comment négocier dans ces conditions ?

Faire de grosses économies sur le dos des fonctionnaires

Le but est d’économiser 30 milliards au niveau de la fonction publique en augmentant la contractualisation et la durée des contrats en remplacement des titulaires, en incitant à la mobilité avec privatisation des missions et détachements d’office. L’idée de ce gouvernement est de supprimer une grande partie de la fonction publique, seule la haute fonction publique, les catégories A ou plutôt A+ seront conservées, par contre les corps intermédiaires comme les cheminots, les postiers voire les enseignants en feront les frais et c’est déjà en cours.  Si cela continue à ce rythme dans 5 à 10 ans la protection offerte par le statut de fonctionnaire aura disparu. La récente victoire du gouvernement sur les cheminots, bastion théoriquement imprenable, est un feu vert pour poursuivre le démantèlement de la fonction publique.

Il faudra payer plus pour obtenir moins

Le contribuable moyen risque alors de payer plus cher un service de moins bonne qualité. Bientôt, dans le domaine de la santé, pour prendre un exemple, plus on sera riche, mieux on sera soigné. Suivant l’avis de 60% des français (ceux qui ne sont pas fonctionnaire, bien sûr) Darmanin  annonce la fin de l’emploi à vie. C’était l’un des énormes avantages de la fonction publique, pas de risque de se retrouver chômeur et j’en ai profité comme beaucoup d’autres, dommage pour les générations futures dont la qualité de vie sera réduite d’autant.

Comme le serpent du livre de la jungle, Kaa et ses yeux ensorceleurs, Macron termine sa lettre aux français par « en confiance » : on peut être inquiet !

Face à l’Europe !

Lundi 18 mars 2019

Chaque parti politique doit désigner une liste nationale de 79 candidats (il y 79 places de députés attribués à la France) avec une tête de liste qui se veut représentative. Pour le moment ce n’est pas enthousiasmant depuis plusieurs mois le rassemblement national faisait la course en tête avec comme outsider la république en marche au coude à coude. La reprise en main de la situation par Emmanuel Macron, car son grand débat est en fait une sorte de campagne électorale,  a permis à LREM de reprendre la tête dans les sondages. Cela génère d’ailleurs de vives protestations de Marine et de Jean Luc.

Figurants

En dehors de ces deux partis d’opposition les autres font de la figuration, se partageant quelques misérables pourcentages tous inférieurs au seuil de 10%, deux fois moins donc, autant dire pas grand chose, wallou, les plus touchés étant le PS qui n’a pas encore trouvé de tête de liste bien qu’Olivier Faure soit pressenti avec un petit 5%, et le parti de Benoit Hamon Génération.s avec à peine 2%, c’est misérable pour la gauche traditionnelle.

A côté, ce n’est pas beaucoup mieux, le PC avec un inconnu en tête de liste et trois petits gilets jaunes, cherchant des alliances mais hors Mélenchon, est à 2,5%; un peu au dessus, EELV à 7,5% avec Yannick Jadot comme tête de liste dont le discours me semblait intéressant jusqu’à ce qu’il mette en numéro 2 sur sa liste Michèle Rivasi proche des mouvements anti-vaccins .  « Debout la France » de Dupont-Aignan est retombé dans les sondages (5,5%) après une petite embellie; il comptait sur ces élections européennes pour se refaire une santé et récupérer les voix des gilets jaunes qu’il courtise abondamment. LR avec Laurent Vauquiez, le menteur patenté,  avec une tête de liste, François Xavier Bellamy, contestée même dans son propre parti, mais qui, après une « remontada » surprise, se place en troisième position avec 13% d’intentions de vote, au détriment de « La France Insoumise » de jean Luc Mélenchon (7%) avec qui il faisait part égale il y a peu. Ce dernier a déjà désigné sa tête de liste surprise, une jeune femme : Manon Aubry (rien a voir avec Martine), enseignante à Sciences Po et précédemment membre et porte parole de l’ONG Oxfam France.

