Disparition programmée de la fonction publique

25 mars 2019

Les deux objectifs de ce gouvernement libéral concernant la fonction publique sont un recours systématique aux contractuels et la reconversion des fonctionnaires dans le privé. Souplesse et mobilité sont les mots clefs du secrétaire d’état Olivier Dussopt, exsocialiste reconverti, qui a trouvé la foi (en Macron) et présenté ce projet en conférence de presse. Le gouvernement veut mener très rapidement cette réforme alors que les syndicats y sont tous opposés. Elle va bien plus loin que la suppression des 120 000 postes de fonctionnaires promise par Macron dans son programme électoral. Comme par hasard la question du pouvoir d’achat des fonctionnaires, pourtant mis à mal depuis le début de ce quinquennat avec le gel du point d’indice et l’augmentation de la CSG non compensée, n’est pas abordée. Les syndicats ne peuvent accepter la mise en place d’une loi déjà ficelée et allant vers plus de précarité.

Mots clefs

Les mots clefs sont contractualiser, rémunérations au mérite, mobilité, départ volontaire, quel programme ! Mais à part cela les syndicats qui négocient depuis plusieurs mois se plaigne de ne pas avoir le texte de la réforme. Comment négocier dans ces conditions ?

Faire de grosses économies sur le dos des fonctionnaires

Le but est d’économiser 30 milliards au niveau de la fonction publique en augmentant la contractualisation et la durée des contrats en remplacement des titulaires, en incitant à la mobilité avec privatisation des missions et détachements d’office. L’idée de ce gouvernement est de supprimer une grande partie de la fonction publique, seule la haute fonction publique, les catégories A ou plutôt A+ seront conservées, par contre les corps intermédiaires comme les cheminots, les postiers voire les enseignants en feront les frais et c’est déjà en cours.  Si cela continue à ce rythme dans 5 à 10 ans la protection offerte par le statut de fonctionnaire aura disparu. La récente victoire du gouvernement sur les cheminots, bastion théoriquement imprenable, est un feu vert pour poursuivre le démantèlement de la fonction publique.

Il faudra payer plus pour obtenir moins

Le contribuable moyen risque alors de payer plus cher un service de moins bonne qualité. Bientôt, dans le domaine de la santé, pour prendre un exemple, plus on sera riche, mieux on sera soigné. Suivant l’avis de 60% des français (ceux qui ne sont pas fonctionnaire, bien sûr) Darmanin  annonce la fin de l’emploi à vie. C’était l’un des énormes avantages de la fonction publique, pas de risque de se retrouver chômeur et j’en ai profité comme beaucoup d’autres, dommage pour les générations futures dont la qualité de vie sera réduite d’autant.

Comme le serpent du livre de la jungle, Kaa et ses yeux ensorceleurs, Macron termine sa lettre aux français par « en confiance » : on peut être inquiet !

Face à l’Europe !

18 mars 2019

Chaque parti politique doit désigner une liste nationale de 79 candidats (il y 79 places de députés attribués à la France) avec une tête de liste qui se veut représentative. Pour le moment ce n’est pas enthousiasmant depuis plusieurs mois le rassemblement national faisait la course en tête avec comme outsider la république en marche au coude à coude. La reprise en main de la situation par Emmanuel Macron, car son grand débat est en fait une sorte de campagne électorale,  a permis à LREM de reprendre la tête dans les sondages. Cela génère d’ailleurs de vives protestations de Marine et de Jean Luc.

Figurants

En dehors de ces deux partis d’opposition les autres font de la figuration, se partageant quelques misérables pourcentages tous inférieurs au seuil de 10%, deux fois moins donc, autant dire pas grand chose, wallou, les plus touchés étant le PS qui n’a pas encore trouvé de tête de liste bien qu’Olivier Faure soit pressenti avec un petit 5%, et le parti de Benoit Hamon Génération.s avec à peine 2%, c’est misérable pour la gauche traditionnelle.

