Archive pour mars 2018

Ce gouvernement taille un short aux retraités

Lundi 26 mars 2018

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Cette augmentation de la CSG non compensée pour les retraités c’est une ineptie, leur pouvoir d’achat est maintenant réduit et cette réduction ne pourra plus jamais être compensée. Depuis 2003 date de la modification de l’indexation (avant c’était sur les salaires) les courbes d’évolution des pensions suivaient étroitement celle des prix puis en 2013 à cause de la CASA (contribution de solidarité pour l’autonomie) de 0,3%, les deux courbes se sont séparées celle des prix à continuer à monter alors que celle des pensions est restée en phase plateau puis fin 2017 et début 2018 elles se sont définitivement séparées (divorce consommé), l’une celle des prix augmentant brutalement alors que celle des pensions a fortement chuté du fait de l’augmentation de la CSG.

Pourtant théoriquement les pensions des fonctionnaires retraités doivent être indexées sur l’évolution de l’indice des prix et bien avec Macron c’est fini. Cerise sur le gâteau la revalorisation des pensions de retraite pour 2018 auront lieu en 2019 induisant une nouvelle petite perte de pouvoir d’achat en 2018.

Encore pire, on nous a annoncé  (mesure sociale) qu’au dessous de 1289 € de pension le fonctionnaire retraité sera exonéré de la hausse de la CSG, mais il y avait un piège pour les retraités qui vivent encore en couple, car dans ce cas ce n’est plus la pension de riche (d’après notre gouvernement alors que le seuil de pauvreté est à 1015 €) qui est prise en compte, mais le revenu fiscal de référence du couple et si chaque membre du couple a une pension de 1050 € donc près du seuil de pauvreté ce qui les dispenserait théoriquement de l’augmentation de la CSG, pas de chance leur revenu fiscal est supérieur au plafond de 22096 € par an fixé par  Bercy et du coup leurs deux pensions sont soumises tous les mois à 8,2 % de CSG et, de ce fait, ils sont ainsi classés parmi les riches retraités par notre bon président et ses services du ministère des finances, faire la peau même des petits retraités, c’est navrant une fois de plus.

Sachant que lors de  l’élection présidentielle 76 % des plus de 65 ans ont voté pour Emmanuel Macron, je pense qu’on ne les reprendra plus !

Venant de s’apercevoir de cette boulette le premier ministre a décidé de revenir sur cette aberration qui sera corrigée mais seulement lors de la prochaine loi de finance c’est à dire seulement dans un an. D’ici là les 100 000  retraités concernés continueront à être ponctionnés, pour ce gouvernement, il n’y a pas de petits bénéfices !

Quel devrait être le rôle de l’université ?

Dimanche 18 mars 2018

L’université vient du latin universitas, mais depuis quelques temps les politiques essaient de l’orienter vers des formations étroites menant à des emplois alors qu’elle est par définition universelle. L’enseignement du grec ancien devrait être aussi soutenu que les formations en informatique ou en mathématiques appliquées à la finance. En France, le concept à l’origine de l’université était depuis longtemps celui d’un service publique d’enseignement supérieur jouant un rôle essentiel dans la démocratisation sociale et dans la diffusion du savoir en s’adressant au plus grand nombre. Ainsi on a longtemps considéré que l’enseignement supérieur devait être au service de l’amélioration du bien publique et de la connaissance.

Malheureusement dans le contexte actuel cet objectif est mis à mal. Les universités se voient contraintes de répondre à la logique du marché afin d’augmenter leur rentabilité et de se plier à une logique de service au client comme une entreprise privée en essayant d’attirer les étudiants surtout lorsqu’elle sont privées. L’un de leurs défauts reste le faible accueil de jeunes issus des classes populaires, en France les enfants d’ouvriers ne représentant que moins de 13 % des étudiants en licence alors qu’ils composent près de 30 % des jeunes de 18 à 23 ans, âge moyen des étudiants. La réforme menée par jean Michel Blanquer ne se préoccupe pas de cet aspect, bien au contraire !

