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Archive pour octobre 2018

Université, de plus en plus d’emplois précaires, avenir compromis pour les jeunes docteurs

Lundi 29 octobre 2018

Après l’université de Rennes 1, L’université de Lille, pour ne pas la nommer, vient de décider pour équilibrer son budget et éviter de passer sous la tutelle du recteur de ne pas  créer de nouveau poste, ni de republier ceux correspondant à des départs en retraite. Ce sont des mesures à court terme, les importantes économies budgétaires ainsi réalisées permettront de résoudre ponctuellement le problème encore que c’est reculer pour mieux sauter. Pour assurer quand même les enseignements cette université envisage de recruter massivement des vacataires, ATER, enseignants associés de toutes catégories, beaucoup moins coûteux. Ces emplois vont être en majorité proposés à des jeunes universitaires titulaires de doctorats obtenus après au moins 8 années d’études et qui seront rémunérés un peu au dessus du SMIG pour assurer les fonctions précédemment assurées par un fonctionnaire titulaire rémunéré 3 à 4 fois plus. Il ne faut pas avoir fait de longues études de comptabilité pour comprendre le mécanisme.

Sous-dotation

Tout cela se met en place au détriment du rôle essentiel des enseignants-chercheurs des universités qui est de transmettre mais surtout de créer du savoir. Depuis la loi Pécresse de 2007 sur l’autonomie, c’est de la part du ministère une sous dotation récurrente, qui ne prend pas en compte  l’augmentation de la masse salariale due à l’évolution des carrières du personnel qui y travaille, qui est l’une des causes de cette situation financière catastrophique. Espérons que d’autres universités ne vont pas suivre ce mauvais exemple et se tourner plutôt vers le ministère de l’enseignement supérieur qui les finance de façon scandaleusement insuffisante afin qu’il revoie leur dotations.

Emploi de contractuels

Le plus grave dans cette situation, c’est le remplacement d’enseignants chercheurs permanents par des vacataires remplaçables et corvéables à merci ce qui va déstabiliser le système. En effet, un enseignant-chercheur a pour mission d’enseigner mais aussi de créer du savoir et de la connaissance à partir de ses propres travaux de recherche, ce que ne pourra faire le personnel précaire qui va le remplacer. C’est toute la philosophie de l’université et son rôle essentiel dans l’enrichissement scientifique de notre société, en produisant et diffusant du savoir, qui est mis à mal par la politique d’épicier à la petite semaine de ce gouvernement.

Plus généralement notre pays est de plus en plus gouverné par des comptables qui privilégient les chiffres au détriment des humains, c’est navrant ! Après 5 ans sous la présidence d’Emmanuel Macron que restera-t-il de notre pays et de sa devise : de moins en moins d’égalité et de fraternité, c’est sûr, mais espérons le encore un peu de liberté

Macron le francophone

Lundi 22 octobre 2018

Lors du sommet international de la francophonie, Emmanuel Macron s’est senti investi d’une mission de défenseur de la langue française. Pourtant, pour montrer sa différence vis à vis de ses prédécesseurs et frimer, il n’hésite pas à recourir systématiquement à la langue anglaise, qu’il maîtrise relativement bien, dès qu’il quitte la France. Dans notre pays, théoriquement francophone, les élites ont de plus en plus tendance à s’exprimer en anglais en particulier au niveau de l’Europe  où l’anglais s’est imposé comme une langue commune, au détriment des règles de départ qui donnaient le français et l’allemand comme langue de travail.

 Avec le Brexit on aurait pu penser que l’on allait revenir aux fondamentaux et remettre en cause la domination de la langue anglaise. Mais personne ne semble l’envisager, seul Jean Claude Juncker a eu le courage de prendre position en s’exprimant dorénavant uniquement en allemand et en français.

Pour améliorer l’image de marque de l’Europe et pour que les peuples s’y reconnaissent, l’une des solutions serait de revenir au multilinguisme par contre cela nécessiterait beaucoup de traducteur, mais pourquoi pas, cela permettrait de créer des emplois utiles et réels plutôt que de financer des assistants parlementaires qui profitent du système et se détournent de leur fonction comme le montre les affaires en cours au niveau du Rassemblement National ou du Modem ?

