Archive pour mars 2017

Quel avenir pour l’université, rose ?

Samedi 25 mars 2017

 

 

Les 5 principaux candidats à la présidentielle, ceux qui ont débattu récemment à la télé, n’en ont pas vraiment parlé car ce n’est pas, pour eux ni pour les journalistes animateurs, un thème important de la campagne électorale. Aussi c’est dans leur programme qu’il faut aller chercher des informations sur les orientations, les moyens et les objectifs en direction du milieu universitaire.

Si tous les candidats (vœux pieux) proposent de développer l’enseignement supérieur et la recherche, la méthodologie proposée par chacun est bien différente.

 

Pour Mélenchon, c’est la rupture avec l’abrogation de la LRU et des lois Pécresse et Fioraso (enfin !) un doublement du budget en cinq ans, la suppression de l’ANR et de l’HCERES (bravo!), le recrutement de 5000 personnels avec un plan de titularisation des précaires et la suppression des primes au mérite,

Il propose aussi L’intégration des grandes écoles aux Universités (pas facile), une réduction des charges d’enseignement et une formation à l’enseignement des enseignants chercheurs au cours de leur thèse (judicieux mais seulement pour ceux qui deviendront MCF), un statut d’élèves-fonctionnaires pour former les enseignants du primaire et du secondaire et enfin rendre l’accès libre à toutes les publications scientifiques des universitaires (enfin).

 

Avec Fillon c’est bien différent les mots clefs sont : toujours plus d’autonomie et mise en concurrence des établissements en les divisant en quelques Universités de haut niveau orientées recherche (pour les meilleurs !) et la majeure partie transformées en Universités de proximité (pour les autres, les moins bons !) au service du tissu économique régional. Avec une augmentation des droits d’inscription surtout en master accompagné d’une sélection (des meilleurs encore !) à tous les niveaux (il a du être très brillant lors de ses études ! faut voir ?). Pour les enseignants chercheurs, c’est non seulement une modulation des services mais aussi des salaires, avec comme objectif le remplacement des fonctionnaires par des contractuels plus à la botte de la hiérarchie. La politique de recherche va dans le même sens avec une relance de l’ANR afin de ne financer que les meilleures équipes. Seul point positif une revalorisation des traitements des maîtres de conférences débutants.

 

Pour l’enseignement supérieur et la recherche, chez Marine, c’est un astucieux mélange de démagogie et d’autoritarisme avec comme chez le précédent une sélection renforcée tout en maintenant un accès de droit à l’université pour tout bachelier ! Par contre on y trouve une défense de l’enseignement en langue française (ce qui pour moi serait plutôt positif) même si derrière se cache un nationalisme exacerbé. Au niveau de la recherche, les laboratoires seront évalués de façon drastique tous les 5 ans  afin de renouveler ou de réduire leur financement et le rôle de l’ANR sera renforcé. Le système des grandes écoles sera maintenu mais en se rapprochant de la recherche universitaire (encore un vœux pieux!). Concernant le statut des EC elle propose une revalorisation de leur point d’indice et le maintien du statut de fonctionnaire avec des heures supplémentaires défiscalisées et majorées, mais avec une modulation des services suite à une évaluation de l’activité de chacun par le CNU, voire une reconversion (dans la politique ?) pour les EC n’ayant rien publié depuis plusieurs années. Par contre pour les étudiants pas d’augmentation des droits d’inscription afin de maintenir l’égalité républicaine.

