Archive pour mars 2016

Drôle de démocratie

Mercredi 30 mars 2016

 

 

A quelques mois des élections présidentielles une loi dite : « loi de modernisation des règles applicables à l’élection présidentielle » est proposée par deux députés socialistes Bruno Leroux et Jean-Jacques URVOAS et a été votée en toute discrétion par 11 députés ceux qui n’étaient pas encore partis en weekend de Pâques ! L’objet de cette loi, à peine dissimulé, vise à réduire les candidatures  indépendantes des grands partis politiques, en rendant plus difficile l’obtention des 500 signatures de parrainage; en effet les élus et non plus les candidats devront dorénavant transmettre eux-mêmes leur parrainage au Conseil Constitutionnel (tiendront-il leur promesse lorsqu’elles auront été faites à des candidats indépendants ?); de plus ces parrainages seront rendus publiques soi-disant par soucis de transparence alors que cela va surtout mettre la pression sur les éventuels parrains et réduire leur nombre. Enfin, cerise sur le gâteau, l’égalité de temps de parole dans les médias sera revus à la baisse, réduit à quinze jours avant l’élection. Cette loi pour moins de débats et de démocratie sera définitivement adoptée le 5 avril.

Il ne reste que quelques jours pour manifester notre désapprobation sous forme d’une pétition à cette adresse :

https://www.change.org/p/non-au-projet-de-loi-de-modernisation-de-l-élection-présidentielle-présidentielleouverte

 

A vous de jouer ou de perdre encore un  peu plus de notre liberté de penser !

L’essaim … des abeilles

Samedi 19 mars 2016

Même si Einstein n’a jamais dit la phrase qu’on lui attribue : « Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que 4 années à vivre », il n’en reste pas moins que le sort de l’humanité est lié à celui des pollinisateurs et en particuliers des abeilles.

 

Un peu de biologie : Hormis chez les fleurs autogames qui utilisent leur propre pollen pour se féconder, les plantes ont besoin des abeilles pour se reproduire. Elles les attirent, par leurs couleurs et par la présence de nectar. Lors du passage d’une abeille dans une fleur, les grains de pollen sont retenus par les poils du corps de l’insecte ou stockés sur ses pattes arrières. Le stock est destiné à la ruche pour le miel et seul le pollen présent sur le corps de l’abeille sert à la pollinisation d’une fleur voisine : il se dépose sur le stigmate ou sur l’extrémité du pistil (l’organe reproducteur femelle de la fleur) et la fleur est ainsi fécondée, et un fruit, contenant des graines, va pouvoir se développer. Dans une chanson Bourvil il y a bien longtemps a célébré de façon humoristique ces insectes en voie de disparition.

 

Hier soir à l’Assemblée Nationale les députés ont fini par voter l’interdiction sans dérogation des néonicotinoïdes tueurs d’abeilles mais seulement en 2018. Le géant de la chimie, le groupe Bayer, s’offusque et réagi en parlant d’une « impasse agronomique et économique » pour l’agriculture française. Du coup notre Ministre de l’agriculture (de la Sarthe) met la pédale douce argumentant que de telles décisions d’interdiction devraient être prise au niveau européen afin d’éviter des « distorsions entre les agriculteurs français et le reste des agriculteurs européens ».

 

En Chine, dans la province du Sichuan, les abeilles et les insectes pollinisateurs ont disparu à cause de l’utilisation incontrôlée des pesticides dans les années 80. Aujourd’hui, pour garantir leur production, les paysans et surtout les paysannes doivent assurer la pollinisation de leurs arbres fruitiers (pommier, cerisier, poirier) à la main. Aux Etats Unis la main d’oeuvre coutant trop cher, l’alternative aux abeilles proposée est un robot. Lancé en 2009, les « RoboBees » ou robots-abeilles pourraient artificiellement polliniser les récoltes mais seulement à partir de 2024 et encore si les concepteurs réussissent à maitriser l’alimentation électrique de leurs robots. Mais en attendant sachant que les abeilles d’une ruche peuvent polliniser 30 millions de fleurs en une seule journée, il serait quand même plus raisonnable de retenir l’option biologique, c’est à dire le développement de l’apiculture.

 

Rayonnement

Mercredi 16 mars 2016

 

 

Un nouveau paramètre d’évaluation des chercheurs (le classement des articles les plus lus dans une revue donnée) vient d’apparaître sur la toile : « BioOne »; en fait non, après vérification, cela existe depuis le début du 21ème siècle et si je n’étais pas au courant c’est parce que mes collègues coauteurs et moi-même n’avions jamais été lauréat; cette fois c’est fait, nous sommes dans le top 5 des « Most Read Articles » d’une des revues retenues par cet organisme.

Comme son nom l’indique le site concerne essentiellement la Biologie, l’écologie et les sciences de l’environnement et encore seulement quelques revues en général discrètes pour la plupart mais dont les articles sont accessibles en ligne sur internet gratuitement ou contre rémunération. BioOne est le produit d’une collaboration innovante sans but lucratif, théoriquement, entre des sociétés scientifiques, des éditeurs, des institutions académiques et le secteur privé.

BioOne est donc une base de données de plus sur le NET composée de publications scientifiques en ligne comprenant 190revues dont 140 titres de  l’ISI, 60 titres exclusivement BioOne et donc plus de 15 000 articles en texte intégral.   Comme nous n’avons pas financé la publication en ligne de notre article, il faut quand même payer 15 $ avec sa carte bleue pour avoir le plaisir de lire notre prose. Comme quoi c’est gratuit à condition de payer. Pour avoir un accès « free » comme ils disent, il faudrait que votre institution ait souscrit un abonnement; hors pour la France seulement quelques organismes comme le Museum, Ifremer, Pasteur et une seule Université (celle de Lille 1) sont adhérents. L’accès libre à la totalité de l’information scientifique, même si cela s’est amélioré, reste un serpent de mer !

 

Légion d’honneur ou d’horreur ?

Lundi 7 mars 2016

Notre bon président vient de remettre en catimini la légion d’honneur au prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed bin Nayef,  également Ministre de l’intérieur d’un pays « ami » qui a décapité 70 condamnés à mort depuis le début de l’année. Le gouvernement français essaye de se justifier en arguant que c’est une tradition protocolaire. Mais ne serait-ce pas plutôt parce que ce pays nous achète beaucoup d’armes ?

Remettre une telle distinction à un tel personnage, c’est insultant pour les milliers de personnes qui l’ont reçue, elles pour je l’espère de meilleurs raisons. Dans cette situation qu’attendent les autres récipiendaires pour renvoyer la leur ? Malheureusement je ne l’ai pas sinon, je serais prêt à faire le premier pas.

Tout cela est navrant.

PS- Je vous invite à regarder en podcast la chronique pleine d’humour et en nikab de Sophia Aram sur France Inter face au ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault qui rit jaune.

 

A cette adresse :

http://www.franceinter.fr/emission-le-billet-de-sophia-aram