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Archive pour juillet 2017

Tout est bon chez le Macron

Dimanche 30 juillet 2017

Tout au moins c’est ce que pensent ses militants, mais pour  aimer  le macron, il faut suivre ses ambitions dont la principale est de revenir aux fameux 3 % de déficit publique par tous les moyens. Théoriquement, si on l’écoute, le premier ministre  va maintenir les  3% sans augmenter les impôt mais en faisant des économies, mais sur qui et sur quoi ?

Nous avions déjà quelques pistes au niveau de l’armée et des universités, mais il a eu une nouvelle idée, raboter les APL de 5 euros par mois dès septembre, déjà que leur montant n’avait pas suivi l’évolution du prix  des loyers et des charges depuis plus de 15 ans. Cette allocation attribuée sous conditions de ressources avait du être recentrée vers les foyers les plus pauvres mais de plus en plus nombreux puisque encore attribuées à plus de 6 millions de ménage et surtout à plus de 800 000 étudiants qui vivent dans l’opulence, c’est bien connu. Dans les projets de Macron, Il était prévu de protéger les plus aisés et de taper sur les classes moyennes, mais là c’est au-dessous de la ceinture qu’il frappe car ce sont  les plus pauvres qui sont sanctionnés. Il est plus enclin à soutenir le CAC 40 que les nécessiteux.

Déjà, que pour ce gouvernement un retraité qui touche plus de 1 200 € est aisé et sera pénalisé par une CSG plus élevée. On craint le pire, nous les fonctionnaires retraités pensionnés par l’état, donc le maillon faible du système, sans moyens de pression, à la merci de ce gouvernement d’économistes, de comptables et de banquiers. 

Après mon ennemi c’est la finance, virage à 180 degrés avec Macron, c’est tout pour les investisseurs, ceux qui placent l’argent qu’ils ont en trop en actions ou en assurance vie et qui ne vont plus payer d’ ISF sur cette partie mobilière de leur fortune. Avec Macron, elle est pas belle la vie… des nantis !

Ça marche pour « En marche »

Lundi 24 juillet 2017

 

Alors que le Parti socialiste et que les républicains vont être obligés de mettre en vente leurs sièges afin de rééquilibrer leurs budgets, le parti d’Emmanuel Macron va engranger plus de 100 millions d’euros sur 5 ans, de quoi voir venir. Ses militants qui avaient adhéré gratuitement vont pouvoir poursuivre leur activité militante sans avoir à débourser un centimes d’euros, ce qui n’est pas très courant dans les partis politiques et j’en sais quelque chose. Maintenir la gratuité, c’est astucieux et au lieu de voir fuir les adhérents qui ne veulent plus financer des partis dont ils ne sont  pas satisfaits, au contraire à LREM ils en ont pour leur argent, si je puis dire, et ne sont pas prêt d’être exclus pour non paiement de leurs cotisations.  

Par contre, dans les autres partis les militants vont disparaître, on compte ses sous et on vend les bijoux de famille. Du coup en marche devient le premier Parti de France en nombre d’adhérents et  à un tarif défiant toute concurrence, cela risque de durer longtemps. Le Parti politique gratuit c’est un nouveau concept qu’il fallait inventer, Macron l’a fait, très intelligemment, il faut le reconnaître. Advienne que pourra, mais dans ces conditions il est difficile d’évaluer l’engagement et la motivation des adhérents, ce n’est peut être pas le but. En Marche, venant de rien pour arriver nulle part, bientôt au bord du précipice, ils n’auront plus qu’à faire un pas en avant et le but sera atteint ! Mais pour l’instant, ce n’est pas tout à fait vrai car ils ont quand même réussi à investir l’assemblée nationale, maintenant majoritaire ils vont pouvoir faire la pluie et le beau temps, espérons que la météo nous sera favorable !