 

Pour les Universités comme pour le reste, Macron comme prévu picore à gauche et à droite mais surtout à droite. Il veut donner aux présidents d’universités une autonomie réelle et concrète avec la liberté de recruter comme tout chef d’entreprise. Partisans d’un nouveau modèle de gouvernance avec un recrutement des dirigeants suivant des normes internationales (inquiétant), de nouvelles procédures d’évaluation seront mises en place avec, en fonction du bilan, un financement modulé des Universités (vers le bas, bien sûre). Faire de la recherche une priorité nationale et de la France le pays de l’excellence en développant des Universités de niveau mondial et en finançant des projets qui privilégient « la prise de risque et la recherche à la frontière de la connaissance » (c’est bien dit, mais très abstrait !). La France deviendra ainsi le leader mondial de la recherche sur le réchauffement climatique et la transition environnementale (ah bon !). Il s’engage à sanctuariser le budget de l’ESR mais avec diversification des sources de financement (qu’est ce que cela cache ?). Enfin en direction des étudiants, il veut construire des logements en quantité suffisante afin de leur fournir de bonnes conditions de travail sans oublier les bourses au mérite pour ceux qui auront obtenu une mention très bien au baccalauréat (tant pis pour les autres).

 

Avec Hamon c’est un milliard d’euros par an pour l’enseignement supérieur et la recherche (là c’est du lourd !), il se propose de créer 7 500 emplois et d’augmenter le salaire de 10 % des débutants. Original, il veut supprimer les cours magistraux en amphithéâtre en L1 (c’est couteux !). Comme les autres il prévoit de construire 60 000 logements étudiants et ils pourront aussi bénéficier du revenu universel d’existence ce qui leur permettra de se consacrer pleinement à leurs études (au lieu passer plus de temps à travailler au MacDo qu’à l’université !). Il propose de réformer en profondeur le premier cycle universitaire en remettant en place un tronc commun facilitant les passerelles. Pour le personnel enseignant il prévoit de réduire la précarité et de revaloriser les carrières (il est temps !).

 

Pour conclure, un seul point commun, ils veulent tous relancer le bâtiment, c’est à dire,  la construction de résidences universitaires. A partir de là, sur l’unique critère de la défense de notre système universitaire, qui croire, qui soutenir, pour qui voter ? J’ai fait mon choix, à vous de faire le vôtre sur la base de ces quelques informations.

Pour changer de la politique des casseroles

Dimanche 19 mars 2017

Un peu saturé de politique à cause des  présidentielles, je reviens sur une de mes addictions la défense de notre belle langue française (j’ai failli dire hobby !). C’est en effet la semaine de la francophonie. Va-t-on enfin bouter l’anglais hors de France. Déjà qu’avec le « Brexit » ils ne veulent plus de nous ni des autres européens d’ailleurs aussi la scission  définitive avec la communauté européenne serait l’occasion de marquer définitivement notre différence en éliminant leur langue qui s’est sournoisement imposée dans les instances européennes et dans les nôtres, jusqu’à être présente à la fois dans la chanson française de l’Eurovision de cette année et dans notre slogan de candidature aux jeux olympiques; tout cela pour essayer de gagner dans ces deux compétitions abondamment noyautées par les anglo-saxons; si ce n’est pas baisser sa culotte, il faudra que l’on m’explique !

Pour bien faire et défendre notre langue, il faudrait éviter d’utiliser des anglicismes. Si dans certains cas c’est possible comme remplacer « flashback » par « retour en arrière », « dead line » par « date limite » ou encore « faire un break » par « faire une pause »; par contre il est plus difficile de remplacer sans avoir l’air ringard « tags » par « peinture murale », « camping » par « camp de vacances » ou encore « hamburger » par « petit pain rond couvert de graines de sésame avec un steak et du fromage à l’intérieur ». Notre langue sera la deuxième ou la troisième la plus parlée au monde en 2050 avec plus de 700 000 locuteurs surtout en Afrique. Aussi faut il non seulement la défendre mais la préserver.

La 22ème semaine de la langue française et de la francophonie du 18 au 26 mars 2017 est l’occasion de fêter le français en participant aux manifestations organisées à cette occasion. Sans aller jusqu’à brûler les livres en anglais (nous ne sommes pas dans farenheit 451) il faut plutôt positiver (comme on dit dans le français de Carrefour !). Par contre, déception, quasiment rien dans notre région hormis une petite initiative (conférences sur les femmes et la francophonie !) à l’université d’Angers, alors qu’il y a 52 manifestations à Paris et 233 sur tout l’hexagone.

