Macron dans l’Est, un chemin de croix ou un jeu de massacre

12 novembre 2018

Pour le centenaire de le première guerre mondiale un hommage va être rendu le 11 novembre aux maréchaux qui ont mené l’armée française à la victoire. Le problème c’est Pétain, frappé de l’indignité nationale suite à son rôle lors de l’occupation allemande, complice de la déportation des juifs, développant après avoir pris le pouvoir une politique de collaboration très antisémite. Comme certains de ses prédécesseurs qui fleurissaient discrètement sa tombe (de Gaulle, Giscard d’estaing et Mitterrand) Macron a mis le doigt dessus lors d’une interview au cours de son « itinérance mémorielle » (élément de langage pas très heureux et ridicule, très certainement sorti des brillants cerveaux des communicants de l’Élysée).

Ce « Macron World War Tour », pour céder à la mode des anglicismes dont il est friand, est très loin des préoccupations bien plus pragmatiques de ses concitoyens dont l’inquiétude lors de leur « itinérance » journalière est surtout liée à l’augmentation du prix des carburants et en particulier du diésel, générant une fronde qui va s’exprimer dans la rue le 17 septembre. Du coup, en vue des élections européennes le rassemblement national de Marine Le Pen fait jeu égal voire dépassé  la république en marche d’Emmanuel Macron d’après les sondages. Un an après la présidentielle, ils vont se retrouver de nouveau face à face, l’extrême droite profitant des polémiques.

Pour en revenir à Pétain, c’est Macron qui a créé la polémique en évoquant parmi les maréchaux auquel la nation rendra hommage, le grand soldat Pétain ! La porte de sortie trouvée par l’Élysée suite à la gaffe de son président consiste à préciser que l’hommage sera rendu aux invalides et

 ne concernera que les maréchaux qui y sont inhumés. Pétain, enterré sur l’île d’Yeu, ne sera donc pas concerné par cet hommage. Mais avec les prises de parole ambigües de Macron, le mal est fait et la polémique ne cesse d’enfler condamnant son attitude.

 Benjamin Grivaux, le porte parole de l’Élysée, pratique le rétropédalage sur Face Book sans être très convaincant, argumentant qu’il y avait eu confusion entre le discours historique de Macron sur les 8 maréchaux de 14/18 (dont le maréchal Pétain) et les 5 maréchaux qui reposent aux invalides et qui seront honorés. Une fois de plus, nous n’avons pas compris la « pensée complexe » de notre président souvent proche de la provocation. Nous sommes vraiment nuls, rien à voir, bien sûr, avec une récupération des voix de droite !

Au cours de ce pèlerinage, véritable chemin de croix, il ne devait pas s’attendre à des réactions aussi directes et  brutales de ses administrés. Espérons qu’en se rapprochant ainsi du peuple de province, il se soit rendu compte que leur vie est beaucoup moins rose que celle du microcosme parisien qu’il fréquente habituellement.

Pour en finir avec l’organisation de ces cérémonies,  l’état major des armées et les organisateurs civils des commémorations du centenaire avaient dans un premier temps  prévu d’honorer les 8 maréchaux aux invalides (dont Pétain) en présence d’Emmanuel Macron, puis le programme a changé après arbitrage, Macron ne devant plus être présent mais représenté par son chef d’état-major particulier. Samedi donc il n’y a pas eu d’hommage à Pétain, l’affaire est close mais c’est quand même un Joli cafouillage, car cette affaire Pétain et les polémiques qui en résultent, largement reprises par les médias étrangers, va entacher la cérémonie officielle sous l’arc de triomphe en présence de plus de 70 chefs d’états ou de gouvernement étrangers. C’est navrant, espérons que le forum de la paix, prônant le multilatéralisme, qui va faire suite à ces commémorations, va être plus positif. Pendant ce temps Trump est allé visiter un cimetière américain près de Paris, rattrapage de samedi où il avait annulé une visite à un autre cimetière pour cause de mauvais temps, puis il a repris son avion pour rentrer à la maison

Toujours plus de riches !