Mais si l’on suit l’actualité ce n’est pas toujours le grand beau fixe. Le nouveau premier ministre avec sa barbe noire est aussi sinistre que le précédent aux gros sourcils et à du mal à se conformer aux promesses de son président, tergiversant sur les dates de leurs mise en place  comme la suppression partielle de la taxe d’habitation repoussée puis avancée,  de la modification de l’impôt sur la fortune, etc. Par contre en ce qui concerne l’augmentation de la CSG dés janvier 2018, il semble que le calendrier soit maintenu et c’est bien dommage, on en demandait pas temps !

Macron économies

Lundi 17 juillet 2017

Le « like motive » de ce nouveau gouvernement : faire des économies, mais au dépend de qui ou de quoi, afin de se soumettre aux règles européennes du 3 % de déficit. Pourquoi 3 % plutôt que 4 ou 2, personne ne peut l’expliquer, c’est comme cela, circulez y a rien à voir ! C’est sous Francois Mitterrand que ce dogme des 3 % a été conçu. Ce rapport du déficit au PIB est sorti du cerveau d’un jeune technocrate associé au frère de Dominique de Villepin ; après calcul ce rapport était tombé sur le chiffre 3, magique et hautement symbolique (la sainte trinité, les trois grâces, les trois rois mages, les trois dimensions, les trois petits cochons, etc., la liste est longue) mais totalement au hasard, il a été retenu sans aucune réflexion théorique. On nous fait croire que l’économie est une science dure, mais on finit par en douter; c’est plus une science molle nourrie de querelles idéologiques et de courants de pensées contradictoires, la preuve on distingue des économistes de droite et des économistes de gauche.

 En 1992, lors du traité de Maastricht, l’Europe  adopte cette règle française comme critère pour entrer dans la zone euro. Alors que les allemands étaient très favorables à cette mesure contraignante car ils voulaient de la rigueur pour ne pas payer pour les autres membres, ce sont eux les premiers qui ne l’ont pas respecté dés 2001 comme par hasard (faites comme je dis pas comme je fait, classique) et, comme il n’y a pas eu de sanction, les autres pays dont la France ont suivi ce mauvais exemple. Le but était de réduire l’endettement mais cela n’a pas marché car la dette n’a cessé d’augmenter, les gouvernements précédents ayant fait de la cavalerie, en empruntant pour rembourser les dettes précédentes, situation kafkaïenne. 

Ce nouveau gouvernement va t il faire mieux ? Il veut faire des économies mais il tâtonne et à du mal à respecter les promesses de son jeune et fougueux président, tergiversations comme sur la taxe d’habitation. Par contre les économies il sait sur qui il va les faire; deux catégories mal aimées par ce jeune président sont particulièrement ciblées les retraités avec le coup de la CSG qui va rapporter quelques milliards et les fonctionnaires dont le point indiciaire va être bloqué ce qui économisera quelques milliards. Par ailleurs il veut fait des économies au niveau du fonctionnement des ministères en réduisant le parc automobile par exemple, mais cela ne va sûrement pas suffire, d’autant plus que si l’on remplace les véhicules à essence par des voitures diesels qui consomme moins et dont le carburant est moins cher, ils vont être en contradiction avec leur ministre de l’environnement.

 Il prévoit de faire des ponctions sur les budgets de tous les ministères avant la fin de l’année  et en particulier sur celui qui me touche de près même si je n’y émarge plus vraiment, celui de l’enseignement supérieur et de la recherche déjà exsangue et qui doit encore économiser 331 millions d’euros. Mais rassurez vous après un prélèvement significatif cette année (850 millions en moins, ce qui a fâché le chef de l’état major des armées remis en place par le président), il a promis que le budget de l’armée augmentera d’environ 7 % en 2018.

