Archive pour juin 2017

Une bonne retraite pour les députés sortants

Lundi 26 juin 2017

Si Emmanuel Macron a réussi son coup en remplaçant des députés professionnels par des novices moins couteux (s’il leur enlève un certain nombre d’avantages financiers), avec 432 députés sortant, la facture risque quand même d’être salée. En effet, ils ont deux options ou rechercher du travail ou demander à bénéficier de leurs droits à la retraite pour les plus âgés. Dans le premier cas, il vont toucher une allocation de retour à l’emplois de presque 6000 €, dégressive mais elle part quand même de haut et au bout de trois ans elle est encore supérieure au SMIG, pour beaucoup de chômeurs une telle prime ne les encouragerait pas à retrouver un travail, espérons que pour nos ex députés il n’en soit pas de même.

 

L’une des idées supportant cette prime est de faire en sorte qu’ils ne perdent pas trop de pouvoir d’achat durant les 6 premiers mois, les pauvres ! Il faut savoir qu’en activité ils touchaient en plus de leur indemnité de parlementaire de quelques 7 200 € brut auquel se rajoutait quelques 5800 € de frais de mandats (mal définis) sans compter les multiples autres avantages comme les transports gratuits dans certaines limites, une bourse informatique de 15 000 € par an (ils peuvent avoir des portables de dernier cri) mais pire encore  les 12 000 euros pour leur courrier (il faut en écrire des lettres) et le coup de masse, les 130 000 € annuel de leur réserve parlementaire. Il est sur que malgré la prime leurs moyens financiers vont fortement diminuer.

 

 Les plus anciens vont pouvoir bénéficier de la retraite spéciale des députés à condition d’avoir 62 ans, ils ont en effet cotisé, mais très peu, et pendant beaucoup moins de temps que le travailleur moyen pour avoir une retraite à taux plein. Même si c’est moins bien que dans le temps à l’époque de la double cotisation c’est encore confortable. Après un premier mandat de 5 ans, le député a droit à une retraite de 1 200 €, le double après deux mandats, alors que pour un salarié moyen, il faut cotiser plus de 40 ans pour obtenir la même somme. Avec la démission de François Bayrou que va devenir la loi sur la transparence de la vie publique qu’il préparait assidûment et qu’il avait déjà présentée au conseil des ministres. Il semble que ce soit un version allégée par rapport aux promesses du candidat; Macron a promis de faire disparaître tous ces avantages mais j’en doute, déjà qu’il est revenu en arrière sur l’interdiction pour les députés de faire du conseil. À suivre avec attention !

 

Pendant ce temps là, le projet d’augmentation de la CSG est en marche, sans compensation pour les 9 millions de retraités qui seront touchés par cette mesure. Elle consiste à prendre aux uns, pour donner aux autres, drôle de politique, mais qui se comprend; d’un côté les plus fragiles, les retraités, qui vont voir baisser leur pouvoir d’achat alors qu’ils espéraient d’un nouveau gouvernement une revalorisation de leur retraite bloquée  par le précédent et qui ne peuvent plus se révolter (difficile de faire grève quand on ne travaille plus !) et de l’autre les salariés du privé qui vont voir leur feuille de paye améliorée. Pour les salariés du publique, le suspense reste entier, c’est à l’étude. Quand on sait que 69 % des français sont contre l’augmentation de la CSG, sur ce projet comme sur beaucoup d’autre l’idéal serait que la France en marche face marche arrière ! 

demain

Samedi 24 juin 2017

 

Risque de bousculade à l’assemblée nationale

Dimanche 18 juin 2017

À l’assemblée nationale, traditionnellement, les élus de gauche rentraient par la porte de gauche et les élus de droite par la porte de droite, mais les 350 macronistes qui sont soi-disant ni à gauche ni à droite, par où vont il rentrer ? Va t’il falloir ouvrir un nouvel accès au milieu ? C’est quand même beaucoup moins que les chiffres annoncés mais pour obtenir un tel résultat ils ont du marcher dans quelque chose !  A tel point que maintenant lorsque l’on est plus de deux ou trois à table il y a une majorité de macronistes autour de nous. Jupiter, plus fort que Dieu, car roi des Dieux, c’est inquiétant !