L’élection ou plutôt la désignation, avec le soutien de Macron, comme secrétaire générale de l’ OIF (organisation internationale de la francophonie) d’une ruandaise connues pour ses attaques violentes et répétées contre la France, précédemment ministre des affaires étrangères du Rwanda, pays qui a remplacé, il y a dix ans, le français par l’anglais dans ses écoles, qui a fait fermer le centre culturel français, n’est pas sans poser de problèmes. D’autant plus que ce pays et son président sont loin de respecter les droits de l’homme.

La francophonie est une très belle idée, mais il faudrait aller plus loin pour lutter contre le nationalisme qui se développe; avec 84 états répartis sur 5 continents, le lien de la langue commune  pourrait permettre de créer une véritable communauté francophone dépassant les frontières.

Le français est actuellement la cinquième langue la plus parlée au monde mais dans trente ans, d’après les prévisions, la croissance démographique sur le continent africain fera que le français sera alors la langue la plus parlée sur la planète. Une prévision de l’OIF que notre président avait reprise à son compte l’an dernier lors de son discours de Ouagadougou en précisant qu’il fallait que les africains fasse des efforts pour atteindre en 2050, 700 à 800 millions de francophones, vœux pieux mais quid des moyens.

Les mauvais points de retraite

Lundi 15 octobre 2018

Pour les fonctionnaires, dont le salaire est nettement inférieur au privé, la retraite a toujours été considérée comme un salaire différé qui compensait les faibles rémunérations reçues pendant leur carrière. C’est pourquoi elle est calculée sur les 6 derniers mois d’activité qui souvent correspondent au salaire le plus élevé mais souvent de surcroît à une promotion de fin de carrière qui améliore encore le niveau de leur pension. Tout ce système est le fruit de longues négociations et d’un compromis entre le gouvernement et les syndicats de la fonction publique en 1948. C’était donc une sorte de contrat entre l’état et les fonctionnaires qu’Emmanuel Macron va rompre et c’est le statut même de la fonction publique qui est remis en cause.

 Fonctionnaires pénalisés

La mise en place d’une retraite par points remplaçant les annuités devrait fortement pénaliser les fonctionnaires et en particulier les enseignants. Calculer leur retraite sur les 25 meilleures années, voire plus, à la place des 6 derniers mois devrait réduire leur pension de 20 %, elle serait soi-disant compensée par l’intégration des primes dans le calcul des points. Toutefois un grand nombre de fonctionnaires, plus d’un million chez les enseignants, ont peu de primes aussi cette mesure ne compensera pas les pertes et loin de là.

Quid des enfants

En ce qui concerne les enfants,  leur prise en compte dans le calcul des pensions devrait être revu; actuellement la majoration à la retraite pour une famille nombreuse de 3 enfants est de 10 %, puis de 5% par enfant supplémentaire. Il faut craindre que ces avantages disparaissent dans la retraite par points, mais rien n’est clair à ce sujet; les droits familiaux devront être revus, mais de quelle façon, personne ne le sait. La seule nouveauté c’est que des points de retraite supplémentaires seront donnés dès le premier enfant alors qu’actuellement il faut au moins 3 enfants pour obtenir une majoration de sa retraite.

Un malus en perspective

Pour le privé, fini les 25 meilleures années, les assurés accumuleront des points tout au long de leur carrière. En théorie ils pourront partir à 62 ans mais l’idée d’un âge pivot fait son chemin afin d’inciter les français à travailler plus longtemps. Avant cette âge, qui pourrait être de 63 ans ou plus, il y aurait une décote de la pension jusqu’à ce que cet âge soit atteint. Ce dispositif va déjà être mis en place pour les retraites complémentaires en 2019 avec une décote de 10 % pendant 3 ans pour ceux qui sont nés en 1957 et après.

