En marche, mais vers quel avenir ?

 

Ayant du mal à marcher à cause de mes prothèses de hanches, je n’ai pas suivi Macron! Pourtant c’était gratuit alors que j’avais déjà été échaudé financièrement par mon précédent engagement dans un parti politique « Nouvelle Donne » qui survit difficilement depuis que je ne le finance plus. Du coup, je n’ai pas voté pour Macron au deuxième tour et encore moins pour l’autre candidate bien sûre. C’était sans risque puisque nos amis belges avaient sur leur site indiqué dans l’après-midi du dimanche que, d’après leurs sondages sorties des urnes, le candidat allait dépasser les 60 %.

 Ce président va être celui d’une régression sociale, moins marquée que ce que nous préparait l’abominable homme de la Sarthe, François Fillon, mais quand même significative; Fillon voulait reculer l’âge du départ en retraite, la sienne est avancée au grand soulagement de tous. Avec un parti qui n’est pas encore structuré, des élections législatives loin d’être gagnées, il risque de faire face à une grande instabilité gouvernementale. Ses électeurs ont plus votés contre Marine que pour lui et dans la mesure où le vote blanc ou nul et le taux d’abstention constitue presque le tiers de l’électorat, il est loin d’avoir une adhésion massive des français à ses propositions et à ses projets.

Le Parisien a évalué l’impact du programme fiscal d’Emmanuel Macron sur le portefeuille des Français. Si pour le chômeur de longue durée en fin de droit le bilan est nul, pas un euro de plus, par contre l’avocate gagnant 5 000 € par mois et au patrimoine de 2 M€ va voir ses revenus augmenter de 5 800€ par an. CQFD !!! C’est le président des nantis. En augmentant la CSG sans compensations, les retraités et peut-être les fonctionnaires vont y laisser des plumes. Par contre les salariés du privé devraient y retrouver leurs billes avec une petite baisse de charges sur leur feuille de paye.

Plus grave, Il veut compléter et amplifier la loi travail déjà très impopulaire en privilégiant les accords d’entreprises au détriment des accords de branche, imposant un plafonnement des indemnités de dommages accordées par les prud’homme en cas de licenciement abusif et la fusion des institutions représentatives du personnel dans les entreprises, et tout cela par ordonnances (pourtant on est pas malade!).

Il a peu parlé d’environnement aux cours de sa campagne mais il a quand même envisagé de reconsidérer sa position en faveur du CETA (accord de libre échange entre l’Union européenne et le Canada) qu’il avait défendu lorsqu’il était aux affaires, qui a été signé par son prédécesseur et qui est entré provisoirement en vigueur au début du mois de mai. Il propose  qu’une commission impartiale soit mise en place pour étudier les conséquences environnementales de cet accord.  L’importation massive du pétrole sale issu des sables bitumineux canadiens récemment validé par l’Europe devrait être un des points clefs du rapport à venir. S’il veut satisfaire les écologistes, il devra renégocier certaines parties de cet accord et pour cela convaincre l’ensemble des pays membres de la communauté européenne, ce n’est pas gagné !

 Après avoir laminé le Parti socialiste, il vient de nommer un premier ministre de droite, juppéiste, ce qui devrait mettre le souk au sein du parti des républicains; est ce une bonne stratégie ?

Ce premier sinistre (comme disait le canard enchainé) se dit un adepte de la transparence et pourtant il a des zones obscures; ainsi il a reçu un blâme de la haute autorité pour la transparence de la vie publique n’ayant pas rempli correctement sa déclaration de patrimoine.

Précédemment, ses activités dans le privé comme lobbyiste chez Areva restent douteuses au moins d’un point de vue éthique; travailler pour une société qui exploite des mines d’uranium au Niger en sous payant le minerai au détriment de la population autochtones et en particulier des touaregs, puis faire un pont d’or à cette société lorsqu’il est devenu maire du Havre pour un projet d’éoliennes of shore qui n’a pas abouti; ça a du coûter cher aux contribuables du Havre. Il n’est donc pas aussi irréprochable que veut nous faire croire le nouveau président. L’histoire se répète, exigeant pour ses ministres mais tolérant avec lui même, on croirait du Fillon. Mais rassurez vous avec Nicolas Hulot la suite va être chouette ! 

Laisser un commentaire