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Archive pour février 2019

Petit timonier

Lundi 25 février 2019

S’il ne redresse pas la barre, notre petit timonier (historiquement, le grand c’est quelqu’un d’autre) va faire les frais de l’actuelle situation. Avec sa lettre aux français, la mise en place d’un débat national et l’organisation d’un référendum en mai, en même temps que le vote européen, cela va t il être suffisant pour calmer la fronde des gilets jaunes ? Pour ce référendum, il est astucieux en prévoyant des questions où, hormis quelques extrémistes, les français ne pourront que répondre que oui comme par exemple plus de justice fiscale, prise en compte du vote blanc ou réduction du nombre de sénateurs, voire suppression partielle ou totale du sénat dans le cadre de sa réforme constitutionnelle.

Réaction des sénateurs

Du coup le sénat réagit en profitant de l’affaire Benalla pour s’attaquer à l’Élysée suite à la publication du rapport de sa commission d’enquête. Il met en évidence de graves dysfonctionnement  niveau de l’appareil d’état et en particulier du premier cercle de hauts collaborateurs du Président. Ces jeunes loups du macronisme, arrivés en meute suite à l’élection  de leur leader, sont progressivement exfiltrés et remplacés par des collaborateurs plus expérimentés. Il était temps. 

Parjure

Trois hauts responsables de l’Élysée : Alexis Kohler, Patrick Strzoda et le général Lionel Lavergne sont soupçonnés de parjure devant la commission d’enquête du sénat qui demande que la justice soit saisie; c’est pas brillants !). Le porte parole du gouvernement a dénoncé des contres vérités dans le rapport du sénat mais sans l’avoir lu, il doit être devin ? Le premier ministre lui contre attaque en rappelant le principe de la séparation des pouvoirs et en précisant que le sénat n’a pas à se mêler de l’organisation interne de la présidence de la république.

Record

Pendant ce temps là,  record battu : 14 h 30 au salon de l’agriculture, après un discours insignifiant rempli de lieux communs, mais toujours en campagne électorale pour les européennes, longue déambulation d’Emmanuel Macron entouré d’une armée de gardes du corps. C’était son premier bain de foules depuis le début des gilets jaunes donc risqué, mais il s’en est bien tiré même mieux que ses prédécesseurs qui y avaient été malmenés. Grand communiquant, bien accueilli par les agriculteurs, du coup il remonte légèrement dans les sondages mais 68 % des sondés considèrent encore que c’est un mauvais président. Comme disait Raffarin : » La route est droite mais la pente est forte ».

Niches fiscales

Dimanche 17 février 2019

C’est encore les classes moyennes qui vont prendre. Cent milliards de niches fiscales, les plus importantes sont le CICE et le crédit d’impôts recherche qui profitent aux entreprises pour plus de 21 milliards, mais Darmanin ne cible que celle qui coûte à l’état 14 milliards, mais qui concerne beaucoup de monde : toutes les familles qui emploient des femmes de ménages et qui font des dons aux organisations humanitaires. Il cible ainsi les classes moyennes en essayant de leur faire avaler quelques couleuvres comme la limitation du crédit d’impôts pour les emplois à domicile ou la mise sous conditions de ressources pour en profiter afin de faire oublier ceux qui ont bénéficié de la disparition de l’ISF. Calmer les plus pauvres en ciblant la classe moyenne aisée tout en maintenant l’exonération des plus riches, ce n’est peut-être pas le bon choix. Concernant les aides à domicile on peut se demander si ce gouvernement réfléchit vraiment avant de prendre des décisions.

Un pas en avant, un pas en arrière

Les employeurs sont surtout des retraités ou des membres des classes moyennes encore en activité et les employés sont présents sur les ronds points, toucher à cet ensemble en déstabilisant les employeurs et les employés d’un seul coup quand on sait que l’emploi à domicile est le premier employeur de France avec un système que beaucoup de pays nous envie et qui évite le travail au noir, c’est encore une faute politique de ce gouvernement. Du coup deux jours après Darmanin, encore lui, revient en arrière découvrant que cela évite le travail au noir et s’engage à ne pas toucher au crédit d’impôt pour l’emploi à domicile. Quel cafouillage !

TVA à taux zéro

La TVA à taux zéro sur les produits de première nécessité fait un succès chez les gilets jaunes car elle est comprise comme un coup de pouce à leur pouvoir d’achat, mais en fait cette mesure profiterait à tous le monde aussi bien aux ménages modestes qu’au riches à condition qu’ils mangent des nouilles ! Dans tous les cas actuellement ce ne serait pas possible car les taux de TVA sont encadrés par une directive européenne qui interdit que le taux réduit soit inférieur à 5%. Il y a bien un taux super réduit pour la presse et les médicaments mais pour l’étendre à d’autres produits il faudrait convaincre les 27 états membres, bonne chance ! Dans tous les cas l’impact de cette disparition de la TVA sur le pouvoir d’achat des gilets jaunes serait insignifiant, quelques centimes d’euros sur chaque achat alors que l’impact négatif sur la recette fiscale serait importante pour l’état.

Justice fiscale, ce n’est pas pour demain

La justice fiscale est une des revendications des gilets jaunes qui revient souvent dans les propositions du grand débat national. Les pistes sont nombreuses, celle qui est surtout mise en avant par les manifestants du samedi le rétablissement de l’ISF mais cela ne plait pas à notre président;

- la baisse de la TVA mais elle est contestable car payée par tous, les riches comme les pauvres; – ajouter une nouvelle tranche d’impôts sur le revenu pour les plus hauts revenus, toutefois remettre en place les 14 tranches rendrait l’impôt plus progressif et plus juste;

- maintenir la taxe d’habitation pour 20 % des foyers les plus aisés, le gouvernement y serait favorable car cela permettrait pour les finances publiques d’économiser sept milliards d’euros;

- enfin réformer les droits de succession mais le président est contre s’étant engagé à ne pas  y toucher au cours de son mandat.

