Tintin, pardon, Macron en Amérique

A peine arrivé, Macron a été prix en main par son hôte, si l’on peut dire, et qui l’a emmené planter un jeune chêne ramené de France en cadeau dans le jardin de la Maison Blanche, (on cherche le symbole !);  arbre qu’il a fallu déplanter le lendemain car il ne respectait les normes phytosanitaires américaines, quel cinéma ! Puis Trump lui a fait un gros poutou ce qui est  surprenant car loin d’être traditionnel lors des relations entre individus dans les pays anglo-saxons, suivies de deux jours de relations amicales surjouées, totalement impudiques, au su et au vu de tous car devant les télés du monde entier.

trump-macron

A côté de cet imposant président américain, on dirait un petit garçon obéissant, avec son papa qui lui enlève quelques pellicules sur sa veste, qui l’embrasse à nouveau, qui le prend par la main et l’entraîne au loin. Plus concrètement il a pris une leçon, habitué à être premier de classe, il s’est fait un peu rabroué lors du discours de Trump concernant l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien qu’il réfute et dont il veut faire sortir son pays alors que Macron voudrait qu’il s’engage à le prolonger. Notre jeune président s’est fait un nouveau copain, ami pour la vie, a dit l’américain mais à quoi vont ils jouer pendant la recréation, au grand qui protège le petit ?

Macron a fait son discours en anglais (mais il aime cela) devant le congrès américain au cours duquel il a quand même plusieurs fois taclé Trump, mais lui n’a pas fait le sien en français à l’ambassade de France, car il ne doit pas parler notre langue; pas vraiment de réciprocité donc, plutôt une relation de dominant à dominé.

Discourir en anglais, Il n’y a pas de quoi être fier, à un moment où la langue anglaise devient dominante au niveau de Bruxelles amenant l’ambassadeur de France à quitter la salle lors d’une réunion en anglais du conseil de l’Europe au niveau de laquelle aucune traduction simultanée n’avait été organisée. Démarche courageuse d’un de nos représentant qui ne se plie pas au dictat des hauts fonctionnaires anglophones bruxellois.

Que notre président aille aux Amériques faire le buzz, en s’exprimant dans la langue de Shakespeare si cela l’amuse, on peut le comprendre, mais par contre, le principe incontournable du multilinguisme doit être maintenu au niveau des instances européennes, d’autant plus que les anglais partis. il ne reste plus que deux pays européens qui ont l’anglais comme langue nationale.

Pour conclure sur cette visite officielle, qui a généré dans la presse beaucoup de commentaires aussi bien au États Unis qu’en France, le bilan ne semble pas très positif et les mamours cachent la réalité : pas d’accords sur les tarifs douaniers et le commerce international, ni sur le climat, ni sur le nucléaire iranien. Tout cela n’est pas brillant pour un président qui se veut chef d’entreprise, c’est raté.

Laisser un commentaire