Archive pour avril 2018

Tintin, pardon, Macron en Amérique

Lundi 30 avril 2018

A peine arrivé, Macron a été prix en main par son hôte, si l’on peut dire, et qui l’a emmené planter un jeune chêne ramené de France en cadeau dans le jardin de la Maison Blanche, (on cherche le symbole !);  arbre qu’il a fallu déplanter le lendemain car il ne respectait les normes phytosanitaires américaines, quel cinéma ! Puis Trump lui a fait un gros poutou ce qui est  surprenant car loin d’être traditionnel lors des relations entre individus dans les pays anglo-saxons, suivies de deux jours de relations amicales surjouées, totalement impudiques, au su et au vu de tous car devant les télés du monde entier.

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A côté de cet imposant président américain, on dirait un petit garçon obéissant, avec son papa qui lui enlève quelques pellicules sur sa veste, qui l’embrasse à nouveau, qui le prend par la main et l’entraîne au loin. Plus concrètement il a pris une leçon, habitué à être premier de classe, il s’est fait un peu rabroué lors du discours de Trump concernant l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien qu’il réfute et dont il veut faire sortir son pays alors que Macron voudrait qu’il s’engage à le prolonger. Notre jeune président s’est fait un nouveau copain, ami pour la vie, a dit l’américain mais à quoi vont ils jouer pendant la recréation, au grand qui protège le petit ?

Macron a fait son discours en anglais (mais il aime cela) devant le congrès américain au cours duquel il a quand même plusieurs fois taclé Trump, mais lui n’a pas fait le sien en français à l’ambassade de France, car il ne doit pas parler notre langue; pas vraiment de réciprocité donc, plutôt une relation de dominant à dominé.

Discourir en anglais, Il n’y a pas de quoi être fier, à un moment où la langue anglaise devient dominante au niveau de Bruxelles amenant l’ambassadeur de France à quitter la salle lors d’une réunion en anglais du conseil de l’Europe au niveau de laquelle aucune traduction simultanée n’avait été organisée. Démarche courageuse d’un de nos représentant qui ne se plie pas au dictat des hauts fonctionnaires anglophones bruxellois.

Que notre président aille aux Amériques faire le buzz, en s’exprimant dans la langue de Shakespeare si cela l’amuse, on peut le comprendre, mais par contre, le principe incontournable du multilinguisme doit être maintenu au niveau des instances européennes, d’autant plus que les anglais partis. il ne reste plus que deux pays européens qui ont l’anglais comme langue nationale.

Pour conclure sur cette visite officielle, qui a généré dans la presse beaucoup de commentaires aussi bien au États Unis qu’en France, le bilan ne semble pas très positif et les mamours cachent la réalité : pas d’accords sur les tarifs douaniers et le commerce international, ni sur le climat, ni sur le nucléaire iranien. Tout cela n’est pas brillant pour un président qui se veut chef d’entreprise, c’est raté.

Des fermes de 100 000 vaches, c’est vache !

Dimanche 22 avril 2018

Il n’y a pas de réglementation au niveau européen concernant les conditions d’élevage des vaches laitières; il y a bien des cahiers des charges portant sur le bien être animal en élevage laitier afin de réduire les troubles fonctionnels comme les mammites et les boiteries mais la politique agricoles commune oriente plutôt les élevages vers une production intensive de lait au détriment du bien être animal. Dans ces systèmes très controversés, pas de noiraude ni de marguerite,  les vaches affectées d’un matricule sont enfermées durant toute l’année avec une espérance de vie réduite mais très rentable en ce qui concerne la production de lait.

Fermes de 100 000 vaches

Alors que la France et l’Europe essaient d’éviter le développement de fermes industrielles de très grande taille, les fermes de 1000 vaches contre lesquelles on s’offusque en Europe font figure d’élevage artisanal face aux fermes de 100 000 vaches qui se développent dans le monde. L’une existe déjà en Arabie Saoudite dans le désert, propriété d’un énorme groupe alimentaire Almarai avec 94 000 vaches Prim’Holstein qui pissent plus de 1,2 milliards de litres de lait par an, c’est actuellement la plus grande ferme d’élevage laitier au monde. Dans le désert pas de possibilité de pâturage donc elles sont élevées en stabulation permanente. Pour survivre sous des conditions climatiques extrêmes avec une température frôlant les 50 °C le jour, les étables sont ventilées et les vaches douchées deux fois par jour. La traite a lieu 4 fois par jour et le lait aussitôt réfrigéré.

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Mais il y a pire en Chine des fermes de plus de 9 millions d’hectares, afin de nourrir des usines de 100 000 vaches, sont en chantier pour faire face aux énormes demandes des consommateurs locaux qui veulent remplacer la soupe du matin ou le thé, par du café au lait comme chez nous. En contre partie, c’est un désastre écologique avec des montagnes de bouse qui vont polluer les nappes phréatiques.