Toutefois dans cette défense de la langue française, il faut éviter d’aller trop loin. C’est le cas de la clause dite Molière qui oblige les chantiers publics à n’embaucher que des ouvriers parlant le français. L’argument principal serait l’amélioration de la sécurité sur les chantiers. Cette mesure raciste et discriminatoire proposée par un élu de droite en période électoral (comme par hasard) est une provocation en direction du gouvernement. Notre président de région, le sinistre Retailleau (bénéficiaire d’après Médiapart comme bien d’autres, bien qu’il le démente, du système occulte des « ristournes » qui a permis à des sénateurs UMP, jusqu’en 2014, de récupérer des fonds théoriquement destinés à la rémunération d’assistants)  a été l’un des premiers à mettre en place cette clause alors même qu’elle est contestée par le président du MEDEF. On marche sur les plates-bandes du Front National. Comme quoi la défense de la francophonie a parfois des effets pervers et nous ramène encore à la politique!

Le programme de Macaron c’est le contraire d’un macaron doux à l’extérieur et dur à l’intérieur !

Lundi 13 mars 2017

 

Le mouvement d’Emmanuel Macron, « En Marche » (EM), a le même acronyme que sont fondateur, quel ego ! Il est défini par certains comme un « parti attrape tout » de la gauche à la droite, ce qui se vérifie si l’on regarde la liste de ses soutiens de plus en plus de socialistes (surtout des vieux), des libéraux de droite, des écologistes, des centristes dont Bayrou (excusez moi du peu), etc. C’est un programme libéral cherchant à dépasser le clivage gauche/droite. Du coup il y a du bon et du mauvais, de la gauche et de la droite. En voici quelques exemples.

Tout d’abord le bon : il veut moraliser la vie publique et en particulier pour les parlementaires interdire le cumul des mandats électifs (dans la mesure où il n’a jamais été élu, il ne prend pas de risque !), mettre fin à leur régime spécial de retraite, leur interdire d’employer des proches ou des membres de leur famille et d’exercer des activités de conseil (il doit penser à quelqu’un !). Obligation de posséder un casier judiciaire vierge pour accéder à des fonctions ministérielles (il doit penser à quelqu’un d’autre, voire à beaucoup d’autres). Et cerise sur le gâteau il va réduire d’un tiers le nombre des députés et des sénateurs.

En ce qui concerne les travailleurs, il prévoit d’assouplir mais de maintenir les 35 heures en permettant aux jeunes de travailler plus, mais aussi aux seniors de réduire leur temps de travail à 30 ou 32 heures. Il prévoit aussi de pénaliser les entreprises qui abusent des CDD, et de doubler  la prime d’activité pour ceux qui touchent moins 1 500 € par mois. De plus, en supprimant la taxe d’habitation il va faire baisser les impôts de chacun d’entre nous, mais il va ruiner les mairies !

En ce qui concerne l’éducation, du positif encore, la création de 4 000 à 5 000 postes d’enseignants et le rétablissement des sections européennes et des classes bi-langues. Il propose des classes de 12 élèves en CP et CE1 dans les écoles des quartiers en difficultés. En ce qui concerne l’université, il envisage d’introduire une sélection au niveau du master. Il  veut par ailleurs moderniser et réduire le coût du baccalauréat en augmentant la part de contrôle continu.

Pour ce qui est de la sécurité il prévoit la création de 7 500  postes de policiers et de 2500 de gendarmes et la mise en place d’une police de proximité ne tolérant plus les incivilités quelles qu’elles soient.

Pour ce qui est de l’environnement, il propose la réduction de la moitié de la part du nucléaire dans la production d’énergie et la  fermeture de la centrale de Fessenheim; l’interdiction de l’exploitation du gaz de schiste et de revenir sur la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes. Il promet des aliments bio dans les cantines scolaires et la suppression de la commercialisation des œufs pondu par des poules élevées en batterie (c’est bon pour la Sarthe et ses poules pondeuses de Loué élevées en plein air !).

