Un grain de sable dans la COP 23

20 novembre 2017

Pour se placer dans l’actualité de la COP 23, le sable une ressource qui s’épuise, mais un sujet dans lequel on parle encore de Macron (il est partout !).

En dehors de l’eau douce ou du pétrole, parmi les ressources qui s’amenuisent,  il y en a une qui est abondamment exploitée par l’homme, bien que l’on ne s’en rende pas vraiment compte, c’est le sable. On pense que cette ressource que nous utilisons en grande quantité dans la construction mais aussi dans les microprocesseurs, dans la fabrication du verre ou des pneus, etc., est inépuisable car lorsque l’on survole le Sahara ou d’autres déserts de sable, on a du mal à croire à un risque de pénurie et pourtant. Pour construire des bâtiments solides il faut du sable qui s’agrège bien et seul le sable marin possède cette propriété et est utilisable pour préparer du béton résistant, ce que nos amis allemands avaient bien compris en nous laissant en souvenir sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique des constructions qui ont bien résisté au temps.

Ce sable marin a été pendant longtemps extrait sur les plages, il faut maintenant aller le puiser en mer mais encore à proximité des côtes ce qui aggrave les phénomènes d’érosion. D’ici 2050 l’augmentation incontournable de la population mondiale va entraîner une accélération des besoins en sable ne serait ce que pour construire des logements ou encore pour produire de plus en plus de verre.

Une prise de conscience de ce phénomène commence à apparaître dans les populations côtières directement concernées comme celles des côtes d’Armor en Bretagne. Les irréductibles bretons de l’association « le peuple des dunes » organisent des manifestations contre l’extraction de sable dans la baie de Lannion et comme par hasard, c’est Emmanuel Macron alors ministre de l’économie qui avait donné son accord à la poursuite de ce projet d’extraction bien qu’il le réfute maintenant, tandis que son ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, considère que ce n’est pas une bonne pratique (heureusement !).  Espérons que cette amnésie présidentielle ne sera que passagère. Ce sable calcaire dit coquiller ne sera pas utilisé dans la construction mais doit remplacer le maërl (produit par des algues calcaires maintenant protégé donc dont l’exploitation est maintenant interdite) afin d’amender les terres et de sabler les routes en hiver.

Pauvre planète que l’homme ne cesse d’exploiter à son profit et donc de la détruire depuis qu’il s’y est installé. Cette surconsommation de sable n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Tout cela est très inquiétant, on est loin du facteur 4 (diminuer d’un facteur 4 les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050) initié en 2003 par le président et son premier ministre de l’époque. Encore que la décision récente de Nicolas Hulot de prolonger les centrales nucléaires va dans ce sens, mais à quel prix, mais les conclusions peu satisfaisantes de la COP 23 concernant les rejets de dioxyde de carbone  vont plutôt dans le  sens contraire.

Pourtant pour certains prévisionnistes 2050 semble être une date butoir où notre civilisation risque de disparaître si l’on n’intervient pas (comme celle des khmers, des mayas), mais c’est surtout notre système économique qui est menacé. Ceci pour deux raisons principales la mauvaise gestion des ressources naturelles et l’inégale répartition des richesses. Tout cela n’est pas inéluctable mais pour éviter le pire, il faut inverser la vapeur et ce n’est pas sur nos nouveaux maîtres du monde, Trump, Poutine et plus localement Macron qu’il faut compter.

Réforme de l’accès à l’Université !

13 novembre 2017

Pas de sélection mais une priorisation, où nos technocrates vont ils chercher cela ? Ou encore pas de pré-requis mais des attendus, ce sont des éléments de langage, des périphrases afin de cacher la réalité sous le tapis ! L’idée reste de limiter l’accès à l’enseignement supérieur plutôt que de se donner les moyens d’accueillir les étudiants qui le souhaitent en augmentant le nombre d’enseignants, de salles de cours et d’amphis. C’est un choix politique avec une logique comptable qui prédomine comme dans beaucoup de choses avec ce gouvernement, la crise a bon dos;  l’époque des trente glorieuses est bien révolue. Par ailleurs, en donnant la liberté aux établissements de gérer leurs règles et leurs capacités d’accueil, l’obligation d’accueillir les perdreaux, pardon les bacheliers de l’année dans chaque académie va disparaître.