A côté, ce n’est pas beaucoup mieux, le PC avec un inconnu en tête de liste et trois petits gilets jaunes, cherchant des alliances mais hors Mélenchon, est à 2,5%; un peu au dessus, EELV à 7,5% avec Yannick Jadot comme tête de liste dont le discours me semblait intéressant jusqu’à ce qu’il mette en numéro 2 sur sa liste Michèle Rivasi proche des mouvements anti-vaccins .  « Debout la France » de Dupont-Aignan est retombé dans les sondages (5,5%) après une petite embellie; il comptait sur ces élections européennes pour se refaire une santé et récupérer les voix des gilets jaunes qu’il courtise abondamment. LR avec Laurent Vauquiez, le menteur patenté,  avec une tête de liste, François Xavier Bellamy, contestée même dans son propre parti, mais qui, après une « remontada » surprise, se place en troisième position avec 13% d’intentions de vote, au détriment de « La France Insoumise » de jean Luc Mélenchon (7%) avec qui il faisait part égale il y a peu. Ce dernier a déjà désigné sa tête de liste surprise, une jeune femme : Manon Aubry (rien a voir avec Martine), enseignante à Sciences Po et précédemment membre et porte parole de l’ONG Oxfam France.

Jeunes loups

A l’extrême droite le Rassemblement national (22%) toujours dans la course, le Poulidor des élections, a désigné un jeune loup de 23 ans aux dents longues : Jordan Bardella. LREM (24%) a repris du terrain et la tête, mais le président s’est donné de la peine bien que la tête de liste, une obscure Ministre des affaires européennes Nathalie Loiseau qui a réussi à tenir tête, voire à éclipser Marine Le Pen récemment à la télévision même si l’annonce de sa candidature en fin d’émission était un téléphonée; un bon coup de com. À droite il ne reste pas grand chose l’UDI à 3%, le modem reste associé à LREM, les Patriotes de Philippot stagne à 1,5% et Jean Lassale mènera la liste de son parti « Résistons »  avec un score de 1%, l’Union Populaire Républicaine de François Asselineau favorable à une sortie de l’UE, de l’OTAN et de l’euro est malgré tout crédité de 0,5%. Enfin l’extrême gauche ou du moins ce qu’il en reste, le NPA et LO refusent de se regrouper et vont stagner autour de 1%.

Gilet jaunes

Le dépôt d’une liste gilet jaune qui n’est plus créditée que de 3% ne va pas changer la donne. Tout cela va évoluer, certains partis vont encore y perdre des élus. Par contre il y a un fort rajeunissement des têtes de listes la plupart trentenaire, le plus jeune 23 ans étant celui du rassemblement national, c’est une tendance dans tous les partis. Où cela va nous mener avec des élus manquant d’expérience, on peut espérer qu’ils vont en acquérir sur le tas, mais cela va prendre du temps, on l’a précédemment vu avec les députés LREM souvent très incompétents à l’assemblée nationale.

Surprise, arrivée d’une nouvelle liste verte, écologique, « Place Publique » de Raphaël Glucksman qui oblige les autres liste de « gauche » à revoir leurs copies en rajoutant une ligne verte. Du coup Faure et le PS se placent derrière Glucksman, mais dans ce cas que restera-t-il du socialisme démocratique. Cela ne plait pas à notre maire du Mans, Le Foll qui a quitté le bureau national du PS. Tout cela devrait se décanter en laissant du temps au temps comme disait un ancien président socialiste !

L’enfumeur d’andouilles

11 mars 2019

Le grand débat démocratique est plus un monologue du président qu’un véritable débat avec de vrais échanges. D’un côté, il y a l’enfumage car ce grand débat n’en est pas un, dans la mesure où il est cadré par le gouvernement avec seulement quatre thèmes et c’est ce même gouvernement qui pose les questions et qui y répond. On n’est pas loin de Georges Marchais ou peut-être de Le Luron : « Ce n’est pas la question, oui mais c’est ma réponse « ! D’un autre côté Macron a annoncé dès le début qu’il ne changera pas de cap : cause toujours tu m’intéresses, mais je fais ce que je veux. C’est une sorte de psychothérapie politique de groupe afin de calmer les gilets jaunes et de les faire rentrer chez eux la conscience tranquille après avoir rempli un cahier de doléances.

