Ça marche pour « En marche »

24 juillet 2017

 

Alors que le Parti socialiste et que les républicains vont être obligés de mettre en vente leurs sièges afin de rééquilibrer leurs budgets, le parti d’Emmanuel Macron va engranger plus de 100 millions d’euros sur 5 ans, de quoi voir venir. Ses militants qui avaient adhéré gratuitement vont pouvoir poursuivre leur activité militante sans avoir à débourser un centimes d’euros, ce qui n’est pas très courant dans les partis politiques et j’en sais quelque chose. Maintenir la gratuité, c’est astucieux et au lieu de voir fuir les adhérents qui ne veulent plus financer des partis dont ils ne sont  pas satisfaits, au contraire à LREM ils en ont pour leur argent, si je puis dire, et ne sont pas prêt d’être exclus pour non paiement de leurs cotisations.  

Par contre, dans les autres partis les militants vont disparaître, on compte ses sous et on vend les bijoux de famille. Du coup en marche devient le premier Parti de France en nombre d’adhérents et  à un tarif défiant toute concurrence, cela risque de durer longtemps. Le Parti politique gratuit c’est un nouveau concept qu’il fallait inventer, Macron l’a fait, très intelligemment, il faut le reconnaître. Advienne que pourra, mais dans ces conditions il est difficile d’évaluer l’engagement et la motivation des adhérents, ce n’est peut être pas le but. En Marche, venant de rien pour arriver nulle part, bientôt au bord du précipice, ils n’auront plus qu’à faire un pas en avant et le but sera atteint ! Mais pour l’instant, ce n’est pas tout à fait vrai car ils ont quand même réussi à investir l’assemblée nationale, maintenant majoritaire ils vont pouvoir faire la pluie et le beau temps, espérons que la météo nous sera favorable !

Mais si l’on suit l’actualité ce n’est pas toujours le grand beau fixe. Le nouveau premier ministre avec sa barbe noire est aussi sinistre que le précédent aux gros sourcils et à du mal à se conformer aux promesses de son président, tergiversant sur les dates de leurs mise en place  comme la suppression partielle de la taxe d’habitation repoussée puis avancée,  de la modification de l’impôt sur la fortune, etc. Par contre en ce qui concerne l’augmentation de la CSG dés janvier 2018, il semble que le calendrier soit maintenu et c’est bien dommage, on en demandait pas temps !

Macron économies

17 juillet 2017

Le « like motive » de ce nouveau gouvernement : faire des économies, mais au dépend de qui ou de quoi, afin de se soumettre aux règles européennes du 3 % de déficit. Pourquoi 3 % plutôt que 4 ou 2, personne ne peut l’expliquer, c’est comme cela, circulez y a rien à voir ! C’est sous Francois Mitterrand que ce dogme des 3 % a été conçu. Ce rapport du déficit au PIB est sorti du cerveau d’un jeune technocrate associé au frère de Dominique de Villepin ; après calcul ce rapport était tombé sur le chiffre 3, magique et hautement symbolique (la sainte trinité, les trois grâces, les trois rois mages, les trois dimensions, les trois petits cochons, etc., la liste est longue) mais totalement au hasard, il a été retenu sans aucune réflexion théorique. On nous fait croire que l’économie est une science dure, mais on finit par en douter; c’est plus une science molle nourrie de querelles idéologiques et de courants de pensées contradictoires, la preuve on distingue des économistes de droite et des économistes de gauche.

 En 1992, lors du traité de Maastricht, l’Europe  adopte cette règle française comme critère pour entrer dans la zone euro. Alors que les allemands étaient très favorables à cette mesure contraignante car ils voulaient de la rigueur pour ne pas payer pour les autres membres, ce sont eux les premiers qui ne l’ont pas respecté dés 2001 comme par hasard (faites comme je dis pas comme je fait, classique) et, comme il n’y a pas eu de sanction, les autres pays dont la France ont suivi ce mauvais exemple. Le but était de réduire l’endettement mais cela n’a pas marché car la dette n’a cessé d’augmenter, les gouvernements précédents ayant fait de la cavalerie, en empruntant pour rembourser les dettes précédentes, situation kafkaïenne. 