Si l’idée d’une étude plus fine des dossiers des candidats désirant accéder à l’Université n’est pas totalement négative puisqu’elle se pratique depuis longtemps et avec succès dans d’autres établissements d’enseignement supérieur, le problème reste son financement. Le coût en temps de travail pour les personnels va être énorme et ce n’est pas programmé dans le budget 2018; par contre un des conseillers de Macron à une idée : «faire travailler plus les enseignants-chercheurs afin de mettre en place cette sélection sur dossier à coût nul ! ». Il est vrai que leurs charges de travail n’ont pas cessé de s’alourdir depuis une dizaine d’années pourquoi pas leur en rajouter une petite couche !

Quoiqu’il en soit les exigences seront différentes suivant les Universités, les grosses vont s’en sortir beaucoup mieux que les petites et pour les étudiants comme d’habitude, les bacs S mieux que les bacs PRO. Il va se mettre en place de fait une ségrégation et une concurrence entre les établissements mais au détriment des étudiants dont le souhait reste quand même de choisir leur avenir et donc leur formation. Le futur système risque de les orienter de force vers des filières qu’ils n’auront pas choisies et les mener aussi sûrement à l’échec que l’orientation par défaut et la sélection par l’échec de l’ancien système. Bien au contraire, plutôt que de les sanctionner il faudrait plutôt les encourager.

Mais tout n’est pas négatif dans ce projet de réforme comme l’idée des remises à niveau à condition qu’elles soient financées; hors supprimer arbitrairement plus de 300 millions d’euros au budget des universités comme l’a fait ce gouvernement en juillet dernier, ce n’est peut être pas la bonne méthode !

Dans ces conditions les étudiants vont ils descendre dans la rue ? C’est l’espoir de Mélenchon sachant que comme le dentifrice une fois qu’il est sorti du tube il est très difficile de le faire rentrer, de la même façon avec les étudiants, une fois sortis des facultés, il est ensuite très difficile de les faire rentrer. Mon expérience de soixante huitard le confirme, j’en suis sorti début mai et n’y suis revenu qu’en octobre, et encore parce qu’il y avait des examens à passer pour valider l’année. Comme disait Geneviève Tabouis dans sa chronique les dernières nouvelles de demain : « Attendez vous à savoir… » quelle sera l’attitude des étudiants et surtout des lycéens actuellement en terminale qui seront très prochainement concernés. L’appel à la grève a été lancé mais il semble que cela ne prenne pas vraiment; la prochaine échéance est celle du 16 novembre, à voir !

La CSG un impôt durable !

6 novembre 2017

La Contribution Sociale Généralisée est théoriquement destinée à financer la protection sociale. Cet impôt sur l’ensemble des revenus, mis en place en 1991, devait être temporaire et n’était à l’époque que de 1,1%. Il a non seulement été maintenu mais il n’a pas cessé d’augmenter au cours des années suivantes. C’est devenu un impôt très rentable qui dépasse maintenant en rentrées fiscales l’impôt sur le revenu.  Les députés viennent de voter son augmentation de 1,7 % pour les salariés et les retraités sans angoisse et pour cause, en ce qui les concerne, du fait de la disparition de l’IRFM (l’indemnité représentative des frais de mandat) remplacée par un remboursement sur justificatifs (factures), ils échappent à la CSG sur cette indemnité et cerise sur ce gâteau fiscal ils évitent aussi la CRDS (contribution à la réduction de la dette sociale). On comprend qu’ils aient voté (du moins les présents) à une large majorité pour cette augmentation qui ne va que partiellement les toucher. On est jamais aussi bien servi que par soi-même.

