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Archive pour décembre 2016

L’ESR et la primaire

Lundi 26 décembre 2016

L’ESR (l’enseignement supérieur et la recherche) ne semble pas être la préoccupation majeure des candidats à a primaire de gauche. Seul Benoit Hamon a précisé ses intentions en proposant de revaloriser la carrière des enseignants-chercheurs et des chercheurs et en proposant de créer des postes supplémentaires en grande quantité (1000 par an dans les universités et 300 dans les grands établissements de recherche et ce sur 10 ans !). Il a du oublier que le mandat de Président n’est que de 5 ans; belles promesses mais sans en préciser leur financement. Il veut ensuite rapprocher les grandes universités des plus petites, cela sent la Comue à plein nez !

Pour les autres c’est le désert d’idées, Walls renvoie à son ancien discours de novembre sur la nation éducative lorsqu’il n’était pas encore candidat, Peillon compte sur Bruno Julliard ancien étudiant et ancien Président de l’UNEF pour y réfléchir, Montebourg lui n’y a pas encore réfléchi pourtant il serait temps d’y penser à l’université « française »; Benhamias a un projet sur l’enseignement en général mais seulement de vagues idées sur l’ESR hormis l’excellence bien sûr, sans elle point de salut ! De Rugy, lui, c’est l’autonomie à tout prix, mais qui va payer ! Enfin Sylvia Pinel c’est la laïcité à fond, pas de place pour Dieu et ses suppôts dans l’ESR, les universités seront sans Dieu ni maître, elle veut relancer les guerres de religion !

Choisir entre ces candidats, c’est vraiment un non choix, tout cela n’est pas très motivant et ne devrait pas pousser les universitaires et les autres à se déplacer pour voter à moins que l’un des candidats se démarque nettement en faisant des propositions convaincantes pour résoudre les nombreux problèmes de notre société. On peut toujours rêver.

Hors primaire, Mélenchon  par contre veut refonder l’enseignement supérieur, cela pourrait être inquiétant mais quand on regarde son programme dans le détail, certaines propositions sont intéressantes comme par exemple abroger la LRU et la loi Fioraso qui a suivi, supprimer l’ANR et augmenter le budget des universités, dissoudre les usines à gaz que sont les Comues; mettre un terme à la concurrence entre les universités et mettre fin au statut précaire des jeunes doctorants et des jeunes chercheurs effectuant des missions pérennes. Libérer l’accès aux publications scientifiques et enfin développer les formations courtes professionnelles.

Je ne vais pas détailler les propositions de Marine Le Pen en ce qui concerne l’ESR (ce n’est pas ma tasse de thé) mais on est obligé de constater que sur beaucoup de points il y a de fortes similitudes avec celui de Mélenchon; c’est inquiétant ! Il reste plus qu’à espérer que les français seront suffisamment misogyne pour ne pas voter pour une femme …

Lagarde « toujours vivante et toujours debout » ne se rend pas !

Mercredi 21 décembre 2016

Jean de La Fontaine, le fabuliste, avait raison « Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir«  Cette dernière phrase de la fable « les animaux malades de la peste » est revenue à la mode grâce à Mme Lagarde; mais de façon tellement grossière que cela confirme pour les citoyens (si cela était nécessaire) que la justice en général n’est pas impartial et dysfonctionne gravement. En particulier cette juridiction qui devait être supprimée avait promis Hollande : « La cour de justice de la république » (CRJ), des promesses, toujours des promesses !

L’ancienne ministre risquait jusqu’à un an de prison et 15.000 euros d’amende. Reconnue coupable, elle est toutefois dispensée de peine, sa condamnation ne figurera donc pas dans son casier judiciaire. Pourtant avec un salaire de plus de 500 000 € par an elle avait de quoi payer l’amende! Trop contente de cette décision de justice, Christine Lagarde ne se pourvoie pas en cassation; elle était d’ailleurs absente lors du délibéré, repartie à Washington pour raison professionnelle.

