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Archive pour février 2016

Notre président se drogue en public

Mercredi 24 février 2016

Surpris de voir à la télévision notre président en train de boire un bol de Kava. Cette drogue traditionnelle est autorisée en Polynésie et abondamment consommée dans des bars à kava et plus particulièrement en Nouvelle Calédonie, mais interdite en France.

Un peu de botaniqueLe Kawa ou kava (Piper methysticum G. Forst) est un poivrier de la famille des Pipéracées, arbuste pérenne de 1 à 4 m de haut avec énormes rhizomes très juteux, ramifiés, accompagnés de nombreuses racines. Les feuilles sont alternes rougeâtre en forme de coeur. Les fleurs sont blanches groupées en inflorescences. Les fruits sont des baiesLes indigènes des îles du Pacifique tirent du rhizome du kava une boisson qui améliore l’humeur et prédispose à la socialisation.

Elle contient des substances anxiolitiques et anesthésiantes ce qui n’a pas du améliorer l’état de notre président qui souffrait déjà du décalage horaire avec ses petits yeux qui avaient tendance à se fermer pendant les cérémonies traditionnelles. C’est d’ailleurs au cours d’une de ces cérémonies, celle dite du Kava, qu’il a du avaler sa dose, surement n’avait-il pas le choix, mais rassurez vous sa consommation ne présente ni accoutumance ni dépendance d’après la médecine. Alors que nous consommons de plus en plus de calmants ou d’anxiolytiques issus de la pharmacopée chimique, n’y aurait-il pas la place pour un produit naturel relaxant, sans danger, dont la consommation modérée diminue l’agressivité et rend contemplatif sans effets hallucinogènes. Par contre  comme une autre substance végétale fumable dont l’interdiction pose problème dans notre beau pays, elle ne pousse pas à travailler plus et encore moins dans les mauvaises conditions prévues par le projet de loi El Khomri. Maintenant que notre président l’a essayé peut-être reviendra-t-il sur son interdiction en France comme beaucoup d’autres pays dont notre « grand frère » les USA l’ont déjà fait.

Carrière à suivre (h ou crève)

Vendredi 19 février 2016

 

 

L’évaluation revient à la mode avec la mise en place très prochaine (en Mars pour la vague B) du « suivi de carrière » par le Ministère d’après les syndicats; l’application « Alya » serait déjà prête dans Galaxie, des fois cela va vite !  Cette nouvelle forme d’évaluation individuelle devient une mission du Conseil National des Universités (CNU). Vu le nombre d’enseignants-chercheurs et le nombre de membre du CNU, bon courage.

Suivi de carrière, tiens tiens ! Cela fait penser à quelque chose : pour suivre facilement la carrière scientifique d’un enseignant-chercheur, rien de plus pratique que de suivre l’évolution d’un indice qui le caractérise. Bon sang, mais c’est bien sûr ! Cet indice existe déjà  le fameux « h index ».  Le facteur h, qu’est-ce donc ? Ce n’est malheureusement pas le facteur humain (bien au contraire, c’est plutôt deshumanisant). Ce n’est pas non plus le facteur h présent dans les plaquettes sanguines et il n’a rien à voir avec la campagne publicitaire  lancée par « Hyundai Auto Canada Corp » appelée elle aussi le « Facteur H ».

C’est plutôt une sorte  d’indice de rayonnement scientifique à la fois univoque et réducteur comme si l’on pouvait réduire l’activité de recherche à un aspect uniquement quantitatif et dont les travers sont bien connus. Il est censé mesurer votre valeur académique par « l’impact citationnel » de vos travaux. L’ISI Web of Science de Thomson-Reuters™ et d’autres établissent, dans notre dos donc pour n’importe quel chercheur dans le monde, des « rapports citationnels » personnalisé mesurant régulièrement nos performances en recherche avec graphes et statistiques à l’appui. Soyez inquiet, un jour prochain il servira peut-être à déterminer une partie de votre salaire ou au minimum des primes comme cela se pratique dans certaines universités étrangères.

L’activité de recherche c’est aussi, en dehors du nombre de citations combinées aux nombres de publications, l’encadrement de thèses de qualité, une participation à l’animation d’une équipe de recherche, la valorisation des résultats, l’organisation d’événements scientifiques en direction des autres chercheurs, mais aussi à destination du grand public donc la vulgarisation sous forme d’articles de presse ou d’ouvrages. Si le facteur h, et les graphiques qui l’accompagne, est prépondérant dans ce suivi de carrière et comment pourrait-il en être autrement compte tenu de sa facilité d’accès, d’utilisation et de sa mise à jour permanente,  on va voir resurgir des stratégies de contournement comme la constitution de réseaux d’autocitation, l’inflation du nombre de signataires comme sur les articles de synthèses dans lesquels on se demande qui a fait quoi et quels sont ceux qui sont co-auteurs uniquement par complaisance.

 

En toute logique cette évaluation individuelle devrait porter sur quatre points : la recherche (en mélangeant les critères quantitatifs et les critères qualitatifs, du moins on peut l’espérer), sa valorisation et son rayonnement, les activités d’enseignement et la prise de responsabilités administratives, en espérant qu’il seront retenus à parts égales mais pour l’instant on n’en sait rien; nous en sauront plus en mars prochain mais pour les collègues concernés, il est temps de s’y préparer.