Dépendeur d’andouilles

Petit fils et fils de charcutier, j’en ai pendu et dépendu des andouilles dans le fumoir de mon père, mais cette fois, lorsque malencontreusement j’écoute notre président, j’ai l’impression que c’est moi l’andouille, bien que je ne soit pas pendu à ses lèvres !

La fin du grand débat (lage) !

On approche cette semaine de la date fatidique de fin du grand débat, mais que va-t-il se passer ensuite ? Avec plus d’un million de contributions cela ne va pas être facile à dépouiller et à exploiter. Il faudrait demander à Hollande de faire une synthèse, c’était sa spécialité dans le temps au niveau du PS !

Ce que l’on en sait c’est que les 10 000 cahiers de doléances vont être récupérés par la bibliothèque nationale qui va les numériser puis les archiver, tandis que les images seront transmises à une société qui va les transformer en document informatique dans lesquels on pourra faire des recherches par mots clefs. Il semble que ce soit un cabinet de conseil, privé bien sûr, qui va restituer les grandes tendances et les propositions des citoyens qui ont participé à cette consultation.

Encore une  commission

Déjà,  au début du siècle dernier « Quand on veut enterrer un problème on crée une commission » disait Clemenceau. Ainsi une commission dite du Grand Débat va s’occuper des résultats avant que ne soient organisées des conférences régionales avec des participants tirés au sort, drôle d’idée, pourquoi pas parmi les gilets jaunes qui ont été placés en garde à vue ! Enfin la patate chaude sera transmise aux élus locaux, aux parlementaires, aux corps intermédiaires bref tous ceux qui possèdent un quelconque mandat représentatif et par là un peu de pouvoir, mais pour en faire quoi ? Tout cela reste flou et « quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup », formulation chère à la grand mère de Martine Aubry !

Le risque c’est que cette énorme montagne de revendications n’accouche que d’une souris et encore une petite ! On aura tous, pendant plusieurs mois, été bien enfumés, voire gazés si on est allés aux manifestations du samedi, CQFD.

Bijoux de famille !

4 mars 2019

Dans la situation économique actuelle, Emmanuel Macron veut rester en dessous des 3 % de déficit budgétaire mais cela va être difficile, d’autant plus que les deux années précédentes où ce chalenge avait été atteint, c’était essentiellement du à la politique de son prédécesseur hollandais. Pour 2019 la cour des comptes met en garde le gouvernement avec une prévision d’un passage à nouveau au dessus des 3 %. La contrainte budgétaire qui était à la mode depuis plusieurs années et l’un des objectifs de notre jeune président ultra-libéral a été abandonnée en distribuant « théoriquement » 10 milliards d’euros d’argent public pour calmer les gilets jaunes afin d’augmenter d’une façon générale le pouvoir d’achat des plus démunis. Cette aide sociale, qui doit être versées au smicards dans le cadre de la prime d’activité gérée par les caisses d’allocations familiales, tarde à être versée pour cause de saturation malgré l’embauche d’urgence de 140 agents supplémentaires en CDI.

Vendre les bijoux de famille

Face à cette situation, pour compenser ces dépenses, notre président va être tenté de vendre des bijoux de famille, méthode éculée de tous les gouvernements pour boucher les trous budgétaires. Avec la cession des aéroports de Paris au privé  déjà votée par l’assemblée, le protocole est lancé. Toutefois surprise le Sénat fait un blocage avec une association de la droite et de la gauche contre ce projet, défendant notre patrimoine que veut brader le gouvernement actuel. Pourtant ADP dégage des bénéfices confortables qui tombent dans les poches (percées ?) de l’état. Que faire : une pétition tourne actuellement sur le web (changes.org) et je vous engage à la signer. Cette situation nous rappelle la privatisation des autoroutes dont l’état se mord depuis les doigts car les sociétés d’autoroute se sont tellement remplies les poches qu’elles ont apuré le prix d’achat et maintenant c’est tout bénef, n’hésitant pas à imposer aux usagers des tarifs excessifs en constante augmentation (1,9 % au premier février dernier). Même si les contrats avaient à l’époque été mal rédigés, on n’est pas obligé de refaire la même erreur.

