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Archive pour novembre 2017

Une vilaine pratique de nos parlementaires

Lundi 27 novembre 2017

Elle consistait à acheter leur permanence avec leur indemnité forfaitaire pour frais de mandat (l’IRFM, plus de 5000 € mensuels) en l’associant à des emprunts bonifiés (2%) auprès de l’Assemblée Nationale. A la fin de la procédure, ils en devenaient propriétaires. Ce n’est qu’en 2015 sous la pression d’une association que l’assemblée et le sénat ont interdit ces pratiques. Elles n’étaient pas illégales mais pas très élégantes, devenir propriétaire d’un bien immobilier avec de l’argent publique dont ce n’était pas la destination, c’est loin d’être exemplaire pour un élu de la république qui devrait l’être ! Mais heureusement tous les députés ne l’ont pas pratiqué.

Une enquête récente due à France Info a évalué qu’au minimum plus de 70 députés sur les 432 qui ont perdu leur poste en juin dernier sont propriétaires de leur permanence et 32 ont reconnu avoir financé de cette façon l’achat de leur permanence intégrée maintenant à leur patrimoine. Parmi ceux-ci, l’ex ministre socialiste de l’enseignement supérieur Madame Geneviève Fioraso (encore elle), mais aussi plusieurs autres comme François Sauvadet de l’UDI (avec piscine sûrement pour recevoir ses administrés autour !), Guy Geoffroy de LR, etc. En fait c’était une pratique courante dans tous les partis politiques et il fallait être idiot pour ne pas en profiter car acheter sa permanence  plutôt que de la louer, c’était soi disant conseillé par les services de l’Assemblée Nationale. A partir de janvier prochain l’IRFM disparaît, les députés devront justifier leurs dépenses, fini les affaires immobilières sauf s’ils trouvent des astuces pour contourner les nouvelles règles.

Ils pensaient tous qu’il y avait prescription mais une plainte a été déposée par une association anti corruption concernant l’un d’entre eux Jean-Jacques Urvoas qui a financé l’achat de sa permanence à Quimper de cette façon et cerise sur le gâteau l’a mise en location en juillet dernier depuis qu’il n’est plus député, sûrement pour compléter ses revenus. Pour un ancien ministre de la justice socialiste cela fait désordre, s’il était condamné cela pourrait faire jurisprudence. Il y en a qui doivent être dans leurs petits souliers, sans compter les grosses pointures de droite, ancien ministres, comme Bernard Accoyer, Luc Chatel ou Nathalie Kosciusko-Morizet (permanence avec tennis et piscine revendue en 2013 pour 1 210 000 € d’après France infos, un bonne affaire immobilière !) qui ont refusé de répondre aux enquêteurs ! C’est à désespérer de notre personnel politique, mais heureusement il y a quelques exceptions comme Elisabeth Guigou et quelques autres qui ne l’ont pas pratiqué et qui condamnent fermement cette pratique légale mais condamnable et qui pourrait être assimilée à un détournement de bien public.

L’ex élu de la Sarthe, Dominique Le Méner qui a acheté sa permanence au Mans de cette façon ne voit pas où est le problème et s’excuse en disant que cette pratique maintenant contestée était le reflet d’une autre époque, il faisait comme tout le monde et pense que ce serait stupide de rendre sa permanence ! Certains depuis qu’ils ne sont plus députés envisagent quand même de reverser l’argent issus de la vente de leur permanence à des associations humanitaires, ils ne sont donc pas tous pourris ! On est rassurés !

Un grain de sable dans la COP 23

Lundi 20 novembre 2017

Pour se placer dans l’actualité de la COP 23, le sable une ressource qui s’épuise, mais un sujet dans lequel on parle encore de Macron (il est partout !).

En dehors de l’eau douce ou du pétrole, parmi les ressources qui s’amenuisent,  il y en a une qui est abondamment exploitée par l’homme, bien que l’on ne s’en rende pas vraiment compte, c’est le sable. On pense que cette ressource que nous utilisons en grande quantité dans la construction mais aussi dans les microprocesseurs, dans la fabrication du verre ou des pneus, etc., est inépuisable car lorsque l’on survole le Sahara ou d’autres déserts de sable, on a du mal à croire à un risque de pénurie et pourtant. Pour construire des bâtiments solides il faut du sable qui s’agrège bien et seul le sable marin possède cette propriété et est utilisable pour préparer du béton résistant, ce que nos amis allemands avaient bien compris en nous laissant en souvenir sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique des constructions qui ont bien résisté au temps.

