Macron et Benalla, un bras d’honneur à la République

 

18-07-27-benalla

Benalla est un problème pour ce gouvernement, au fur et mesure des auditions des différents responsables à la fois par les commissions d’enquête issues du parlement et du sénat, on découvre un système machiavélique. Ils ont tous tout faux, du ministre de l’intérieur qui dit ne pas connaître ce Benalla alors que comme lui il a côtoyé Emmanuel Macron au cours de sa campagne électorale puis de sa première année de mandat. Un certain nombres d’images montrent d’ailleurs le contraire, ces deux personnages sont souvent très présent à proximité du président, on a du mal à croire qu’ils ne se connaissent pas. Gérard Collomb, vieux loup en politique a choisi d’ouvrir le parapluie en accusant le préfet de police et le directeur de cabinet de l’Élysée afin de se défausser; méthode classique en politique, inélégante et peu courageuse, mais qui a fait ses preuves par le passé. Il risque quand même d’être sacrifié sur l’autel du réalisme politique comme en son temps, Charles Hernu.

Pour les journalistes une telle affaire est un vrai bonheur dans une période où habituellement pour remplir leurs journaux ou leurs interventions télévisées, ils doivent ressortir des marronniers, cette fois, ils ont du grain à moudre.

Pendant ce temps là, Macron se moque quelque peu de nous, ainsi son aveu d’entière responsabilité dans cette affaire lors d’une réunion, soit disant réservée à son groupe parlementaire, sent la mise en scène; trop bien filmée par un champion du téléphone portable pour que ce soit de l’improvisation, dans le but évident d’une  diffusion sur le net. Après quelques bons mots désavouant les « peut-être » fausses nouvelles diffusées sur le web, il pousse la blague jusqu’à « Benalla n’est pas mon amant ! », si cela fait rire ses fans, pour nous les français moyens, pas les premiers de cordée, nous avons l’impression qu’il nous prend pour des imbéciles, comme d’habitude ! Le salaire de Benalla pas de 10 000 € démenti par Macron, mais  de 7 000 € brut correspond quand même à celui d’un professeur d’université de classe exceptionnelle après au moins de 30 ans de carrière, c’est à dire à plus de 50 ans. Pour conclure son discours Macron fait un bras d’honneur aux français, toujours avec la même arrogance : « qu’ils viennent me chercher ! »; dans la mesure où son audition est constitutionnellement impossible, il ne prend pas beaucoup de risque.

Dernière nouvelle, on vient de découvrir que ce fameux Benalla, arriviste forcené, est franc-maçon membre de la GLNF  (Grande loge nationale française)  ce qui explique ses multiples relations malgré son jeune âge, mais il a été suspendu à titre conservatoire jusqu’à la fin de l’enquête judiciaire. Cette loge a été longtemps une championne des réseaux affairistes, on comprend le choix de Benalla, de plus cette loge est peuplée de cadres supérieurs et de juristes, mais surprise pas de policiers ni de gendarmes, alors que la proportion de frères dans les forces de l’ordre a toujours été très importante, ne serait-ce que le premier d’entre eux, Gérard Collomb qui ne s’en est jamais caché, il faut le reconnaître.

Ce qui est inquiétant dans tout cela, c’est la mise en évidence du fait que notre président préfère des conseillers inexpérimentés mais de son clan comme Benalla aux serviteurs traditionnels de la république les fonctionnaires sûrement vu comme trop chers, inefficaces et appartenant à l’ancien monde. Avec une telle attitude, il risque de ne pas se faire que des amis parmi les fonctionnaires de police déjà qu’avec les autres ce n’était pas au beau fixe. Benalla diplômé en rien mais ayant accès à tout, à la botte de ce président arrogant, il doit y en avoir d’autres, l’Élysée en reconnaît une dizaine et le secrétaire général est entrain de régulariser leur situation administrative et l’on découvre qu’il n’ont remplis ni la déclaration de patrimoine, ni celle d’intérêt alors que la loi sur la transparence les y oblige ! On pourrait penser que tout cela correspond à un dis fonctionnement au niveau de l’appareil de l’état mais pas du tout, avec Macron c’est plutôt une façon de fonctionner : Benalla adoubé par le président sans respect des procédures se croit tout permis, promu lieutenant-colonel à 26 ans, gratifié d’une voiture de fonction à gyrophare, d’un appartement de fonction et d’un salaire élevé, tout cela traduit la mise en place d’un pouvoir déréglementé dont rêve Macron pour diriger notre pays. On peut le comparer à un patron autoritaire qui fait passer à marche forcée ses réformes, en négligeant à la fois les parlementaires et les syndicats, imposant au pays des transformations sociales négatives pour les français moyens mais très favorables aux plus riches. L’affaire Benalla met au grand jour toutes ces turpitudes, il faut espérer que ce gouvernement et surtout son président y laisseront des plumes.

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