Les écoles universitaires de recherche

 

Alors que le LMD avait entre autre pour but d’harmoniser nos diplômes au niveau international, les écoles universitaires de recherche (EUR)  qui fédèrent à la fois les masters, les doctorats et des laboratoires d’excellences au niveau de regroupements d’universités  afin de renforcer l’impact et l’attraction internationale de leurs recherches vont faire le contraire.

La mise en place de ces EUR va dans le sens d’un nouveau panorama universitaire avec un système à deux vitesses, d’un côté de grandes Universités d’excellence fortement engagées dans la recherche de haut niveau, largement financées et très ouvertes à l’international attirant les meilleurs étudiants et les meilleurs post doctorants et de l’autre des Universités de seconde zone dites de proximité avec un recrutement régional voire local, sorte de collèges universitaires où les diplômes de master et les doctorats ne seraient plus délivrés du moins dans les filières non rentables au sens de l’économie libérale vers laquelle on s’oriente avec notre nouveau président.

Pour pouvoir émarger dans ce nouveau système d’excellence, il faut déjà être détenteurs de financements d’excellence, les fameux IDEX, et les LABEX qui en découlent ce qui réduit fortement le périmètre. Des établissements comme le notre, malgré la présence d’équipe de recherche de haut niveau international (je ne site personne mais certains se reconnaîtront !) n’ont aucune chance d’émarger dans ce dispositif. 

Ce qui est bien dommage car le financement est conséquent, avec un budget de 300 millions d’euros sur dix ans à partager entre quelques élus, la carotte est appétissante et quelques gros lapin vont se jeter dessus, n’en doutons pas. D’autant plus que le budget prévoit un financement très performant prenant en compte tous les aspects, non seulement le fameux financement des salaires et des primes sûrement conséquentes, des heures complémentaires, des dépenses de fonctionnement  incluant les frais de laboratoire mais aussi les frais de déplacement à l’étranger aussi bien pour les étudiants que pour leurs encadrants et enfin des dépenses d’équipements afin de financer de façon conséquente, mais discrète, les laboratoires d’excellence déjà bien pourvus participant au projet. Comme dit la chanson  de Pamelo Mounka :  » l’argent appelle l’argent »; il ne va plus rien rester pour les autres ! Tout cela est très proche du programme de notre nouveau président : »faire de la recherche une priorité nationale et de la France le pays de l’excellence en développant des Universités de niveau mondial ». À moins qu’il ne change d’avis, l’avenir des autres Universités risque de ne pas être « rose », mais c’est normal nous ne sommes plus sous un gouvernement socialiste !

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