Ce sable marin a été pendant longtemps extrait sur les plages, il faut maintenant aller le puiser en mer mais encore à proximité des côtes ce qui aggrave les phénomènes d’érosion. D’ici 2050 l’augmentation incontournable de la population mondiale va entraîner une accélération des besoins en sable ne serait ce que pour construire des logements ou encore pour produire de plus en plus de verre.

Une prise de conscience de ce phénomène commence à apparaître dans les populations côtières directement concernées comme celles des côtes d’Armor en Bretagne. Les irréductibles bretons de l’association « le peuple des dunes » organisent des manifestations contre l’extraction de sable dans la baie de Lannion et comme par hasard, c’est Emmanuel Macron alors ministre de l’économie qui avait donné son accord à la poursuite de ce projet d’extraction bien qu’il le réfute maintenant, tandis que son ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, considère que ce n’est pas une bonne pratique (heureusement !).  Espérons que cette amnésie présidentielle ne sera que passagère. Ce sable calcaire dit coquiller ne sera pas utilisé dans la construction mais doit remplacer le maërl (produit par des algues calcaires maintenant protégé donc dont l’exploitation est maintenant interdite) afin d’amender les terres et de sabler les routes en hiver.

Pauvre planète que l’homme ne cesse d’exploiter à son profit et donc de la détruire depuis qu’il s’y est installé. Cette surconsommation de sable n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Tout cela est très inquiétant, on est loin du facteur 4 (diminuer d’un facteur 4 les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050) initié en 2003 par le président et son premier ministre de l’époque. Encore que la décision récente de Nicolas Hulot de prolonger les centrales nucléaires va dans ce sens, mais à quel prix, mais les conclusions peu satisfaisantes de la COP 23 concernant les rejets de dioxyde de carbone  vont plutôt dans le  sens contraire.

Pourtant pour certains prévisionnistes 2050 semble être une date butoir où notre civilisation risque de disparaître si l’on n’intervient pas (comme celle des khmers, des mayas), mais c’est surtout notre système économique qui est menacé. Ceci pour deux raisons principales la mauvaise gestion des ressources naturelles et l’inégale répartition des richesses. Tout cela n’est pas inéluctable mais pour éviter le pire, il faut inverser la vapeur et ce n’est pas sur nos nouveaux maîtres du monde, Trump, Poutine et plus localement Macron qu’il faut compter.

Réforme de l’accès à l’Université !

Lundi 13 novembre 2017

Pas de sélection mais une priorisation, où nos technocrates vont ils chercher cela ? Ou encore pas de pré-requis mais des attendus, ce sont des éléments de langage, des périphrases afin de cacher la réalité sous le tapis ! L’idée reste de limiter l’accès à l’enseignement supérieur plutôt que de se donner les moyens d’accueillir les étudiants qui le souhaitent en augmentant le nombre d’enseignants, de salles de cours et d’amphis. C’est un choix politique avec une logique comptable qui prédomine comme dans beaucoup de choses avec ce gouvernement, la crise a bon dos;  l’époque des trente glorieuses est bien révolue. Par ailleurs, en donnant la liberté aux établissements de gérer leurs règles et leurs capacités d’accueil, l’obligation d’accueillir les perdreaux, pardon les bacheliers de l’année dans chaque académie va disparaître.

Si l’idée d’une étude plus fine des dossiers des candidats désirant accéder à l’Université n’est pas totalement négative puisqu’elle se pratique depuis longtemps et avec succès dans d’autres établissements d’enseignement supérieur, le problème reste son financement. Le coût en temps de travail pour les personnels va être énorme et ce n’est pas programmé dans le budget 2018; par contre un des conseillers de Macron à une idée : «faire travailler plus les enseignants-chercheurs afin de mettre en place cette sélection sur dossier à coût nul ! ». Il est vrai que leurs charges de travail n’ont pas cessé de s’alourdir depuis une dizaine d’années pourquoi pas leur en rajouter une petite couche !

Quoiqu’il en soit les exigences seront différentes suivant les Universités, les grosses vont s’en sortir beaucoup mieux que les petites et pour les étudiants comme d’habitude, les bacs S mieux que les bacs PRO. Il va se mettre en place de fait une ségrégation et une concurrence entre les établissements mais au détriment des étudiants dont le souhait reste quand même de choisir leur avenir et donc leur formation. Le futur système risque de les orienter de force vers des filières qu’ils n’auront pas choisies et les mener aussi sûrement à l’échec que l’orientation par défaut et la sélection par l’échec de l’ancien système. Bien au contraire, plutôt que de les sanctionner il faudrait plutôt les encourager.