Dans le projet de Macron cette hausse de la CSG a pour but d’augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs (comme le disait Arlette !) mais de façon indirecte; drôle de concept un impôt en augmentant libère du pouvoir d’achat, on reconnaît bien la pensée complexe de notre nouveau président. Dans les faits pour les salariés cette augmentation ne compense que partiellement la disparition sur leur feuille de paye des charges sociales et des cotisations chômage, de ce fait au bas de leur feuille la somme à payer augmentera très légèrement.

Par contre pour les fonctionnaires ce n’est pas clair, ne payant pas de cotisations chômage le dispositif ne fonctionne pas. Le gouvernement s’engage à mettre en place des indemnités compensatoires afin que cette mesure reste neutre pour les fonctionnaires. De même les travailleurs indépendants seront touchés par cette augmentation sans compensation aussi le gouvernement prévoit de réduire leurs cotisations familiales et maladies.

 Par contre pour les retraités aisés (plus de 1200 € par mois, en dessous on frôle le seuil de pauvreté) notre président a une vision de l’aisance assez éloignée de son propre niveau de vie, cette contribution forcée qui sera prélevée sur leur pension est présentée comme une solidarité générationelle. Comme ci les retraités négligeaient d’aider financièrement leurs enfants et petits enfants ! Pour quelques uns, la compensation viendra mais plus tard de la disparition pour les moins riches de la taxe d’habitation, mais pour les autres c’est plein pot, ils vont cracher au bassinet !

Plus dramatique encore le projet de départ du gouvernement était de rendre cette CSG déductible pour les revenus du travail mais pas pour les pensions des retraités ni pour les revenus du patrimoine. Mais retour en arrière, en fin de compte Bercy va se priver de nouvelles recettes fiscales en rendant cette augmentation de CSG déductible à la fois sur les salaires mais aussi pour les retraités et les revenus du patrimoine. Pour les retraités, le coup de rabot n’est pas passé loin. A croire que ce président ne nous aime pas beaucoup !

Jupitérien, c’est lui qui le dit !

22 octobre 2017

C’est en octobre 2016 qu’Emmanuel Macron s’est défini comme un futur président jupitérien pour se différencier de son mentor François Hollande qui n’était qu’un président normal ! Par cette référence à la mythologie gréco-romaine, il se veut le chef, celui qui pense et prend les décisions pour l’ensemble de ses subalternes en rétablissant une hiérarchie verticale. Pour arriver au sommet, il a créé un mouvement faisant disparaître le clivage gauche/droite, En Marche, un mouvement très jupitérien puisque formé autour de son chef et qui reprend les initiales de son fondateur comme par hasard ! Quelle humilité.

Comme Jupiter il va évincer Hollande qui l’avait pourtant fabriqué en le nommant ministre de l’économie. En se déclarant candidat, il oblige le précédent président à ne pas tenter de renouveler son mandat ce qui était pourtant une tradition dans la cinquième république. Il va ensuite s’autoproduire en séduisant les électeurs par son jeunisme proposant de régénérer la politique en éliminant tous les anciens ; comme dans un tournoi de tennis, d’abord Sarkozy et Juppé qui n’ont pas passé le premier tour et  ensuite Fillon qui s’est auto éliminé en demi finale. En finale enfin, l’affrontement entre une candidate dépassée voulant se présenter comme défendant la France d’en bas face à un concurrent qui semblait répéter son grand oral de l’ENA, très au-dessus de la mêlée enchaînant les coups droits et les revers et finissant par un smatch splendide. Le match était gagné, mais c’était facile dans la mesure où nombre d’électeurs ne souhaitant pas donner leur voix à l’extrême droite ont voté pour lui par défaut. Toutefois nombre d’insatisfaits, dont je fait parti je pense que vous l’avez compris, ont voté blanc ou se sont abstenus.

