Archive pour mai 2017

Les écoles universitaires de recherche

Lundi 29 mai 2017

 

Alors que le LMD avait entre autre pour but d’harmoniser nos diplômes au niveau international, les écoles universitaires de recherche (EUR)  qui fédèrent à la fois les masters, les doctorats et des laboratoires d’excellences au niveau de regroupements d’universités  afin de renforcer l’impact et l’attraction internationale de leurs recherches vont faire le contraire.

La mise en place de ces EUR va dans le sens d’un nouveau panorama universitaire avec un système à deux vitesses, d’un côté de grandes Universités d’excellence fortement engagées dans la recherche de haut niveau, largement financées et très ouvertes à l’international attirant les meilleurs étudiants et les meilleurs post doctorants et de l’autre des Universités de seconde zone dites de proximité avec un recrutement régional voire local, sorte de collèges universitaires où les diplômes de master et les doctorats ne seraient plus délivrés du moins dans les filières non rentables au sens de l’économie libérale vers laquelle on s’oriente avec notre nouveau président.

Pour pouvoir émarger dans ce nouveau système d’excellence, il faut déjà être détenteurs de financements d’excellence, les fameux IDEX, et les LABEX qui en découlent ce qui réduit fortement le périmètre. Des établissements comme le notre, malgré la présence d’équipe de recherche de haut niveau international (je ne site personne mais certains se reconnaîtront !) n’ont aucune chance d’émarger dans ce dispositif. 

Ce qui est bien dommage car le financement est conséquent, avec un budget de 300 millions d’euros sur dix ans à partager entre quelques élus, la carotte est appétissante et quelques gros lapin vont se jeter dessus, n’en doutons pas. D’autant plus que le budget prévoit un financement très performant prenant en compte tous les aspects, non seulement le fameux financement des salaires et des primes sûrement conséquentes, des heures complémentaires, des dépenses de fonctionnement  incluant les frais de laboratoire mais aussi les frais de déplacement à l’étranger aussi bien pour les étudiants que pour leurs encadrants et enfin des dépenses d’équipements afin de financer de façon conséquente, mais discrète, les laboratoires d’excellence déjà bien pourvus participant au projet. Comme dit la chanson  de Pamelo Mounka :  » l’argent appelle l’argent »; il ne va plus rien rester pour les autres ! Tout cela est très proche du programme de notre nouveau président : »faire de la recherche une priorité nationale et de la France le pays de l’excellence en développant des Universités de niveau mondial ». À moins qu’il ne change d’avis, l’avenir des autres Universités risque de ne pas être « rose », mais c’est normal nous ne sommes plus sous un gouvernement socialiste !

En marche, mais vers quel avenir ?

Lundi 22 mai 2017

 

Ayant du mal à marcher à cause de mes prothèses de hanches, je n’ai pas suivi Macron! Pourtant c’était gratuit alors que j’avais déjà été échaudé financièrement par mon précédent engagement dans un parti politique « Nouvelle Donne » qui survit difficilement depuis que je ne le finance plus. Du coup, je n’ai pas voté pour Macron au deuxième tour et encore moins pour l’autre candidate bien sûre. C’était sans risque puisque nos amis belges avaient sur leur site indiqué dans l’après-midi du dimanche que, d’après leurs sondages sorties des urnes, le candidat allait dépasser les 60 %.

 Ce président va être celui d’une régression sociale, moins marquée que ce que nous préparait l’abominable homme de la Sarthe, François Fillon, mais quand même significative; Fillon voulait reculer l’âge du départ en retraite, la sienne est avancée au grand soulagement de tous. Avec un parti qui n’est pas encore structuré, des élections législatives loin d’être gagnées, il risque de faire face à une grande instabilité gouvernementale. Ses électeurs ont plus votés contre Marine que pour lui et dans la mesure où le vote blanc ou nul et le taux d’abstention constitue presque le tiers de l’électorat, il est loin d’avoir une adhésion massive des français à ses propositions et à ses projets.

Le Parisien a évalué l’impact du programme fiscal d’Emmanuel Macron sur le portefeuille des Français. Si pour le chômeur de longue durée en fin de droit le bilan est nul, pas un euro de plus, par contre l’avocate gagnant 5 000 € par mois et au patrimoine de 2 M€ va voir ses revenus augmenter de 5 800€ par an. CQFD !!! C’est le président des nantis. En augmentant la CSG sans compensations, les retraités et peut-être les fonctionnaires vont y laisser des plumes. Par contre les salariés du privé devraient y retrouver leurs billes avec une petite baisse de charges sur leur feuille de paye.