5 novembre 2018

Nous venons de battre un record avec une augmentation du nombre de millionnaires en France depuis l’élection de Macron : selon une étude suisse (on peut leur faire confiance), 260 000 en plus. Nous sommes ainsi le deuxième pays pour la plus forte augmentation mondiale, il y a de quoi être fier ! Un peu plus de 2 millions de personnes sont millionnaires en France. C’était loin d’être le cas sous le gouvernement précédent au cours duquel ce nombre avait fortement diminué en partie du fait des mesures fiscales touchant les foyers les plus aisés.

Pressuriser les pauvres et les retraités

Avec Macron la situation s’est inversée ce n’est pas la même catégorie sociale qui est pressurisée. Plutôt que les riches, il a choisi les pauvres et les retraités, c’est astucieux car ils sont beaucoup plus nombreux, c’est son côté comptable. Aussi mérite-il son surnom de président des riches, bien qu’il s’en défende, pourtant les chiffres de son bilan sur une année parlent d’eux mêmes.

 Allocataires, tous vos œufs dans un même panier

Il veut en même temps être le président des pauvres en mettant en place un plan pauvreté : 8 milliards d’euros sur 5 ans. En proposant de mettre toutes les allocations dans un même panier, pourtant la croyance populaire dit ne pas y mettre tous ses œufs, il faut espérer que le package ainsi préparé ne tirera pas vers le bas les aides sociales pour faire des économies comme cela a été le cas chez nos ex partenaires européens les anglais. C’était quand même dans le programme de la droite, dont ce président a tendance à se rapprocher de plus en plus. Enfin, il veut responsabiliser les pauvres et en même temps les accompagner vers le travail afin que « le pognon de dingue » qu’on leur donne en allocations soit rentabilisé et que les pauvres ne restent plus pauvres, on croit rêver ! Discours très théorique qui n’a pas vraiment convaincu les intéressés, mais dans la pratique quel va en être le résultat ?

Beau temps pour les milliardaires

Pendant ce temps là, les 38 milliardaires français possèdent autant que 40 % de la population la plus pauvre et parallèlement 1,2 millions de nouveaux pauvres supplémentaires ont enrichit la communauté des populations les plus démunies. Malheureusement, ce boom des milliardaires n’est pas le signe d’une économie florissante mais plutôt d’un système économique défaillant qui laisse de côté, voire exclu complètement, les citoyens pauvres.

Université, de plus en plus d’emplois précaires, avenir compromis pour les jeunes docteurs

29 octobre 2018

Après l’université de Rennes 1, L’université de Lille, pour ne pas la nommer, vient de décider pour équilibrer son budget et éviter de passer sous la tutelle du recteur de ne pas  créer de nouveau poste, ni de republier ceux correspondant à des départs en retraite. Ce sont des mesures à court terme, les importantes économies budgétaires ainsi réalisées permettront de résoudre ponctuellement le problème encore que c’est reculer pour mieux sauter. Pour assurer quand même les enseignements cette université envisage de recruter massivement des vacataires, ATER, enseignants associés de toutes catégories, beaucoup moins coûteux. Ces emplois vont être en majorité proposés à des jeunes universitaires titulaires de doctorats obtenus après au moins 8 années d’études et qui seront rémunérés un peu au dessus du SMIG pour assurer les fonctions précédemment assurées par un fonctionnaire titulaire rémunéré 3 à 4 fois plus. Il ne faut pas avoir fait de longues études de comptabilité pour comprendre le mécanisme.

Sous-dotation

Tout cela se met en place au détriment du rôle essentiel des enseignants-chercheurs des universités qui est de transmettre mais surtout de créer du savoir. Depuis la loi Pécresse de 2007 sur l’autonomie, c’est de la part du ministère une sous dotation récurrente, qui ne prend pas en compte  l’augmentation de la masse salariale due à l’évolution des carrières du personnel qui y travaille, qui est l’une des causes de cette situation financière catastrophique. Espérons que d’autres universités ne vont pas suivre ce mauvais exemple et se tourner plutôt vers le ministère de l’enseignement supérieur qui les finance de façon scandaleusement insuffisante afin qu’il revoie leur dotations.