Dans un autre domaine la privatisation des barrages hydroélectriques, qui sont pourtant bénéficiaires et amortis depuis bien longtemps, a été engagée par Édouard Philippe sous la pression de l’Europe, est elle aussi scandaleuse qualifiée par certains d’acte de haute trahison pour un secteur aussi stratégique que l’énergie.

Cession de participation

Dans le même ordre d’idée la « Française des Jeux » pourtant largement bénéficiaires (on n’a jamais vu un casino perdre de l’argent) est elle aussi sur la sellette. Pour ne pas choquer la population le premier ministre parle de «cessions de participations» plutôt que de privatisation mais le résultat est le même, les dividendes qui abondaient précédemment au budget de l’état iront maintenant dans la poche du privé. Ce gouvernement ultra libéral veut faire disparaître les biens de l’état au profit du tout privé, allant à rebours de l’intérêt public. Avant de tout brader, Macron devrait demander l’avis des français par référendum, c’est d’actualité !

J’avais oublié l’affaire de l’aéroport de Toulouse vendu au chinois par Macron et qu’il vont maintenant revendre avec une grosse plus value. Bravo, mais Macron n’est pas prêt d’être couronné meilleur économiste de France !

Petit timonier

25 février 2019

S’il ne redresse pas la barre, notre petit timonier (historiquement, le grand c’est quelqu’un d’autre) va faire les frais de l’actuelle situation. Avec sa lettre aux français, la mise en place d’un débat national et l’organisation d’un référendum en mai, en même temps que le vote européen, cela va t il être suffisant pour calmer la fronde des gilets jaunes ? Pour ce référendum, il est astucieux en prévoyant des questions où, hormis quelques extrémistes, les français ne pourront que répondre que oui comme par exemple plus de justice fiscale, prise en compte du vote blanc ou réduction du nombre de sénateurs, voire suppression partielle ou totale du sénat dans le cadre de sa réforme constitutionnelle.

Réaction des sénateurs

Du coup le sénat réagit en profitant de l’affaire Benalla pour s’attaquer à l’Élysée suite à la publication du rapport de sa commission d’enquête. Il met en évidence de graves dysfonctionnement  niveau de l’appareil d’état et en particulier du premier cercle de hauts collaborateurs du Président. Ces jeunes loups du macronisme, arrivés en meute suite à l’élection  de leur leader, sont progressivement exfiltrés et remplacés par des collaborateurs plus expérimentés. Il était temps. 

Parjure

Trois hauts responsables de l’Élysée : Alexis Kohler, Patrick Strzoda et le général Lionel Lavergne sont soupçonnés de parjure devant la commission d’enquête du sénat qui demande que la justice soit saisie; c’est pas brillants !). Le porte parole du gouvernement a dénoncé des contres vérités dans le rapport du sénat mais sans l’avoir lu, il doit être devin ? Le premier ministre lui contre attaque en rappelant le principe de la séparation des pouvoirs et en précisant que le sénat n’a pas à se mêler de l’organisation interne de la présidence de la république.

Record

Pendant ce temps là,  record battu : 14 h 30 au salon de l’agriculture, après un discours insignifiant rempli de lieux communs, mais toujours en campagne électorale pour les européennes, longue déambulation d’Emmanuel Macron entouré d’une armée de gardes du corps. C’était son premier bain de foules depuis le début des gilets jaunes donc risqué, mais il s’en est bien tiré même mieux que ses prédécesseurs qui y avaient été malmenés. Grand communiquant, bien accueilli par les agriculteurs, du coup il remonte légèrement dans les sondages mais 68 % des sondés considèrent encore que c’est un mauvais président. Comme disait Raffarin : » La route est droite mais la pente est forte ».