Ce nouveau gouvernement va t il faire mieux ? Il veut faire des économies mais il tâtonne et à du mal à respecter les promesses de son jeune et fougueux président, tergiversations comme sur la taxe d’habitation. Par contre les économies il sait sur qui il va les faire; deux catégories mal aimées par ce jeune président sont particulièrement ciblées les retraités avec le coup de la CSG qui va rapporter quelques milliards et les fonctionnaires dont le point indiciaire va être bloqué ce qui économisera quelques milliards. Par ailleurs il veut fait des économies au niveau du fonctionnement des ministères en réduisant le parc automobile par exemple, mais cela ne va sûrement pas suffire, d’autant plus que si l’on remplace les véhicules à essence par des voitures diesels qui consomme moins et dont le carburant est moins cher, ils vont être en contradiction avec leur ministre de l’environnement.

 Il prévoit de faire des ponctions sur les budgets de tous les ministères avant la fin de l’année  et en particulier sur celui qui me touche de près même si je n’y émarge plus vraiment, celui de l’enseignement supérieur et de la recherche déjà exsangue et qui doit encore économiser 331 millions d’euros. Mais rassurez vous après un prélèvement significatif cette année (850 millions en moins, ce qui a fâché le chef de l’état major des armées remis en place par le président), il a promis que le budget de l’armée augmentera d’environ 7 % en 2018.

 Par contre la TTF (taxe sur les transactions financières), pour laquelle il s’était déclaré favorable quelques jours avant son élection pour une mise en place à la fin de l’été, est mise sous le tapis soi-disant pour ne pas faire de peines aux banquiers, des gens fragiles quand on touche à leur argent et il sait de quoi il parle ! Dans la même veine un petit cadeau aux plus riches la modification accélérée donc dès 2018 de l’ISF, qui va faire perdre plus de deux milliards d’impôts à l’état, le plafonnement à 30 % de la fiscalité sur les revenus du capital, on rêve !  Le premier sinistre (ministre pardon, pour reprendre une terminologie du canard) annonce une baisse de 7 milliards d’impôts, puis 11,  mais pour qui et pourquoi ? En imposant les moins riches pour alléger les impôts des plus riches (1 % des contribuables), on voit se dessiner une nouvelle politique au détriment des « gens qui ne sont rien » pour citer Macron. Avec de telles mesures qui vont faire baisser leur pouvoir d’achat, ces derniers seront bientôt moins que rien…

 

Agroalimentaire, encore une sorte de minerai

8 juillet 2017

Il y a quelques années, le minerai de viande de cheval utilisé à la place  du bœuf dans les lasagnes congelées avait fait scandale et la une des journaux. Ce terme de minerai qui était jusque là réservé à l’extraction du fer ou du charbon venait de passer dans le domaine de l’agro-alimentaire pour désigner de la viande hachée de mauvaise qualité fabriquée avec tous les déchets (des tendons, des nerfs, des morceaux de viscères, etc.) qui restent après la découpe de la viande de boeuf dans les abattoirs. Toujours d’actualité, elle permet de préparer des plats cuisinés congelés de mauvaise qualité mais bon marché et gênèrent de gros bénéfices.

 Depuis on avait un peu oublié tout cela, mais une sorte de  nouveau minerai dans le sens d’une nouvelle ressource pour l’agroalimentaire est apparue, issu de ce que l’on dénomme la pêche minotière qui consiste à prélever des petits poissons comme les sardines, les maquereaux, les harengs, les sprats, etc., pour en faire de l’huile mais surtout de la farine de poisson d’où l’appellation qui fait référence au meunier. Cette farine de poisson, dans un premier temps destiné à l’aquaculture, est aussi utilisée pour nourrir les porcs et les volailles qui a priori ne mangent pas de poisson (même le vendredi !). Du coup, on nomme ces poissons, les poissons fourrages servant de nourriture à d’autres animaux alors qu’ils pourraient être directement consommé par l’homme ! Ce qui est dramatique ce sont  les quantités pêchées qui sont très importantes et ne cessent d’augmenter, chiffrées à plus de 25 % du poisson prélevé sans discernement en mer. L’impact est catastrophique à la fois sur le fonctionnement des écosystèmes marins et plus directement sur les populations fragiles qui vivent sur les côtes et qui habituellement s’en nourrissent (plus de 4 milliards d’individus) mais aussi sur les prédateurs de la chaîne alimentaire comme les gros poissons carnivores, les oiseaux et les mammifères marins qui en ont besoin pour survivre.