Emploi de contractuels

Le plus grave dans cette situation, c’est le remplacement d’enseignants chercheurs permanents par des vacataires remplaçables et corvéables à merci ce qui va déstabiliser le système. En effet, un enseignant-chercheur a pour mission d’enseigner mais aussi de créer du savoir et de la connaissance à partir de ses propres travaux de recherche, ce que ne pourra faire le personnel précaire qui va le remplacer. C’est toute la philosophie de l’université et son rôle essentiel dans l’enrichissement scientifique de notre société, en produisant et diffusant du savoir, qui est mis à mal par la politique d’épicier à la petite semaine de ce gouvernement.

Plus généralement notre pays est de plus en plus gouverné par des comptables qui privilégient les chiffres au détriment des humains, c’est navrant ! Après 5 ans sous la présidence d’Emmanuel Macron que restera-t-il de notre pays et de sa devise : de moins en moins d’égalité et de fraternité, c’est sûr, mais espérons le encore un peu de liberté

Macron le francophone

22 octobre 2018

Lors du sommet international de la francophonie, Emmanuel Macron s’est senti investi d’une mission de défenseur de la langue française. Pourtant, pour montrer sa différence vis à vis de ses prédécesseurs et frimer, il n’hésite pas à recourir systématiquement à la langue anglaise, qu’il maîtrise relativement bien, dès qu’il quitte la France. Dans notre pays, théoriquement francophone, les élites ont de plus en plus tendance à s’exprimer en anglais en particulier au niveau de l’Europe  où l’anglais s’est imposé comme une langue commune, au détriment des règles de départ qui donnaient le français et l’allemand comme langue de travail.

 Avec le Brexit on aurait pu penser que l’on allait revenir aux fondamentaux et remettre en cause la domination de la langue anglaise. Mais personne ne semble l’envisager, seul Jean Claude Juncker a eu le courage de prendre position en s’exprimant dorénavant uniquement en allemand et en français.

Pour améliorer l’image de marque de l’Europe et pour que les peuples s’y reconnaissent, l’une des solutions serait de revenir au multilinguisme par contre cela nécessiterait beaucoup de traducteur, mais pourquoi pas, cela permettrait de créer des emplois utiles et réels plutôt que de financer des assistants parlementaires qui profitent du système et se détournent de leur fonction comme le montre les affaires en cours au niveau du Rassemblement National ou du Modem ?

L’élection ou plutôt la désignation, avec le soutien de Macron, comme secrétaire générale de l’ OIF (organisation internationale de la francophonie) d’une ruandaise connues pour ses attaques violentes et répétées contre la France, précédemment ministre des affaires étrangères du Rwanda, pays qui a remplacé, il y a dix ans, le français par l’anglais dans ses écoles, qui a fait fermer le centre culturel français, n’est pas sans poser de problèmes. D’autant plus que ce pays et son président sont loin de respecter les droits de l’homme.

La francophonie est une très belle idée, mais il faudrait aller plus loin pour lutter contre le nationalisme qui se développe; avec 84 états répartis sur 5 continents, le lien de la langue commune  pourrait permettre de créer une véritable communauté francophone dépassant les frontières.

Le français est actuellement la cinquième langue la plus parlée au monde mais dans trente ans, d’après les prévisions, la croissance démographique sur le continent africain fera que le français sera alors la langue la plus parlée sur la planète. Une prévision de l’OIF que notre président avait reprise à son compte l’an dernier lors de son discours de Ouagadougou en précisant qu’il fallait que les africains fasse des efforts pour atteindre en 2050, 700 à 800 millions de francophones, vœux pieux mais quid des moyens.

Les mauvais points de retraite

15 octobre 2018

Pour les fonctionnaires, dont le salaire est nettement inférieur au privé, la retraite a toujours été considérée comme un salaire différé qui compensait les faibles rémunérations reçues pendant leur carrière. C’est pourquoi elle est calculée sur les 6 derniers mois d’activité qui souvent correspondent au salaire le plus élevé mais souvent de surcroît à une promotion de fin de carrière qui améliore encore le niveau de leur pension. Tout ce système est le fruit de longues négociations et d’un compromis entre le gouvernement et les syndicats de la fonction publique en 1948. C’était donc une sorte de contrat entre l’état et les fonctionnaires qu’Emmanuel Macron va rompre et c’est le statut même de la fonction publique qui est remis en cause.