Du point de vue santé, il propose la prise en charge à 100 % des lunettes, des prothèses dentaires et auditives, la mise en place d’un plan d’investissement de 5 millards dans la santé (médecine de ville et hôpitaux), le doublement du nombre des maisons de santé et la réquisition des étudiants en médecine pour un service sanitaire de 3 mois.

La plupart de ces promesses et je ne les ai pas toutes listées sont très démagogiques, faut-il y croire, là est la question ?

Le moins bon, voire le mauvais maintenant : la partie libérale de son programme le rapproche quand même de Fillon. Ainsi pour les retraites et les retraités c’est un traitement sévère  tout le monde sous le même système universel, fonctionnaire ou privé, et en prime un petit coup de CSG à 1,7 point sauf pour les retraités les plus démunis.

Il prévoit d’économiser 15 milliards  sur l’assurance maladie sans préciser comment  mais en supprimant 120 000 fonctionnaires… Pour ces derniers il remet en place le jour de carence cela risque de ne pas leur plaire. Il maintient l’ISF mais en version light, préservant les revenus financiers et en le limitant au patrimoine immobilier; cela va faire plaisir aux banquiers ! C’est normal vu ses origines professionnelles.

En fait il y a beaucoup plus de bon que de mauvais, pour parodier une formule connue « Tout est bon dans le Macron » ou presque … Mais peut-être qu’il ne nous dit pas tout ! N’y aurait il pas des choses de cachées sous ce tapis de bonnes intentions, n’oubliez pas que l’enfer en est pavé !

Pour éviter Marine, il faut aller plus loin !

Lundi 6 mars 2017

Dans la plus part des secteurs d’activités le vote FN gagne du terrain : 50 % chez les policiers et les militaires, 35 % chez les agriculteurs, 55 % chez les ouvriers, 41 % chez les intérimaires, près de 30 % chez les artisans et même plus de 20 % chez les fonctionnaires, il n’y a que chez les cadres et les retraités de plus de 65 ans que le vote FN reste faible.

Je suis assez d’accord avec Daniel Cohn-Bendit qui déclare : « Si c’est Fillon qui est au deuxième tour, la gauche ira très difficilement voter, si c’est Benoit Hamon, la droite n’ira pas voter. Donc si vous voulez vraiment nous éviter Marine Le Pen, Emmanuel Macron au jour d’aujourd’hui est le mieux placé ». On est pas obligé de suivre les conseils de Dani, même si on est un vieux soixante huitard comme moi, mais malgré tout cette proposition m’interpelle.

Mais un nouveau paramètre vient de surgir en fin de semaine, une éventuelle candidature de Juppé si Fillon se désiste (mais il a décidé de rester) mais ce matin Juppé ne veux plus être président ! On risque de se retrouver au deuxième tour avec un non choix entre la droite et l’extrême droite, toujours le coup de Chirac de 2002 ! L’électorat de gauche, piégé déjà une fois, va avoir du mal à rejouer le vote utile.

Il est encore trop tôt pour aller dans ce sens car nous sommes encore loin de l’isoloir. D’ici là, la vrai gauche va peut-être réagir et nous proposer une autre solution (la promotion des spirulines et des maisons en terre par Mélenchon l’écologiste ne sera pas suffisante !). Mais on finit par en douter si l’on suit les derniers sondages qui donnent, le trio de tête dans un mouchoir de poche autour de 25 % au premier tour. Les deux candidats de gauche restent à deux chiffres mais loin derrière. Pour revenir dans le groupe de tête, il faudrait que l’un des deux se désiste pour l’autre, mais ce n’est pas gagné.

En final devra-t-on voter, par défaut, pour un centriste inspiré déguisé en homme qui marche (de Giacometti), ou plutôt comme un canard (même pas enchainé), un coup  à droite, un coup à gauche et la balle au centre, sans savoir où il va nous mener ? Il nous reste encore quelques semaines pour nous décider et tout peut encore changer.