Une fois ce leader élu, il va s’ingénier à se présenter comme un président exceptionnel qui ne dort que 4 h par nuit donc travaille 20 h par jour (suivez mon exemple !), soignant son image par divers déguisements afin de soit disant se rapprocher des citoyens. Se présentant en guerrier (en tenue de pilote de chasse ou en tenue de la Marine nationale)  ou en sportif (footballeur ou tennisman), il peaufine aussi son image en se mettant en scène lors des cérémonies officielles (marche vers la pyramide du Louvre, remontée des champs Élysée en command car, etc). Comme un empereur romain avant lui,  il s’empare du pouvoir en limogeant le chef d’état-major des armées qui avait osé montrer son désaccord. Pour Macron l’armée (la grande muette) doit être au service du pouvoir politique et non l’inverse. Il pose ses marques pour notre plus grand déplaisir.

Enfin, ce jeune président est un très bon orateur, mais dans ses discours il s’adresse surtout au 30% de citoyens aisés qui ont fait des études supérieures et l’ont élu.  Le 17 octobre pour la journée mondiale de lutte contre la misère, il a fait un discours sur la pauvreté afin de changer son image de président des riches. Cela ne va pas être facile car c’est un sujet qu’il ne doit pas bien connaître, la pauvreté, difficile de parler de son expérience. Face à la pauvreté et en particulier celle des enfants, il dit vouloir faire de la prévention. Mais ce n’est pas en taxant les parents qu’il va réussir à aider les familles nécessiteuses qui sont à l’origine de la pauvreté de leurs enfants. Si l’on se réfère aux mesures fiscales récentes, c’est parti dans la mauvaise direction. Après avoir supprimé l’impôt sur la fortune, maintenu les allocations familiales pour les plus riches, plafonné l’imposition sur les revenus financiers, certaines mesures sont vraiment anti-pauvres comme la réduction des APL ou la suppression des contrats aidés,  par Toutatis il va avoir du mal à convaincre les plus démunis.

Le bordel devrait s’amplifier

16 octobre 2017

Nous n’allons pas pouvoir continuer à accepter toutes les mesures antisociales de ce président inconséquent sans rien faire. Après les manifestations contre la loi travail des syndicats et de la France insoumise, et la grève des fonctionnaires de la semaine dernière avec des manifestations unitaires ce qui ne s’était plus produit depuis 2007, il va falloir prolonger les actions. Malheureusement dix ans après, les revendications restent les mêmes portant sur le maintien du pouvoir d’achat et de l’emploi public, on n’a pas beaucoup avancé. En ce qui concerne la fonction publique, il en faudra plus pour faire revenir le président sur ses promesses électorales comme le rétablissement du jour de carence, ou la suppression de 120 000 postes sur 5 ans. En plus, il en a remis une couche comme le gel du point d’indice et l’augmentation de la CSG non compensée ou dont là compensations est mal définie pour les fonctionnaires qui ne cotisent pas pour le chômage; alors que dans le privé et elle devrait même se traduire par une augmentation de la rémunération; donc deux poids deux mesures, selon que vous serez au service de l’état ou non, les jugements de cour…

Suite à la disparition de la taxe d’habitation, les maires des communes réfléchissent déjà à une modification compensatoire de la taxe foncière qui augmente déjà régulièrement, mais discrètement. Il va être aussi tentant de préparer une nouvelle augmentation de la CSG en particulier sur les retraités puisque c’est tout bénéfice surtout pour ceux qui sont en maison de retraite car dans la mesure où ils ne payent pas de taxes d’habitation il n’y a pas de compensation. Face à cette situation, le président de l’assemblée  nationale propose aux maisons de retraite de baisser leurs tarifs pour compenser la perte financière de leurs résidents, on avait déjà entendu ce type de raisonnement pour une autre mesure (la diminution de 5 € de l’APL qui devait être prise en charge par les bailleurs); comme quoi il y a de la continuité dans ce gouvernement !

