Statut des fonctionnaires et réforme des retraites

 

Alors qu’il n’était pas encore président, seulement ministre en 2015, Emmanuel Macron considérait déjà que le statut de fonctionnaire ne se justifiait plus, on aurait dû se méfier. Maintenant président, il a les mains libres pour mettre en place la disparition de la fonction publique. Son argumentaire est toujours le même, réduire la dette et donc les dépenses de l’état donc réduire le service publique et les agents qui l’assurent. Pour cela en plus de son engagement de supprimer 120 000 postes dans la fonction publique, il complète discrètement ce dispositif en favorisant le recrutement de contractuels pour plus de souplesse et le transfert au privé de nombreuses missions précédemment à la charge de l’état.

Il a déjà bloqué le point d’indice des fonctionnaires en poste, prévoit de mettre en place une rémunération au mérite et surtout une réforme des retraites qui fera disparaître le code des pensions civiles et militaires. Fini la notion de bien publique et d’intérêt général qui sont pourtant les bases de notre république, alors que face à la mondialisation et à la crise écologique qui se profile nous devrions au contraire développer l’intérêt général en s’appuyant sur les biens et les services publiques.

L’autre partie du plan de destruction de ce gouvernement c’est la réforme des retraites, faisant passer notre système jusque là solidaire et collectif vers un système prônant l’individualisme. Le projet consiste à uniformiser public et privé, l’intention reste bonne si c’était en transférant les avantages du public vers  le privé, mais j’ai un doute;  le premier projet dont on nous rabâche les oreilles est une retraite par points calculée de la même façon dans les deux cas à partir du nombre de points accumulés au cours d’une carrière; les gens du privé y sont favorables car le système actuel n’était pas à leur avantage, l’égalité de traitement avec la fonction publique qui semble sortir du projet les satisfait pleinement. Mais un autre système encore plus pernicieux est aussi envisagé, consistant à créer un compte virtuel sur lequel seraient enregistrées les cotisations retraites versées au cours de la carrière de l’individu. Au départ en retraite, la totalité des sommes accumulées serait divisée par le nombre théorique d’années de vie restantes (obtenu à partir de l’espérance de vie dans la classe d’âge) afin de calculer la pension annuelle. Tout cela ne règle pas les inégalités, bien au contraire le fait de retenir une espérance de vie moyenne d’une génération pour le calcul des pensions néglige les différences importantes d’espérance de vie entre les différentes classes sociales en fonction des professions exercées.

Quel que soit le système choisi, il n’y a rien de prévu contre d’éventuelles crises économiques qui se traduiraient par une baisse des pensions. C’en est fini de la garantie apportée par les régimes de pension de la fonction publique qui elles sont garanties par l’état dans la mesure où elles sont inscrites dans le budget tous les ans.

C’est un nouveau projet de société que nous prépare ce gouvernement de comptables, mais ne serait-ce pas au détriment du citoyen français moyen et en faveur d’une autre catégorie de français soit disant plus méritante parce que plus riche ? On peut se poser la question. Avec 84 % des français qui pensent que ce jeune président imbu de lui-même manque d’humilité, les jeunes diraient qu’il se la pête ! Je ne suis pas loin de penser comme eux.

 

mcron imbu

 

Pour en finir lors du congrès à Versailles, il a voulu rassurer ses concitoyens en déclarant, concernant les pensions de réversions : « rien ne changera aujourd’hui pour les retraités », « et demain » ont proclamé astucieusement quelques députés, ce qui a engendré quelques remous dans la salle qui par principe ne doit pas intervenir lors du discours du président. Par cette intervention que l’on peut assimiler à un aveu, ce qui n’était qu’une rumeur est devenu une information, l’opposition va en faire des choux blancs et il va falloir ramer pour la faire oublier, Monsieur le Président !

Une dernière de Macron pour le fun : «  la retraite n’est pas un droit pour lequel on a cotisé toute sa vie, mais ce que les actifs paient pour les retraités ».

La France est championne du monde de football depuis hier soir ! La cote de Macron va sûrement remonter bien qu’il ne joue pas vraiment au foot. Il faut se souvenir que Chirac avait pris 13 points après la coupe du monde de 1998 ! On craint le pire.

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