Révision de la taxe foncière

21 mai 2018

Emmanuel Macron avait promis qu’il n’y aurait pas de nouvel impôt pour compenser la disparition de la  taxe d’habitation, mais il a trouvé une solution pour respecter sa promesse tout en trouvant de nouvelles recettes : Modifier, donc augmenter la rentabilité des taxes existantes. Ainsi il prévoit de remodeler la taxe foncière avec une partie modulable en fonction des revenus du propriétaire !

 

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C’est faire revenir par la fenêtre un précédent projet abandonné dit du loyer fictif pour les propriétaires de leur maison soit disant dans un but égalitaire par rapport aux locataires, jolis vœux pieux !

 Les pas tout à fait riches, dont je fais partie, vont devoir cracher de nouveau au bassinet alors que les très riches, comme dirait François Hollande, ne cesse de voir leurs taxes disparaître. De taxe en taxe, de CSG en CSG, nous risquons de devenir des nouveaux pauvres ou presque à la fin du quinquennat. Si l’on fait une prévision sur 30 ans de tout ce que vous allez payer comme taxes, les calculs faits par « Le Politique » montre que vous aurez payé une deuxième fois votre maison en taxes versées à l’Etat. Qui en est alors le propriétaire l’Etat ou vous, mais comme l’Etat c’est nous, c’est vous, la question ne se pose pas ! Par contre on n’y a pas vraiment gagné.

 Pour compenser l’énorme perte financière (18 milliards) correspondant à la suppression, pour tous, de la taxe d’habitation, le gouvernement parle de réaliser des économies au niveau de l’état. Difficile à croire et encore plus à chiffrer et à mettre en place, car au niveau de l’état sur quoi peux-t-on faire des économies ? Réduire son train de vie ou plus facilement réduire le nombre de fonctionnaires, je crains que le choix ne soit déjà fait. Et ce n’est pas parce qu’Emmanuel Macron reverse au ministère des armées le prix du vol sur une ligne régulière (170 €) lorsqu’il utilise un Falcon, à titre privé, à 5 000 € l’heure de vol que le problème va être réglé. Déjà que, d’après le Canard Enchainé, la dotation de Brigitte devrait être augmentée de 20 % l’an prochain car elle a des fins de mois difficiles, avec un budget de 440 000 € par an, pas facile de faire des économies ! Heureusement elle partage les frais de coiffure et de maquillage avec son mari !

L’option la plus probable est une augmentation conséquente de la CSG sous forme d’une taxe additionnelle qui serai donc pas un nouvel impôt comme promis par Bruno Le Maire mais seulement une modification d’une taxe existante ! De qui se moque-t-on ? 

Macron plus libéral que jamais

14 mai 2018

 

Pour éviter l’exilé fiscal des riches  Sarkozy avait institué une exit tax : une imposition des plus values latentes lors du transfert par un contribuable de leur domicile fiscal hors de France.  Elle ne semblait pas très efficace si l’on en croit les chiffres, son rendement était  faible. Malgré cette taxe, l’exil fiscal des contribuables gagnant plus de 100 000 € par an a doublé en moins de cinq ans, et pire celui des très riches déclarant plus d’un million d’euros par an a aussi doublé sous le quinquennat d’Hollande.

Emmanuel Macron toujours prêt à faire un geste pour les plus riche supprime cette taxe. De plus, ses déclarations récentes sur ses choix économiques au magazine Forbes sont inquiétantes. C’est la soumission aux investisseurs donc à la volonté des plus riches.

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Hyper président, il utilise toutes les possibilités offertes par le côté monarchique de la cinquième république. Il cherche à écrire son histoire, devenir le président qui va éclipser tous ses prédécesseurs du moins les deux derniers qui pour lui ont dénaturé la fonction présidentielle.

Si à l’étranger il fait encore impression, tombant la veste et retroussant ses manches lors de ses discours sans notes et en anglais, en France par contre ses discours ne suffisent plus à effacer la brutalité  de ses réformes néolibérales. Face à la contestation qui l’indiffère, il argumente en disant qu’il applique son programme et qu’il fait ce qu’il a dit. Le problème c’est qu’il n’avait pas dit grand chose de précis sur son programme lors de sa campagne électorale, hormis quelques grandes lignes sans vraiment de détail, aussi cela laisse le champ libre à ceux que Macron a chargé d’appliquer ses réformes.

Réforme de la constitution, référendum ou non ?

7 mai 2018

En révisant la constitution, Macron va renforcer la monarchie républicaine de la 5ème république devenant un hyper président, déjà qu’il ne préside pas, il gouverne !

Pas très fan de la démocratie parlementaire, il contourne sans arrêt un parlement pourtant à sa botte, en ayant recours aux ordonnances, imposant la réforme de la SNCF comme celle du code du travail, anticipant l’application de la loi sur l’enseignement supérieur avant qu’elle ne soit votée par le parlement, j’en passe et des pires à venir ! Pourtant au niveau de l’opinion publique et des citoyens, il ne fait pas un succès engendrant grèves et manifestations qui semblent le laisser indifférent, poursuivant ses voyages officiels autour du monde.

Pour amplifier cette démarche, il prévoit de réduire d’un tiers le nombre de députés et de sénateurs faisant des économies, ce qui parait positif, mais en limitant indirectement de fait la représentativité des citoyens. Le découpage des circonscriptions qui en résultera risque de faire la part belle à LREM. Il veut introduire une dose de proportionnelle lors des prochaines législatives, ce qui ne fait pas un tabac à droite.