Niches fiscales

17 février 2019

C’est encore les classes moyennes qui vont prendre. Cent milliards de niches fiscales, les plus importantes sont le CICE et le crédit d’impôts recherche qui profitent aux entreprises pour plus de 21 milliards, mais Darmanin ne cible que celle qui coûte à l’état 14 milliards, mais qui concerne beaucoup de monde : toutes les familles qui emploient des femmes de ménages et qui font des dons aux organisations humanitaires. Il cible ainsi les classes moyennes en essayant de leur faire avaler quelques couleuvres comme la limitation du crédit d’impôts pour les emplois à domicile ou la mise sous conditions de ressources pour en profiter afin de faire oublier ceux qui ont bénéficié de la disparition de l’ISF. Calmer les plus pauvres en ciblant la classe moyenne aisée tout en maintenant l’exonération des plus riches, ce n’est peut-être pas le bon choix. Concernant les aides à domicile on peut se demander si ce gouvernement réfléchit vraiment avant de prendre des décisions.

Un pas en avant, un pas en arrière

Les employeurs sont surtout des retraités ou des membres des classes moyennes encore en activité et les employés sont présents sur les ronds points, toucher à cet ensemble en déstabilisant les employeurs et les employés d’un seul coup quand on sait que l’emploi à domicile est le premier employeur de France avec un système que beaucoup de pays nous envie et qui évite le travail au noir, c’est encore une faute politique de ce gouvernement. Du coup deux jours après Darmanin, encore lui, revient en arrière découvrant que cela évite le travail au noir et s’engage à ne pas toucher au crédit d’impôt pour l’emploi à domicile. Quel cafouillage !

TVA à taux zéro

La TVA à taux zéro sur les produits de première nécessité fait un succès chez les gilets jaunes car elle est comprise comme un coup de pouce à leur pouvoir d’achat, mais en fait cette mesure profiterait à tous le monde aussi bien aux ménages modestes qu’au riches à condition qu’ils mangent des nouilles ! Dans tous les cas actuellement ce ne serait pas possible car les taux de TVA sont encadrés par une directive européenne qui interdit que le taux réduit soit inférieur à 5%. Il y a bien un taux super réduit pour la presse et les médicaments mais pour l’étendre à d’autres produits il faudrait convaincre les 27 états membres, bonne chance ! Dans tous les cas l’impact de cette disparition de la TVA sur le pouvoir d’achat des gilets jaunes serait insignifiant, quelques centimes d’euros sur chaque achat alors que l’impact négatif sur la recette fiscale serait importante pour l’état.

Justice fiscale, ce n’est pas pour demain

La justice fiscale est une des revendications des gilets jaunes qui revient souvent dans les propositions du grand débat national. Les pistes sont nombreuses, celle qui est surtout mise en avant par les manifestants du samedi le rétablissement de l’ISF mais cela ne plait pas à notre président;

- la baisse de la TVA mais elle est contestable car payée par tous, les riches comme les pauvres; – ajouter une nouvelle tranche d’impôts sur le revenu pour les plus hauts revenus, toutefois remettre en place les 14 tranches rendrait l’impôt plus progressif et plus juste;

- maintenir la taxe d’habitation pour 20 % des foyers les plus aisés, le gouvernement y serait favorable car cela permettrait pour les finances publiques d’économiser sept milliards d’euros;

- enfin réformer les droits de succession mais le président est contre s’étant engagé à ne pas  y toucher au cours de son mandat.

Donc la justice fiscale ce n’est pas pour demain

Les autres à droite

11 février 2019

Il faut bien reconnaître que si les projets de réforme de l’actuel président sont fortement contestés  au niveau des ronds points, en ce qui concerne la classe politique ses opposants ne sont ni très brillants (à part par leur absence !) ni très convaincants.

