Dies iræ, dies illa,

Jour de malheur

 

C’était hier le « Earth overshoot day » ou en français (je préfère !), « Le jour du dépassement de la terre ». Cette date est calculée par une ONG : « Global Footprint Network » qui correspond au fait que nous avons consommé la totalité de ce que la terre peut générer en une année. Autrement dit depuis le 8 août, nous vivons à crédit en entamant les réserves non renouvelables de notre planète aussi bien en ce qui concerne les ressources alimentaires que les matières premières mais aussi en ce qui concerne la capacité de notre planète à absorber les rejets de CO2 et de déchets divers. C’est dans les années 1970 que le seuil critique a été franchi et depuis c’est implacable, ce jour dit du dépassement tombe de plus en plus tôt chaque année, l’an dernier c’était le 13 août. 

Ces calculs sont basés sur le concept d’empreintes écologique qui correspond à la superficie nécessaire pour fournir les ressources consommées et assimiler les déchets produits pour une population donnée. L’unité utilisée dans ce modèle est l’hectare global, c’est-à-dire la bio capacité (production de ressources et absorption des déchets d’un hectare moyen au niveau mondial). 

Ce modèle un peu grossier, mais très parlant pour le commun des mortels, est naturellement contesté par un certain nombre de scientifiques; il présente l’énorme avantage de servir d’alerte même si l’information reste fugace apparaissant depuis quelques années (calcul obligé) au mois d’août une période où, du moins dans le monde occidental,  les préoccupations de la population (la météo au jour le jour afin d’affiner son bronzage) sont toutes autres. À part quelques brèves dans les journaux, à la radio ou à la télé, le lendemain, c’est déjà oublié.

Si la courbe donnant le nombre de jours où la terre à vécu à crédit en fonction des années commence à s’infléchir montrant qu’un effort est fait au niveau de certains gouvernements pour réduire entre autres les rejets de CO2, elle est comme celle du chômage (chère à notre président) encore loin de s’inverser. Sur ce coup-là, nous ne sommes pourtant pas les plus mauvais puisqu’il faudrait 1,7 terre pour subvenir à nos besoins mais 8,4 pour les Coréens du Sud. 

Par contre elle met en évidence la vision à court terme et les dangers du modèle économique de croissance à tout prix prôné par nos politiques mêmes ceux qui sont actuellement en poste et théoriquement de gauche et pire encore chez ceux à venir, partisans du libéralisme tous azimuts. Pourtant dès 1968, le célèbre rapport catastrophiste du Club de Rome intitulé « Halte à la croissance » était prémonitoire sur beaucoup de points.

 

Pour finir, dans un excellent film de science-fiction des années 70 « Soleil vert » ce problème est résolu mais au détriment des gens de mon âge. J’espère que nous n’en arriverons pas là. Je ne vous dévoile pas l’intrigue, allez voir ce film, il est ressorti récemment et passez une bonne soirée !!

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