 Fonctionnaires pénalisés

La mise en place d’une retraite par points remplaçant les annuités devrait fortement pénaliser les fonctionnaires et en particulier les enseignants. Calculer leur retraite sur les 25 meilleures années, voire plus, à la place des 6 derniers mois devrait réduire leur pension de 20 %, elle serait soi-disant compensée par l’intégration des primes dans le calcul des points. Toutefois un grand nombre de fonctionnaires, plus d’un million chez les enseignants, ont peu de primes aussi cette mesure ne compensera pas les pertes et loin de là.

Quid des enfants

En ce qui concerne les enfants,  leur prise en compte dans le calcul des pensions devrait être revu; actuellement la majoration à la retraite pour une famille nombreuse de 3 enfants est de 10 %, puis de 5% par enfant supplémentaire. Il faut craindre que ces avantages disparaissent dans la retraite par points, mais rien n’est clair à ce sujet; les droits familiaux devront être revus, mais de quelle façon, personne ne le sait. La seule nouveauté c’est que des points de retraite supplémentaires seront donnés dès le premier enfant alors qu’actuellement il faut au moins 3 enfants pour obtenir une majoration de sa retraite.

Un malus en perspective

Pour le privé, fini les 25 meilleures années, les assurés accumuleront des points tout au long de leur carrière. En théorie ils pourront partir à 62 ans mais l’idée d’un âge pivot fait son chemin afin d’inciter les français à travailler plus longtemps. Avant cette âge, qui pourrait être de 63 ans ou plus, il y aurait une décote de la pension jusqu’à ce que cet âge soit atteint. Ce dispositif va déjà être mis en place pour les retraites complémentaires en 2019 avec une décote de 10 % pendant 3 ans pour ceux qui sont nés en 1957 et après.

L’égalité 

La grande idée égalitaire, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, reste  qu’un euro cotisé devra donner les mêmes droits dans le public et dans le privé, autrement dit les salariés du privé et les fonctionnaires seront traités (bien ou mal) de la même façon; le risque c’est que le nivellement se fasse par le bas. On ne pourrait être que d’accord à la mise en place d’un système équitable si derrière tout cela ne se cachait pas la crainte d’une baisse des pensions pour tous, car la question qui reste non résolue est le mode de calcul du point et sa valeur, et surtout sa dépendance et son évolution en fonction de la conjoncture économique. 

Une inconnue, la valeur du point

Les français restent méfiants face à cette réforme craignant qu’à terme un gouvernement encore plus libéral que l’actuel intervienne en  diminuant la valeur du point entraînant une baisse des pensions afin d’inciter les français à se tourner vers les assurances privées. C’est le rêve des patrons, une privatisation progressive des retraites avec la mise en place de fond de pensions et les travers de ce système que l’on connaît dans d’autres pays. Enfin si la Suède sert de modèle à cette réforme des retraites, force est de constater que les suédois ont beaucoup perdu depuis que ce système est en place. De plus comme il se régule et s’ajuste automatiquement tous les ans sur les cotisations collectées, lorsqu’elles sont moins importantes la retraite baisse ce qui est arrivé deux fois en vingt ans. C’est donc une épée de Damoclès au-dessus de la tête des pensionnés. Pour rassurer la population, le gouvernement précise que  le système par répartition sera maintenu et que la réversion au dernier survivant sera maintenue

Astuce le texte final ne sera présenté qu’après les élections européennes, on ne sait jamais !

Les rats quittent le navire

8 octobre 2018

Expression très ancienne correspondant, à l’époque des bateaux à voiles, au départ des rats du bateau avant qu’il ne largue les amarres par crainte d’une tempête voire d’un naufrage !  Maintenant elle est fréquemment utilisées lorsque l’on veut signifier que les gens se désolidarisent d’un projet voire d’un gouvernement parce qu’ils ne voient pas d’issues ou de solutions viables.

