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Archive pour septembre 2017

Qui sont les fainéants, qui en est le roi ?

Lundi 25 septembre 2017

Surtout président des jeunes et des diplômés mais toujours d’attaque, Emmanuel Macron avait déjà parlé des gens qui ne sont rien et il en remet une couche en parlant des fainéants, drôle de façon de communiquer. C’est le roi de la formule malheureuse, après « les ouvrières illettrées », «  la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler, etc. », il récidive.

On dirait qu’il n’aime pas ses concitoyens ou du moins ceux qui n’ont pas voté pour lui. En fait à l’inverse de ses prédécesseurs il ne semble pas être le président de tous les français comme le déclaraient les présidents qui l’ont précédé après leur élection. Ils n’avaient pas le choix car candidats de partis politiques institutionnels, ils devaient faire semblant de s’en libérer une fois élus même s’ils pensaient le contraire et ne croyaient pas un mot de leur déclaration.

Pour Macron la situation est un peu différente car son parti politique n’existait pas avant son élection, c’était un mouvement soi-disant ni de droite ni de gauche dont l’adhésion était gratuite, donc sans engagement financier de part et d’autre.

 Pour  rattraper le coup,  l’Élysée tente une explication de texte du discours du président en précisant qu’est désigné par ce terme fainéant l’inaction des hommes politiques des gouvernements précédents, ficelle un peu grosse, difficile à croire. D’autant plus qu’il devrait se regarder dans une glace, car il en a fait parti pendant plusieurs années du précédent gouvernement. En remettant une couche, il a fini par préciser qu’il s’adressait à ceux qui manifestaient contre la loi travail et ses ordonnances. On s’en doutait un peu.

 Il est plus dans la posture d’un roi méprisant que d’un roi fainéant, mais ayant lancé l’idée des fainéants abondamment reprise dans les médias et sur les réseaux sociaux, il va devoir l’assumer. Il a essayé d’allumer un contre feu en recevant à l’Élysée ses deux prédécesseurs à l’occasion de l’obtention par Paris des jeux olympiques de 2024, reconnaissant quand même que le mérite ne lui revient pas et faisant preuve pour une fois d’un peu d’humilité. Mais tout cela n’est pas nouveau, le coup du prédécesseur fainéant Sarkozy l’avait déjà fait vis à vis de Chirac. Je pense que cette formule va rester collée longtemps à ce président antisocial, propre sur lui, mais qui a tendance à perdre son sang-froid de temps en temps.

Macron fait rire, mais jaune

Dimanche 17 septembre 2017

 

En proposant au propriétaire de baisser leur loyer de 5 euros pour compenser la baisse des APL, Macron nous a bien fait rire, mais par contre sûrement rire jaune les dits propriétaires. Depuis des lustres cette aide financière aux locataires les plus démunis va directement dans la poche des propriétaires et ceci au frais des contribuables; aussi l’investissement dans le logement étudiant est un placement rentable. 

Ces aides au logement sont automatiquement inflationnistes, les deux choses étant liées, lorsque les aides augmentent les loyers aussi suivant le principe des vases communicants. Il a eu l’idée géniale de faire payer la connerie de son gouvernement  (les fameux 5 euros enlevés sur les aides au logement des plus pauvres, c’est lui qui l’a dit)  de son gouvernement à ses administrés en demandant aux bailleurs de contrer cette mesure en baissant leur loyer. Il fallait y penser, mais pas sur que cela va faire un succès chez les nantis qui l’ont élu. 