N.B. – Quelques mauvais conseils et exemples à ne pas suivre (comme on dit, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existées est purement fortuite) : pour augmenter votre h index pratiquer mais modérément l’autocitation, par contre citez vos collègues et néanmoins amis, contraignez vos doctorants à vous citer abondamment dans leurs articles même si vous êtes coauteurs. Si vous animez une équipe penser de temps en temps à proposer à des membres de votre groupe de cosigner des articles auxquels ils n’ont pas participé en espérant une réciproque; écrivez en priorité des articles de synthèse qui sont statistiquement plus cités que les articles sur des travaux originaux. Enfin attendez d’être à la retraite pour écrire des livres car ils ne sont pas recensés dans les bases de données bibliométriques donc inutiles ! Cela prendrait beaucoup trop de votre temps en réduisant votre productivité académique plus rentable.

Toutefois, écrivant des livres scientifiques depuis quelques années (je suis écrivain comme Sarkosy !!!), je suis quand même satisfait dans la mesure où la plupart de mes articles scientifiques n’ont été lus, lorsqu’ils l’ont été, que par un public restreint et spécialisé, je pense que à l’inverse mes ouvrages présents dans de nombreuses bibliothèques universitaires sont beaucoup plus lus, d’ailleurs le premier vient d’être réédité.

 

 

 

 

Anglophonie ou francophonie : un éternel combat !

Mercredi 17 février 2016

 

Afin d’attirer les étudiants étrangers non francophones dans  nos universités, notre ministre de l’Enseignement Supérieur, Geneviève Fioraso, vient de proposer d’y enseigner en langue anglaise. En d’autres temps, si en parler quelques mots  avec la gouaille du titi parisien a fait le succès de Maurice Chevalier et de la France aux USA, l’accent « french touch » sera insuffisant pour motiver les meilleurs étrangers à venir étudier sur les bancs de nos facultés. Certes, la maîtrise  de l’Anglo-américain »   est incontournable aujourd’hui, que l’on vise de hautes fonctions à l’International ou que l’on soit scientifique. Mais quel bénéfice tireront  nos étudiants, français ou étrangers, des cours de Mathématiques, de Physique ou de Biologie donnés par des enseignants français  s’exprimant difficilement du moins pour ceux de ma génération dans une langue anglaise appauvrie. Nous sommes loin d’atteindre le niveau de  bilinguisme de nombreux pays européens. Le passage à l’Anglais induira inévitablement une baisse de qualité de l’enseignement et aboutira, à plus ou moins long terme, à une expression écrite abâtardie de  nos ressortissants dans leur langue maternelle.  Cela s’est, hélas,  vérifié dans d’autres pays qui ont imposé l’Anglais dans leurs Universités.

Madame La Ministre prétend que, seul 1 % des cours sera en Anglais.   Dans ces conditions,  en quoi ce ridicule pourcentage sera-t-il incitatif pour  les étudiants étrangers potentiels ? Ne dissimulerait-on pas ainsi un premier pas vers l’autorisation d’un enseignement en langue étrangère ? Chaque Université étant  maintenant autonome et concurrentielles, on imagine les dérives possibles : telle Université, pour asseoir sa renommée, sera tentée  de délivrer des cursus complets en langue anglaise au détriment d’un reliquat de filières francophones mal considérées et vouées à disparaître.

 

Un même enseignement délivré dans deux langues dans une Université, j’ai connu cela. Ayant débuté ma carrière d’enseignant chercheur dans une université du Maghreb dans les années 70, j’ai assisté à la mise en place de l’arabisation de l’enseignement supérieur avec la création d’une section arabophone en parallèle à la section francophone dans laquelle j’intervenais avec mes collègues. Cette décision était éminemment politique voulant faire à plus ou moins long terme faire disparaître la langue du colonisateur au profit d’une langue l’arabe classique qui était totalement étrangère à la population autochtone. Je suis resté suffisamment de temps en coopération (12 ans) pour me rendre compte du côté très négatif pour les étudiants de cet enseignement de la biologie (ma matière) dans une langue qu’ils ne maîtrisaient pas, et par des enseignants originaires du moyen orient et qui devaient enseigner des matières scientifiques dont le  vocabulaire était encore a l’époque presque inexistant et dont l’ouvrage de référence (le Coran) était plus philosophique que scientifique. Tout cela abouti à une sous section avec des étudiants mal formés  et dont le niveau scientifique très faible en a fait une génération sacrifiée vouée au chômage avec les dérives politiques et sociales que l’on a connu. De  plus ces derniers ne pouvaient poursuivre et compléter leurs études dans des Universités d’autre pays, alors que durant la même période, nombre des étudiants que j’ai formé à l’époque jusqu’à Bac +4 allaient brillamment compléter leur formation dans les universités françaises;  à tel point que plusieurs d’entre eux obtinrent des postes fixes en France tandis que je restais contractuel en Algérie (mais cela est une autre histoire). Ces sections arabophones ont judicieusement étaient ensuite supprimées dans les formations scientifiques, elles ne subsistent que dans les sciences sociales, humaines et juridiques.

