Parcoursup et les algorithmes locaux

Face à l’énorme quantité de dossiers de candidats aux études supérieures à examiner, chiffrés à plus de 600 000,  chacun ayant soumis 8 vœux en moyenne, la gestion d’un telle quantité d’informations va être un énorme travail, d’autant plus que les souhaits ne sont pas classés et qu’il vont donc tous devoir être examinés en détail. D’ici la fin mai mes ex collègues vont avoir de l’occupation. Quid des ponts du mois de mai et cette période sans enseignement qui traditionnellement leur permettait de se consacrer à leurs activités de chercheurs,  ils vont devoir la consacrer à des tâches administratives peu valorisantes, sélectionner des étudiants. Ils semblent que la plupart ne soient pas volontaires pour effectuer cette tâche inutile. Dans les formations qui ne sont pas saturées ce sera moins contraignant dans la mesure où ils pourront prendre tout les candidats ou presque, ne réorientant que ceux qui n’auront pas les fameux attendus !

parcours sup 4

Filières sous tension

Pour les filières sous tensions comme le STAPS ou la sociologie, ils auront la possibilité d’utiliser des algorithmes dits locaux plus ciblés que ceux précédemment utilisés au niveau de l’admission post bac par le ministère. Toutefois ce dispositif informatique délocalisé risque d’engendrer les mêmes problèmes que précédemment dans la mesure où les commissions d’évaluation devront rentrer des critères de priorité dans le logiciel comme les notes obtenues dans telle ou telle matière ou la section choisie pour le baccalauréat. L’examen attentif des dossiers qui devrait être la règle sera difficile voir impossible ont reconnu les présidents des universités par manque de temps et de moyens en dans les filières en tensions ce sera à nouveau le logiciel qui risque prendre la décision sans prendre en compte les lettres de motivation et la masse des autres documents fournis par les étudiants.

Les algorithmes

Remplacer un algorithme national par un algorithme local pour sélectionner les étudiants, c’est s’asseoir sur l’égalité républicaine de notre devise nationale. Ce n’est plus l’étudiant qui choisit son université et sa formation mais l’inverse c’est l’université qui choisit ses étudiants. Cela va aboutir à un tri social et à une hiérarchisation des établissements. Une fois encore la politique de ce gouvernement nous déçoit et les enseignants chercheurs vont finir par se mettre en colère ce qui est déjà le cas dans nombre d’établissements même si le président Macron fait semblant de ne pas s’en rendre pas compte !

Loi Vidal

 Ce n’est pas la loi Vidal ou loi sur l’orientation et la réussite des étudiants dont l’acronyme est « ORE «  qui va arranger les choses. Promulguée en urgence le 8 mars par notre président alors qu’elle venait juste d’être présentée au conseil des ministres, il y avait urgence car elle était déjà en partie appliquée avant sa promulgation, en marche mais rapide ! Pour les étudiants, « l’âge d’or » n’est pas pour demain ! Entre autre, l’obtention de la licence à la carte par modules fait disparaître la compensation entre les matières ce qui va avoir des effets pervers risquant d’augmenter le taux d’échec et l’obtention de ce diplôme en beaucoup plus de trois ans avec sûrement de nombreux abandons. Je pense qu’il faudrait mieux changer le nom de cette loi en remplaçant réussite par échec avec un slogan : la loi Vidal, la loi qui va faire le vide dans les universités ! Mais peut-être est-ce le but ?

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