Plus grave, Il veut compléter et amplifier la loi travail déjà très impopulaire en privilégiant les accords d’entreprises au détriment des accords de branche, imposant un plafonnement des indemnités de dommages accordées par les prud’homme en cas de licenciement abusif et la fusion des institutions représentatives du personnel dans les entreprises, et tout cela par ordonnances (pourtant on est pas malade!).

Il a peu parlé d’environnement aux cours de sa campagne mais il a quand même envisagé de reconsidérer sa position en faveur du CETA (accord de libre échange entre l’Union européenne et le Canada) qu’il avait défendu lorsqu’il était aux affaires, qui a été signé par son prédécesseur et qui est entré provisoirement en vigueur au début du mois de mai. Il propose  qu’une commission impartiale soit mise en place pour étudier les conséquences environnementales de cet accord.  L’importation massive du pétrole sale issu des sables bitumineux canadiens récemment validé par l’Europe devrait être un des points clefs du rapport à venir. S’il veut satisfaire les écologistes, il devra renégocier certaines parties de cet accord et pour cela convaincre l’ensemble des pays membres de la communauté européenne, ce n’est pas gagné !

 Après avoir laminé le Parti socialiste, il vient de nommer un premier ministre de droite, juppéiste, ce qui devrait mettre le souk au sein du parti des républicains; est ce une bonne stratégie ?

Ce premier sinistre (comme disait le canard enchainé) se dit un adepte de la transparence et pourtant il a des zones obscures; ainsi il a reçu un blâme de la haute autorité pour la transparence de la vie publique n’ayant pas rempli correctement sa déclaration de patrimoine.

Précédemment, ses activités dans le privé comme lobbyiste chez Areva restent douteuses au moins d’un point de vue éthique; travailler pour une société qui exploite des mines d’uranium au Niger en sous payant le minerai au détriment de la population autochtones et en particulier des touaregs, puis faire un pont d’or à cette société lorsqu’il est devenu maire du Havre pour un projet d’éoliennes of shore qui n’a pas abouti; ça a du coûter cher aux contribuables du Havre. Il n’est donc pas aussi irréprochable que veut nous faire croire le nouveau président. L’histoire se répète, exigeant pour ses ministres mais tolérant avec lui même, on croirait du Fillon. Mais rassurez vous avec Nicolas Hulot la suite va être chouette ! 

Hollande n’a pas tout raté, mais presque !

Lundi 15 mai 2017

 

 On est obligé de constater que la fin de son quinquennat a été catastrophique avec la loi travail, après la loi Macron, lois qu’il a fait passer en force avec la complicité de son premier ministre à l’aide du 49.3, et contre l’avis de la majorité des français.

Pourtant il n’a pas tout faux, à l’inverse de son prédécesseur qui en avait supprimé beaucoup, il a créé un peu moins de 54 000 postes d’enseignants, nombre quelque peu inférieur à ses promesses, car il y a eu un cafouillage au niveau des Universités qui ont souvent préféré récupérer l’argent  pour abonder leur déficit plutôt que de créer des emplois. Il a réduit le déficit public le ramenant presque aux fameux 3 %, voire en-dessous pour 2017, 3 % imposé par l’Europe mais on se demande pourquoi pas 2 ou 4 ? Il a fait voter une loi sur la transparence en politique qui en avait bien besoin quand on se rappelle du petit François de la Sarthe à la triste figure…

Positif, la réussite de la COP21 avec un accord d’une limitation de l’augmentation de la température au dessous de 2 % et un engagement des états à limiter leur rejets de gaz à effet de serre  à mettre au compte de François Hollande, et il s’est engagé, du moins sur le papier à réduire de 50 % la part du nucléaire dans la production d’énergie par la France, par contre il n’a pas totalement réussi à fermer définitivement la centrale de Fessenheim à cause de l’opposition du lobby de l’EDF. 

Il a mis en place le tiers payant en médecine que le nouveau président va en partie supprimer! Le mariage pour tous reste un point positif de son quinquennat malgré la polémique, même s’il aurait été judicieux de trouver un autre terme pour le désigner. Il a sauvé le régime spécifique d’assurance chômage des intermittents du spectacle, important quand on a un fils artiste. Il a créé environ 9000 postes au niveau des forces de l’ordre alors que son prédécesseur, cet imbécile, en avait supprimé 3500. Il a fait voter une loi encadrant les loyers mais dont l’application a été rapidement freinée par Manuel Valls le félon et qui là encore va être supprimée par Emmanuel Macron. Manuel Valls, ce premier ministre qui n’a pas cessé de se droitiser, est peut être le responsable de certains échecs du président, mais c’est lui qui l’avait nommé et il n’était pas obligé de le garder.