D’ailleurs, le conseil d’administration du FMI réaffirme « sa pleine confiance dans la capacité de la directrice générale de continuer d’assumer ses fonctions efficacement », espérons qu’elle sera moins négligente au niveau mondial et que cela lui aura servi de leçon. Compte tenu des fonds qu’elle doit gérer les 400 000 € de Bernard Tapie étaient surement « peanuts » d’où son indifférence. Il n’en reste pas moins que c’est le contribuable français qui en final fait les frais.

L’Université à la recherche du temps perdu !

Mercredi 14 décembre 2016

 

Dans un rapport récent sur l’état de la fonction publique et les rémunérations une commission gouvernementale reconnait que les enseignants-chercheurs et les chercheurs perçoivent une rémunération bien inférieure à celle des cadres de niveau équivalent des autres fonctions publiques. Cette énorme différence est évaluée entre environ 2000 et 3000 euros bruts PAR MOIS. Cette situation est d’autant moins compréhensible que cette catégorie de personnel présente le niveau de qualification le plus élevé de la fonction publique avec un doctorat obtenu au minimum après 8 ans d’études. Face à cette situation le budget 2017 prévoit quand même une augmentation mensuelle de 15 à 25 € ! Quelle largesse, on est loin du discours sur la revalorisation du diplôme de doctorat.  Alors que les hauts fonctionnaires de Bercy n’oublient jamais d’indexer leurs primes sur la hausse des prix, il en est pas de même de celle des chercheurs qui était de 48 000 francs (une belle somme pour l’époque en 1954 lors de sa création) n’est plus que de moins de 50 € annuels en 2016. Pas de chance.

Si l’on rajoute à cela, la non résorption des emplois précaires, les quelques postes donnés aux universités ont surtout été utilisés pour résorber les déficits budgétaires (effets pervers de l’autonomie), la poursuite et l’augmentation du financement des laboratoires par appel à projet dans le cadre de l’ANR, mais rien en ce qui concerne les dotations de base des laboratoires et le financement des grands organismes de recherche tout cela n’est pas très positif. 2017, année électorale, après bientôt 5 ans d’un gouvernement socialiste théoriquement de gauche, le bilan n’est pas brillant, on n’a pas vraiment avancé sur ces sujets, l’université et les établissements chargé de la recherche sont en régression.

L’actuel secrétaire d’état à l’enseignement supérieur et à la recherche, Thierry Mandon est aussi hypocrite que Geneviève Fioraso a qui il a succédé en reprenant récemment dans un discours les mêmes termes : « veillons comme à la prunelle de nos yeux sur les hommes et les femmes qui font la recherche » ! En annonçant chaque année des augmentations faramineuses de crédits dans la loi de finance initiale pour les supprimer ensuite au cours de l’année, ils ont ainsi essayé de masquer le renoncement des promesses d’Hollande sur les budgets de la recherche et des universités.

Pourtant tous les candidats passés et à venir font ou ont fait dans leur discours du développement de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique une priorité mais sans jamais s’en donner les moyens. On verra bien  ce que fera le prochain président mais la tâche est  énorme et les retards accumulés par ses prédécesseurs sont chiffrés à plus de 6000 emplois scientifiques1 à créer chaque année sur 10 ans pour respecter les engagements fixés lors du Conseil Européen de Barcelone en 2002 et atteindre les fameux 3 % du PIB consacrés à la recherche et au développement.

Il ne faut pas rêver, il ne résoudra pas cette situation catastrophique à la fois humaine et scientifique sans une politique ambitieuse et systématique en faveur de la recherche scientifique avec une vision à long terme finançant son aspect fondamental bien plus risqué et bien plus productif que les appels à projets de l’ANR dont le taux de succès est depuis plusieurs années inférieur à 10 %. l’ANR est en crise avec la démission du comité de direction en juin dernier.

En 13ème position des pays développés en pourcentage du PIB dépensé en recherche et développement nous ne sommes loin de l’excellence ! Pourtant, notre classement humiliant, dernier de la classe européenne en mathématiques et en sciences, dans la récente enquête Timss (Trend in International Mathematics and Sciences Studies) devrait faire comprendre à nos dirigeants de tout bord que le développement de l’enseignement et de la recherche est la seule variable pour éviter une régression intellectuelle dans un pays qui a vu naître Pascal, Pasteur, Descartes et beaucoup d’autres. Et moi aussi !