 De plus, les fameux attendus lors de l’inscription risquent d’opérer un tri social qui va encore aggraver la situation pour les enfants des classes laborieuses. Pire encore dans Parcoursup une autre catégorie a été oubliée, les handicapés. Dans l’ancien système il y avait une procédure spécifique alors que dans ce nouveau logiciel il n’y a pas de case pour préciser les particularités de leur situation afin de la prendre en compte en fonction de leurs souhaits. Le ministère assure qu’il va rattraper cette bévue qu’il explique par la précipitation dans la mise en place de cette nouvelle procédure informatique de pré inscription. Il reste un risque de discrimination et cette absence de prise en compte est vécu par les associations qui prennent en charge les étudiants handicapés comme une régression.

Le principe du libre accès à l’enseignement supérieur est définitivement bafoué. Avec la Belgique nous étions l’un des derniers grands pays européens à ne pas mettre de sélection à l’entrée dans les universités. Pourtant tous les pédagogues sont conscient que plus la sélection, sous quelque forme qu’elle soit, intervient précocement dans les cursus, moins elle permet l’évolution de la mixité sociale dans les établissements car elle repose essentiellement sur le capital culturel de l’étudiant, fonction de son héritage familial plutôt que sa formation dans le secondaire. Figer le destin des jeunes en leur refusant l’accès à l’université sur la base de la série dans laquelle ils ont passé leur baccalauréat, c’est inacceptable, lorsque l’on sait que certains d’entre eux ont besoin de temps pour se révéler dans leurs études au fur et à mesure que s’affine leur projet personnel. Un redoublement n’a rien de dramatique et que ceux qui n’ont jamais redoublé ne leur jette pas leurs diplômes à la figure. Tout le monde ne peut pas être premier de classe, d’autant plus qu’il n’y a qu’une place !

Le principal argument des fanatiques de la sélection porte sur les capacités d’accueil dans certaines filières très demandées et couteuses car mobilisant beaucoup de matériel. Il est vrai qu’il y a de plus en plus de bacheliers qui souhaitent faire des études supérieures correspondant à leurs aspirations, mais derrière ce problème il y a un choix politique : se donner les moyens d’un accueil de qualité pour tous ou bien faire le choix de l’austérité et des économies en restreignant l’accès aux formations les plus demandées. Offrir une chance d’obtenir une formation supérieure à un maximum de jeunes, est-ce que ce ne devrait pas être l’une des ambitions d’un pays démocratique, mais est-ce le choix du gouvernement actuel ?

Manger des pieds de cochon

Samedi 10 mars 2018

 

Le pied de porc est un met délicieux, mais pour les initiés car son aspect lorsqu’il est entier et cru, dans la boutique du charcutier, n’est pas toujours très appétissant et quand on sait dans quoi il patauge !  Mais passé cette première impression et lorsque l’on a vaincu cet à priori, on découvre un aliment fin et gouteux, presque de régime (140 kCal pour 100 g) car il est peu gras pauvre en viandes mais riche en cartilage et en collagène (pour mesdames, effet antirides garanti !). On le prépare entier de différentes façons : chaud et panné cuit au four, froid en gelée ou encore cuisiné à l’auvergnate en cocotte et à la moutarde ou à l’espagnole avec de la sauce tomate et du paprika.

 

Pied-de-porc-02 Pied de cochon

Pieds frais avant et après cuisson

 

Si vous souhaitez en déguster, vous rendre à la brasserie « Au Pied de Cochon », une institution située dans le ventre de Paris au coeur du quartier des Halles, ouverte 24 h sur 24 h depuis sa création.

Recette 

Une variante est le pied de porc farci met de luxe dans les années 60 à Noël, dans ma jeunesse j’en ai préparé des centaines ! Ils demandent une longue préparation. Je vous donne ma recette transmise de père en fils : dans un premier temps il faut faire cuire les pieds enveloppés dans des bandelettes afin qu’il ne se désagrège pas en cours de la cuisson dans de l’eau salée additionnée de quelques morceaux de légumes (oignons er carottes, bouquet garni) pendant au moins 6 h sans faire bouillir. Les égoutter et les laisser refroidir et lorsqu’il sont tièdes les éplucher afin de récupérer la viande et d’éliminer les petits os (activité un peu fastidieuse mais incontournable, si l’on ne veut pas ensuite se casser une dent !).