Laurent Wauquiez

Pour ne s’intéresser qu’aux plus médiatiques, d’abord à droite Laurent Wauquiez, l’homme au parka rouge sa marque de fabrique  qu’il dit avoir été offert par sa femme et qui est son fétiche; tissu de mensonges comme d’habitude, en fait c’est de la com, il en a plusieurs en fonction de la saison, mais cela fait plus proche du peuple que le costard 3 pièces. Il est qualifié de menteur compulsif comme la plupart des politiciens, mais avec un vide existentiel du point de vue projet politique; cela ne suffira pas à convaincre les électeurs. Le résultat des européennes risque d’être sévères pour son parti même s’il tente de séduire les électeurs du rassemblement national lors de ses discours. Il a un nouveau copain, Eric Zémour polémiste d’ultra droite, accueilli chaleureusement : « vous êtes ici chez vous » déclare Wauquiez. Fini les références au gaullisme, tout cela pour essayer de récupérer quelques voix d’électeurs extrémistes. En plaçant François Xavier Bellamy, brillant philosophe mais très réactionnaire, anti IVG et contre l’extension de la PMA, il est loin de faire l’unanimité dans les rangs de LR.

Dupont-Aignan

Un peu plus à droite, voire entre les deux, Dupont Aignan, très agités, qui veux profiter d’une vacance à droite pour s’implanter profondément avec son parti « Debout la France «. Un temps allié à Marine Le Pen, il prend ses distances tout en proposant des mesures très similaires comme la dissolution de l’assemblée nationale et la mise en place d’un référendum. Il se veut un soutien des gilets jaunes, mais est ce un cadeau pour ces dernier ? Il pense faire un tabac aux européennes en ponctionnant à la fois les électeurs de Vauquiez et de Marine et pour cela il va sillonner la France en camping-car. Bonne route attention de ne pas trop déraper dans les virages à droite !

Marine Le Pen

Dans le parti de Marine Le Pen, le plus dangereux c’est la nièce qui vient astucieusement d’alléger son nom en éliminant d’un coup toutes les références au passé, tout en conservant les mêmes idées. Joli tour de passe-passe, elle reste en réserve de la république (si l’on peut dire) prête à prendre la place de sa tante quand celle ci se sera auto éliminée. Par contre la liste présentée par ce parti risque de faire l’un des meilleurs, sinon le meilleur score aux européennes du fait du rejet de la politique par beaucoup de français qui n’iront pas voter. Lors de la précédente élection la participation était déjà faible de l’ordre de 42 % mais risque d’être encore plus faible en mai prochain comme elle l’était déjà aux législatives du coup si l’on rajoute les votes blancs de plus en plus nombreux, les élus ne représenteront plus qu’une faible tranche de la population ce qui est loin d’être satisfaisant, des élus du peuple qui ne le représente plus vraiment, quid de la démocratie ?

Les gilets jaunes à droite ou à gauche ?

4 février 2019

C’est tout d’abord un mouvement populiste et spontané difficile a cadrer se méfiant des corps intermédiaires et soutenu à la fois par Marine et Jean Luc. Toutefois les soutiens populaires aux gilets jaunes mettent en évidence un clivage social. Ceux qui les soutiennent appartiennent aux catégories socioprofessionnelles modestes et populaires voire moyennes par contre les classes supérieures aisées sont moins enthousiastes. On se retrouve ainsi, dans ce phénomène historique que sont les gilets jaunes,  face à une sorte de lutte des classes chère aux marxistes.

Plus précisément une étude récente montre que le soutien inconditionnel  aux gilets jaunes en fonction des catégories sociales  est de 66 % dans la catégorie populaire, de 59 % dans la moyenne et seulement de 44 % dans la supérieure ou dominent ceux qui ne les  soutiennent pas. Il ressort que ce mouvement est essentiellement anticapitaliste mais sans être hostiles à l’entreprise avec un vieux principe reprendre aux riches pour donner aux pauvres. En effet depuis une trentaine d’années, il y a eu une véritable captation de la production du travail, donc de l’argent, par la caste dirigeante et les rentiers (pardon investisseurs) via notamment une inflation indécente des dividendes.