Ce n’est pas le seul problème : l’engagement qu’avait envisagé Manu (je deviens intime) de faire signer à ses candidats à la députation, de voter, comme un seul homme ou une seule femme (ne soyons pas misogyne), les propositions de lois de son gouvernement sont en contradiction avec L’article 27 de la constitution qui précise que « tout mandat impératif est nul, le droit de vote des membres du parlement est personnel ». Du coup Macron est revenu en arrière en leur demandant seulement un engagement moral à soutenir plusieurs de ses chantiers.

Un élu est libre de son vote même si son groupe tente de lui imposer une discipline de vote. Il faudra l’expliquer aux nouveaux députés venant de la société civile qui ne doivent pas connaître toutes les finesses de la vie de parlementaire et qui incompétent sur beaucoup de sujet vont avoir tendance à voter comme leur chef de groupe. Il faudra leur rappeler qu’une fois élus ils deviendront les représentants du peuple français et non de leur parti. Pour ces élus qui veulent tout changer, c’est l’occasion de le prouver. Une majorité absolue mais loin du raz de marée annoncé par les médias, ce n’est pas nouveau sous la cinquième république donc il n’y aura pas de bousculade à l’entrée de l’hémicycle.

Novices ils vont recevoir une formation en juillet prochain afin de connaître les règles du travail parlementaire et surtout sa déontologie aspect qui laissait un peu à désirer jusqu’ici. Mais avec Bayrou qui prépare la loi sur la moralisation de la vie publique, loi qu’il a souhaité lui même mettre en place, cela devrait s’arranger; encore que pas de chance son parti est suspecté d’avoir détourné des emplois d’assistants parlementaires au niveau européen, mais tant qu’il n’est pas mis en examen (c’est la nouvelle règle avec Macron et il risque d’en faire les frais le premier) il peut rester garde des sceaux (mauvais en orthographe, j’ai failli écrire sot). Par contre  LREM semble avoir la majorité absolue sans les élus du modem, Bayrou ne va plus être indispensable dans le gouvernement Macron et son avenir risque d’être compromis.

Élections législatives, une affaire de pognon

Lundi 12 juin 2017

 

Pour ces élections il y a pléthore de candidats plus de 5000 et parfois plus de 20 dans certaines circonscriptions. On peut se demander pourquoi un tel engouement dans la mesure où la plupart de ces candidats n’ont aucune chance d’être élus. On pourrait penser qu’ils ont du temps à perdre mais pas du tout.  En fait derrière cette élection se cache le financement des partis par l’état qui est directement dépendant du nombre de votants à raison de 1€42 par voix sous certaines conditions; en effet pour être financé par l’état, il faut quand même que le parti obtienne 1 % des suffrages exprimés dans au moins 50 circonscriptions et qu’il respecte la parité homme /femme. C’est le premier jackpot, si le parti l’a obtenu, il y en a un second qui est fonction du nombre de parlementaires finalement élu et rattaché à ce parti politique correspondant à 37 280 € par élu aux dernières nouvelles et surtout ce financement est pérenne pendant les cinq années de la législature.

 Ces mesures qui avaient pour but était de mettre en place une transparence dans le financement des partis, initialement réservées aux partis politiques représentés à la chambre ou au sénat, a été modifiée afin de l’ouvrir aux petits partis qui n’ont plus besoins d’avoir d’élus pour en profiter. Il y a donc une dérive à ce niveau avec des partis qui se créent pour profiter de cette manne financière et qui ne s’occupent plus de politique une fois l’élection passée. Ce système qui avait pour but d’ouvrir démocratiquement le financement publique a des formations politiques ayant recueilli de nombreux suffrages sans obtenir d’élus est détourné par des pseudos partis créés pour l’occasion explique en partie l’abondance de candidats et la désaffection des électeurs.

Ainsi le raz de marée Macron annoncé partout (bien qu’un raz de marée soit en général une catastrophe pour les populations côtières et peut-être pour les électeurs !) va se traduire par un financement massif de son nouveau parti (parti de rien ou presque!) mais dans le plus parfait respect de la loi.