Avec le départ de Gerard Collomb faisant suite à celui de Nicolas Hulot, il semble y avoir un malaise au plus haut niveau de l’état, d’autant plus qu’ils n’y mettent pas les formes en claquant les portes sans suivre les procédures hiérarchiques l’un annonçant sa démission sur France Inter, l’autre son départ définitif contre l’avis de son président dans Le Figaro ! Traditionnellement, c’était plutôt le président qui virait ses ministres, avec Macron c’est le changement c’est lui qui se fait quitter par ses ministres, il n’est plus maître du temps.

Depuis son élection, 7 ministres ont démissionné pour diverses raisons, pour mémoire en premier Bayrou et Marielle de Sarnez, puis Sylvie Goulard, tous trois à cause de la présence d’emplois fictifs dans leur parti, Richard Ferrand pour malversations mais il est revenu par la fenêtre comme président de l’assemblée nationale, Laura Flessel pour ses problèmes avec le fisc. Pour Macron tout cela n’est que péripéties, il est au-dessus de tout, toujours dédaigneux, capitaine jupitérien qui nous mène en bateau jusqu’à son naufrage lors des prochaines élections, du moins on peut l’espérer.

A force d’affirmer et de répéter qu’il n’y a pas de crise politique suite à ces démissions successives, on commence à se demander où il va. Avec 23 % d’opinions favorables en septembre il a touché le fond, en dessous de son score du premier tour des élections présidentielles. Il remonte légèrement (de 2 points) début octobre mais cette rémission sera peut-être de courte durée on peut l’espérer; en effet la démission à rebondissements du ministre de l’intérieur montre une fois de plus l’amateurisme de ce gouvernement de jeunes incompétents (les vieux sont partis) et de son président dont la pensée est complexe mais l’action concrète bien décevante. Hulot et Collomb ont démissionné car ils ne voulaient plus assumer la politique de Macron à tel point que Collomb a laissé une peau de banane à son successeur et dans un premier temps à Edouard Philippe en précisant que dans certains quartiers l’Islam politique et les trafiquants remplacent la république donnant des conseils : appliquer une politique répressive et imposer la laïcité dans les cités. Il pousse encore le bouchon plus loin puisqu’il a déclaré qu’il ne se présentera pas au municipales de Lyon sous l’étiquette LREM, la rupture est consommée

Macron Plan Plan et Rataplan

1 octobre 2018

Après le plan banlieue de Jean Louis Borloo reporté aux calendes grecques par Emmanuel Macron, il y a eu le plan pauvreté qui vient de sortir et tout de suite le plan santé puis le plan vélo, quatrième de la série, la suite au prochain numéro. Dans son plan santé, Macron semble avoir oublié la moitié des intervenants (plus de 600 000), les petits, les sans grades, qui jouent pourtant un rôle primordial dans le dispositif de soins; j’ai nommé les infirmières et autres aides soignantes.

Par contre il invente un nouveau métier d’assistante médicale formée en un an, au service des médecins et employées par eux, c’est astucieux l’état ne les emploie pas donc pas de fonctionnaires en plus, mais il fera verser par les collectivités locales un dédommagement aux médecins afin de participer au financement d’une partie de leur salaire, c’est tout bénéf pour le budget de l’état, il n’est pas l’employeur et cela ne lui coûte rien. Ce seront des sortes d’infirmiers low-cost qui devront jouer le rôle de secrétaire mais aussi qui devrons préparer les patients en vérifiant certains paramètres comme la température voire la tension, les peser et les mesurer, les installer sur la table d’examen après les avoir fait déshabiller et pourquoi pas la journée finie lui faire balayer les locaux ! Tout cela  inquiète les vrais infirmiers car cela risque encore de dévaluer leur métier déjà très mal rémunéré.