D’un autre côté, la suppression de l’ISF est loin de faire un succès, les français  condamnent cette mesure à plus de 45 % et elle est rejetée par des économistes comme Daniel Cohen ou Thomas Piketty; ce dernier la qualifiant de faute morale, économique et historique.Par contre, pour les 0,01 % de ménages les plus aisés c’est du gagnant gagnant, ils ne risquent pas de foutre le bordel dans la mesure où dans le budget 2018 ils vont cumuler la disparition de l’ISF au profit de l’IFI pour 3,5 milliards d’euros d’économie d’impôts avec le PFU qui va leur faire économiser 1,5 milliards d’euros. Ces énormes sommes d’argent risquent d’aller abonder les 300 milliards d’euros déjà placés dans les paradis fiscaux par les 3600 ménages les plus riches et où sont aussi immatriculés les yachts de nos milliardaires. Ces signes extérieurs de richesse ne seraient plus taxés,  puis changement de cap à nouveau ils vont être inclus dans l’IFI. Mais petite mesure fiscale, un seul yacht à été immatriculé en France l’an dernier. Suite à l’interview d’hier soir, en concluant qu’il ne croit pas à la jalousie envers les riches, le président Macron n’a convaincu que 39 %  des téléspectateurs. Enfin il assume l’utilisation du terme bordel comme ses autres dérives langagières comme étant du registre populaire ! Si c’est de cette façon qu’il pense se rapprocher du peuple il se fout le doigt dans l’œil (pour parler peuple comme lui).

Président des riches

9 octobre 2017

Macron dans une démarche d’homogénéité a prévu d’instaurer une « Flat Tax » ou prélèvement  forfaitaire unique (PFU) fixé à 30 % sur tous les revenus financiers dés le 1er janvier 2018, voir plus tôt pour les gros contrats d’assurances vies. Tout le monde à égalité, les moins riches et les plus riches, tout ceux dont le taux d’imposition dépassait les 30 % vont se réjouir, précédemment ils étaient taxés jusqu’à 45 %; cette mesure va exonérer les plus riches de la CSG alors qu’elle augmente de 1,7 % pour les « riches » retraités dont les revenus dépassent les 1200 € par mois,  cherchez l’erreur ! Toujours cet objectif d’économiser à tout prix souvent sur les français les moins riches mais les plus nombreux pour respecter la contrainte européenne des fameux 3%.

Encore que quelques mesures de protection sont prévues. Ainsi les contribuables les moins imposés auront la possibilité de conserver l’imposition au barème progressif. Seul le livret A et le PEA seraient exemptés de cet imposition forfaitaire. Les PEL à venir, donc ouvert après le 1janvier 2018, de même que les assurances vies seront impactés.

Pendant ce temps il exempte de l’impôt sur la fortune les signes extérieurs de richesse comme les Ferraris, les lingots et les yachts, les riches ne vont plus avoir besoin de se cacher ! Le qualificatif de président des riches avait précédemment été  attribué à Nicolas Sarkozy lorsqu’il  avait mis en place en 2007 son bouclier fiscal très favorable aux contribuables les plus aisés. Si on lit la presse récente Macron, en supprimant l’ISF entre autres, l’a largement récupéré.

De son côté, Macron pour protéger les riches a décidé de maintenir le verrou de Bercy; c’est une sorte de monopole que possède le ministère du budget et qui lui permet de décider ou non de poursuites judiciaires envers les contribuables en cas de fraude fiscale avérée. Les délinquants fiscaux ne sont pas traités comme les autres délinquants, car très peu de dossiers (- de 2 %) sont transmis à la justice tous les ans; Bercy préférant les petits arrangement entre amis souvent plus lucratifs et plus rapide.

 Ce monopole devait être supprimé dans le cadre de la loi de moralisation de la vie publique alors que Macron n’était pas d’accord. Le sénat avait pourtant voté pour sa suppression, mais il n’a pas été suivi par l’Assemblée Nationale macroniste. Les riches délinquants fiscaux en col blanc peuvent être rassurés, tant pis pour les autres. Macron est vraiment devenu le nouveau président des riches, sa politique doit les faire revenir sur le territoire national afin ramènent leurs capitaux et qu’ils paient à nouveau leurs impôts en France. Avec sa pensée complexe dont beaucoup se moquent et que l’on ne comprend toujours pas hormis le fait qu’il mène une politique franchement antisociale, on ne voit pas bien où il nous mène mais sûrement dans un mur. Pour finir un slogan, pas très politiquement correct mais parfois il faut se lâcher, que j’emprunte à la CGT : « Pour les riches des couilles en or, pour les pauvres des nouilles encore ! ».