Jeunes loups

A l’extrême droite le Rassemblement national (22%) toujours dans la course, le Poulidor des élections, a désigné un jeune loup de 23 ans aux dents longues : Jordan Bardella. LREM (24%) a repris du terrain et la tête, mais le président s’est donné de la peine bien que la tête de liste, une obscure Ministre des affaires européennes Nathalie Loiseau qui a réussi à tenir tête, voire à éclipser Marine Le Pen récemment à la télévision même si l’annonce de sa candidature en fin d’émission était un téléphonée; un bon coup de com. À droite il ne reste pas grand chose l’UDI à 3%, le modem reste associé à LREM, les Patriotes de Philippot stagne à 1,5% et Jean Lassale mènera la liste de son parti « Résistons »  avec un score de 1%, l’Union Populaire Républicaine de François Asselineau favorable à une sortie de l’UE, de l’OTAN et de l’euro est malgré tout crédité de 0,5%. Enfin l’extrême gauche ou du moins ce qu’il en reste, le NPA et LO refusent de se regrouper et vont stagner autour de 1%.

Gilet jaunes

Le dépôt d’une liste gilet jaune qui n’est plus créditée que de 3% ne va pas changer la donne. Tout cela va évoluer, certains partis vont encore y perdre des élus. Par contre il y a un fort rajeunissement des têtes de listes la plupart trentenaire, le plus jeune 23 ans étant celui du rassemblement national, c’est une tendance dans tous les partis. Où cela va nous mener avec des élus manquant d’expérience, on peut espérer qu’ils vont en acquérir sur le tas, mais cela va prendre du temps, on l’a précédemment vu avec les députés LREM souvent très incompétents à l’assemblée nationale.

Surprise, arrivée d’une nouvelle liste verte, écologique, « Place Publique » de Raphaël Glucksman qui oblige les autres liste de « gauche » à revoir leurs copies en rajoutant une ligne verte. Du coup Faure et le PS se placent derrière Glucksman, mais dans ce cas que restera-t-il du socialisme démocratique. Cela ne plait pas à notre maire du Mans, Le Foll qui a quitté le bureau national du PS. Tout cela devrait se décanter en laissant du temps au temps comme disait un ancien président socialiste !

L’enfumeur d’andouilles

Lundi 11 mars 2019

Le grand débat démocratique est plus un monologue du président qu’un véritable débat avec de vrais échanges. D’un côté, il y a l’enfumage car ce grand débat n’en est pas un, dans la mesure où il est cadré par le gouvernement avec seulement quatre thèmes et c’est ce même gouvernement qui pose les questions et qui y répond. On n’est pas loin de Georges Marchais ou peut-être de Le Luron : « Ce n’est pas la question, oui mais c’est ma réponse « ! D’un autre côté Macron a annoncé dès le début qu’il ne changera pas de cap : cause toujours tu m’intéresses, mais je fais ce que je veux. C’est une sorte de psychothérapie politique de groupe afin de calmer les gilets jaunes et de les faire rentrer chez eux la conscience tranquille après avoir rempli un cahier de doléances.

Dépendeur d’andouilles

Petit fils et fils de charcutier, j’en ai pendu et dépendu des andouilles dans le fumoir de mon père, mais cette fois, lorsque malencontreusement j’écoute notre président, j’ai l’impression que c’est moi l’andouille, bien que je ne soit pas pendu à ses lèvres !

La fin du grand débat (lage) !

On approche cette semaine de la date fatidique de fin du grand débat, mais que va-t-il se passer ensuite ? Avec plus d’un million de contributions cela ne va pas être facile à dépouiller et à exploiter. Il faudrait demander à Hollande de faire une synthèse, c’était sa spécialité dans le temps au niveau du PS !

Ce que l’on en sait c’est que les 10 000 cahiers de doléances vont être récupérés par la bibliothèque nationale qui va les numériser puis les archiver, tandis que les images seront transmises à une société qui va les transformer en document informatique dans lesquels on pourra faire des recherches par mots clefs. Il semble que ce soit un cabinet de conseil, privé bien sûr, qui va restituer les grandes tendances et les propositions des citoyens qui ont participé à cette consultation.