 

Disney land

Aux États Unis une ferme de 40 000 vaches est visitée comme un parc d’attraction pédagogique où l’on explique aux visiteurs comment est produit le verre de lait quotidien de 3,5 millions d’américains. Pour produire une telle quantité de lait, la génétique a permis de booster les vaches qui produisent 30 % de lait de plus par an que nos vaches européennes ! Ce type d’agriculture industrielle surproductive, sûrement au détriment de la qualité des produits, est un choix politique qui ne fait pas l’unanimité même au USA. Par contre elle répond à l’immense demande en produits laitiers des pays asiatiques qui en ont marre de boire de l’eau chaude avec des plantes dedans !

Le lait

 C’est un aliment hautement symbolique que l’on associe à la pureté et à l’enfance. Toutefois en dehors quelques qualités nutritionnelles comme la présence de calcium son utilisation dans l’alimentation des enfants est parfois contestée en particulier du fait de la présence de lactose et l’intolérance qu’il déclenche chez beaucoup d’individus (plus de 65% des adultes) qui ne possèdent pas la lactase, enzyme indispensable à sa digestion. Consommé par l’homme depuis plus de 10 000 ans sa surproduction actuelle face à la forte demande risque de se faire au détriment de sa qualité.

Macron et la religion

Lundi 16 avril 2018

La France, fille aînée de l’église, a-t-elle tant de péchés à se faire pardonner  pour que son président se confesse ainsi  publiquement devant les évêques de France.  Les liens entre l’église catholique sont ils aussi distendus comme il le dit qu’il faille se rapprocher voire revenir sur la loi de 1905 concernant la séparation des églises et de l’état ? Mais depuis la séparation entre l’église et l’Etat il n’y a plus de liens mais seulement des relations pas toujours faciles quand on recense tous les rejets par la hiérarchie catholique des décisions des gouvernements successifs de la cinquième république. Pour mémoire désaccords sur : la mise en place de la contraception et la commercialisation de la pilule, sur la loi autorisant l’avortement, sur la procréation médicale assistée, sur le mariage pour tous, et j’en oublie.

Déjà le coup de Sarkozy concernant le curé et l’instituteur lors du discours de Latran avait donné un coup de canif dans le principe de la laïcité, Macron va plus loin. Avec lui faudra t il bientôt remettre des crucifix dans les salles de classe et réciter le bénédicité à la cantine, on craint le pire ! La laïcité lui pose un problème, n’a t il pas déclaré : »L’état est laïque en France mais la société française n’est pas laïque » !

Il affirme la spécificité de la religion catholique dans la société française  en lui attribuant une place particulière par rapport aux autres religions rappelant les origines chrétiennes de la France. Le problème c’est que beaucoup de catholiques se sont mis a voter Front National, et les partis politiques de droite essaient de récupérer ces électeurs. Du coup Macron s’y met aussi, il faut bien préparer les prochaines élections.

Dans son discours, en s’adressant à un public défini par son appartenance religieuse il va dans le sens  du communautarisme. Pour compenser, il a fait allusions aux autres religions et même à l’athéisme en soulignant que l’état est le garant de la laïcité. Cette manœuvre très politicienne qui a séduit les évêques  risque de ne pas marcher avec leurs ouailles qui s’activent dans le social dans la mesure où il apparaît comme le président de la casse sociale, de la chasse au migrants et qui comble les riches de cadeaux, on est loin de la charité chrétienne !

Comme aurait dit Jacques Chancel : « Et Dieu dans tout cela » ?

Parcoursup et les algorithmes locaux

Dimanche 8 avril 2018

Face à l’énorme quantité de dossiers de candidats aux études supérieures à examiner, chiffrés à plus de 600 000,  chacun ayant soumis 8 vœux en moyenne, la gestion d’un telle quantité d’informations va être un énorme travail, d’autant plus que les souhaits ne sont pas classés et qu’il vont donc tous devoir être examinés en détail. D’ici la fin mai mes ex collègues vont avoir de l’occupation. Quid des ponts du mois de mai et cette période sans enseignement qui traditionnellement leur permettait de se consacrer à leurs activités de chercheurs,  ils vont devoir la consacrer à des tâches administratives peu valorisantes, sélectionner des étudiants. Ils semblent que la plupart ne soient pas volontaires pour effectuer cette tâche inutile. Dans les formations qui ne sont pas saturées ce sera moins contraignant dans la mesure où ils pourront prendre tout les candidats ou presque, ne réorientant que ceux qui n’auront pas les fameux attendus !

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Filières sous tension

Pour les filières sous tensions comme le STAPS ou la sociologie, ils auront la possibilité d’utiliser des algorithmes dits locaux plus ciblés que ceux précédemment utilisés au niveau de l’admission post bac par le ministère. Toutefois ce dispositif informatique délocalisé risque d’engendrer les mêmes problèmes que précédemment dans la mesure où les commissions d’évaluation devront rentrer des critères de priorité dans le logiciel comme les notes obtenues dans telle ou telle matière ou la section choisie pour le baccalauréat. L’examen attentif des dossiers qui devrait être la règle sera difficile voir impossible ont reconnu les présidents des universités par manque de temps et de moyens en dans les filières en tensions ce sera à nouveau le logiciel qui risque prendre la décision sans prendre en compte les lettres de motivation et la masse des autres documents fournis par les étudiants.

