Le Véganisme : religion ou mode de vie ?

 Issu d’une famille (trois générations de charcutier) qui a prospéré grâce à la viande de porc, il m’est difficile de comprendre le développement récent du moins en France de ce mouvement nutritionniste. Ses origines, comme beaucoup de choses pas toujours excellentes qui nous viennent de là-bas avec souvent beaucoup de retard, sont Nord américaines. En effet le véganisme est apparu à la fin de la seconde guerre mondiale aux USA sous forme d’une « Vegan society » qui en a donné une définition : « philosophie et façon de vivre qui exclut toute forme d’exploitation des animaux que ce soit pour se nourrir ou s’habiller et pour tout autres usages ». En France c’est beaucoup plus récent une « Vegan Society » n’a été créée qu’en 2010 et le terme n’est rentré au Larousse qu’en 2015. 

Ce mouvement prône l’arrêt de la consommation de viande par les humains faisant fi du fait que se nourrir de viande fait partie de l’histoire de l’homme. Ce mode de vie n’est ni écologique ni éthique comme ses adeptes ont tendance à le présenter et à le croire. En effet, les plantes comme les animaux sont des êtres vivants; si le véganne respecte la partie animale, il néglige le monde végétal et le cri de la carotte lorsqu’on la râpe (on ne sait encore que très peu de choses sur la sensibilité des plantes hormis qu’elles sont parcourues de micro courants électriques véhiculants de l’information). Si le véganisme présente quelques points communs avec les religions comme les interdits alimentaires et une tendance au prosélytisme; plus précisément le véganisme porte un mauvais coup à notre mode de vie, au monde agricole en général et en particulier à nos relations avec les animaux en essayant de nous culpabiliser.  Loin d’un comportement écologique ils sont responsables du développement d’un nouveau volet de l’industrie agroalimentaire qui leur fournit des produits sans protéines animales comme les plus récents : « les knakis végétals » qui viennent d’être mis sur le marché ou « le salmon végétal marin » fausses tranches de saumon  à base d’algues et en particulier d’une espèce : odontella aurita que j’ai utilisée comme modèle dans de nombreuses expériences (responsable mais pas coupable). 

Les Vegan si l’on y ajoute les végétariens restent peu nombreux, environ 5 % de la population française par contre ils ont une audience importante réhabilitant la notion de « bien » : eux-mêmes les mangeurs de carotte et de « mal »: les omnivores mangeurs de biftecks, morale binaire rassurante et simpliste, d’où son succès. Aussi les non végans doivent se justifier alors que ce sont les végans qui portent préjudice à notre mode de vie même si, il faut le reconnaître, notre système d’alimentation est trop centralisé avec plus de 65% d’insatisfaits; il est dans la main des industriels de l’agroalimentaire alors qu’il faudrait faire évoluer le système actuel d’agriculture productiviste qui nous fournit de la mauvaise viande et de mauvais fruits et légumes en dégradant le milieu et au détriment des petits paysans. Cela bouge mais très doucement.

Ceci étant dit, le veganisme n’est pas la solution à ces problèmes. Ils ne vont ni sauver les animaux, ni l’agriculture bien au contraire. Ils prônent la disparition de l’élevage, et de la polyculture qui y est associée, pourtant pourvoyeurs des amendements indispensables à l’entretien et à l’enrichissement des sols où poussent leurs legumes. D’un point de vue santé, l’alimentation Végane est loin d’être une panacée en-dehors des nombreuses carences qu’elle génère et en particulier la carence en vitamine B12,  les végétariens semblent avoir une espérance de vie plus longue que les omnivores, ils consomment malgré tout en plus des légumes des produits provenant de l’élevage comme le lait, les fromages et les œufs. Les végans au régime ultra-sans viande c’est moins sûr car ils doivent consommer des protéines d’origine végétale mais le plus souvent  transformées en faux produits carnés. En supprimant toute relation avec le monde animal, ils s’enferment dans les villes, se coupent du milieu naturel et se placent sous la dépendance d’une alimentation industrielle. Les militants végans se prennent pour des révolutionnaires alors que ce sont de dangereux intolérants qui menacent de nous mener à la famine en nous ramenant à l’agriculture prédatrice des temps anciens, et en reniant les avancées que sont la polyculture et l’élevage.

Pour finir, la tolérance n’est pas une vertu du véganisme ainsi les bouchers-charcutiers en viennent à demander la protection de la police face aux agressions de groupuscules végans au nti-viande et anti-élevage. Il y a encore pire que les végans, les antispecistes qui considèrent qu’il n’y a pas d’espèces supérieures aux autres. Ils ont ainsi protesté contre l’utilisation des pigeons voyageurs durant la guerre 14/18 qu’ils considèrent comme une exploitation de l’animal en taguant sur le monument au mort érigé à leur mémoire « stop spécisme ». C’est pousser un peu loin la bêtise, mais  comme disait merveilleusement Audiard dans la bouche de Lino Ventura, les cons ça ose tout…

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