Si la situation n’est pas tout à fait comparable, encore que nous sommes envahi (sinon colonisé) par la culture anglo-américaine,  imposer tout ou partie (ajustement de la ministre) de l’enseignement universitaire français en langue anglaise risque d’aboutir à une situation aussi catastrophique. Nombre de nos étudiants ont déjà beaucoup de difficultés à suivre et à réussir à l’université malgré les « plan licence » successifs mis en place par les différents gouvernements. J’ai du mal à croire que leur fournir en anglais un enseignement qu’ils n’arrivaient déjà pas à assimiler dans leur langue maternelle va aller dans le bon sens. Ayant corrigé comme mes collègues des milliers de copies au cours de ma longue carrière on est souvent amené à se demander si ce ne sont pas plutôt des cours de grammaire française qu’il faudrait leur donner.

En ce qui concerne les futurs étudiants étrangers que l’on souhaite attirer par ce biais, si l’on en suit le discours de la ministre, elle semble ignorer plusieurs choses. Tout d’abord ce n’est pas une pseudo filière anglophone que viennent chercher dans notre pays les étrangers mais une attirance pour la France et sa culture, son rayonnement, sa qualité de vie et naturellement le bon niveau scientifique de ses Universités. J’ai dans mes dossiers des dizaines de lettres de motivation d’étudiants étrangers qui vont dans ce sens.

Actuellement dans une petite Université  de province à taille humaine, comme celle à laquelle j’appartiens (encore un tout petit peu en tant que professeur émérite), plus de 15 % de nos étudiants sont d’origine étrangère et une partie non négligeable ne possédaient que des rudiments de notre langue avant d’être accueilli dans des formations spécifiques à l’apprentissage du français le plus souvent financièrement  à leur charge (ce qui reste discutable). Cette formation  leur a permis d’intégrer ensuite avec un succès au moins équivalent à celui des étudiants de souche la plupart des licences ou des masters proposés en français dans mon Université ou dans des Universités voisines.

Les plus brillants et les plus motivés poursuivant ensuite en doctorat dans nos laboratoires qui au moins en Sciences sont remplis de ces étudiants.

Par cet avis je me joins aux nombreuses institutions et au nombreux intellectuels qui ont dénoncé l’aberration et l’irréalisme de cette proposition dont l’argumentaire (faire venir en grand nombre des étudiants des pays de l’est ou de l’Asie) ne tient pas. Il ne faut pas oublier que les frais de scolarité très  réduits par rapport aux pays voisins anglophone est un argument fort expliquant la venue de nombreux étudiants anglophones dans nos établissement et ce depuis de nombreuses années. C’est la réponse qui m’a été donnée il y a quelques semaines par une étudiante américaine dans un débat que j’animais  lors des journées internationales de mon Université.

 

« Faut pas rêver » un diplôme même en  anglais d’une Université française n’aura jamais le rayonnement de celui délivré par Harvard, Cambridge ou le MÎT.

 

Madame la ministre, ne vous cachez pas derrière votre stylo à décret, votre proposition avec des argumentaires commerciaux (j’ai lu récemment qu’en formant 500 000 étudiants étrangers supplémentaires, c’est 8 à 10 milliards d’euros de PIB de plus) est loin de la conception du service public à la française ou du moins de ce qu’il en reste.

Je sais que depuis les accords de Maastricht et le développement du libéralisme, l’enseignement comme la santé sont devenues des marchandises comme le pétrole ou le cacao, mais est-ce vraiment une avancée positive pour l’individu ?

 

Pour information, dans une démarche de participation au maintien de la diffusion de la science en français, je suis le coauteur de deux  ouvrages récents de biologie/biochimie (l’un est parus en 2009, l’autre est en cours d’édition chez EDP Sciences) destinés aux étudiants et aux enseignants des pays francophones. Bien que retraité je poursuis cette activité d’écriture en participant ainsi avec mes faibles moyens au développement de la francophonie. Enfin pour être complétement honnête, Je suis aussi  le coauteur de nombreux articles scientifiques en langue anglaise (diffusion et indice d’impact oblige) mais j’ai essayé de défendre ma langue jusqu’au bout en écrivant mes premiers articles en français dans des revues qui pour la plupart ont malheureusement maintenant disparu ou se sont anglicisées.

L’hépatite C, bientôt vaincue par un antiviral ? Rendons-le accessible aux malades !

Mercredi 17 février 2016

 C’est une révolution dans le monde médical. L’hépatite C pourrait être éradiquée grâce à un antiviral : le Sofosbuvir. Seule ombre au tableau : son prix qui va priver de très nombreux malades de ce médicament. Comment réglementer le prix des médicaments ? Les gouvernements ont-ils encore un pouvoir de décision ? 

Tout d’abord, une bonne nouvelle : un nouvel antiviral, le Sofosbuvir, récemment homologué aux États-Unis et en Europe pour le traitement de l’hépatite chronique C pourrait permettre de guérir 90% des malades atteints par cette maladie soit entre 130 et 190 millions de personnes (3% de la population mondiale) suivant les estimations.