Mais tout n’est pas négatif dans ce projet de réforme comme l’idée des remises à niveau à condition qu’elles soient financées; hors supprimer arbitrairement plus de 300 millions d’euros au budget des universités comme l’a fait ce gouvernement en juillet dernier, ce n’est peut être pas la bonne méthode !

Dans ces conditions les étudiants vont ils descendre dans la rue ? C’est l’espoir de Mélenchon sachant que comme le dentifrice une fois qu’il est sorti du tube il est très difficile de le faire rentrer, de la même façon avec les étudiants, une fois sortis des facultés, il est ensuite très difficile de les faire rentrer. Mon expérience de soixante huitard le confirme, j’en suis sorti début mai et n’y suis revenu qu’en octobre, et encore parce qu’il y avait des examens à passer pour valider l’année. Comme disait Geneviève Tabouis dans sa chronique les dernières nouvelles de demain : « Attendez vous à savoir… » quelle sera l’attitude des étudiants et surtout des lycéens actuellement en terminale qui seront très prochainement concernés. L’appel à la grève a été lancé mais il semble que cela ne prenne pas vraiment; la prochaine échéance est celle du 16 novembre, à voir !

La CSG un impôt durable !

Lundi 6 novembre 2017

La Contribution Sociale Généralisée est théoriquement destinée à financer la protection sociale. Cet impôt sur l’ensemble des revenus, mis en place en 1991, devait être temporaire et n’était à l’époque que de 1,1%. Il a non seulement été maintenu mais il n’a pas cessé d’augmenter au cours des années suivantes. C’est devenu un impôt très rentable qui dépasse maintenant en rentrées fiscales l’impôt sur le revenu.  Les députés viennent de voter son augmentation de 1,7 % pour les salariés et les retraités sans angoisse et pour cause, en ce qui les concerne, du fait de la disparition de l’IRFM (l’indemnité représentative des frais de mandat) remplacée par un remboursement sur justificatifs (factures), ils échappent à la CSG sur cette indemnité et cerise sur ce gâteau fiscal ils évitent aussi la CRDS (contribution à la réduction de la dette sociale). On comprend qu’ils aient voté (du moins les présents) à une large majorité pour cette augmentation qui ne va que partiellement les toucher. On est jamais aussi bien servi que par soi-même.

Dans le projet de Macron cette hausse de la CSG a pour but d’augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs (comme le disait Arlette !) mais de façon indirecte; drôle de concept un impôt en augmentant libère du pouvoir d’achat, on reconnaît bien la pensée complexe de notre nouveau président. Dans les faits pour les salariés cette augmentation ne compense que partiellement la disparition sur leur feuille de paye des charges sociales et des cotisations chômage, de ce fait au bas de leur feuille la somme à payer augmentera très légèrement.

Par contre pour les fonctionnaires ce n’est pas clair, ne payant pas de cotisations chômage le dispositif ne fonctionne pas. Le gouvernement s’engage à mettre en place des indemnités compensatoires afin que cette mesure reste neutre pour les fonctionnaires. De même les travailleurs indépendants seront touchés par cette augmentation sans compensation aussi le gouvernement prévoit de réduire leurs cotisations familiales et maladies.

 Par contre pour les retraités aisés (plus de 1200 € par mois, en dessous on frôle le seuil de pauvreté) notre président a une vision de l’aisance assez éloignée de son propre niveau de vie, cette contribution forcée qui sera prélevée sur leur pension est présentée comme une solidarité générationelle. Comme ci les retraités négligeaient d’aider financièrement leurs enfants et petits enfants ! Pour quelques uns, la compensation viendra mais plus tard de la disparition pour les moins riches de la taxe d’habitation, mais pour les autres c’est plein pot, ils vont cracher au bassinet !

Plus dramatique encore le projet de départ du gouvernement était de rendre cette CSG déductible pour les revenus du travail mais pas pour les pensions des retraités ni pour les revenus du patrimoine. Mais retour en arrière, en fin de compte Bercy va se priver de nouvelles recettes fiscales en rendant cette augmentation de CSG déductible à la fois sur les salaires mais aussi pour les retraités et les revenus du patrimoine. Pour les retraités, le coup de rabot n’est pas passé loin. A croire que ce président ne nous aime pas beaucoup !