Archive pour mai 2016

Budget de la recherche, rétropédalage de la Ministre

Mercredi 25 mai 2016

 

 

Récupérer discrètement 286 millions d’euros sur les fonds de roulement des grands organismes de recherche et des universités cela a failli marcher, mais c’était sans compter sur la vigilance citoyenne de nos prix Nobel ! En 2015 déjà 100 millions avaient été ponctionnés  sur les fonds de roulement des universités avec le même argument : « sans que cela n’affecte leurs projets d’investissement » avait dit la Ministre. La dessus elle a raison dans la mesure où les moyens récurrents affectés au laboratoires de recherches ne permettent plus depuis longtemps de fonctionner de façon satisfaisante et de faire aboutir leurs projets.

 

Cette fois encore elle ressort la même dialectique : « cela n’aura pas d’impact sur l’activité des organismes de recherche ». C’est la théorie du faire plus ou autant avec moins. Difficile de la croire, même si son sourire charmant peut faire avaler beaucoup de couleuvres à ceux qui la regardent et l’écoutent. Á nouveau la rigueur budgétaire est imposée aux universités et aux grands organismes de recherche mettant en danger à la fois le financement des programmes de recherches mais aussi les possibles recrutements de jeunes chercheurs ou de techniciens.

 

Une nouvelle fois, on est loin des promesses récentes de Francois Hollande et de son secrétaire d’état à l’enseignement Thierry Mandon de préservation du budget de l’enseignement supérieur et de la recherche en 2016 et de l’augmentation continue des effectifs au cours du quinquennat. Sacrifier l’enseignement supérieur et la recherche n’est pas une bonne politique comme l’ont souligné les prix Nobel et le titulaire de la médaille Field et va à l’encontre des engagements européens sur le financement et le  développement de la recherche scientifique. On espère que la Ministre va reculer sinon on va finir par regretter Geneviève Fioraso !!!

Payer pour publier

Lundi 9 mai 2016

On aurait pu penser qu’avec le développement du net l’accès aux publications scientifiques allait être plus facile pour les chercheurs du monde entier, c’est un peu le cas mais à quel prix. La publication  a toujours été une poule aux œufs d’or pour les éditeurs scientifiques aussi n’allaient-ils pas se priver d’une telle manne. Ils vendaient  déjà en ligne pour environ 30 € (en échange d’un numéro de carte bleue) et depuis de nombreuses années des articles, les vôtres et les miens aussi, encore qu’en ce qui me concerne, les ayants mis en accès libre sur le site « Research Gate » je ne dois plus leur faire gagner beaucoup d’argent. Articles qui ne leur ont presque rien coûté hormis de les imprimer sur quelques pages dans leur revues en papier glacé et encore il est de moins en moins glacé le papier !

La vente en masse des revues papier n’étant plus garantie, depuis quelques temps ils ont trouvé une meilleure solution qui leur assure des revenus sûrs et conséquents : faire payer non plus les lecteurs mais les auteurs ou du moins leur équipe de recherche. Double peine, d’une part il faut financer la recherche au niveau du labo dont les crédits récurrents sont en perpétuelle régression et d’autre part il faut payer pour publier les résultats dans ces revues en échange de quoi votre article est accessible au plus grand nombre directement sur le site de la revue et vous permet de rayonner (le rayonnement étant maintenant un des critères essentiels dans l’évaluation des chercheurs).

 Certaines de ces revues sont uniquement en ligne et donc n’existent pas sous forme papier aussi elles ne sont  pas vraiment reconnues au niveau international (hormis par google scholar) et ne disposent pas d’indice d’impact, toutefois leur facilité d’accès font qu’elles sont de plus en plus lues surtout par les chercheurs aux faibles moyens financiers. Face à cela les revues traditionnelles ont réagi et si elles restent non payante pour les auteurs, mais très exigeantes avec des procédures lourdes et lentes de référées qui rendent leur accès souvent difficile, elles proposent maintenant contre rémunération, lorsque votre article a été accepté pour publication dans la revue papier, de le mettre sur leur site en accès gratuit pour les lecteurs. Dans ces conditions des établissements voire des états qui veulent rayonner prévoient des financements spécifiques, c’est à dire hors crédits récurrents des labos.

Ils n’en restent pas moins que tout cela n’est pas très satisfaisant mais en plus si l’on relie cela avec le suivi de carrière en cours de mise en place par le ministère, dans un avenir proche la qualité de vie et de travail des enseignants-chercheurs que j’ai connue et que j’avais choisie va beaucoup en pâtir. Il reste les archives ouvertes comme HAL qui, il faut bien le reconnaître ne fait pas recette car elles n’ont pas ce que recherche le publiant, le fameux indice d’impact. Une démarche récente cherche à palier à ce défaut ce sont les Epi-Journaux alternative aux revues commerciales. Pour plus d’informations consulter le site   : http://episciences.org

Il faut quand même reconnaître que si publier dans de telles revues relève un peu d’un acte militant et reste possible pour un professeur senior qui n’a plus trop d’ambition de carrière pour un jeune chercheur c’est plus risqué.