Président des banquiers

2 octobre 2017

 

Ce n’est pas la première fois que nous avons un Président formé chez Rothschild, célèbre banque d’affaire familiale, Georges Pompidou en venait aussi !

Preuve d’amour, Macron a introduit une mesure fiscale en faveur des banques et des assurances travaillant en Angleterre discrètement dans le budget 2018; ces entreprises paient une taxe sur les salaires en place de la TVA et verraient l’an prochain cette taxe disparaître sur la tranche la plus élevée des salaires. Cette mesure devrait aussi s’étendre aux établissements similaires installés en France.

En faisant de telles largesses il espère attirer les banquiers de la City qui devraient fuir l’Angleterre à cause du Brexit, mais cela coûtera quelques centaines de millions d’euros, alors qu’en même temps il repousse dans le budget 2018 au 1er janvier 2019 la hausse automatique des pensions de retraite  compensant l’inflation, ce qui permet d’économiser des sommes équivalentes mais sur le dos des retraités.

Vielle technique déjà utilisée pas ses prédécesseurs : la date de revalorisation des retraites en fonction de l’inflation était à l’origine fixée au premier janvier, c’est ce bon Sarkozy qui le premier l’a décalé au premier avril (quel humour) mais le gentil socialiste Hollande n’a pas été en reste en la repoussant au 1er octobre.

Du coup avec le coup de pouce de Macron, on arrive à un an de décalage donc à un an d’économies. Ce sont les retraités qui y laissent des plumes, mais c’est en douceur car personne ne s’en rend pas compte focalisé sur l’aspect positif et automatique de la mesure; pourtant cette mesure n’est pas négligeable financièrement car c’est un demi mois de pension qui a été confisqué aux retraités en moins de dix ans ! Pour 2017 l’augmentation de 0,8 % est maintenue au 1er octobre mais elle ne concerne que les régimes dit alignés et les retraités de la fonction publique en sont exclus, dommage ! Pour ces derniers seule la retraite additionnelle de la fonction publique (la fameuse RAFP, le plus souvent quelques dizaines d’euros) sera revalorisée, ce sera donc peanuts !

Adepte de la théorie du ruissellement en gavant les plus riches, j’ai peur qu’il faille attendre longtemps avant d’être arrosé; c’est plutôt la méthode de l’essorage qu’il applique en direction des retraités ! En son temps Mitterrand avait dit humblement « Je suis le dernier des grands présidents. Après moi il n’y aura plus que des financiers et des comptables ». Il n’avait pas totalement tort !

Qui sont les fainéants, qui en est le roi ?

25 septembre 2017

Surtout président des jeunes et des diplômés mais toujours d’attaque, Emmanuel Macron avait déjà parlé des gens qui ne sont rien et il en remet une couche en parlant des fainéants, drôle de façon de communiquer. C’est le roi de la formule malheureuse, après « les ouvrières illettrées », «  la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler, etc. », il récidive.

On dirait qu’il n’aime pas ses concitoyens ou du moins ceux qui n’ont pas voté pour lui. En fait à l’inverse de ses prédécesseurs il ne semble pas être le président de tous les français comme le déclaraient les présidents qui l’ont précédé après leur élection. Ils n’avaient pas le choix car candidats de partis politiques institutionnels, ils devaient faire semblant de s’en libérer une fois élus même s’ils pensaient le contraire et ne croyaient pas un mot de leur déclaration.

Pour Macron la situation est un peu différente car son parti politique n’existait pas avant son élection, c’était un mouvement soi-disant ni de droite ni de gauche dont l’adhésion était gratuite, donc sans engagement financier de part et d’autre.

 Pour  rattraper le coup,  l’Élysée tente une explication de texte du discours du président en précisant qu’est désigné par ce terme fainéant l’inaction des hommes politiques des gouvernements précédents, ficelle un peu grosse, difficile à croire. D’autant plus qu’il devrait se regarder dans une glace, car il en a fait parti pendant plusieurs années du précédent gouvernement. En remettant une couche, il a fini par préciser qu’il s’adressait à ceux qui manifestaient contre la loi travail et ses ordonnances. On s’en doutait un peu.