 Par contre la TTF (taxe sur les transactions financières), pour laquelle il s’était déclaré favorable quelques jours avant son élection pour une mise en place à la fin de l’été, est mise sous le tapis soi-disant pour ne pas faire de peines aux banquiers, des gens fragiles quand on touche à leur argent et il sait de quoi il parle ! Dans la même veine un petit cadeau aux plus riches la modification accélérée donc dès 2018 de l’ISF, qui va faire perdre plus de deux milliards d’impôts à l’état, le plafonnement à 30 % de la fiscalité sur les revenus du capital, on rêve !  Le premier sinistre (ministre pardon, pour reprendre une terminologie du canard) annonce une baisse de 7 milliards d’impôts, puis 11,  mais pour qui et pourquoi ? En imposant les moins riches pour alléger les impôts des plus riches (1 % des contribuables), on voit se dessiner une nouvelle politique au détriment des « gens qui ne sont rien » pour citer Macron. Avec de telles mesures qui vont faire baisser leur pouvoir d’achat, ces derniers seront bientôt moins que rien…

 

Agroalimentaire, encore une sorte de minerai

Samedi 8 juillet 2017

Il y a quelques années, le minerai de viande de cheval utilisé à la place  du bœuf dans les lasagnes congelées avait fait scandale et la une des journaux. Ce terme de minerai qui était jusque là réservé à l’extraction du fer ou du charbon venait de passer dans le domaine de l’agro-alimentaire pour désigner de la viande hachée de mauvaise qualité fabriquée avec tous les déchets (des tendons, des nerfs, des morceaux de viscères, etc.) qui restent après la découpe de la viande de boeuf dans les abattoirs. Toujours d’actualité, elle permet de préparer des plats cuisinés congelés de mauvaise qualité mais bon marché et gênèrent de gros bénéfices.

 Depuis on avait un peu oublié tout cela, mais une sorte de  nouveau minerai dans le sens d’une nouvelle ressource pour l’agroalimentaire est apparue, issu de ce que l’on dénomme la pêche minotière qui consiste à prélever des petits poissons comme les sardines, les maquereaux, les harengs, les sprats, etc., pour en faire de l’huile mais surtout de la farine de poisson d’où l’appellation qui fait référence au meunier. Cette farine de poisson, dans un premier temps destiné à l’aquaculture, est aussi utilisée pour nourrir les porcs et les volailles qui a priori ne mangent pas de poisson (même le vendredi !). Du coup, on nomme ces poissons, les poissons fourrages servant de nourriture à d’autres animaux alors qu’ils pourraient être directement consommé par l’homme ! Ce qui est dramatique ce sont  les quantités pêchées qui sont très importantes et ne cessent d’augmenter, chiffrées à plus de 25 % du poisson prélevé sans discernement en mer. L’impact est catastrophique à la fois sur le fonctionnement des écosystèmes marins et plus directement sur les populations fragiles qui vivent sur les côtes et qui habituellement s’en nourrissent (plus de 4 milliards d’individus) mais aussi sur les prédateurs de la chaîne alimentaire comme les gros poissons carnivores, les oiseaux et les mammifères marins qui en ont besoin pour survivre.

A l’inverse après une période d’interdiction suite à la crise de la vache folle, les poissons d’élevage sont de nouveau nourris avec des PAT acronyme de « protéines animales transformées », soi-disant fabriquées maintenant à partir de produits d’abattage provenant d’animaux sains. La boucle est bouclée, les poissons mangent de la viande et les cochons du poisson, au plus grand profit de l’industrie agroalimentaire. C’est navrant alors que ces protéines indispensables, on pourrait se les procurer à partir d’élevages d’insectes ou de microalgues bien sûr! Mais ce serait moins rentables pour les actionnaires des grandes multinationales et ce n’est pas la mise en place du CETA qui vient d’être voté par le parlement européen ou l’accord commercial récent sur l’agro-alimentaire avec le Japon qui va arranger les choses. 