A l’inverse après une période d’interdiction suite à la crise de la vache folle, les poissons d’élevage sont de nouveau nourris avec des PAT acronyme de « protéines animales transformées », soi-disant fabriquées maintenant à partir de produits d’abattage provenant d’animaux sains. La boucle est bouclée, les poissons mangent de la viande et les cochons du poisson, au plus grand profit de l’industrie agroalimentaire. C’est navrant alors que ces protéines indispensables, on pourrait se les procurer à partir d’élevages d’insectes ou de microalgues bien sûr! Mais ce serait moins rentables pour les actionnaires des grandes multinationales et ce n’est pas la mise en place du CETA qui vient d’être voté par le parlement européen ou l’accord commercial récent sur l’agro-alimentaire avec le Japon qui va arranger les choses. 

Loi sur la transparence, la lutte contre les conflits d’intérêts c’est pas gagné

3 juillet 2017

Avoir une Assemblée Législative remplie de députés et de députées issus de la société civile va amplifier une situation qui n’est pas nouvelle (les exemples sont nombreux dans les précédentes législatures), mais qui va s’aggraver, celle du conflit d’intérêts. Cette notion  avait déjà  été définie dans la loi sur la transparence de la vie publique de 2013 : « toute situation d’interférence entre un intérêt publique et des intérêts publiques ou privés qui est de nature à influencer l’exercice d’une fonction publique ». Pour être plus précis le responsable public ne doit pas détenir un intérêt direct ou indirect, c’est à dire une activité professionnelle pour lui ou sa famille qui pourrait interférer avec l’exercice de sa fonction publique. Cette notion est même étendue à une détention d’action d’une entreprise, à un autre mandat électif, à des activités rémunérées jusqu’à des activités bénévoles voire des fonctions honorifiques.

Si certains des nouveaux députés se sont engagés à cesser toute activité en dehors de leur mandat, c’est loin d’être le cas de tous, en particulier la fameuse activité de conseil que Macron avait promis d’interdire aux futurs parlementaires mais qui était encore autorisée dans la précédente magistrature; si le député était déjà consultant avant son élection, il pouvait poursuivre ses activités. Une faille dans la loi de 2013 dont avait largement profité l’ineffable Fillon (notre champion sarthois dans le cumul des rémunérations) en créant sa société de conseil quelques jours avant son élection comme député de Paris. Mais promesse de Macron non tenue pour de soi-disantes raisons juridiques, les nouveaux députés peuvent comme précédemment conserver cette fonction, pourtant génératrice de conflits d’intérêts, si elle a débuté depuis plus d’un an.

 Si l’on regarde de plus près au niveau des ministres, c’est pire, celle de la culture par exemple, Françoise Nissen, est toujours propriétaire d’Actes Sud alors qu’elle suit à Bruxelles les négociations sur la TVA du livre électronique. La ministre de la santé a dans le temps participé au conseil d’administration de Novartis et sa première décision sur la vaccination obligatoire ( 11 vaccins au lieu de 3 pour les enfants sur une période d’essais de onze mois),  intéresse au plus haut point ce laboratoire qui en fabrique. Le premier ministre lui-même qui fut employé par AREVA va devoir arbitrer la recapitalisation de cette société pour 4,5 milliards d’euros, excusez-moi du peu, comment être impartial dans ces conditions.

 Pour tous ces exemples, il y a soi disant prescription du fait de leur ancienneté, mais à l’usage cela ne se vérifie pas vraiment! Tout cela n’est pas nouveau déjà sous hollande, il faut se souvenir de Fioraso (encore elle) qui fut déchargée par décret de sa tutelle sur les activités de recherche du CEA dans la mesure où son mari y avait des responsabilités importantes; de Cahuzac, qui était Ministre du budget, alors que la direction des finances publiques enquêtait sur ses comptes cachés.

