Archive pour juin 2016

Le brexit une chance pour la langue française

Lundi 20 juin 2016

Le « Brexit » s’il est voté par nos amis anglo-saxons est peut être une chance pour la langue française. En effet une fois les anglais parti, il ne restera plus que trois petit pays européen, l’Irlande, Chypre et Malte, à posséder l’anglais comme langue nationale, dans ces nouvelles conditions l’anglais devrait-il rester la langue dominante des institutions de l’union européenne.

 

Á la création de la communauté européenne, 4 langues, le français, l’allemand, le néerlandais et l’italien  étaient les langues officielles de l’UE et au fur et à mesure de l’intégration de nouveaux états on est passé à 23 langues, ce qui a un peu compliqué le fonctionnement. Toutefois, les trois langues de travail de la Commission Européenne sont le français, l’allemand et malheureusement l’anglais. Cette dernière est devenue la langue dominante et s’est imposée partout en Europe et dans notre pays (non seulement dans les institutions mais aussi dans les entreprises, dans la presse et les publications scientifiques, dans la culture et la publicité, etc.).

 

Au niveau de Bruxelles et de la Commission Européenne alors qu’en 2008 la langue allemande avait été presque complètement éradiquée, il y avait encore 12 % de texte en français depuis c’est fait l’anglais est devenu la langue unique, ce que m’a confirmé un responsable lorsque j’ai visité cet organisme il y a quelques semaines. Pour l’élite intellectuelle française utiliser l’anglais, plutôt le baragouiner dans les réunions entre collègues francophone, semble être le summum de la réussite et pourtant c’est navrant, et je vous parle d’expérience.

 

Une fois les Anglais partis, ce que je ne souhaite pas malgré tout, L’Europe devra-t-elle conserver cet idiome abâtardi le « globish » qui l’a colonisé, alors qu’une langue de qualité comme la nôtre le remplacerait avantageusement. Le retour de la francophonie ne serait que justice pour une langue qui fut celle des princes et des rois, et de la diplomatie en Europe au cours de l’histoire (je deviens conservateur, c’est l’âge!). Mais pour cela il faudrait que notre pays redevienne leader (zut, un mot anglais!) en menant une vraie politique européenne. Il ne faut pas rêver même si le « Brexit » est voté rien ne changera et l’anglais, sorte d’esperanto du pauvre, restera le seul moyen de communiquer à Bruxelles.

Bibliothèques participatives, les étudiants sont-ils prêts ?

Jeudi 9 juin 2016

 

Le principe de ces bibliothèques est pourtant simple : prendre l’un des livres mis à disposition sur les étagères, éventuellement le lire ce serait la moindre des choses, puis si l’on y pense le rapporter en le remettant à sa place sur l’étagère. Le concept semble intéressant et doit marcher dans certains pays anglo-saxons mais l’individualisme de plus en plus développé dans notre pays ne va pas dans le bon sens.

Je l’ai constaté un peu à  mes dépends, je vous explique par un petit retour historique (de la très petite histoire, rassurez vous) j’avais co-publié en 2009 un ouvrage de biochimie appliquée (excellent, bien sûr) et la bibliothèque de mon université en avait acheté une vingtaine (peut-être pour me faire plaisir) mis à disposition des étudiants et des étudiantes; un rayon entier, donc il était facile à trouver. Je leur en conseillais naturellement la lecture puisque une partie au moins était complémentaire à l’un de mes cours. Passant de temps en temps à  la bibliothèque, je jetais un coup d’œil sur le rayon et j’étais souvent déçu car il était souvent rempli, donc l’ouvrage était peu emprunté. Une année pour stimuler les emprunts, j’avais même poussé le bouchon jusqu’à expliquer aux étudiants que les réponses à certaines questions de l’examen final seraient dans l’ouvrage, mais sans succès et ils ont obtenu des mauvaises notes. Ces étudiants ne doivent plus savoir lire, du moins lorsque le support est du papier.

Pourtant l’ouvrage ne devait pas être inintéressant puisque épuisé; avec mon collègue, nous avons alors été sollicité par l’éditeur pour en préparer une réédition (revue et augmentée comme on dit) et qui est parue en 2015. La bibliothèque en a acheté quelques exemplaires mais beaucoup moins que la première fois, dommage pour nos droits d’auteurs.

Du coup lors de la mise en place de la bibliothèque participative dans le hall extérieur, parmi la centaine d’ouvrages proposés, les miens étaient en bonne place. C’était une très bonne idée plutôt que de les ranger dans la réserve du sous-sol; et là surprise, après avoir stagné 7 ans dans un rayon à l’intérieur de la bibliothèque, en accès libre ils sont partis en quelques jours et lorsque je suis revenu pour prendre une photo, il n’en restait plus que deux (voir la photo).

Bibliothèques participatives, les étudiants sont-ils prêts ? applicationIMG_0381

 

Et quelques jours plus tard  tous les ouvrages proposés avaient disparu, pardon avaient été empruntés. Cela semblait plutôt positif.

C’était en février/mars dernier, mais maintenant, en juin, l’année universitaire est presque terminée et pourtant les étagères sont toujours vides, aucun ouvrage ni les miens ni les autres ne sont revenus. Quid de l’aspect participatif ! Peut être que les étudiants les ont gardés pour les lire sur la plage pendant l’été ! Mais j’en doute. Peut être les ramèneront ils en septembre ! Il faut positiver et vivre d’espoir. Aussi, pour le moment, je ne puis encore répondre à la question que j’ai posée dans le titre et statistiquement cette unique observation n’a pas beaucoup de valeur.