L’égalité 

La grande idée égalitaire, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, reste  qu’un euro cotisé devra donner les mêmes droits dans le public et dans le privé, autrement dit les salariés du privé et les fonctionnaires seront traités (bien ou mal) de la même façon; le risque c’est que le nivellement se fasse par le bas. On ne pourrait être que d’accord à la mise en place d’un système équitable si derrière tout cela ne se cachait pas la crainte d’une baisse des pensions pour tous, car la question qui reste non résolue est le mode de calcul du point et sa valeur, et surtout sa dépendance et son évolution en fonction de la conjoncture économique. 

Une inconnue, la valeur du point

Les français restent méfiants face à cette réforme craignant qu’à terme un gouvernement encore plus libéral que l’actuel intervienne en  diminuant la valeur du point entraînant une baisse des pensions afin d’inciter les français à se tourner vers les assurances privées. C’est le rêve des patrons, une privatisation progressive des retraites avec la mise en place de fond de pensions et les travers de ce système que l’on connaît dans d’autres pays. Enfin si la Suède sert de modèle à cette réforme des retraites, force est de constater que les suédois ont beaucoup perdu depuis que ce système est en place. De plus comme il se régule et s’ajuste automatiquement tous les ans sur les cotisations collectées, lorsqu’elles sont moins importantes la retraite baisse ce qui est arrivé deux fois en vingt ans. C’est donc une épée de Damoclès au-dessus de la tête des pensionnés. Pour rassurer la population, le gouvernement précise que  le système par répartition sera maintenu et que la réversion au dernier survivant sera maintenue

Astuce le texte final ne sera présenté qu’après les élections européennes, on ne sait jamais !

Les rats quittent le navire

Lundi 8 octobre 2018

Expression très ancienne correspondant, à l’époque des bateaux à voiles, au départ des rats du bateau avant qu’il ne largue les amarres par crainte d’une tempête voire d’un naufrage !  Maintenant elle est fréquemment utilisées lorsque l’on veut signifier que les gens se désolidarisent d’un projet voire d’un gouvernement parce qu’ils ne voient pas d’issues ou de solutions viables.

Avec le départ de Gerard Collomb faisant suite à celui de Nicolas Hulot, il semble y avoir un malaise au plus haut niveau de l’état, d’autant plus qu’ils n’y mettent pas les formes en claquant les portes sans suivre les procédures hiérarchiques l’un annonçant sa démission sur France Inter, l’autre son départ définitif contre l’avis de son président dans Le Figaro ! Traditionnellement, c’était plutôt le président qui virait ses ministres, avec Macron c’est le changement c’est lui qui se fait quitter par ses ministres, il n’est plus maître du temps.

Depuis son élection, 7 ministres ont démissionné pour diverses raisons, pour mémoire en premier Bayrou et Marielle de Sarnez, puis Sylvie Goulard, tous trois à cause de la présence d’emplois fictifs dans leur parti, Richard Ferrand pour malversations mais il est revenu par la fenêtre comme président de l’assemblée nationale, Laura Flessel pour ses problèmes avec le fisc. Pour Macron tout cela n’est que péripéties, il est au-dessus de tout, toujours dédaigneux, capitaine jupitérien qui nous mène en bateau jusqu’à son naufrage lors des prochaines élections, du moins on peut l’espérer.

A force d’affirmer et de répéter qu’il n’y a pas de crise politique suite à ces démissions successives, on commence à se demander où il va. Avec 23 % d’opinions favorables en septembre il a touché le fond, en dessous de son score du premier tour des élections présidentielles. Il remonte légèrement (de 2 points) début octobre mais cette rémission sera peut-être de courte durée on peut l’espérer; en effet la démission à rebondissements du ministre de l’intérieur montre une fois de plus l’amateurisme de ce gouvernement de jeunes incompétents (les vieux sont partis) et de son président dont la pensée est complexe mais l’action concrète bien décevante. Hulot et Collomb ont démissionné car ils ne voulaient plus assumer la politique de Macron à tel point que Collomb a laissé une peau de banane à son successeur et dans un premier temps à Edouard Philippe en précisant que dans certains quartiers l’Islam politique et les trafiquants remplacent la république donnant des conseils : appliquer une politique répressive et imposer la laïcité dans les cités. Il pousse encore le bouchon plus loin puisqu’il a déclaré qu’il ne se présentera pas au municipales de Lyon sous l’étiquette LREM, la rupture est consommée