Tout semblait plié à l’avance, dans ces conditions voter à ces législatives lorsqu’aucun des candidats ne vous plait, ce qui a été mon cas dans la cinquième circonscription du Mans, revient à choisir à quel parti je vais apporter une contribution financière par ma voix. C’est ce que j’ai du me résoudre à faire hier et c’est navrant. Avant l’arrivée de Macron c’était plus simple si on était de gauche on votait pour l’un des candidats de gauche et vice-versa si l’on était de droite. C’est ce que j’ai pratiqué depuis que je suis en âge de voter. Maintenant on peut voter au milieu, même si c’est l’aspiration de beaucoup de français, ce n’est pas satisfaisant car voter à la normande pour Macron (peut-être bien à droite, peut-être bien à gauche) ce n’est plus un engagement politique.

Ces élections sont donc, entre autres, un enjeu économique majeur pour les nombreux partis politiques plus de 60 qui se sont déclarés récemment pour ces élections car « pas de bras, pas de chocolat » pardon « pas de parti déclarés pas de subvention ». Deux nouveaux partis qui viennent d’émerger « la République en Marche » d’un côté et  » la France insoumise » de l’autre et un troisième qui émargeait déjà (le FN) vont grandement bénéficier de l’aide publique au détriment des partis traditionnels qui vont devoir revoir fortement leurs dépenses à la baisse. Le PS qui émargeait à presque 25 millions d’euros et LR à presque 19 millions par an durant la précédente législature vont sûrement être loin de retrouver leurs billes.

Crime écologique

Mardi 6 juin 2017

 

Cette fois, c’est fait : Donald Trump est sorti de l’accord de Paris sur le climat. Il va relancer les mines de charbon et les énergies fossiles; les climatoseptiques ont triomphé, l’antiscience a gagné ! Aux États Unis, les Sciences de la terre et plus particulièrement la partie environnement vont voir leurs financements se réduire fortement; les géologues américains  universitaires ont du soucis à se faire car les étudiants vont de détourner de ce type de formation et les connaissances sur ces sujets vont régresser au moins dans cette partie de la planète.

Côté positif, depuis longtemps, on nous bassinait avec la fuite de nos meilleurs cerveaux vers les USA, cette fois non seulement ils vont revenir et peut être entraîner leurs collègues  américains; à nous de leur faire de la place dans nos laboratoires.

Toutefois alors qu’environ trois milles cinq cents titres de séjour selon la DGEF (Direction Générale des Étrangers en France) ont été délivrés en 2016 pour motifs scientifiques, seulement 6 % concernaient des américains; les salaires trop bas et les financements insuffisants des laboratoires français étant la principale cause de cette désaffection (depuis le temps qu’on le dit!). Macron prévoit d’améliorer cette situation, mais seulement pour certaines universités. Peut être que dans cette nouvelle conjoncture les chercheurs et les entrepreneurs de la Silicon Valley vont nous envahir et enrichir notre patrimoine scientifique, mais j’en doute !

Le GIEC, dont le financement dépend beaucoup des américains, va devoir trouver d’autres sponsors, sinon il aura du mal à fonctionner et les programmes d’observation de la terre et la collecte des données sur l’état de l’environnement et du climat de notre globe terrestre vont en pâtir.

Du coup Emmanuel Macron qui dans son programme s’engage déjà à fermer toutes les centrales à charbon (il n’en reste plus que quatre) d’ici 5 ans et à réduire au maximum l’impact des énergies fossiles se positionne en leader mondial sur l’environnement.

En s’adressant au monde entier très rapidement après l’intervention de Donald Trump et dans les deux langues dont l’une que les américains comprennent (bien que ce ne soit pas leur langue officielle1), il rebondit ! Alors que, dans son programme, l’écologie était une peau de chagrin. Il se veut maintenant à la pointe de la lutte contre le réchauffement climatique, mais après ces belles paroles, il va devoir passer aux travaux pratiques et là, il est attendu ! La nomination de Nicolas Hulot comme Ministre de la Transition écologique et solidaire risque d’être insuffisante

 

1)  Il n’y a pas de langue officielle aux États Unis au niveau fédéral pour des raisons de libertés individuelles, mais rassurez vous ils parlent en général anglais bien que l’espagnol progresse, il faudrait un mur… linguistique pour l’empêcher, Trump s’en occupe !