 Il est plus dans la posture d’un roi méprisant que d’un roi fainéant, mais ayant lancé l’idée des fainéants abondamment reprise dans les médias et sur les réseaux sociaux, il va devoir l’assumer. Il a essayé d’allumer un contre feu en recevant à l’Élysée ses deux prédécesseurs à l’occasion de l’obtention par Paris des jeux olympiques de 2024, reconnaissant quand même que le mérite ne lui revient pas et faisant preuve pour une fois d’un peu d’humilité. Mais tout cela n’est pas nouveau, le coup du prédécesseur fainéant Sarkozy l’avait déjà fait vis à vis de Chirac. Je pense que cette formule va rester collée longtemps à ce président antisocial, propre sur lui, mais qui a tendance à perdre son sang-froid de temps en temps.

Macron fait rire, mais jaune

17 septembre 2017

 

En proposant au propriétaire de baisser leur loyer de 5 euros pour compenser la baisse des APL, Macron nous a bien fait rire, mais par contre sûrement rire jaune les dits propriétaires. Depuis des lustres cette aide financière aux locataires les plus démunis va directement dans la poche des propriétaires et ceci au frais des contribuables; aussi l’investissement dans le logement étudiant est un placement rentable. 

Ces aides au logement sont automatiquement inflationnistes, les deux choses étant liées, lorsque les aides augmentent les loyers aussi suivant le principe des vases communicants. Il a eu l’idée géniale de faire payer la connerie de son gouvernement  (les fameux 5 euros enlevés sur les aides au logement des plus pauvres, c’est lui qui l’a dit)  de son gouvernement à ses administrés en demandant aux bailleurs de contrer cette mesure en baissant leur loyer. Il fallait y penser, mais pas sur que cela va faire un succès chez les nantis qui l’ont élu. 

Après avoir voté pour Macron, ce ne doit pas être ainsi qu’ils envisageaient le changement et ils doivent s’en mordre les doigts (référence à une blague qui circule actuellement sur les réseaux sociaux) doivent préférer la disparition partielle de l’ISF. Toutefois le niveau financier entre ces deux mesures n’est pas tout à fait identique, la première, mesure anti pauvres, 5 € de moins multiplié par 6 millions de bénéficiaires ça va faire dans les 3O millions d’euros par mois de ressources pour Bercy alors que pour l’ISF le coût de cette mesure, pour l’état et au bénéfice des 3400 familles les plus riches, est estimée à 3 milliards d’euros par an, on ne joue pas dans la même cour ! Une différence d’un facteur 10 au moins entre les deux mesures sauf que le première dont le but est de boucler des trous budgétaires afin de ne pas dépasser les fameux 3% pour 2017 sera effective dès octobre prochain; l’autre mesure (la modification de l’assiette de l’isf) qui grèvera fortement le budget de l’état ne prendra effet qu’en 2018. D’ici là advienne que pourra !

Et voilà qu’il en remet une couche en envisageant de réduire de 60 euros les APL des habitants des HLM avec en contrepartie une baisse équivalente des loyers par les bailleurs sociaux au détriment de leurs activités. Le gouvernement parle de plan logement on croit rêver, en faisant  2 milliards d’euros d’économies sur le dos des bailleurs sociaux cela ne va réduire les capacités d’intervention des offices HLM et aura des effets secondaires sur l’entretien des bâtiments et donc sur les activités de ce secteur industriel. Comme par hasard le secteur locatif privé est épargné alors que l’état y dépense encore plus d’APL que les propriétaires confisquent souvent à leur profit en augmentant le loyer des minuscules studios loués dans certaines villes universitaires où la demande est forte à des prix astronomiques. Il serait pourtant simple de conditionner le versement des APL à un loyer plafond en le modulant en fonction des villes.