Tasser ensuite la viande dans un plat rectangulaire sur une épaisseur de 2 ou 3 cm et placer le tout au réfrigérateur jusqu’au lendemain. Le lendemain se procurer de la crépine (c’est à dire la fine membrane qui renferme les viscères de cochon) chez votre charcutier, bien la rincer car elle est conservée dans de la saumure.  Préparer une farce en mélangeant différents ingrédients de la plus simple : composée de jambon, d’échalote et de persil de pain de mie, le tout soigneusement haché en présence de jaunes d’oeufs , de lait, d’un peu de vin blanc sec, à la plus sophistiquée  au foie gras, aux riz de veau et aux morilles.

Etaler ensuite la crépine sur votre plan de travail récupérer votre plat de pied épluché qui s’est gélifié et le couper en petits triangles, les placer sur la crépine puis les recouvrir de farce et les emballer en plaçant si l’on en a sous la main une ou deux tranches de truffe sur le dessus.  Faire cuire au four ou à la poêle, consommer avec du pain frais  ou servir avec une béarnaise, mais c’est moins léger.

 

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Si vous ne souhaitez pas cuisiner, les pieds farcis traditionnels de chez Hardouin à Tours

A commander en ligne et expédié sous vide, mais c’est pas donné !

 

Bon appétit

 

Pour finir une jolie chanson de Juliette : « Tout est bon dans le cochon »

à cette adresse : https://www.youtube.com/watch?v=WOmqZyi9MEk

ou celle là : https://www.youtube.com/watch?v=T6kQeyW5wEc

PS – Ce n’est pas pour Macron qui se nourrit surtout de cordon bleu, ce qui l’oblige à prendre des menus enfants dans les restaurants.

Désolé Claude mais je n’ai pas pu m’en empêcher.

Le nucléaire dissuasif, c’est reparti !

Samedi 10 mars 2018

 

Alors que 122 pays ont adopté le traité sur l’interdiction des armes nucléaires et que la campagne pour l’abolition de ces dernières vient de se voir attribuer le prix Nobel de la paix, Emmanuel Macron ne va pas relancer des essais nucléaires dans l’atmosphère comme Jacques Chirac en son temps, mais il fait pire en lançant une campagne de réarmement nucléaire hors de prix. En renouvelant notre arsenal en mer (4 sous-marins) et dans les airs (un escadron d’avions rafales) il engage d’énormes dépenses de l’ordre de 37 milliards pour les 10 années à venir, soit plus de deux fois plus que lors de la précédente lois de programmation militaire, dans une période de crise économique, c’est gonflé ! De plus ces mesures vont à l’encontre du TNP (traité de non prolifération nucléaire); en signant ce traité la France s’était engagée à mettre en place un processus de désarmement nucléaire, mais Emmanuel Macron a indiqué avoir tranché sur un débat (qui n’a jamais eu lieu du moins au niveau des citoyens) en renouvelant notre force de dissuasion.

La LPM (loi de programmation militaire) dont le budget sera significativement augmenté pour atteindre plus de 40 milliards par an même après la fin du quinquennat de notre actuel président et pour se stabiliser à 2 % du PIB après 2025 et dont la part du nucléaire devrait atteindre plus de 6 milliards d’euros annuels. Cet énorme financement va naturellement se faire au détriment d’autres budgets comme ceux de la santé, de l’éducation ou de l’environnement.

Pourtant de nombreux experts reconnaissent que notre force de dissuasion n’est plus du tout adaptée aux nouvelles menaces principalement terroristes, et que notre défense devrait être repensée. Les citoyens devraient s’insurger sur l’absence de débats sur ces sujets pourtant essentiels, afin d’abandonner cette politique qui risque de nous mener un jour à un conflit nucléaire, par erreur ou non, quand on observe les deux agités du bocal (américains et coréens) qui menacent sans arrêt d’appuyer sur le bouton !   Tout les chefs d’état sont conscient que l’arme nucléaire n’est pas utilisable militairement mais seulement politiquement (une politique qui coûte très cher), toutefois elle engendre pour les états qui la possède un prestige et une position dominante à tel point que les cinq membres permanents du conseil de sécurité en sont dotés, comme par hasard. L’argument du maintien de leur arsenal nucléaire pour des raisons de sécurité nationale ne tient pourtant pas, d’autant plus qu’il engendre un processus très négatif une course à l’armement nucléaire car un certain nombre de pays veulent s’en doter augmentant encore l’insécurité mondiale.