Loi sur la transparence, la lutte contre les conflits d’intérêts c’est pas gagné

Lundi 3 juillet 2017

Avoir une Assemblée Législative remplie de députés et de députées issus de la société civile va amplifier une situation qui n’est pas nouvelle (les exemples sont nombreux dans les précédentes législatures), mais qui va s’aggraver, celle du conflit d’intérêts. Cette notion  avait déjà  été définie dans la loi sur la transparence de la vie publique de 2013 : « toute situation d’interférence entre un intérêt publique et des intérêts publiques ou privés qui est de nature à influencer l’exercice d’une fonction publique ». Pour être plus précis le responsable public ne doit pas détenir un intérêt direct ou indirect, c’est à dire une activité professionnelle pour lui ou sa famille qui pourrait interférer avec l’exercice de sa fonction publique. Cette notion est même étendue à une détention d’action d’une entreprise, à un autre mandat électif, à des activités rémunérées jusqu’à des activités bénévoles voire des fonctions honorifiques.

Si certains des nouveaux députés se sont engagés à cesser toute activité en dehors de leur mandat, c’est loin d’être le cas de tous, en particulier la fameuse activité de conseil que Macron avait promis d’interdire aux futurs parlementaires mais qui était encore autorisée dans la précédente magistrature; si le député était déjà consultant avant son élection, il pouvait poursuivre ses activités. Une faille dans la loi de 2013 dont avait largement profité l’ineffable Fillon (notre champion sarthois dans le cumul des rémunérations) en créant sa société de conseil quelques jours avant son élection comme député de Paris. Mais promesse de Macron non tenue pour de soi-disantes raisons juridiques, les nouveaux députés peuvent comme précédemment conserver cette fonction, pourtant génératrice de conflits d’intérêts, si elle a débuté depuis plus d’un an.

 Si l’on regarde de plus près au niveau des ministres, c’est pire, celle de la culture par exemple, Françoise Nissen, est toujours propriétaire d’Actes Sud alors qu’elle suit à Bruxelles les négociations sur la TVA du livre électronique. La ministre de la santé a dans le temps participé au conseil d’administration de Novartis et sa première décision sur la vaccination obligatoire ( 11 vaccins au lieu de 3 pour les enfants sur une période d’essais de onze mois),  intéresse au plus haut point ce laboratoire qui en fabrique. Le premier ministre lui-même qui fut employé par AREVA va devoir arbitrer la recapitalisation de cette société pour 4,5 milliards d’euros, excusez-moi du peu, comment être impartial dans ces conditions.

 Pour tous ces exemples, il y a soi disant prescription du fait de leur ancienneté, mais à l’usage cela ne se vérifie pas vraiment! Tout cela n’est pas nouveau déjà sous hollande, il faut se souvenir de Fioraso (encore elle) qui fut déchargée par décret de sa tutelle sur les activités de recherche du CEA dans la mesure où son mari y avait des responsabilités importantes; de Cahuzac, qui était Ministre du budget, alors que la direction des finances publiques enquêtait sur ses comptes cachés.

 En fait rien ne change, toutes les bonnes intentions de transparence de ce gouvernement n’ont pas tenu longtemps et ce qui a juste changé, ce sont les bénéficiaires, les vieux loups professionnels de la politique ont laissé la place à des novices plus jeunes issus de la société civile. Génération spontanée (avant Pasteur on croyait que l’association de vieux torchons  et de grains de blé gênerait des souris)  Macron a généré, à partir de rien, des députés propres sur eux (pas besoin de torchons sale cette fois, mais quand même un peu de blé à se mettre dans les poches si l’on se rappelle du bon père Francois F.). Par contre sans engagements personnels et sans convictions puisque n’appartenant, pour la plupart, (hormis quelques anciens socialistes qui on quitté la barque avant qu’elle ne coule !), à aucun mouvement et n’ayant aucune activité militante avant leur élection à part un soutien inconditionnel à leur idole, c’est un peu navrant. Il faudra voir à l’usage mais je ne suis pas optimiste, déjà que Macron dans sa photo présidentielle a repris devant son bureau la posture de JR dans Dallas espérons qu’il ne nous prépare pas un univers impitoyable.