 En fait rien ne change, toutes les bonnes intentions de transparence de ce gouvernement n’ont pas tenu longtemps et ce qui a juste changé, ce sont les bénéficiaires, les vieux loups professionnels de la politique ont laissé la place à des novices plus jeunes issus de la société civile. Génération spontanée (avant Pasteur on croyait que l’association de vieux torchons  et de grains de blé gênerait des souris)  Macron a généré, à partir de rien, des députés propres sur eux (pas besoin de torchons sale cette fois, mais quand même un peu de blé à se mettre dans les poches si l’on se rappelle du bon père Francois F.). Par contre sans engagements personnels et sans convictions puisque n’appartenant, pour la plupart, (hormis quelques anciens socialistes qui on quitté la barque avant qu’elle ne coule !), à aucun mouvement et n’ayant aucune activité militante avant leur élection à part un soutien inconditionnel à leur idole, c’est un peu navrant. Il faudra voir à l’usage mais je ne suis pas optimiste, déjà que Macron dans sa photo présidentielle a repris devant son bureau la posture de JR dans Dallas espérons qu’il ne nous prépare pas un univers impitoyable.

Une bonne retraite pour les députés sortants

26 juin 2017

Si Emmanuel Macron a réussi son coup en remplaçant des députés professionnels par des novices moins couteux (s’il leur enlève un certain nombre d’avantages financiers), avec 432 députés sortant, la facture risque quand même d’être salée. En effet, ils ont deux options ou rechercher du travail ou demander à bénéficier de leurs droits à la retraite pour les plus âgés. Dans le premier cas, il vont toucher une allocation de retour à l’emplois de presque 6000 €, dégressive mais elle part quand même de haut et au bout de trois ans elle est encore supérieure au SMIG, pour beaucoup de chômeurs une telle prime ne les encouragerait pas à retrouver un travail, espérons que pour nos ex députés il n’en soit pas de même.

 

L’une des idées supportant cette prime est de faire en sorte qu’ils ne perdent pas trop de pouvoir d’achat durant les 6 premiers mois, les pauvres ! Il faut savoir qu’en activité ils touchaient en plus de leur indemnité de parlementaire de quelques 7 200 € brut auquel se rajoutait quelques 5800 € de frais de mandats (mal définis) sans compter les multiples autres avantages comme les transports gratuits dans certaines limites, une bourse informatique de 15 000 € par an (ils peuvent avoir des portables de dernier cri) mais pire encore  les 12 000 euros pour leur courrier (il faut en écrire des lettres) et le coup de masse, les 130 000 € annuel de leur réserve parlementaire. Il est sur que malgré la prime leurs moyens financiers vont fortement diminuer.

 

 Les plus anciens vont pouvoir bénéficier de la retraite spéciale des députés à condition d’avoir 62 ans, ils ont en effet cotisé, mais très peu, et pendant beaucoup moins de temps que le travailleur moyen pour avoir une retraite à taux plein. Même si c’est moins bien que dans le temps à l’époque de la double cotisation c’est encore confortable. Après un premier mandat de 5 ans, le député a droit à une retraite de 1 200 €, le double après deux mandats, alors que pour un salarié moyen, il faut cotiser plus de 40 ans pour obtenir la même somme. Avec la démission de François Bayrou que va devenir la loi sur la transparence de la vie publique qu’il préparait assidûment et qu’il avait déjà présentée au conseil des ministres. Il semble que ce soit un version allégée par rapport aux promesses du candidat; Macron a promis de faire disparaître tous ces avantages mais j’en doute, déjà qu’il est revenu en arrière sur l’interdiction pour les députés de faire du conseil. À suivre avec attention !