Alors qu’il n’y a que 200 000 médecins sur 2 millions de personnels de santé pour Macron la santé ce sont eux et eux seuls. Il ne change pas, toujours attiré par les premiers de classe et dédaignant les catégories subalternes. Tout de même dans ce plan, un point positif, la suppression du « numerus closus » pour les étudiants en médecine, il faut quand même le reconnaître ! Fini le barrage aberrant à la fin de la première année qui pendant des décennies a éliminé des étudiants motivés sur des critères peu satisfaisants et laissant souvent passer des individus plus attirés par la rémunération que par la médecine.

Une réforme récente (la PACES puis remplacée par PluriPass) a essayé de moduler quelque peu ce dispositif en essayant de récupérer et de réorienter les étudiants brillants, mais éliminés par le système, vers d’autres filières. Sur ce problème de sélection en médecine, un film intéressant : « Première année «  est sorti récemment, toutefois très réaliste, je le déconseille aux futurs étudiants en médecine qui risquent d’être découragés après l’avoir visionné. Prochainement (en 2020) sans barrage en première année et 3 années  communes pour les professions de santé, les écoles de médecine risquent d’avoir des difficultés à gérer la masse d’étudiants que cela va générer.     

Pendant qu’on y est un plan vélo. Après avoir mis des bâtons dans les roues de ses concitoyens avec ses nombreuses mesures antisociales, Macron va les enlever au niveau des vélos ! En proposant un financement sur 7 ans qui dépasse largement son mandat à moins qu’il ne redouble ce qui serait dramatique. Il veut que les gens aillent au travail en vélo et pour les inciter il prévoit une prime. Mais si l’on regarde d’un peu plus loin ces mesures sont destinées aux citadins, aux bobos parisiens, quid des campagnards et les maires des petites communes n’ont pas trop apprécié d’être mis de côté voire oublié. S’il est agréable de faire du vélo le week-end à la campagne, pour aller travailler c’est une autre histoire; arriver en sueur quand on vient de loin pour sa journée de travail, à moins de reprendre une douche ce n’est pas agréable ni motivant.

Macron et les derniers de cordée

24 septembre 2018

Il vient de publier son plan anti pauvreté. Alors que la pauvreté est le produit des inégalités sociales, Emmanuel Macron a, comme sur beaucoup de choses, une vision néolibérale concernant les causes de la pauvreté il met en avant les accidents de la vie et la malchance. Pourtant trois quarts des français ne sont pas convaincus par la capacité de Macron à lutter contre la pauvreté si l’on regarde les derniers sondages. Sa politique reste orientée vers les citoyens les plus aisés. Pour les plus démunis, il propose un revenu universel d’activité; on pourrait penser qu’universel veux dire que l’on verse la même somme à tout le monde mais pas du tout.

C’est le troisième terme qui change tout, pour Hamon c’était un revenu universel de subsistance de 600 € versé à tout citoyen dénué de ressources sans autre condition. Chez Macron c’est un revenu universel d’activité qui complétera des revenus préexistants et cela change tout car pour en bénéficier l’allocataire devra répondre à plusieurs critères. Son attribution sera conditionnée aux ressources de l’individu ou de sa famille et il devra s’inscrire dans un parcours d’insertion. Il bénéficiera d’un accompagnement et d’une aide, mais il perdra cette aide financière s’il refuse deux propositions d’emplois dits raisonnables ! Où va se nicher la raison !

D’un point de vue financier, ce plan est loin d’être satisfaisant : 2 milliards par an pour 8 millions de pauvres, tout calcul fait cela donne 70 centimes d’euros par jour et par pauvre alors qu’il a rendu plus de 3 milliards à 300 000 français qui étaient assujettis à l’ISF. Ce sera insuffisant pour régler le repas de cantine à 1 euros proposé par Emmanuel Macron.

Dans son plan il a oublié l’un des aspects de la pauvreté la difficulté à se loger; sans oublier les  SDF, ils y en a beaucoup, qui bien que travaillant, ont du mal à payer leur loyer et sa réforme des APL ne va sûrement pas améliorer les choses.

Pour les futurs pauvres que sont les chômeurs, il leur propose de traverser la rue dans les clous (sûrement) pour trouver n’importe quel boulot; pour les retraités fortunés (plus de 1 200 € par mois !) en augmentant la CSG, en ne revalorisant pas leur retraite, il les envoie dans le mur ! 60 000 chômeurs de plus en un an et 600 000 pauvres de plus en 10 ans, il faudra bien plus qu’un plan croupion pour résoudre les problèmes de notre société inégalitaire.

