Vacances du pouvoir

Alors que François Hollande se pavane à quelques km de Brégançon, Emmanuel Macron se terre dans son fort pendant que des fans font le pied de grue tous les jours devant les grilles espérant voir leur idole. Notre couple présidentiel est installé pour deux semaines au bord de leur piscine ou plutôt de la nôtre car ce sont les contribuables qui l’ont payée. Elle va leur permettre de se baigner sans descendre à la plage, réduisant ainsi le dispositif de sécurité, (d’autant plus que Benalla n’est plus là) et évitant ainsi les paparazzi.

 

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Pour autant, ainsi prisonnier du lieu, est-ce une vacance du pouvoir où le pouvoir qui est en vacances ? Pour beaucoup de français comme moi, ne plus voir sa tête de premier de la classe dans les journaux cet été cela va être reposant. Mais vacance ou non du pouvoir, qui est resté à l’Élysée pour traiter les affaires courantes ? Rien n’est prévu dans la constitution concernant les vacances des présidents. Si en cas de décès ou d’empêchement majeur, le pays est confié au président du sénat afin justement d’éviter lavacance du pouvoir, lors de leurs congés les présidents de la cinquième république s’organisent comme ils veulent quand à leur destination, de Colombey-les-Deux-Eglises pour le premier d’ente eux avec des destinations plus variées pour les suivants.

Ainsi ce sont les Pompidou qui ont transformé Brégançon en résidence de vacances pour chef d’états; Giscard en profita ensuite, s’affichant en maillot de bain sur la petite plage attenante, Mitterrand n’y dormit qu’une nuit préférant résider chez lui à Latche dans les Landes; Chirac avait une préférence pour des vacances de luxe dans les palaces de l’île Maurice en jet privé au frais du contribuable, mais après le scandale de ses trois semaines à la réunion pour 70 000 €, il s’installe les étés suivant à Brégançon où il reconnaît s’ennuyer de temps en temps. Il fait pourtant un succès en sortant souvent du fort pour rencontrer la population et en allant à la messe le dimanche, pas comme l’actuel président qui s’y barricade.

Sarkozy le blingbling défraie ensuite la chronique en passant ses premières vacances de chef d’état aux USA dans une très chic cité balnéaire avec une location hors de prix, faisant suite au séjour sur le yacht du milliardaire Vincent Bolloré, cela passe mal dans l’opinion publique. Les années suivantes après avoir marié et s’être reproduit avec Carla, il a passé ses étés dans la résidence familiale de sa riche nouvelle femme au cap Nègre.

François Hollande revient à Brégançon au début de son quinquennat avec sa compagne de l’époque aux fesses fragiles déclenchant un mini scandale en achetant des coussins hors de prix car madame trouvait les fauteuils inconfortables. Il mit ensuite le fort à disposition des visiteurs en l’ouvrant au publique et ce fut un succès.

Après des vacances à Marseille, près du peuple si l’on peut dire ! Retour à la case départ, avec Macron, Brégançon redevient résidence d’été du président après des aménagements coûteux dont la fameuse piscine. Après une période d’isolement, (il travaille au calme justifie l’Élysée dans un communiqué), Emmanuel Macron est enfin sorti de son fort (intérieur!) pour un bain de foule que ses fans attendaient depuis plusieurs jours. Comme il reste en France, il n’a pas été prévu de procédure particulière, ses ministres ayant seulement pour consigne de rester joignables, disponibles et à proximité. Pas de vacance du pouvoir donc pendant les vacances du président, on est rassuré, même si le gouvernement en profite pour faire passer quelques mesures scélérates comme l’annulation par décret de 300 millions d’euros de crédits aux collectivités locales, un petit coup de rabot comptable pour essayer d’atteindre les fameux 3% de déficit publique. On est encore loin du compte et à la rentrée, il n’y aura pas un gel mais un refroidissement des crédits alloués aux différents ministères. Bel effet de langage pour faire avaler des couleuvres aux élus alors que Macron leur avait promis qu’en 2018 il n’y aurait pas de baisse de dotation aux collectivités locales et territoriales ! Pas de chances, mais les promesses…

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