 

Pendant ce temps là, le projet d’augmentation de la CSG est en marche, sans compensation pour les 9 millions de retraités qui seront touchés par cette mesure. Elle consiste à prendre aux uns, pour donner aux autres, drôle de politique, mais qui se comprend; d’un côté les plus fragiles, les retraités, qui vont voir baisser leur pouvoir d’achat alors qu’ils espéraient d’un nouveau gouvernement une revalorisation de leur retraite bloquée  par le précédent et qui ne peuvent plus se révolter (difficile de faire grève quand on ne travaille plus !) et de l’autre les salariés du privé qui vont voir leur feuille de paye améliorée. Pour les salariés du publique, le suspense reste entier, c’est à l’étude. Quand on sait que 69 % des français sont contre l’augmentation de la CSG, sur ce projet comme sur beaucoup d’autre l’idéal serait que la France en marche face marche arrière ! 

demain

24 juin 2017

 

Risque de bousculade à l’assemblée nationale

18 juin 2017

À l’assemblée nationale, traditionnellement, les élus de gauche rentraient par la porte de gauche et les élus de droite par la porte de droite, mais les 350 macronistes qui sont soi-disant ni à gauche ni à droite, par où vont il rentrer ? Va t’il falloir ouvrir un nouvel accès au milieu ? C’est quand même beaucoup moins que les chiffres annoncés mais pour obtenir un tel résultat ils ont du marcher dans quelque chose !  A tel point que maintenant lorsque l’on est plus de deux ou trois à table il y a une majorité de macronistes autour de nous. Jupiter, plus fort que Dieu, car roi des Dieux, c’est inquiétant !

Ce n’est pas le seul problème : l’engagement qu’avait envisagé Manu (je deviens intime) de faire signer à ses candidats à la députation, de voter, comme un seul homme ou une seule femme (ne soyons pas misogyne), les propositions de lois de son gouvernement sont en contradiction avec L’article 27 de la constitution qui précise que « tout mandat impératif est nul, le droit de vote des membres du parlement est personnel ». Du coup Macron est revenu en arrière en leur demandant seulement un engagement moral à soutenir plusieurs de ses chantiers.

Un élu est libre de son vote même si son groupe tente de lui imposer une discipline de vote. Il faudra l’expliquer aux nouveaux députés venant de la société civile qui ne doivent pas connaître toutes les finesses de la vie de parlementaire et qui incompétent sur beaucoup de sujet vont avoir tendance à voter comme leur chef de groupe. Il faudra leur rappeler qu’une fois élus ils deviendront les représentants du peuple français et non de leur parti. Pour ces élus qui veulent tout changer, c’est l’occasion de le prouver. Une majorité absolue mais loin du raz de marée annoncé par les médias, ce n’est pas nouveau sous la cinquième république donc il n’y aura pas de bousculade à l’entrée de l’hémicycle.

Novices ils vont recevoir une formation en juillet prochain afin de connaître les règles du travail parlementaire et surtout sa déontologie aspect qui laissait un peu à désirer jusqu’ici. Mais avec Bayrou qui prépare la loi sur la moralisation de la vie publique, loi qu’il a souhaité lui même mettre en place, cela devrait s’arranger; encore que pas de chance son parti est suspecté d’avoir détourné des emplois d’assistants parlementaires au niveau européen, mais tant qu’il n’est pas mis en examen (c’est la nouvelle règle avec Macron et il risque d’en faire les frais le premier) il peut rester garde des sceaux (mauvais en orthographe, j’ai failli écrire sot). Par contre  LREM semble avoir la majorité absolue sans les élus du modem, Bayrou ne va plus être indispensable dans le gouvernement Macron et son avenir risque d’être compromis.

Élections législatives, une affaire de pognon

12 juin 2017

 

Pour ces élections il y a pléthore de candidats plus de 5000 et parfois plus de 20 dans certaines circonscriptions. On peut se demander pourquoi un tel engouement dans la mesure où la plupart de ces candidats n’ont aucune chance d’être élus. On pourrait penser qu’ils ont du temps à perdre mais pas du tout.  En fait derrière cette élection se cache le financement des partis par l’état qui est directement dépendant du nombre de votants à raison de 1€42 par voix sous certaines conditions; en effet pour être financé par l’état, il faut quand même que le parti obtienne 1 % des suffrages exprimés dans au moins 50 circonscriptions et qu’il respecte la parité homme /femme. C’est le premier jackpot, si le parti l’a obtenu, il y en a un second qui est fonction du nombre de parlementaires finalement élu et rattaché à ce parti politique correspondant à 37 280 € par élu aux dernières nouvelles et surtout ce financement est pérenne pendant les cinq années de la législature.