Ensuite une mauvaise nouvelle, la compagnie pharmaceutique américaine Gilead qui n’est pas, et de loin (comme les autres d’ailleurs), une société philanthropique facture actuellement le traitement de 12 semaines 60.000€ environ, alors que d’après Médecins du Monde le coût sous forme de générique serait de 50 à 100€.

 

Ce prix ne reflète pas les coûts de recherche

 

S’il est sûr que les parents dont les enfants sont porteurs de cette maladie seront prêts à s’endetter, s’ils le peuvent, pour financer leur guérison, comment peut-on accepter une telle situation et expliquer un tel écart de prix ?

On lit que Gilead a dû débourser plus de 10 milliards de dollars pour le rachat de la société Pharmasset, le fabricant à l’origine du médicament. Aussi, ce prix excessif ne reflète pas les coûts de la recherche et du développement de la molécule, mais est issu d’un calcul purement financier basé sur le prix de rachat de la société précédemment détentrice du brevet et sur le calcul des profits que le groupe pharmaceutique Gilead veut en retirer.

Qu’est-ce que c’est que cette mondialisation où les nouveaux médicaments sont inaccessibles à la majorité de la population de la planète ? Où est l’idéal de Pasteur, de Flemming, et de bien d’autres ?

 

La santé aux mains des multinationales

 

On sait bien que les compagnies pharmaceutiques fixent le prix de leurs médicaments pour augmenter leurs profits, et non pour des raisons de santé publique, mais, dans le cas de cette molécule, c’est au-delà du raisonnable.

Après négociations avec des ONG et d’autres associations, la société Gilead envisage de rendre ce médicament accessible aux patients des pays aux ressources limitées mais ce n’est qu’un vœux pieux ; il n’en reste pas moins que la politique de santé publique est au niveau mondial aux mains des multinationales pharmaceutiques et non des gouvernements : c’est totalement à revoir.

 

L’Inde, premier fabricant de générique

Heureusement, l’accord sur les ADPIC (Aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce) autorise les gouvernements à contourner les lois sur les brevets pour préserver la santé publique. Grâce à cet accord, l’Inde est devenu le premier fabricant de générique bon marché à destination des pays les plus démunis.

Mais les gouvernements de ces pays pauvres subissent déjà de nombreuses pressions de la part des multinationales de l’industrie pharmaceutique contre ces mesures. Malheureusement, la conclusion en cours de l’Accord de partenariat Transpacifique (« Transpacific Partnership Agreement« , TPP, un accord de libre-échange) risque de nuire fortement à l’avancée et à la souplesse générée par l’accord sur les ADPIC.

 

Cours en anglais à la fac : la loi Fioraso risque d’entraîner des dérives !

Mercredi 17 février 2016

Jusqu’à 1% des cours pourraient être dispensés en anglais à la fac : c’est ce que propose la ministre de l’Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso. La proposition fait polémique à gauche comme à droite. 

 La loi Fioraso va être votée avec quelques gardes « fous » qui pourraient être certains présidents d’université. Profitant de cette ouverture et pour rendre leurs établissements concurrentiels, ils seraient tentés par le « tout anglais », comme cela se pratique depuis vingt ans dans certaines filières des écoles d’ingénieurs (mais aussi, déjà, à la fac), contrevenant à la loi Toubon.

 

Rapidement, cette démarche s’accompagnerait d’un financement propre (un professeur d’université anglophone est bien mieux rémunéré que son équivalent francophone) dont, faute de sponsor, la charge incomberait inéluctablement aux parents … comme c’est le cas depuis longtemps dans les écoles supérieures privées.

 

Le français n’est pas un obstacle pour les étudiants étrangers

 

Les étudiants étrangers sont déjà très nombreux dans nos universités, surtout au niveau du master. D’ailleurs, sans ces étudiants étrangers, beaucoup de masters – surtout en sciences – ne pourraient fonctionner.

 

Lorsque j’étais responsable d’un master en biologie, j’ai toujours accueilli nombre d’étudiants étrangers issus, pour beaucoup, de pays francophones mais aussi non francophones (Chine, Vietnam, Ukraine, etc.). Ils représentaient souvent la moitié de l’effectif et dans des masters voisins, les Vietnamiens atteignaient parfois 70%.

 

Pour tous ces étudiants, si l’acquisition de la langue française représentait une difficulté supplémentaire, très motivés ils la surmontaient. Ils ont souvent obtenu leur diplôme avec un meilleur classement que les étudiants français « a priori » francophones (ce dont on doute parfois) issus de nos filières de licence.

 

Il faut étudier des langues dès le primaire

Quant à nos étudiants, si la maîtrise d’une ou de plusieurs langues étrangères est importante, ce n’est pas au niveau de l’université qu’il faut l’introduire, mais bien en amont, dès l’enseignement primaire et secondaire.

Or, là encore, nous ne sommes pas les meilleurs, bien au contraire, et plutôt du côté des derniers de la classe.

Tout cela sans oublier que l’anglais n’est que la troisième langue parlée au monde, après le chinois et l’espagnol.

 

Le Sénat anglophile ou pas ?