Après avoir voté pour Macron, ce ne doit pas être ainsi qu’ils envisageaient le changement et ils doivent s’en mordre les doigts (référence à une blague qui circule actuellement sur les réseaux sociaux) doivent préférer la disparition partielle de l’ISF. Toutefois le niveau financier entre ces deux mesures n’est pas tout à fait identique, la première, mesure anti pauvres, 5 € de moins multiplié par 6 millions de bénéficiaires ça va faire dans les 3O millions d’euros par mois de ressources pour Bercy alors que pour l’ISF le coût de cette mesure, pour l’état et au bénéfice des 3400 familles les plus riches, est estimée à 3 milliards d’euros par an, on ne joue pas dans la même cour ! Une différence d’un facteur 10 au moins entre les deux mesures sauf que le première dont le but est de boucler des trous budgétaires afin de ne pas dépasser les fameux 3% pour 2017 sera effective dès octobre prochain; l’autre mesure (la modification de l’assiette de l’isf) qui grèvera fortement le budget de l’état ne prendra effet qu’en 2018. D’ici là advienne que pourra !

Et voilà qu’il en remet une couche en envisageant de réduire de 60 euros les APL des habitants des HLM avec en contrepartie une baisse équivalente des loyers par les bailleurs sociaux au détriment de leurs activités. Le gouvernement parle de plan logement on croit rêver, en faisant  2 milliards d’euros d’économies sur le dos des bailleurs sociaux cela ne va réduire les capacités d’intervention des offices HLM et aura des effets secondaires sur l’entretien des bâtiments et donc sur les activités de ce secteur industriel. Comme par hasard le secteur locatif privé est épargné alors que l’état y dépense encore plus d’APL que les propriétaires confisquent souvent à leur profit en augmentant le loyer des minuscules studios loués dans certaines villes universitaires où la demande est forte à des prix astronomiques. Il serait pourtant simple de conditionner le versement des APL à un loyer plafond en le modulant en fonction des villes.

 

 

SÉLECTION À L’UNIVERSITÉ, MACRON VA-T-IL L’OSER ?

Dimanche 10 septembre 2017

Il faut bien reconnaître qu’il y a un problème, certaines formations comme le STAPS ou la Psychologie attirent massivement les bacheliers qui viennent d’obtenir le baccalauréat, ce fameux sésame qui leur ouvre les portes des universités. Toutefois l’université n’est pas une caverne d’AliBaba, les portes sont parfois étroites car les possibilités d’accueil sont limitées entre autres pour des raisons financières ; pour pasticher Rocard : «on ne peut pas accueillir toute la richesse (intellectuelle) du monde ». Et pourtant c’est ce que l’on faisait jusqu’à une époque récente. Sans aller jusqu’à dire comme l’un de nos anciens président visionnaire analysant cette situation : »il y a de la lumière et c’est chauffé », il y a quand même un problème d’accueil.

 

Face à l’injustice du tirage au sort, il faut trouver une solution.  Un certain nombre d’étudiants s’inscrivent dans des filières qui vont les mener à l’échec car ils n’ont pas acquis antérieurement les connaissances indispensables leur permettant de suivre avec succès la première année de licence. Ainsi il parait évident qu’un bachelier qui n’a jamais suivi de cours de biologie au cours de sa scolarité dans le secondaire suivra difficilement en première année de STAPS à moins de faire un énorme effort de recyclage pendant l’été. Dans ces conditions il serait judicieux de lui déconseiller cette inscription même s’il est très bon en sport ! Pour suivre et réussir dans cette formation il faut en effet combiner la tête et les jambes comme dans un jeu télévisé ou avait brillé un futur premier ministre (pas Fillon, rassurez vous !).

 

Le nouveau premier ministre s’est engagé à ce que le tirage au sort disparaisse lors de la prochaine rentrée Universitaire, mais pour empêcher les bacheliers de postuler dans une filière saturée, la seule solution c’est la sélection. Un terme que se gardent bien de prononcer nos dirigeants car il met aussitôt les étudiants dans la rue, ce que craignent tous les gouvernements. Aussi, dans les discours récents sur ses projets pour l’université,  Macron se garde bien de l’utiliser. Plus de tirage au sort à la dernière minute, mais une information/orientation sous forme d’un « contrat de réussite » leur indiquant les pré-requis indispensables dans la filière choisie. Cela devrait permettre d’éliminer en douceurs et sans douleurs certains bacheliers de certaines filières, voire de l’université, mais que faire des exclus ? Il faudra y réfléchir.