Macron Plan Plan et Rataplan

Lundi 1 octobre 2018

Après le plan banlieue de Jean Louis Borloo reporté aux calendes grecques par Emmanuel Macron, il y a eu le plan pauvreté qui vient de sortir et tout de suite le plan santé puis le plan vélo, quatrième de la série, la suite au prochain numéro. Dans son plan santé, Macron semble avoir oublié la moitié des intervenants (plus de 600 000), les petits, les sans grades, qui jouent pourtant un rôle primordial dans le dispositif de soins; j’ai nommé les infirmières et autres aides soignantes.

Par contre il invente un nouveau métier d’assistante médicale formée en un an, au service des médecins et employées par eux, c’est astucieux l’état ne les emploie pas donc pas de fonctionnaires en plus, mais il fera verser par les collectivités locales un dédommagement aux médecins afin de participer au financement d’une partie de leur salaire, c’est tout bénéf pour le budget de l’état, il n’est pas l’employeur et cela ne lui coûte rien. Ce seront des sortes d’infirmiers low-cost qui devront jouer le rôle de secrétaire mais aussi qui devrons préparer les patients en vérifiant certains paramètres comme la température voire la tension, les peser et les mesurer, les installer sur la table d’examen après les avoir fait déshabiller et pourquoi pas la journée finie lui faire balayer les locaux ! Tout cela  inquiète les vrais infirmiers car cela risque encore de dévaluer leur métier déjà très mal rémunéré.

Alors qu’il n’y a que 200 000 médecins sur 2 millions de personnels de santé pour Macron la santé ce sont eux et eux seuls. Il ne change pas, toujours attiré par les premiers de classe et dédaignant les catégories subalternes. Tout de même dans ce plan, un point positif, la suppression du « numerus closus » pour les étudiants en médecine, il faut quand même le reconnaître ! Fini le barrage aberrant à la fin de la première année qui pendant des décennies a éliminé des étudiants motivés sur des critères peu satisfaisants et laissant souvent passer des individus plus attirés par la rémunération que par la médecine.

Une réforme récente (la PACES puis remplacée par PluriPass) a essayé de moduler quelque peu ce dispositif en essayant de récupérer et de réorienter les étudiants brillants, mais éliminés par le système, vers d’autres filières. Sur ce problème de sélection en médecine, un film intéressant : « Première année «  est sorti récemment, toutefois très réaliste, je le déconseille aux futurs étudiants en médecine qui risquent d’être découragés après l’avoir visionné. Prochainement (en 2020) sans barrage en première année et 3 années  communes pour les professions de santé, les écoles de médecine risquent d’avoir des difficultés à gérer la masse d’étudiants que cela va générer.     

Pendant qu’on y est un plan vélo. Après avoir mis des bâtons dans les roues de ses concitoyens avec ses nombreuses mesures antisociales, Macron va les enlever au niveau des vélos ! En proposant un financement sur 7 ans qui dépasse largement son mandat à moins qu’il ne redouble ce qui serait dramatique. Il veut que les gens aillent au travail en vélo et pour les inciter il prévoit une prime. Mais si l’on regarde d’un peu plus loin ces mesures sont destinées aux citadins, aux bobos parisiens, quid des campagnards et les maires des petites communes n’ont pas trop apprécié d’être mis de côté voire oublié. S’il est agréable de faire du vélo le week-end à la campagne, pour aller travailler c’est une autre histoire; arriver en sueur quand on vient de loin pour sa journée de travail, à moins de reprendre une douche ce n’est pas agréable ni motivant.