 Ces mesures qui avaient pour but était de mettre en place une transparence dans le financement des partis, initialement réservées aux partis politiques représentés à la chambre ou au sénat, a été modifiée afin de l’ouvrir aux petits partis qui n’ont plus besoins d’avoir d’élus pour en profiter. Il y a donc une dérive à ce niveau avec des partis qui se créent pour profiter de cette manne financière et qui ne s’occupent plus de politique une fois l’élection passée. Ce système qui avait pour but d’ouvrir démocratiquement le financement publique a des formations politiques ayant recueilli de nombreux suffrages sans obtenir d’élus est détourné par des pseudos partis créés pour l’occasion explique en partie l’abondance de candidats et la désaffection des électeurs.

Ainsi le raz de marée Macron annoncé partout (bien qu’un raz de marée soit en général une catastrophe pour les populations côtières et peut-être pour les électeurs !) va se traduire par un financement massif de son nouveau parti (parti de rien ou presque!) mais dans le plus parfait respect de la loi.

Tout semblait plié à l’avance, dans ces conditions voter à ces législatives lorsqu’aucun des candidats ne vous plait, ce qui a été mon cas dans la cinquième circonscription du Mans, revient à choisir à quel parti je vais apporter une contribution financière par ma voix. C’est ce que j’ai du me résoudre à faire hier et c’est navrant. Avant l’arrivée de Macron c’était plus simple si on était de gauche on votait pour l’un des candidats de gauche et vice-versa si l’on était de droite. C’est ce que j’ai pratiqué depuis que je suis en âge de voter. Maintenant on peut voter au milieu, même si c’est l’aspiration de beaucoup de français, ce n’est pas satisfaisant car voter à la normande pour Macron (peut-être bien à droite, peut-être bien à gauche) ce n’est plus un engagement politique.

Ces élections sont donc, entre autres, un enjeu économique majeur pour les nombreux partis politiques plus de 60 qui se sont déclarés récemment pour ces élections car « pas de bras, pas de chocolat » pardon « pas de parti déclarés pas de subvention ». Deux nouveaux partis qui viennent d’émerger « la République en Marche » d’un côté et  » la France insoumise » de l’autre et un troisième qui émargeait déjà (le FN) vont grandement bénéficier de l’aide publique au détriment des partis traditionnels qui vont devoir revoir fortement leurs dépenses à la baisse. Le PS qui émargeait à presque 25 millions d’euros et LR à presque 19 millions par an durant la précédente législature vont sûrement être loin de retrouver leurs billes.

Crime écologique

6 juin 2017

 

Cette fois, c’est fait : Donald Trump est sorti de l’accord de Paris sur le climat. Il va relancer les mines de charbon et les énergies fossiles; les climatoseptiques ont triomphé, l’antiscience a gagné ! Aux États Unis, les Sciences de la terre et plus particulièrement la partie environnement vont voir leurs financements se réduire fortement; les géologues américains  universitaires ont du soucis à se faire car les étudiants vont de détourner de ce type de formation et les connaissances sur ces sujets vont régresser au moins dans cette partie de la planète.

Côté positif, depuis longtemps, on nous bassinait avec la fuite de nos meilleurs cerveaux vers les USA, cette fois non seulement ils vont revenir et peut être entraîner leurs collègues  américains; à nous de leur faire de la place dans nos laboratoires.

Toutefois alors qu’environ trois milles cinq cents titres de séjour selon la DGEF (Direction Générale des Étrangers en France) ont été délivrés en 2016 pour motifs scientifiques, seulement 6 % concernaient des américains; les salaires trop bas et les financements insuffisants des laboratoires français étant la principale cause de cette désaffection (depuis le temps qu’on le dit!). Macron prévoit d’améliorer cette situation, mais seulement pour certaines universités. Peut être que dans cette nouvelle conjoncture les chercheurs et les entrepreneurs de la Silicon Valley vont nous envahir et enrichir notre patrimoine scientifique, mais j’en doute !