 

Pas tous égaux devant les pompes funébres

17 septembre 2018

Dans le cadre de la loi de la moralisation de la vie publique, les députés se sont votés une exonération de la CSG sur leurs frais de mandat parlementaire, vous allez me dire ce n’est pas grand chose, 400 et quelques euros par an; mais un sou, c’est un sou, disait ma grand-mère et on ne voit pas ce qu’il y a de moral là-dedans. Mais pas de chance, ils sont rattrapés d’un autre côté par la réduction de leur indemnité pour frais d’obsèques qui pouvait atteindre quand même plus de 18 000 € au maximum et est maintenant ramenée à 2 350 € c’est plus raisonnable. On peut se demander quel est l’intérêt d’une telle prime dans la mesure où ils n’en bénéficient qu’après leur mort ou du moins leur veuve. Mais dans la mesure où ils peuvent aussi l’utiliser pour les obsèques de leur femme ou de leurs enfants à charge cela devient intéressant de leur vivant. 

En année pleine, comme en 2017, le coût pour l’état de cette allocation dépassait les 500 000 € aussi, en période de restriction budgétaire, sa réduction n’a rien de scandaleux; pourtant certains députés ne sont pas satisfaits de cette décision, prise par le bureau de l’assemblée nationale sans qu’ils en aient été informés au préalable, argumentant que si l’on supprime tous les avantages liés à leur fonction, il risque de ne plus y avoir de candidats pour faire de la politique. Pas sûr quand même, car il y a d’autres avantages au niveau de ce statut d’élus de la république, une indemnité mensuelle conséquente de l’ordre de 7 000complétée par une indemnité de représentation de presque 6 000 € et en plus un crédit de presque 10 000 € pour rémunérer ses assistants parlementaires et j’en passe. On ne va pas pleurer et beaucoup de français seraient satisfaits de ces rémunérations. De plus cette prime d’obsèques est à vie, si l’on peut dire, dans la mesure où elle est maintenue même après avoir quitté l’assemblée pour les anciens élus.

En ce qui concerne les sénateurs, une allocation dite funéraire correspond à 6 mois de rémunération est versée pouvant atteindre jusqu’à 36 000 € dont le reliquat après paiement des frais d’obsèques reste acquit à la succession ! Au décès le conjoint survivant continue à toucher 60 % de la pension et les enfants 10 %. Macron a raison, il faut réformer leur retraite. De plus la protection sociale des sénateurs est exceptionnelle, car ils bénéficient d’une caisse autonome de sécurité sociale qui assure les prestations de maladie, de maternité et de décès. Il y a même une caisse de retraite, propre au sénat et largement bénéficiaire, qui leur assure le versement de leurs pensions avec une complémentaire qui leur assure une retraite deux fois et demi plus élevée que celle des députés et s’ils ne sont pas réélus, on leur verse une aide au retour à l’emploi conséquente mais quand même dégressive pendant 3 ans. Elle est pas belle la vie … de sénateur ?

Le Véganisme : religion ou mode de vie ?

10 septembre 2018

 Issu d’une famille (trois générations de charcutier) qui a prospéré grâce à la viande de porc, il m’est difficile de comprendre le développement récent du moins en France de ce mouvement nutritionniste. Ses origines, comme beaucoup de choses pas toujours excellentes qui nous viennent de là-bas avec souvent beaucoup de retard, sont Nord américaines. En effet le véganisme est apparu à la fin de la seconde guerre mondiale aux USA sous forme d’une « Vegan society » qui en a donné une définition : « philosophie et façon de vivre qui exclut toute forme d’exploitation des animaux que ce soit pour se nourrir ou s’habiller et pour tout autres usages ». En France c’est beaucoup plus récent une « Vegan Society » n’a été créée qu’en 2010 et le terme n’est rentré au Larousse qu’en 2015. 