Mercredi 17 février 2016

Ce sont maintenant les Sénateurs qui, en juin, vont débattre du projet de loi Fioraso à l’intérieur duquel apparaît la mise en place d’une nouvelle langue d’enseignement, l’Anglais, dans les Universités françaises. Cette proposition a généré une polémique à laquelle j’ai modestement participé1 et soulève encore beaucoup de protestations à tous les niveaux de la société comme le montrent les nombreux articles et débats dans les médias. Tout n’est donc pas définitivement figé même si l’Assemblée Nationale a voté majoritairement en faveur de cette loi. Les nombreux arguments développés au cours des deux derniers mois restent d’actualité.

Justifier cette option par l’attractivité de pseudo-filières anglophones pour des étudiants étrangers d’Inde ou de Chine est totalement irréaliste. Pour parodier une émission de télévision, « Faut pas rêver » un diplôme même en anglais obtenu dans une Université française n’aura jamais l’impact de celui délivré par Harvard, Cambridge ou le MÎT.

Ce n’est pas une formation en sous-anglais que viennent chercher dans notre pays les étudiants étrangers. Bien au contraire, ils sont attirés par notre langue mais aussi par la France et sa culture, son rayonnement international, sa qualité de vie et naturellement la possibilité d’être accueillis dans des laboratoires de recherche renommés.

Quelle image allons-nous donner aux étudiants étrangers francophone présents ou à venir (nombreux dans nos universités) issus des pays en développement et qui mettent tous leurs espoirs de formation dans l’accueil au sein d’une de nos universités ?

Que dire du devenir des Français de souche que l’on incitera à suivre des cours en langue anglaise quand on sait qu’ils ont déjà de grosses difficultés avec les langues étrangères que leurs nombreuses années d’apprentissage dans le secondaire n’ont pas réussi à palier. Cela va encore compliquer pour la plupart, leur intégration à l’université qui fonctionne toujours sur le principe de la sélection par l’échec malgré les « plans- Licence » successifs.

Privilégier une seule langue l’Anglais, n’est pas anodin. C’est faciliter l’invasion d’une culture, d’une pensée unique, d’un mode de vie que nous sommes nombreux à rejeter.

En prenant exemple sur les Etats-Unis, l’Enseignement, l’Energie et la Santé sont devenues en Europe des marchandises comme le pétrole ou le café, mais est-ce vraiment une avancée positive pour l’individu ?

Si l’amendement Amirashi est un petit garde-fou à la généralisation de la langue anglaise à l’Université, en faisant une exception liée à une nécessité pédagogique à justifier, quelle sera l’attitude des dirigeants des Universités (voir ma précédente contribution1) ?

Espérons qu’au Palais du Luxembourg, les arguments contre l’article 2 de la loi Fioraso seront pris en compte pour le repousser. Gageons qu’au moment de s’engager, les Sénateurs, réputés pour appréhender avec plus de distance et d’anticipation les risques et les conséquences concrètes d’un vote, feront preuve de plus de sagesse et de lucidité que leurs collègues Députés.

 

Les MOOCs arrivent en France : un projet qui va mener les profs d’université au chômage !

Mercredi 17 février 2016

 

Les MOOCs (« Massive Open Online Courses ») un acronyme anglais, cela commence mal pour des cours en ligne issus des universités françaises, mais qui risquent pour la plupart d’être en langue anglaise si l’on écoute les propositions de notre célèbre mathématicien médaillé Field et très en vogue.

 

L’enseignement en anglais est une passion de notre ministre de l’Enseignement supérieur, si l’on se souvient de la polémique sur la mise en place de cours en anglais dans les universités françaises à laquelle j’ai modestement participé .

 

Suppression de 99% des professeurs des universités

 

La démarche de la ministre n’est pas innocente avec, dans un avenir proche, la disparition des enseignements en présentiel, les profs en postes dans les établissements deviendront des répétiteurs et les maître de conférence, en ce qui concerne les sciences expérimentales, n’assureront plus que des travaux pratiques en salle, dans l’attente de la disparition de la manipulation (du latin manipulare, conduire par les mains) déjà remplacé en partie par l’EXSO (expérimentation simulée par ordinateur) dans certaines matières.

 

Au siècle dernier, lorsque j’étais enseignant coopérant dans une université d’un pays étranger, un autre ministre a essayé de nous filmer et de nous remplacer l’année suivante par des magnétoscopes pour des raisons budgétaires. Devant nos protestations, ce projet qui nous menait au chômage n’a pas abouti.

Oserai-je faire un parallèle avec les éventuelles monstrueuses économies que pourrait faire notre Éducation nationale lorsque les fameux MOOCs seront en ligne ?

Cette fois ce ne sera pas la suppression d’un fonctionnaire sur deux, comme le prônait le précédent président mais de 99% des professeurs des universités.

 

Des enseignements qui risquent d’être fortement bousculés

 

On ne sait pas encore qu’elle sera la forme de ces cours en ligne, mais si l’on regarde ce qui se fait ailleurs, c’est plein d’enseignement (si j’ose dire). Les cours de la « Kahn Academy« , par exemple, sont impressionnants de réalisme : l’enseignant dont on voit surtout ce qu’il produit au tableau, écrit et dessine encore plus mal que moi. Tout cela est naturellement voulu afin de rendre les cours plus réalistes, mais quel mauvais exemple pour les étudiants. Pour leur défense, les cours de la « Khan Academy » sont déjà pour certains diffusés en français parfois avec un léger accent « British », charmant par ailleurs.