L’utilisation malencontreuse des centaines de bombes disponibles mènerait à un cataclysme universel anéantissant l’humanité et toute forme de vie sur terre hormis quelques petits organismes comme des bactéries, certaines microalgues, quelques insectes comme des cafards et un extrémophile le fameux tardigrade.

tardigradeLe tardigrade, une jolie toute petite bestiole résistante aux radiations qui nous remplacera peut-être !

Les citoyens devraient réagir afin que disparaisse ces armes coûteuses, inutiles et amorales mais avec Macron on marche dans l’autre sens. Il pourrait signer le récent traité d’interdiction des armes nucléaires et devenir un acteur voire un leader de la paix dans le monde, lui qui veux toujours être le premier de cordée, ce serait une belle occasion de changement, dommage !

Macron PGV, Président Grande Vitesse !

Samedi 3 mars 2018

C’était dans ses projets sinon dans ses promesses faire des réformes à toute vitesse et en premier, privatiser le service public avec en ligne de mire la SNCF. Spinetta vient de remettre un rapport au gouvernement qui va dans ce sens. D’abord en faisant disparaître son statut d’EPIC et en la transformant en société anonyme comme cela a eu lieu précédemment pour France Telecom et la Poste. Toutefois il restera à régler le problème de la dette de près de 50 milliards d’euros, héritage du développement exponentiel du TGV et qu’il faudra bien éponger avant qu’elle ne s’aggrave. Comme d’habitude ce sont les contribuables qui vont casquer. Cette énorme dette (plus d’un milliard d’intérêt par an) plombe fortement les comptes de la SNCF. Alors que la France était l’un des pays d’Europe où toutes les régions étaient desservies par le train grâce à un réseau très dense; un vrai service public égalitaire, ce rapport prévoit de supprimer celles qui ne sont plus rentables, bien que le gouvernement semble revenir en arrière sur cette mesure par trop impopulaire.

D’un autre côté, le statut des cheminots va être revu à la baisse, il faut reconnaître qu’il était très très avantageux avec la garantie de l’emploi, une grille de salaire et des horaires de travail spécifiques et surtout un régime spécial de retraite avec un départ anticipé en fonction des emplois, mais tout cela prenant en compte la pénibilité du travail et issus d’âpres négociations syndicales à la libération, aussi les syndicats vont avoir du mal à accepter sa disparition. Un nouveau statut bien plus restrictif serait proposé aux futurs cheminots lors de leur embauche.

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 Enfin, sous la pression de l’Europe, la SNCF devra s’ouvrir prochainement à la concurrence ce qui, pour Spinetta, serait non seulement un avantage à la fois pour l’établissement mais aussi pour les usagers, on peut en douter ! Si les billets grandes lignes desservis par des TGV actuellement hors de prix pourraient baisser du fait de la concurrence, cela risque d’être le contraire pour les petites lignes inter régionales qui vont de plus en plus être à la charge des collectivités locales ou régionales, voire supprimées si leur fonctionnement n’est pas pris en charge. Cette fois, on est très loin de la notion de service publique et du principe de solidarité avec les populations fragiles et modestes des campagnes qui se déplaçent traditionnellement en train pour venir à la ville ! Elles seront définitivement abandonnées sauf si les régions et les collectivités locales financent le maintien de ces dessertes ferroviaireuses.

La bataille du rail que les cheminots avaient gagné en 1995 contre Alain Juppé en paralysant la France durant plusieurs semaines va-t-elle reprendre, le suspens reste entier mais l’époque est moins favorable et l’utilisation des ordonnances pourrait bloquer toute négociations. Une grande manifestation de toute la fonction publique et des cheminots est prévue le 22 mars, date symbolique qui nous rajeunît n’est-ce pas Dany ! Sera-t-elle un succès ?