 

 

SÉLECTION À L’UNIVERSITÉ, MACRON VA-T-IL L’OSER ?

10 septembre 2017

Il faut bien reconnaître qu’il y a un problème, certaines formations comme le STAPS ou la Psychologie attirent massivement les bacheliers qui viennent d’obtenir le baccalauréat, ce fameux sésame qui leur ouvre les portes des universités. Toutefois l’université n’est pas une caverne d’AliBaba, les portes sont parfois étroites car les possibilités d’accueil sont limitées entre autres pour des raisons financières ; pour pasticher Rocard : «on ne peut pas accueillir toute la richesse (intellectuelle) du monde ». Et pourtant c’est ce que l’on faisait jusqu’à une époque récente. Sans aller jusqu’à dire comme l’un de nos anciens président visionnaire analysant cette situation : »il y a de la lumière et c’est chauffé », il y a quand même un problème d’accueil.

 

Face à l’injustice du tirage au sort, il faut trouver une solution.  Un certain nombre d’étudiants s’inscrivent dans des filières qui vont les mener à l’échec car ils n’ont pas acquis antérieurement les connaissances indispensables leur permettant de suivre avec succès la première année de licence. Ainsi il parait évident qu’un bachelier qui n’a jamais suivi de cours de biologie au cours de sa scolarité dans le secondaire suivra difficilement en première année de STAPS à moins de faire un énorme effort de recyclage pendant l’été. Dans ces conditions il serait judicieux de lui déconseiller cette inscription même s’il est très bon en sport ! Pour suivre et réussir dans cette formation il faut en effet combiner la tête et les jambes comme dans un jeu télévisé ou avait brillé un futur premier ministre (pas Fillon, rassurez vous !).

 

Le nouveau premier ministre s’est engagé à ce que le tirage au sort disparaisse lors de la prochaine rentrée Universitaire, mais pour empêcher les bacheliers de postuler dans une filière saturée, la seule solution c’est la sélection. Un terme que se gardent bien de prononcer nos dirigeants car il met aussitôt les étudiants dans la rue, ce que craignent tous les gouvernements. Aussi, dans les discours récents sur ses projets pour l’université,  Macron se garde bien de l’utiliser. Plus de tirage au sort à la dernière minute, mais une information/orientation sous forme d’un « contrat de réussite » leur indiquant les pré-requis indispensables dans la filière choisie. Cela devrait permettre d’éliminer en douceurs et sans douleurs certains bacheliers de certaines filières, voire de l’université, mais que faire des exclus ? Il faudra y réfléchir.

Derrière cela se profile l’augmentation des droits d’inscription (la sélection par l’argent comme dans les pays anglo-saxons pour ce gouvernement pro-riches, ce pourrait être une solution) cela fonctionne bien dans ces pays, ruinant les parents pour ceux qui en ont ou obligeant les étudiants à s’endetter pour longtemps. Ce serait navrant, bien que cela existe déjà dans le privé au niveau de certaines formations. Toutefois, il est temps que la sélection par l’échec en première année d’université, qui fonctionne avec succès (si l’on peut le dire ainsi) depuis bien longtemps, disparaisse.

Je pense que le baccalauréat, éventuellement partiellement réformé en donnant plus d’importance au contrôle continu et dont le jury est présidé par un universitaire, doit rester la porte d’entrée à l’université. Mais il faudrait compléter la vérification de l’obtention du bac par l’administration par un examen des notes obtenues par le futur étudiant en première et en terminale et les comparer aux exigences définies par les Universités en fonction des filières choisies. Ce contrôle ou plutôt (évitons les mots qui fâchent) cette orientation pourrait avoir lieu lors des jurys de bac. Du coup la présence d’un membre de l’enseignement supérieur, qui seul est  autorisé à consulter les livrets scolaires des candidats bacheliers, qui jusqu’ici ne servait pas à grand chose servirait enfin vraiment à quelque chose !  Cela risque d’être lourd à gérer mais dans la mesure où je ne risque plus de présider un jury de bac je peux me permettre de faire une telle proposition ! 

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