 

1 d’après les évaluations données dans VRS.

Primaire à gauche toute

Jeudi 8 décembre 2016

Malgré la belle alliance républicaine (drôle de nom) et sa primaire qui va en éliminer un paquet, il va malgré tout y avoir plézthore de candidats de gauche à l’élection présidentielle. Comme la dernière fois à droite les sondages donne un candidat gagnant à tous les coups. Mais est-ce une bonne nouvelle pour ce candidat car les dernières élections ont montré que celui qui est donné gagnant n’est pas toujours celui qui gagne ! À la place de notre ex premier ministre je serrerai les fesses.
On peut se demander comment cela va finir, si c’est l’affrontement entre deux ex premier ministres dont les bilans ne sont pas fameux, le moins que l’on puisse dire, cela va manquer de panache et va sûrement encore faire baisser le taux de participation. Il faudrait que quelqu’un ou quelque chose perturbe cette situation si convenue pour donner envie de participer et ce n’est pas la présence de la troisième larronne qui va enthousiasmer les foules hormis celle des convaincus.

Si elle n’est pas présente au second tour, Dieu nous en préserve, le choix entre un catho de droite qui semble-t-il jusqu’à une époque récente n’était pas très assidu à la messe ( il semblerait que ce soit surtout sa femme qui est folle de la messe, comme disait la comtesse, pardon mais je ne pouvais pas la rater) et un franc-maçon sur le retour donc sans Dieu ni Maître, on va vers une guerre de religion dont les électeurs seront les arbitres.
Si ce n’était pas une élection présidentielle on pourrait en rire ou s’en foutre, malheureusement c’en est une et depuis le passage au quinquennat cela revient bien trop souvent alors qu’un septennat non reconductible aurait été la bonne solution mais c’est trop tard. Hollande vient d’inventer le quinquennat non renouvelable et il a fait un succès, espérons que ses successeurs suivrons son exemple.

Adieu François Hollande !

Vendredi 2 décembre 2016

 

Fini le Hollande bashing, ce n’était pas la peine d’en faire un fromage ! Mais rapidement, je pense que l’on va le regretter. Il y aura donc peut être, en final, un face à face entre deux ex premiers ministres, une sorte de filiation. C’est un peu comme dans le milieu universitaire, les fameuses carrières dite « tuyau de poêle » au cours desquels tu rentres par un bout du tuyau dans la profession d’enseignant-chercheur et sans bouger un sourcil (comme Fillon) tu ressors professeur à l’autre bout, certains se reconnaitront …

Pour en revenir à nos deux politiciens professionnels, débutant tous les deux comme attaché parlementaire puis comme conseiller municipal, comme maire, puis comme conseiller régionale, élu ensuite député, nommé Ministre (pas dans les mêmes gouvernements bien sûr); pour l’un de l’enseignement supérieur, de la poste, des affaires sociales et du travail et enfin de l’Education Nationale, mandat au cours duquel il a laissé en souvenir une « loi Fillon pour l’école » quasi oubliée mais dont les impacts majeurs ont été plusieurs mois de troubles dans les lycées et le non remplacement dans les établissements secondaires des profs absents (pour cause de maladies, de formation, etc.).

L’autre avec un parcours similaire n’a occupé qu’un seul poste de Ministre, celui de l’intérieur, par contre il s’était présenté à la primaire de gauche contre Hollande auquel il s’est ensuite rallié.  Enfin l’un comme l’autre ont été premier Ministre avant de candidater à la magistrature suprême : la présidence de la république.

L’un est déjà candidat sous la protection de Dieu et de l’église catholique; l’autre, pas encore candidat déclaré mais cela ne devrait pas tarder, appartenait dans sa jeunesse au Grand Orient de France, participant régulièrement aux ateliers de « Ni maîtres ni dieux » ! Pas le même style donc ! Qui va gagner l’un des deux ou l’un des nombreux outsiders ? Le suspens reste entier, il faut laisser du temps au temps comme disait souvent l’un de leurs illustres prédécesseurs.