Encore une  commission

Déjà,  au début du siècle dernier « Quand on veut enterrer un problème on crée une commission » disait Clemenceau. Ainsi une commission dite du Grand Débat va s’occuper des résultats avant que ne soient organisées des conférences régionales avec des participants tirés au sort, drôle d’idée, pourquoi pas parmi les gilets jaunes qui ont été placés en garde à vue ! Enfin la patate chaude sera transmise aux élus locaux, aux parlementaires, aux corps intermédiaires bref tous ceux qui possèdent un quelconque mandat représentatif et par là un peu de pouvoir, mais pour en faire quoi ? Tout cela reste flou et « quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup », formulation chère à la grand mère de Martine Aubry !

Le risque c’est que cette énorme montagne de revendications n’accouche que d’une souris et encore une petite ! On aura tous, pendant plusieurs mois, été bien enfumés, voire gazés si on est allés aux manifestations du samedi, CQFD.

Bijoux de famille !

Lundi 4 mars 2019

Dans la situation économique actuelle, Emmanuel Macron veut rester en dessous des 3 % de déficit budgétaire mais cela va être difficile, d’autant plus que les deux années précédentes où ce chalenge avait été atteint, c’était essentiellement du à la politique de son prédécesseur hollandais. Pour 2019 la cour des comptes met en garde le gouvernement avec une prévision d’un passage à nouveau au dessus des 3 %. La contrainte budgétaire qui était à la mode depuis plusieurs années et l’un des objectifs de notre jeune président ultra-libéral a été abandonnée en distribuant « théoriquement » 10 milliards d’euros d’argent public pour calmer les gilets jaunes afin d’augmenter d’une façon générale le pouvoir d’achat des plus démunis. Cette aide sociale, qui doit être versées au smicards dans le cadre de la prime d’activité gérée par les caisses d’allocations familiales, tarde à être versée pour cause de saturation malgré l’embauche d’urgence de 140 agents supplémentaires en CDI.

Vendre les bijoux de famille

Face à cette situation, pour compenser ces dépenses, notre président va être tenté de vendre des bijoux de famille, méthode éculée de tous les gouvernements pour boucher les trous budgétaires. Avec la cession des aéroports de Paris au privé  déjà votée par l’assemblée, le protocole est lancé. Toutefois surprise le Sénat fait un blocage avec une association de la droite et de la gauche contre ce projet, défendant notre patrimoine que veut brader le gouvernement actuel. Pourtant ADP dégage des bénéfices confortables qui tombent dans les poches (percées ?) de l’état. Que faire : une pétition tourne actuellement sur le web (changes.org) et je vous engage à la signer. Cette situation nous rappelle la privatisation des autoroutes dont l’état se mord depuis les doigts car les sociétés d’autoroute se sont tellement remplies les poches qu’elles ont apuré le prix d’achat et maintenant c’est tout bénef, n’hésitant pas à imposer aux usagers des tarifs excessifs en constante augmentation (1,9 % au premier février dernier). Même si les contrats avaient à l’époque été mal rédigés, on n’est pas obligé de refaire la même erreur.

Dans un autre domaine la privatisation des barrages hydroélectriques, qui sont pourtant bénéficiaires et amortis depuis bien longtemps, a été engagée par Édouard Philippe sous la pression de l’Europe, est elle aussi scandaleuse qualifiée par certains d’acte de haute trahison pour un secteur aussi stratégique que l’énergie.

Cession de participation

Dans le même ordre d’idée la « Française des Jeux » pourtant largement bénéficiaires (on n’a jamais vu un casino perdre de l’argent) est elle aussi sur la sellette. Pour ne pas choquer la population le premier ministre parle de «cessions de participations» plutôt que de privatisation mais le résultat est le même, les dividendes qui abondaient précédemment au budget de l’état iront maintenant dans la poche du privé. Ce gouvernement ultra libéral veut faire disparaître les biens de l’état au profit du tout privé, allant à rebours de l’intérêt public. Avant de tout brader, Macron devrait demander l’avis des français par référendum, c’est d’actualité !

J’avais oublié l’affaire de l’aéroport de Toulouse vendu au chinois par Macron et qu’il vont maintenant revendre avec une grosse plus value. Bravo, mais Macron n’est pas prêt d’être couronné meilleur économiste de France !