Hulot

Enfin il a démissionné, il va pouvoir partir en « vacances », depuis le temps qu’il avalait des couleuvres, il devait frôler l’indigestion. Mais plus intéressant, ce sont les circonstances et ses explications, il avait supporté la veille une rencontre avec le représentant du lobby des chasseurs dont Macron a besoin pour les prochaines élections, un million deux cent mille électeurs cela ne se néglige pas, aussi notre président s’est plié à leurs demandes acceptant la baisse de moitié du prix du permis international de chasse, précédemment il avait déjà relancé les chasses présidentielles de Chambord, aime-t-il vraiment la chasse ou seulement les bulletins de vote des chasseurs ?

 En démissionnant Nicolas Hulot nous met en garde sur le fait que ce sont les lobbies qui gouvernent actuellement notre pays, ce qui explique les difficultés qu’il a rencontré pour faire avancer ses dossiers. Ainsi le lobby nucléaire sur la fermeture des centrales, celui de la FNSEA et du monde agricole sur l’agriculture productiviste, celui de la chimie sur le glyphosate, celui des pétroliers en faisant la guerre au développement des énergies renouvelables, celui de la pharmacie en favorisant la consommation de médicaments inutiles et surtout celui des chasseurs, pas vraiment défenseurs de la biodiversité puisqu’il veulent maintenant pouvoir tuer des espèces jusque là protégées, qui a fait déborder le vase.

 

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Mais surprise, Ségolène Royale qui semble être intéressée par le poste bien qu’elle dise le contraire, mise en hibernation car nommée ambassadrice des pôles nord et sud par Macron, se démarque en taclant Nicolas Hulot. Elle lui reproche sa démission et se déclarant être favorable aux lobbies qu’elle considère comme  légitimes car s’ils défendent les intérêts du privé, c’est nécessaire à la politique puisque cela permet de définir et de défendre, à partir de leurs propositions, l’intérêt général (comme macron sa pensée est complexe !). Quoiqu’il en soit, autour d’Emmanuel Macron les lobbies semble jouer un rôle important dans les décisions politiques ce qui pour Nicolas Hulot était insupportable et anti-démocratique.

Au niveau européen il y a un fort déséquilibre entre le privé et les intérêts publics; les nombreux lobbies ( plus de 3000) ont une influence significative dans la mesure où ils participent aux comités consultatifs de la Commission Européenne. Le nombre de lobbyistes est estimé à plus de 20 000, plus nombreux que les fonctionnaires européens et disposants de moyens financiers importants; très serviables, ils contribuent à l’élaboration des textes, rédigent des amendements, font des propositions législatives. Pour compléter le tableau, le pantouflage, qui consiste pour un ancien fonctionnaire européen de se faire embaucher dans le privé et ainsi de travailler à des activités de lobby ou de conseil pour la société qui l’emploie, est condamnable mais pourtant très répandu. Le plus flagrant et le plus scandaleux est la récupération de Barroso (ancien président et  retraité de la commission européenne) par la banque d’affaires Goldman Sachs.

Ainsi les multinationales jouent un rôle essentiel car, le plus souvent, elles sont le moteur de la construction européenne dans la mesure où ce sont elles qui créent emplois et croissance. Comme le gouvernement d’Édouard Philippe, le spectacle qu’offre les institutions européennes est celui d’une démocratie capturée par les intérêts économiques. Les intérêts publics et privés sont intimement mélangés et le contrôle citoyen est réduit au minimum. Les prochaines échéances électorales européennes vont elles changer la donne au moins au niveau français, on peut l’espérer dans la mesure où ce gouvernement est loin de faire l’unanimité avec ses mesures antisociales, et que nous sommes encore d’irréductibles gaulois comme le souligne notre bon président !

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