Une forme de populisme fort (pour ceux qui les soutiennent à fond)  émerge de ce mouvement. Par contre et c’est navrant l’anti capitalisme des gilets jaunes ne correspond pas à une attirance pour la gauche radicale mais au contraire à une appétence vers le Rassemblement National. Ce sont surtout ceux qui ont voté blanc ou nul ou qui se sont abstenus au dernières élections qui soutiennent fortement le mouvement et le danger de leur retour dans les urnes pourrait se traduire en sortie de crise, comme en Italie, par un rassemblement autour de la droite extrême qui va se trouver du coup désenclavée. La présence de Bellamy, conservateur de droite la catholique intolérante, anti mariage pour tous, anti avortement,  en tête de liste de LR pour les prochaines élections est, elle aussi, inquiétante. Où tout cela va nous mener ?  Plutôt vers une droite dure que vers une gauche modérée inexistante et qui pour l’instant est très mole !

Cause toujours, tu m’intéresses !

28 janvier 2019

Lors des déplacements d’Emmanuel Macron dans les campagnes françaises pour  initier son grand débat, des dispositifs impressionnants ont été mis en place pour assurer sa sécurité et surtout éviter toute manifestation des gilets jaunes. Dans les villages retenus, la circulation a été réduite par la présence de barrages filtrants à l’entrée  et surtout par l’interdiction de porter un gilet jaune, sous peine d’écoper d’une amende de 135 euros.

Macron, en lançant ce grand débat national, pour le moment réservé aux élus, veut réduire au silence l’immense majorité des Français qui ne sont rien (ni élu, ni chefs d’entreprises, etc.). Avec deux rencontres par semaine de plusieurs heures devant des maires triés sur le volet, cela s’apparente à une performance, un one-man-show.  Dans le style c’est une sorte de marathon qui fait penser à du théâtre d’improvisation pour le principal acteur qui a fait du théâtre dans sa jeunesse avec madame comme prof et cela se voit.

Ce n’est pas vraiment un débat dans la mesure où c’est une suite de questions/réponses, mais c’est toujours le même qui parle, où sont les échanges ? Le système est biaisé du fait de la présence permanente de Macron et des ses sbires et ce qui devrait être un débat entre français s’apparente plus à un début de campagne de LREM en vue des européennes. Pourtant la campagne pour les européennes est loin d’être commencée, mais se pose pour les autres partis alors le problème des comptes de campagne du parti présidentiel : le coût de ces réunions qui s’apparente pour certains à des meetings sera-t-il pris en compte et à partir de là, combien ça coûte ces shows présidentiels ?

Le président devrait de rendre compte que la cause de la crise politique c’est, entre autre, sa façon jupitérienne d’exercer le pouvoir; il devrait se remettre en question, mais ce n’est pas trop son truc ! Tout d’un coup il s’aperçoit que les maires existent, bien qu’il les ait boudés depuis un an et demi en refusant d’assister, en novembre dernier, au congrès des maires de France et d’y faire un discours comme il l’avait promis l’an dernier; mais les promesses… Par contre dans le même temps il en a invité, plutôt choisi, plusieurs centaines qu’il a reçu à l’Elysée, et auxquels il a parlé, comme un suzerain recevant ses vassaux. C’est quand la révolution ?

Coup d’éclat surprise dans la Drôme, Macron quitte la réunion formatée de maires triés sur le volet pour se pointer, soi-disant de façon impromptue, dans une réunion organisée par son ministre de l’agriculture pro glyphosate avec des gilets jaunes cette fois. Il a répondu à la première question d’un participant avec gilet, mais pendant plus de 10 minutes, noyant le poisson tandis que la salle est restée muette, conciliante écoutant une sorte de bonimenteur en train de leur vendre sa camelote; un papa gâteau « les enfants c’est pas open bar » nous réprimandant comme si nous étions des salles gosses, on croit rêver !