Le GIEC, dont le financement dépend beaucoup des américains, va devoir trouver d’autres sponsors, sinon il aura du mal à fonctionner et les programmes d’observation de la terre et la collecte des données sur l’état de l’environnement et du climat de notre globe terrestre vont en pâtir.

Du coup Emmanuel Macron qui dans son programme s’engage déjà à fermer toutes les centrales à charbon (il n’en reste plus que quatre) d’ici 5 ans et à réduire au maximum l’impact des énergies fossiles se positionne en leader mondial sur l’environnement.

En s’adressant au monde entier très rapidement après l’intervention de Donald Trump et dans les deux langues dont l’une que les américains comprennent (bien que ce ne soit pas leur langue officielle1), il rebondit ! Alors que, dans son programme, l’écologie était une peau de chagrin. Il se veut maintenant à la pointe de la lutte contre le réchauffement climatique, mais après ces belles paroles, il va devoir passer aux travaux pratiques et là, il est attendu ! La nomination de Nicolas Hulot comme Ministre de la Transition écologique et solidaire risque d’être insuffisante

 

1)  Il n’y a pas de langue officielle aux États Unis au niveau fédéral pour des raisons de libertés individuelles, mais rassurez vous ils parlent en général anglais bien que l’espagnol progresse, il faudrait un mur… linguistique pour l’empêcher, Trump s’en occupe !

Les écoles universitaires de recherche

29 mai 2017

 

Alors que le LMD avait entre autre pour but d’harmoniser nos diplômes au niveau international, les écoles universitaires de recherche (EUR)  qui fédèrent à la fois les masters, les doctorats et des laboratoires d’excellences au niveau de regroupements d’universités  afin de renforcer l’impact et l’attraction internationale de leurs recherches vont faire le contraire.

La mise en place de ces EUR va dans le sens d’un nouveau panorama universitaire avec un système à deux vitesses, d’un côté de grandes Universités d’excellence fortement engagées dans la recherche de haut niveau, largement financées et très ouvertes à l’international attirant les meilleurs étudiants et les meilleurs post doctorants et de l’autre des Universités de seconde zone dites de proximité avec un recrutement régional voire local, sorte de collèges universitaires où les diplômes de master et les doctorats ne seraient plus délivrés du moins dans les filières non rentables au sens de l’économie libérale vers laquelle on s’oriente avec notre nouveau président.

Pour pouvoir émarger dans ce nouveau système d’excellence, il faut déjà être détenteurs de financements d’excellence, les fameux IDEX, et les LABEX qui en découlent ce qui réduit fortement le périmètre. Des établissements comme le notre, malgré la présence d’équipe de recherche de haut niveau international (je ne site personne mais certains se reconnaîtront !) n’ont aucune chance d’émarger dans ce dispositif. 

Ce qui est bien dommage car le financement est conséquent, avec un budget de 300 millions d’euros sur dix ans à partager entre quelques élus, la carotte est appétissante et quelques gros lapin vont se jeter dessus, n’en doutons pas. D’autant plus que le budget prévoit un financement très performant prenant en compte tous les aspects, non seulement le fameux financement des salaires et des primes sûrement conséquentes, des heures complémentaires, des dépenses de fonctionnement  incluant les frais de laboratoire mais aussi les frais de déplacement à l’étranger aussi bien pour les étudiants que pour leurs encadrants et enfin des dépenses d’équipements afin de financer de façon conséquente, mais discrète, les laboratoires d’excellence déjà bien pourvus participant au projet. Comme dit la chanson  de Pamelo Mounka :  » l’argent appelle l’argent »; il ne va plus rien rester pour les autres ! Tout cela est très proche du programme de notre nouveau président : »faire de la recherche une priorité nationale et de la France le pays de l’excellence en développant des Universités de niveau mondial ». À moins qu’il ne change d’avis, l’avenir des autres Universités risque de ne pas être « rose », mais c’est normal nous ne sommes plus sous un gouvernement socialiste !

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