Ce mouvement prône l’arrêt de la consommation de viande par les humains faisant fi du fait que se nourrir de viande fait partie de l’histoire de l’homme. Ce mode de vie n’est ni écologique ni éthique comme ses adeptes ont tendance à le présenter et à le croire. En effet, les plantes comme les animaux sont des êtres vivants; si le véganne respecte la partie animale, il néglige le monde végétal et le cri de la carotte lorsqu’on la râpe (on ne sait encore que très peu de choses sur la sensibilité des plantes hormis qu’elles sont parcourues de micro courants électriques véhiculants de l’information). Si le véganisme présente quelques points communs avec les religions comme les interdits alimentaires et une tendance au prosélytisme; plus précisément le véganisme porte un mauvais coup à notre mode de vie, au monde agricole en général et en particulier à nos relations avec les animaux en essayant de nous culpabiliser.  Loin d’un comportement écologique ils sont responsables du développement d’un nouveau volet de l’industrie agroalimentaire qui leur fournit des produits sans protéines animales comme les plus récents : « les knakis végétals » qui viennent d’être mis sur le marché ou « le salmon végétal marin » fausses tranches de saumon  à base d’algues et en particulier d’une espèce : odontella aurita que j’ai utilisée comme modèle dans de nombreuses expériences (responsable mais pas coupable). 

Les Vegan si l’on y ajoute les végétariens restent peu nombreux, environ 5 % de la population française par contre ils ont une audience importante réhabilitant la notion de « bien » : eux-mêmes les mangeurs de carotte et de « mal »: les omnivores mangeurs de biftecks, morale binaire rassurante et simpliste, d’où son succès. Aussi les non végans doivent se justifier alors que ce sont les végans qui portent préjudice à notre mode de vie même si, il faut le reconnaître, notre système d’alimentation est trop centralisé avec plus de 65% d’insatisfaits; il est dans la main des industriels de l’agroalimentaire alors qu’il faudrait faire évoluer le système actuel d’agriculture productiviste qui nous fournit de la mauvaise viande et de mauvais fruits et légumes en dégradant le milieu et au détriment des petits paysans. Cela bouge mais très doucement.

Ceci étant dit, le veganisme n’est pas la solution à ces problèmes. Ils ne vont ni sauver les animaux, ni l’agriculture bien au contraire. Ils prônent la disparition de l’élevage, et de la polyculture qui y est associée, pourtant pourvoyeurs des amendements indispensables à l’entretien et à l’enrichissement des sols où poussent leurs legumes. D’un point de vue santé, l’alimentation Végane est loin d’être une panacée en-dehors des nombreuses carences qu’elle génère et en particulier la carence en vitamine B12,  les végétariens semblent avoir une espérance de vie plus longue que les omnivores, ils consomment malgré tout en plus des légumes des produits provenant de l’élevage comme le lait, les fromages et les œufs. Les végans au régime ultra-sans viande c’est moins sûr car ils doivent consommer des protéines d’origine végétale mais le plus souvent  transformées en faux produits carnés. En supprimant toute relation avec le monde animal, ils s’enferment dans les villes, se coupent du milieu naturel et se placent sous la dépendance d’une alimentation industrielle. Les militants végans se prennent pour des révolutionnaires alors que ce sont de dangereux intolérants qui menacent de nous mener à la famine en nous ramenant à l’agriculture prédatrice des temps anciens, et en reniant les avancées que sont la polyculture et l’élevage.

Pour finir, la tolérance n’est pas une vertu du véganisme ainsi les bouchers-charcutiers en viennent à demander la protection de la police face aux agressions de groupuscules végans au nti-viande et anti-élevage. Il y a encore pire que les végans, les antispecistes qui considèrent qu’il n’y a pas d’espèces supérieures aux autres. Ils ont ainsi protesté contre l’utilisation des pigeons voyageurs durant la guerre 14/18 qu’ils considèrent comme une exploitation de l’animal en taguant sur le monument au mort érigé à leur mémoire « stop spécisme ». C’est pousser un peu loin la bêtise, mais  comme disait merveilleusement Audiard dans la bouche de Lino Ventura, les cons ça ose tout…

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