 

J’ai peur que notre ministre, avec ses MOOCs, même s’ils sont diffusés en langue anglaise (éventuellement avec l’accent de Maurice Chevallier), ait pris un peu de retard pour conquérir le monde.

Pour finir, n’enseignant plus depuis quelques mois, tout cela pourrait me laisser indifférent, mais je pense qu’il est de mon devoir, comme d’autres (article de Luc Le Vailllant dans le « Libération » du 4 novembre), d’alerter mes jeunes collègues universitaires dont les activités d’enseignements risquent d’être fortement bousculées dans un avenir très proche avant de se retrouver au chômage (au moins technique) pour la moitié de leur fonction d’enseignant-chercheur.

 

Les micro-algues vont-elles sauver la planète ?

Mercredi 17 février 2016

Discrètes parce que microscopiques par rapport aux macro-algues que l’on observe aisément à l’oeil nu sur les côtes rocheuses, les micro-algues peuvent former ce que l’on dénomme des efflorescences ou « bloom » (en incontournable anglais). Lorsqu’une espèce rencontre en milieu naturel, en général aquatique, – il existe aussi des micro-algues aériennes- des conditions très favorables, elle se multiplie de façon exponentielle jusqu’à éliminer les autres espèces. Il est alors possible de s’en rendre compte car la surface de l’étendue d’eau – mer ou lac – change de couleur, passant du bleu au jaune orangé ou au rouge selon l’espèce.

De ces observations est née l’idée, tout en le contrôlant, de reproduire ce phénomène en milieu confiné.

Dans un premier temps, la démarche a été de produire des micro-algues « fourrages » ainsi dénommées car destinées à nourrir les juvéniles (premier stade de développement des mollusques dans les écloseries aquacoles). En France sur la côte Atlantique par exemple, on cultive à cette fin des espèces naturellement présentes dans le milieu naturel.

Depuis de nombreuses années, dans d’autres pays ou régions, plus ensoleillés et plus chauds, on produit des espèces d’un grand intérêt économique pour le secteur agroalimentaire ou médical car elles fabriquent des pigments, antioxydants naturels.

La demande récente en acides gras polyinsaturés, les fameux oméga-3, (ajoutés depuis quelques temps dans beaucoup de produits de consommation courante comme les beurres allégés), sont extraits principalement des huiles de poissons gras que la surpêche menace d’extinction .

On savait depuis longtemps que dans la chaîne alimentaire en milieu marin, l’origine de ces oméga-3 était certaines micro-algues capables de les synthétiser. Ainsi, il suffisait d’en maîtriser la culture pour qu’elles deviennent une source renouvelable d’oméga-3.

Ainsi, par exemple, dans la Région des Pays de la Loire, une diatomée Odontella aurita est cultivée en bassins ouverts et commercialisée depuis plusieurs années comme complément alimentaire riche en Omega-3 et en silice et dont les effets bénéfiques ont été démontrés. Mais la réponse à la question posée dans le titre va plus loin. Car en remplaçant les énergies fossiles très polluantes et pratiquement épuisées, elles offrent une réponse à la lutte contre l’accumulation des gaz à effet de serre.

En effet, l’huile que l’on peut extraire de ces végétaux particuliers devrait, dans un avenir proche, résoudre les problèmes d’approvisionnement en carburant au niveau mondial.

A l’origine le moteur inventé par Rudolf Diésel était un moteur qui fonctionnait avec de l’huile végétale; ce sont les pétroliers qui ont imposé le gazole dérivé du pétrole.

Or, sur des véhicules à moteur diesel un peu ancien comme celui d’un vieux camping car Volkswagen (celui de notre Premier Ministre, par exemple), on peut facilement utiliser comme carburant toutes sortes d’huiles et … pourquoi pas celle issue des micro-algues ?

Aux Etats-Unis, il y a quelques années, un collègue, responsable comme je le fus d’un laboratoire de recherche sur les micro-algues, utilisa dans son véhicule l’huile produite par ses étudiants ! Mais en France, c’est … interdit !

Enfin, il faut savoir qu’entre 30 et 40 % du dioxyde de carbone rejeté dans l’atmosphère est fixé naturellement et depuis toujours par l’énorme biomasse que constitue le phytoplancton marin. Ce dernier colonise les océans (dont la surface est bien supérieure à celle des terres émergées) souvent sur plusieurs dizaines de mètres de profondeur suivant les endroits. Les micro-algues (et non pas la forêt amazonienne comme on l’a longtemps cru), participent ainsi, sans le savoir et depuis des millénaires, à la lutte contre l’effet de serre.

Source de molécules essentielles à notre santé, renouvelant notre atmosphère en fixant le CO2 et rejetant de l’O2 en grandes quantités par photosynthèse, source à venir d’énergie renouvelable fournissant prochainement les futurs biocarburants aussi bien pour les véhicules terrestres que pour les avions (biokérosène) la culture intensive de ces végétaux particuliers qui se développe, encore trop lentement à mon goût, devrait permettre sinon de sauver la planète au moins d’éviter qu’elle continue à se dégrader afin que nos petits enfants puissent continuer à y vivre dans de bonne conditions…..