Derrière cela se profile l’augmentation des droits d’inscription (la sélection par l’argent comme dans les pays anglo-saxons pour ce gouvernement pro-riches, ce pourrait être une solution) cela fonctionne bien dans ces pays, ruinant les parents pour ceux qui en ont ou obligeant les étudiants à s’endetter pour longtemps. Ce serait navrant, bien que cela existe déjà dans le privé au niveau de certaines formations. Toutefois, il est temps que la sélection par l’échec en première année d’université, qui fonctionne avec succès (si l’on peut le dire ainsi) depuis bien longtemps, disparaisse.

Je pense que le baccalauréat, éventuellement partiellement réformé en donnant plus d’importance au contrôle continu et dont le jury est présidé par un universitaire, doit rester la porte d’entrée à l’université. Mais il faudrait compléter la vérification de l’obtention du bac par l’administration par un examen des notes obtenues par le futur étudiant en première et en terminale et les comparer aux exigences définies par les Universités en fonction des filières choisies. Ce contrôle ou plutôt (évitons les mots qui fâchent) cette orientation pourrait avoir lieu lors des jurys de bac. Du coup la présence d’un membre de l’enseignement supérieur, qui seul est  autorisé à consulter les livrets scolaires des candidats bacheliers, qui jusqu’ici ne servait pas à grand chose servirait enfin vraiment à quelque chose !  Cela risque d’être lourd à gérer mais dans la mesure où je ne risque plus de présider un jury de bac je peux me permettre de faire une telle proposition ! 

Les vacances de Macron

Dimanche 3 septembre 2017

Par rapport à ses prédécesseurs, il l’a joué fine. Plutôt que de faire le « bling bling » sur un yacht de milliardaire ou aller au bord d’un lac américain pour milliardaire comme son prédécesseur ou dans les demeures de la république sur la Côte d’Azur à Brégançon voire à l’ile Maurice comme celui d’avant, il a choisi de passer ses courtes vacances dans une ville populaire. A Marseille, chez le préfet mais quand même dans une résidence de la république très haut de gamme au Sud de la ville dans un quartier très huppé, chez les riches rassurez vous, pas dans les quartiers Nord rongés par le chômage et la précarité.

C’est très malin, aller taquiner, pas le goujon, mais le Mélenchon sur ses nouvelles terres, jouer au foot avec les joueurs de l’OM (son club de foot préféré), rencontrer les ouvriers des chantiers navals sur le vieux port, visiter le château de Marcel Pagnol, plein de cartes postales montrant qu’il est actif et proche des français. 

En limitant et en maîtrisant son exposition médiatique (il a porté plainte contre un photographe trop entreprenant !) au détriment du principe fondamental de la liberté de la presse, peu photographié donc peu présent dans les journaux, il laisse à croire qu’il mélange travail et loisirs et donne ainsi l’exemple à la fois à ses ministres et à l’ensemble des français donc du buzz mais positif.

Il veut voir tout le monde au boulot dés la rentrée. Chirac et Sarkozy étaient des adeptes des grandes vacances à l’étranger, le Maroc pour le premier, les USA pour le second donc loin de Paris;  Macron a choisi d’inverser la tendance après avoir imposé à ses ministres de rester à moins de 2h de la capitale, il est lui même resté à proximité du boulot mais plutôt que de s’emmerder à Brégançon comme Chirac et de se montrer à la fenêtre dans le plus simple appareil (ce qui avait fait le buzz à l’époque car il y avait des photographes et lui il les aimait !) il a préféré aux bains de mer, les bains de foules « En Marche » dans la cité phocéenne. C’est un bon coup de com’,  c’est  sûrement ça le changement !