Justement parlons des échecs de ce quinquennat. Le premier est bien sûr celui du chômage (plus d’un million de chômeurs de plus en cinq ans, ce n’est pas une paille!) qui n’a cessé d’augmenter avec un petit palier en 2016. Ensuite la loi travail qui a mis dans la rue beaucoup de travailleurs pendant plus de cinq mois et qui a, à la fois, fracturé le monde syndical et la gauche. Pas Brillant non plus, L’abandon de l’écotaxe ou taxe poids lourds (à cause des bretons), ce qui a coûté très cher au contribuables (plusieurs milliards). Il a manqué de courage face aux banquiers en ne séparant pas banque de détail et banque d’investissement (mon ennemi c’est la finance ! Mais c’est les banquiers, peut-être en fait ses amis qui ont gagné).

Puisque l’on parle d’argent, la non régression de la pauvreté avec plus de 8 millions de personnes, autant qu’en 2012, qui vivent sous le seuil de pauvreté. D’autres échecs, la déchéance de la nationalité proposée suite à  l’attentat du 13 novembre au bataclan qui a finalement été abandonnée, la mauvaise gestion des ZAD (zones d’activités différées) comme celle de l’aéroport de Notre-Dames-des-Landes ou celle du barrage de Sirven (un mort!). 

Quand on voit les attitudes récentes de Manuel Valls et sa droitisation progressive tout au long de sa fonction, on peut se demander s’il n’a pas pris une part importante dans le désenchantement et la division du peuple de gauche. Le bilan de François Hollande plutôt que calamiteux, comme on le lit souvent dans la presse, est surtout inachevé. Emmanuel Macron va devoir reprendre tous ces chantiers mal aboutis tout en essayant de réunir les français lassés du schéma droite/gauche. Va-t-il réussir ? Une première réponse aura lieu le soir du deuxième tour des législatives; advienne que pourra !

Élection de Macron, piège à (c…) retraités

Lundi 8 mai 2017

Emmanuel  Macron vient d’être élu 8ème président de la république française, mais sans enthousiasme, car ce n’est pas pour la plus part des électeurs un vote pour mais plutôt un vote de refus donc contre l’autre candidate. Une  candidate rejetée par beaucoup de français, membre d’un parti politique qui fait honte, et qui n’a cessé de mentir et de provoquer son adversaire au cours du débat de second tour. Elle a alors  montré sa vrai nature et son vrai visage, faussement souriant, de candidate d’extrême droite qu’elle avait réussi à faire oublier ces dernières années en faisant croire qu’elle était la candidate du peuple. Sans aller dans les détails, son programme monétaire, entre autres, s’il était appliqué, ouvrant la porte aux spéculateurs, mènerait à une inflation qui  toucherait surtout les petits salariés et les petits retraités dont le pouvoir d’achat se réduirait comme peau de chagrin, alors qu’elle veut soi-disant les défendre.

 

Sa défaite cuisante sauve de la catastrophe du moins les salariés, car le nouveau président a pour projet de prendre de l’argent à une catégorie qui ne peut plus beaucoup réagir, les retraités dont la pension va être amputée par une augmentation de la CSG passant de 6,6 % à 8,3 % au minimum pour plus de 60 % d’entre eux.

Si socialement l’idée est satisfaisante : permettre de continuer à financer la sécu et les indemnités de perte d’emploi tout en réduisant des cotisations chômage et maladies qui pèsent sur les salariés; c’est beaucoup mieux que d’augmenter la TVA de 2 points comme le proposait un candidat sarthois déchu et qui aurait concerné l’ensemble des contribuables. La CSG, contribution sociale généralisée crée par Rocard en 1991 perd un peu son caractère général car en ciblant préférentiellement cette fois une catégorie sociale, les retraités; il faudrait en changer l’acronyme : CSP, pour personnalisée.

 

Le choix politique est judicieux si l’on sait que cette contribution obligatoire, mais assez discrète rapporte à l’état plus que l’impôt sur le revenu. Elle contribue ainsi pour une grande partie au financement de la protection sociale. Si pour les salariés du privé, mais pas pour les fonctionnaires, son augmentation couplée à une baisse des cotisations salariales va se traduire par une légère augmentation de leur salaire, par contre pour les retraités aisés ! (notion très relative, plus de 14000 € par an quand on compare au prix des maisons de retraites) qui ne cotisent plus ou presque, cela va correspondre à une réduction de leur pension sans aucune contrepartie hormis l’impression d’une participation forcée à une solidarité inter générationnelle. À moins d’être maso ils ont dû être nombreux appuyer sur le bouton blanc (le vote ni ni) ce qui explique les résultats obtenus au niveau du vote blanc ou nul (plus de 4 millions, soit 2 fois plus qu’en 2012 et 3 fois plus qu’en 2007), vote qui aurait du intervenir dans les calculs des pourcentages comme suffrage exprimé. C’est un message pas subliminal dont le nouveau président devra tenir en compte du moins on peut l’espérer.