Publier ou Périr (« Publish or Perish » )

Mercredi 17 février 2016

C’est le nom d’un site WEB bien connu qui fait de la bibliométrie en ligne et en continu sur tous les chercheurs au niveau mondial et sans leur demander leur avis. Ils peuvent être ainsi évalués à tout instant à l’aide des différents paramètres (calculés par ces logiciels) et dont le plus connu est l’indice de citation ou facteur H (qui n’a rien á voir avec la substance hallucinogène encore que cela peut être pour certains une sorte d’addiction). Avec la mode de l’évaluation, ces paramètres comme l’indice d’impact 1 basés sur une soi-disant excellence des revues, sont comme une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête des universitaires et qui, lorsqu’elle tombe, se traduit dans certains pays par un licenciement (heureusement en France notre statut de fonctionnaire nous en protège). Il faudrait maintenant transformer ce site en « Pay or Perish ». Ainsi, au début de chaque année civile, les éditeurs profite du renouvellement des contrats pour augmenter de façon significative les abonnements aux revues scientifiques. Dans ces conditions les organismes de tutelles comme les Universités, et plus particulièrement les bibliothèques, face à la diminution récurrente des moyens financiers dont elles disposent n’ont pas d’autres solutions que de supprimer les abonnements2 . Pour les éditeurs, je pense que l’un des objectifs est de développer les revues payantes dites en  »Open Acess »; Pour ces derniers, la démarche étant de remplacer le lecteur/payeur par le concept d’auteur/payeur, la publication après paiement se trouvant alors en libre d’accès sur le WEB. Pour les quelques revues classiques dans lesquelles on peut encore soumettre des articles (sans envoyer de chèques) les éditeurs jamais à court d’idées (pour gagner plus) ont inventé la formule « Gold Open Acess »; il faut la encore payer à prix d’or (l’appellation est bien choisie) pour que l’article publié dans un premier temps dans la revue papier soit aussi en accès libre pour tous sur le Net. Dans ces conditions l’éditeur gagne deux fois : en faisant payer les abonnements par les institutions et en faisant payer la publication en ligne des articles par les laboratoires. Dans ce nouveau business (encore un anglicisme, désolé) la concurrence est rude, de nombreuses revues apparaissent régulièrement sur le WEB en incitant par mail les chercheurs à soumettre des articles avec  des tarifs fluctuants et négociables en fonction de l’origine géographique des auteurs et même à moitié prix début janvier (la saison des soldes) pour attirer le client, pardon le chercheur …. Si cette philosophie de l’auteur-payeur offre aux chercheurs, la possibilité d’accéder instantanément à un article scientifique (sans utiliser sa carte bleue) est une avancée certaine qui facilite la diffusion rapide de la connaissance, il n’en reste pas moins que tout cela a un coût qui devrait être directement pris en charge par les institutions et les tutelles et non par les laboratoires. Les tentatives de contrecarrer les éditeurs privés en ouvrant des sites libre d’accès (HAL par exemple) où les chercheurs peuvent déposer leurs articles restent encore peu utilisés et presque la moitié des articles qui s’y trouvent ont d’abord été publiés dans des revues à comité de lecture, c’est malheureusement incontournable pour cause d’évaluation des publications validées mais surtout notées indirectement par l’indice d’impact des revues, note très utilisée à la fois pour quantifier les activités de recherche d’une équipe et de chacun de ses membres .

 

Au cours de ma carrière, j’ai toujours refusé de payer pour être publié. Pourtant parmi les revues correspondant à ma spécialité « Plant Physiology », la meilleure des revues (naturellement anglosaxone) d’après les évaluateurs, la publication d’un article coûtait déjà 500 $ dans les années 1980…. Mais récemment sous la pression des écoles doctorales qui font obligation d’un article publié pour qu’un étudiant obtienne l’autorisation de soutenir sa thèse et afin de respecter les délais3, je me suis déjugé et fait soumettre, à mon dernier thésard, ses articles dans une revue payante en ligne. Dans un avenir proche, je plains mes jeunes collègues qui, vu le désengagement du Ministère, devront non seulement trouver de l’argent pour financer leur recherche comme c’est déjà souvent le cas, mais aussi des moyens pour la publier. Comme disent les économistes libéraux tout est marchandises, après la santé, l’éducation, la culture, les travaux scientifiques j’en ai peur vont l’être de plus en plus … Quelle régression.

 

1)Indice qui dépend surtout de la diffusion du journal.

2)Voir l’article de Laurence Bianchini : « Dans les universités, désabonnements en masse aux revues scientifiques ».

3)Sur les 3 ans que doit durer théoriquement un travail de thèse le candidat doit, à la fois faire des manips, les réussir puis publier les résultats dans une revue papier, cette dernière contrainte prend beaucoup de temps, fonction de la rapidité des « referees » (évaluateurs, restons français) et de la périodicité de parution du journal.

2)Voir l’article de Laurence Bianchini : « Dans les universités, désabonnements en masse aux revues scientifiques ».