Donc la justice fiscale ce n’est pas pour demain

Les autres à droite

Lundi 11 février 2019

Il faut bien reconnaître que si les projets de réforme de l’actuel président sont fortement contestés  au niveau des ronds points, en ce qui concerne la classe politique ses opposants ne sont ni très brillants (à part par leur absence !) ni très convaincants.

Laurent Wauquiez

Pour ne s’intéresser qu’aux plus médiatiques, d’abord à droite Laurent Wauquiez, l’homme au parka rouge sa marque de fabrique  qu’il dit avoir été offert par sa femme et qui est son fétiche; tissu de mensonges comme d’habitude, en fait c’est de la com, il en a plusieurs en fonction de la saison, mais cela fait plus proche du peuple que le costard 3 pièces. Il est qualifié de menteur compulsif comme la plupart des politiciens, mais avec un vide existentiel du point de vue projet politique; cela ne suffira pas à convaincre les électeurs. Le résultat des européennes risque d’être sévères pour son parti même s’il tente de séduire les électeurs du rassemblement national lors de ses discours. Il a un nouveau copain, Eric Zémour polémiste d’ultra droite, accueilli chaleureusement : « vous êtes ici chez vous » déclare Wauquiez. Fini les références au gaullisme, tout cela pour essayer de récupérer quelques voix d’électeurs extrémistes. En plaçant François Xavier Bellamy, brillant philosophe mais très réactionnaire, anti IVG et contre l’extension de la PMA, il est loin de faire l’unanimité dans les rangs de LR.

Dupont-Aignan

Un peu plus à droite, voire entre les deux, Dupont Aignan, très agités, qui veux profiter d’une vacance à droite pour s’implanter profondément avec son parti « Debout la France «. Un temps allié à Marine Le Pen, il prend ses distances tout en proposant des mesures très similaires comme la dissolution de l’assemblée nationale et la mise en place d’un référendum. Il se veut un soutien des gilets jaunes, mais est ce un cadeau pour ces dernier ? Il pense faire un tabac aux européennes en ponctionnant à la fois les électeurs de Vauquiez et de Marine et pour cela il va sillonner la France en camping-car. Bonne route attention de ne pas trop déraper dans les virages à droite !

Marine Le Pen

Dans le parti de Marine Le Pen, le plus dangereux c’est la nièce qui vient astucieusement d’alléger son nom en éliminant d’un coup toutes les références au passé, tout en conservant les mêmes idées. Joli tour de passe-passe, elle reste en réserve de la république (si l’on peut dire) prête à prendre la place de sa tante quand celle ci se sera auto éliminée. Par contre la liste présentée par ce parti risque de faire l’un des meilleurs, sinon le meilleur score aux européennes du fait du rejet de la politique par beaucoup de français qui n’iront pas voter. Lors de la précédente élection la participation était déjà faible de l’ordre de 42 % mais risque d’être encore plus faible en mai prochain comme elle l’était déjà aux législatives du coup si l’on rajoute les votes blancs de plus en plus nombreux, les élus ne représenteront plus qu’une faible tranche de la population ce qui est loin d’être satisfaisant, des élus du peuple qui ne le représente plus vraiment, quid de la démocratie ?

Les gilets jaunes à droite ou à gauche ?

Lundi 4 février 2019

C’est tout d’abord un mouvement populiste et spontané difficile a cadrer se méfiant des corps intermédiaires et soutenu à la fois par Marine et Jean Luc. Toutefois les soutiens populaires aux gilets jaunes mettent en évidence un clivage social. Ceux qui les soutiennent appartiennent aux catégories socioprofessionnelles modestes et populaires voire moyennes par contre les classes supérieures aisées sont moins enthousiastes. On se retrouve ainsi, dans ce phénomène historique que sont les gilets jaunes,  face à une sorte de lutte des classes chère aux marxistes.

Plus précisément une étude récente montre que le soutien inconditionnel  aux gilets jaunes en fonction des catégories sociales  est de 66 % dans la catégorie populaire, de 59 % dans la moyenne et seulement de 44 % dans la supérieure ou dominent ceux qui ne les  soutiennent pas. Il ressort que ce mouvement est essentiellement anticapitaliste mais sans être hostiles à l’entreprise avec un vieux principe reprendre aux riches pour donner aux pauvres. En effet depuis une trentaine d’années, il y a eu une véritable captation de la production du travail, donc de l’argent, par la caste dirigeante et les rentiers (pardon investisseurs) via notamment une inflation indécente des dividendes.

Une forme de populisme fort (pour ceux qui les soutiennent à fond)  émerge de ce mouvement. Par contre et c’est navrant l’anti capitalisme des gilets jaunes ne correspond pas à une attirance pour la gauche radicale mais au contraire à une appétence vers le Rassemblement National. Ce sont surtout ceux qui ont voté blanc ou nul ou qui se sont abstenus au dernières élections qui soutiennent fortement le mouvement et le danger de leur retour dans les urnes pourrait se traduire en sortie de crise, comme en Italie, par un rassemblement autour de la droite extrême qui va se trouver du coup désenclavée. La présence de Bellamy, conservateur de droite la catholique intolérante, anti mariage pour tous, anti avortement,  en tête de liste de LR pour les prochaines élections est, elle aussi, inquiétante. Où tout cela va nous mener ?  Plutôt vers une droite dure que vers une gauche modérée inexistante et qui pour l’instant est très mole !