Les algorithmes

Remplacer un algorithme national par un algorithme local pour sélectionner les étudiants, c’est s’asseoir sur l’égalité républicaine de notre devise nationale. Ce n’est plus l’étudiant qui choisit son université et sa formation mais l’inverse c’est l’université qui choisit ses étudiants. Cela va aboutir à un tri social et à une hiérarchisation des établissements. Une fois encore la politique de ce gouvernement nous déçoit et les enseignants chercheurs vont finir par se mettre en colère ce qui est déjà le cas dans nombre d’établissements même si le président Macron fait semblant de ne pas s’en rendre pas compte !

Loi Vidal

 Ce n’est pas la loi Vidal ou loi sur l’orientation et la réussite des étudiants dont l’acronyme est « ORE «  qui va arranger les choses. Promulguée en urgence le 8 mars par notre président alors qu’elle venait juste d’être présentée au conseil des ministres, il y avait urgence car elle était déjà en partie appliquée avant sa promulgation, en marche mais rapide ! Pour les étudiants, « l’âge d’or » n’est pas pour demain ! Entre autre, l’obtention de la licence à la carte par modules fait disparaître la compensation entre les matières ce qui va avoir des effets pervers risquant d’augmenter le taux d’échec et l’obtention de ce diplôme en beaucoup plus de trois ans avec sûrement de nombreux abandons. Je pense qu’il faudrait mieux changer le nom de cette loi en remplaçant réussite par échec avec un slogan : la loi Vidal, la loi qui va faire le vide dans les universités ! Mais peut-être est-ce le but ?

Ce gouvernement est-il rentable ?

Dimanche 1 avril 2018

Le souci de la rentabilité dans les services publiques est devenu un leitmotive des gouvernements récents, de droite comme de gauche ou bien « le cul entre deux chaises » comme l’actuel. Un certain nombre d’institutions dont nous étions très fiers comme les PTT, la SNCF, la Régie Renault ou les Télécoms ont été en partie ou totalement privatisées.

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C’est Jacques Chirac qui, le premier en 1986, a eu l’idée de lancer ce processus lors de la cohabitation, une réaction faisant le pendant aux nationalisations du gouvernement socialiste précédent (pourtant années bonheurs pour la bourse qui a bondit de 450 % sous  François Mitterrand ). Les principales raisons de ces privatisations sont d’un côté la pression exercée par l’Union Européenne qui prône le principe de la concurrence et de l’autre la récupération de milliards afin de réduire l’endettement de l’état; vision à court terme car sur le long terme l’état se prive de recettes conséquentes, le plus bel exemple étant la privatisation des autoroutes qui a enrichi Vinci et les autres ! Pourtant cela continue avec ce gouvernement qui annonce la privatisation prochaine des Aéroports de Paris et de la Française des Jeux, encore des bijoux de famille de perdus et que feront fructifier des entrepreneurs privés en se faisant des organes génitaux en or, comme on dit vulgairement.

Si l’on pousse ce critère de rentabilité à l’extrême, pourquoi ne pas fermer les musées insuffisamment fréquentés où les salles d’opéra trop coûteuses et ne faire circuler les trains et les métros qu’aux heures d’affluence ? Au niveau familial pourquoi continuer à prendre en charge ses enfants les moins brillants voire conserver à domicile une vieille épouse qui n’est plus rentable et pourquoi pas la remplacer par une jeune plus efficace ! Cela se pratique déjà beaucoup, mais pour d’autres raisons !

Si l’on applique ce principe de rentabilité au niveau de l’état, il y a du ménage à faire ! Par exemple en ce qui concerne l’excès de représentants du peuple (sénateurs et députés) par rapport aux autres démocraties européennes et les nombreux avantages liés à leur fonction; tout cela serait à revoir. Moins d’état est souvent un leitmotive des dirigeants de droite dans un soucis d’économies mais le plus souvent pas pour eux, mais plutôt pour les autres. Macron a promis que cela aller changer en réduisant le nombre de sénateurs, mais sans toucher à  l’assemblée nationale ou LREM est majoritaire, il n’est pas idiot ! Pour vraiment faire des économies pourquoi ne pas tout bonnement supprimer ce gouvernement dispendieux ? Il n’y en a pas eu en Belgique pendant plus d’un an, en Espagne non plus pendant moins longtemps et prochainement en Italie et cela ne s’est pas si mal passé, au point que l’on peut se demander à quoi cela sert un gouvernement ?

Dernière minute, Concernant les privatisations, c’est au tour des barrages hydroélectriques dont les concessions vont être proposées au privé alors qu’elles sont actuellement attribuées aux opérateurs historiques L’EDF et ENGIE. Ces concessions devraient rester dans le périmètre du service publique. Ce gouvernement de comptable est, jours après jours, à nouveau en train de vendre nos bijoux de famille, il serait temps de l’arrêter !