3)Sur les 3 ans que doit durer théoriquement un travail de thèse le candidat doit, à la fois faire des manips, les réussir puis publier les résultats dans une revue papier, cette dernière contrainte prend beaucoup de temps, fonction de la rapidité des « referees » (évaluateurs, restons français) et de la périodicité de parution du journal.

 

 

H addiction

Mercredi 17 février 2016

Longtemps je suis arrivé de bonne heure …. Au bureau (pour travailler pas pour dormir, bien que je sois fonctionnaire). A peine assis dans mon fauteuil, après avoir posé un doigt sur une touche du clavier, mon ordinateur démarre, rapidement car il était en veille … Vous allez me dire ce n’est pas écologique, oui mais l’écologie, je l’enseignais aux autres sans vraiment la pratiquer comme beaucoup … Après un rapide coup d’œil aux dizaines de mail (pardon courrier électronique, souvenez vous je défend la francophonie) arrivés pendant la nuit et mal filtré par les systèmes informatiques, il ne me reste plus qu’à me livrer à un plaisir solitaire pas encore condamné par l’église et pourtant…. C’est ma madeleine de Proust (cf. la première phrase pour ceux qui n’auraient pas saisi). Ma principale addiction : m’éclater un peu non pas avec un extrait végétal abondamment cultivé en Sarthe siège de la FNPC1 (mais pour un autre usage), mais en consultant comme tous les matins mon facteur h et naturellement celui de mes collègues proches, surtout ceux que je n’aime pas. Le facteur h inventé récemment (2005) par monsieur Hirsch2 évalue en permanence le niveau de rayonnement des chercheurs du monde entier en utilisant les bases de données scientifiques présentes sur le WEB. Ce facteur relie la productivité scientifique de chaque chercheur à son impact au niveau international qui est fonction du nombre de citations des articles publiés dans des revues recensées par la base de données bibliométrique américaine : ISI Web of science de Thomson-Reuters™, ce qui est déjà réducteur et élimine nombre de mes travaux publiés en français dans des revues nationales.

J’explique : un chercheur à un facteur h donné si un nombre h de ses articles a été cité au moins h fois (3 h, de quoi inciter à la fumette). Car cet indice nous marque non seulement à vie comme un tatouage électronique, mais de plus nous survivra nous faisant passer ainsi à la postérité même si les écrits (les articles) eux ne restent pas ; de plus, par définition, ce facteur h ne peut qu’augmenter ou rester stable (comme l’entropie suivant le deuxième principe de la thermodynamique); mais s’il ne bouge pas, c’est que vous êtes virtuellement voire thermodynamiquement mort du moins scientifiquement. Ce que les évaluateurs de tout poil (même s’ils ne sont pas barbus) ne manqueront pas de vous signaler. Ce rapport citationnel (le facteur h) est en effet une sorte d’audit personnalisé et permanent de notre productivité académique évaluée et quantifiée comme toute activité économique du système marchand mondialisé. Dans un avenir proche, que dessine la loi Fioraso actuellement mise en place, vos charges d’enseignement, vos droits à des activités de recherche qui ne sont plus garantis, et peut-être un jour le niveau de votre rémunération (pas la mienne puisque je suis à la retraite) et des primes qui y sont associées sera dépendant de votre productivité et donc de votre h et c’est déjà un peu le cas pour les primes. Comme ce facteur h c’est une valeur chiffrée, il sera facile de l’utiliser au niveau des services comptables de votre Université qui gère maintenant votre rémunération pour programmer un logiciel qui vous calculera au plus près (ou au moins disant), tous les mois, votre salaire. Pour un avant gout de l’évolution possible de votre rémunération regardez les graphes qui traduisent votre activité de recherche ou plutôt de publication dans votre « citation report ».

Si le premier des deux h (celui de Hirsch) est déjà légalisé pour votre malheur, le second que l’on dénomme aussi haschich ne devrait pas tarder à l’être. Sa consommation discrète même au bureau (les américains mettent sur le marché un stylo à cannabis dans le style des cigarettes électroniques en plus discret que vous pourrez sucer avec modération bien sûr) vous aidera à oublier le premier.

Toute ressemblance avec un enseignant-chercheur existant ou ayant existé est bien sûr totalement fortuite.

1Petit historique (Qu’est ce qui se cache t-il … derrière cet acronyme aurait dit Coluche). Un organisme que l’on ne s’attend pas à trouver sous le climat sarthois, mais plutôt sous des cieux méditerranéens plus cléments mais dont la présence dans la région est historique. Dans une époque pas si reculée, cette fameuse plante dont on parle beaucoup pour diverses raisons : « le Cannabis »(Cannabis sativa unique espèce de ce genre d’un point de vue botanique) était abondamment cultivée dans la Sarthe comme le prouve la présence de four à chanvre dans les campagnes et les nombreuses demi-caves humides ou les tisserands travaillaient les fibres de ce précieux végétal sous certaines maisons à perron dans les vieilles rues du Mans. La traduction de cet acronyme donne : Fédération Nationale des Producteurs de Chanvre crée en 1932 et présente au Mans depuis longtemps.

2An index to quantify an individual’s scientific research output J. E. Hirsch, 2005, http://arxiv.org/abs/physics/0508025.

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