Pendant ce temps là, Chantal Jouanno, présidente de la commission nationale du débat public (CNDP) met les pieds dans le plat. Après avoir démissionné, elle fait remarquer  que le débat proposé par Emmanuel Macron est faussé car très éloigné de la méthode proposée par le CNDP et des contraintes qui en aurait résulté comme pas de sujet tabou ou encore pas de président au milieu de la salle. Ce processus qui devait être politiquement neutre a donc été pris en charge par l’Élysée au détriment de la totale impartialité du processus qui aurait dû être la règle, cela risque ni de convaincre ni de rassurer les gilets jaunes. C’est raté, dommage !

Un premier de cordée qui dévisse !

21 janvier 2019

Un premier de cordée narcissique, Carlos Ghosn, comme les aime notre président a été arrêté par la justice japonaise à sa descente d’avion, de son jet privé bien sûr ! Que ou qui va-t-il entraîner dans sa chute ? Dans un premier temps la bourse et les actions de Renault en France et de Nissan au Japon. Que reproche les japonais à leur soi-disant Demi-Dieu qui était même le sujet d’un manga ? Il est soupçonné d’avoir dissimulé une partie de ses revenus au fisc japonais et d’avoir utilisé des biens de l’entreprise à des fins personnelles, si c’est vrai c’est pas bien ! Il est en garde à vue renouvelable suivant le système judiciaire japonais.

Nous avons du mal à comprendre pourquoi quelqu’un qui cumulait deux rémunérations (ce qui lui a souvent été reproché par ses actionnaires), puisse pratiquer la fraude ou plutôt d’après lui l’omission fiscale sur le conseil de son expert-comptable; en fait comme beaucoup de grands patrons (grand par le salaire indécent), il lui en faut toujours plus. Ainsi en 2014 il perçoit 7 millions d’euros de Renault et 8 millions de Nissan. En 2015 malgré un vote contraire de l’assemblée générale des actionnaires de Renault, le conseil d’administration maintient son salaire de 7,2 millions. En 2016 la part de son salaire variable est réduite de 20%. En 2017 un bidouillage des banquiers de l’alliance Nissan/Renault permet de verser des bonus de plusieurs millions d’euros au PDG et à d’autres collaborateurs échappant ainsi au contrôle des actionnaires. En 2018 il a accepté enfin de réduire son salaire de 30%. En 2019 est-il toujours rémunéré par Renault ?

Voleur et voyou au Japon mais toujours grand patron d’industrie en France, nous ne devons pas avoir les mêmes valeurs que les japonais ! Il semble qu’il n’y ait pas de problème au niveau de Renault aussi en est il toujours le PDG (mais cela ne devrait plus durer très longtemps) en absence de preuve de sa culpabilité. Il est remplacé par un administrateur provisoire tant qu’il est en prison. Par contre au niveau de Nissan, il a été viré dés sa mise en examen.

On découvre tardivement que Carlos Ghosn était exilé fiscale en Hollande; aussi ne payait il pas l’ISF, bel exemple de grand patron français ! La justice japonaise n’est pas décidée à le relâcher, refusant sa libération sous caution et rajoutant à chaque fois de nouveaux chefs d’inculpations lorsque sa garde à vue est près d’expirer. Le dernier, abus de confiance, qui semble particulièrement grave au Japon, risque de le maintenir encore longtemps en prison avant un éventuel procès. Chez Renault, dont l’état est encore actionnaire a 15 %, on commence à s’inquiéter dans la mesure où il est encore théoriquement le PDG ! Mais cette fois un remplaçant a la tête du consortium Renault/Nissan est proposé au japonais. Ghosn est lâché, il va prendre cher !

Autant la justice japonaise est rigoureuse et sévère quoique un peu moyenâgeuse avec peu de droit au niveau de la Défense, à l’inverse en France les grands patrons profitent d’une immunité et d’une grande mansuétude, le Ministre allant jusqu’à déclarer que dans le cas de Ghosn il n’y a rien à signaler concernant sa situation fiscale alors qu’il fait partie des patrons scélérats qui se sont exilés fiscalement ! Ce n’est pas brillant !

En conclusion pour reprendre un bon ou plutôt un mauvais mot récent de notre président, il n’y pas que les pauvres qui déconnent, il y a aussi les riches, Carlos Ghosn en est un exemple !

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