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Il prévoit de réduire le droit d’amendement des députés afin d’accélérer la procédure parlementaire, de limiter le nombre de mandats des élus hormis pour les maires, de réformer le conseil supérieur de la magistrature et le conseil constitutionnel en y éliminant les anciens présidents qui n’en seront plus membres de droit. La plupart de ces mesures vont réduire le pouvoir législatif au profit de l’exécutif donc une hyper concentration des pouvoirs dans les mains du président. Est ce une avancée démocratique, on peut en douter !

Il propose aussi de réduire d’un tiers le nombre de membres du conseil économique, social et environnemental en modifiant complètement les règles de représentativité de ses membres et lui définissant un rôle très précis qui serait celui d’être l’instance unique consultée pour fabriquer les lois. Actuellement il donne un avis uniquement consultatif sur des sujets de société afin d’éclairer le gouvernement, mais les rapports produits finissent la plupart du temps dans un tiroir et ses membres sont les champions du monde de l’absentéisme. Original, les membres nommés par l’Élysée sont appelés PQ, acronyme de personnalités qualifiées, en général elles sont au bout du rouleau !!! Ce sont souvent des politiciens ou des syndicalistes en fin de carrière trouvant dans ce conseil une retraite dorée.

Au niveau de cette réforme de la constitution, afin d’éviter des débats parlementaires houleux et un blocage par le sénat au niveau duquel il n’a pas la majorité, Macron grâce à l’article 11 de la constitution, peut soumettre ses propositions à référendum et ainsi éviter de consulter les assemblées. Quelle option choisira-t-il ? Le suspens reste entier.

Tintin, pardon, Macron en Amérique

30 avril 2018

A peine arrivé, Macron a été prix en main par son hôte, si l’on peut dire, et qui l’a emmené planter un jeune chêne ramené de France en cadeau dans le jardin de la Maison Blanche, (on cherche le symbole !);  arbre qu’il a fallu déplanter le lendemain car il ne respectait les normes phytosanitaires américaines, quel cinéma ! Puis Trump lui a fait un gros poutou ce qui est  surprenant car loin d’être traditionnel lors des relations entre individus dans les pays anglo-saxons, suivies de deux jours de relations amicales surjouées, totalement impudiques, au su et au vu de tous car devant les télés du monde entier.

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A côté de cet imposant président américain, on dirait un petit garçon obéissant, avec son papa qui lui enlève quelques pellicules sur sa veste, qui l’embrasse à nouveau, qui le prend par la main et l’entraîne au loin. Plus concrètement il a pris une leçon, habitué à être premier de classe, il s’est fait un peu rabroué lors du discours de Trump concernant l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien qu’il réfute et dont il veut faire sortir son pays alors que Macron voudrait qu’il s’engage à le prolonger. Notre jeune président s’est fait un nouveau copain, ami pour la vie, a dit l’américain mais à quoi vont ils jouer pendant la recréation, au grand qui protège le petit ?

Macron a fait son discours en anglais (mais il aime cela) devant le congrès américain au cours duquel il a quand même plusieurs fois taclé Trump, mais lui n’a pas fait le sien en français à l’ambassade de France, car il ne doit pas parler notre langue; pas vraiment de réciprocité donc, plutôt une relation de dominant à dominé.

Discourir en anglais, Il n’y a pas de quoi être fier, à un moment où la langue anglaise devient dominante au niveau de Bruxelles amenant l’ambassadeur de France à quitter la salle lors d’une réunion en anglais du conseil de l’Europe au niveau de laquelle aucune traduction simultanée n’avait été organisée. Démarche courageuse d’un de nos représentant qui ne se plie pas au dictat des hauts fonctionnaires anglophones bruxellois.

Que notre président aille aux Amériques faire le buzz, en s’exprimant dans la langue de Shakespeare si cela l’amuse, on peut le comprendre, mais par contre, le principe incontournable du multilinguisme doit être maintenu au niveau des instances européennes, d’autant plus que les anglais partis. il ne reste plus que deux pays européens qui ont l’anglais comme langue nationale.

Pour conclure sur cette visite officielle, qui a généré dans la presse beaucoup de commentaires aussi bien au États Unis qu’en France, le bilan ne semble pas très positif et les mamours cachent la réalité : pas d’accords sur les tarifs douaniers et le commerce international, ni sur le climat, ni sur le nucléaire iranien. Tout cela n’est pas brillant pour un président qui se veut chef d’entreprise, c’est raté.

Des fermes de 100 000 vaches, c’est vache !

22 avril 2018

Il n’y a pas de réglementation au niveau européen concernant les conditions d’élevage des vaches laitières; il y a bien des cahiers des charges portant sur le bien être animal en élevage laitier afin de réduire les troubles fonctionnels comme les mammites et les boiteries mais la politique agricoles commune oriente plutôt les élevages vers une production intensive de lait au détriment du bien être animal. Dans ces systèmes très controversés, pas de noiraude ni de marguerite,  les vaches affectées d’un matricule sont enfermées durant toute l’année avec une espérance de vie réduite mais très rentable en ce qui concerne la production de lait.

Fermes de 100 000 vaches

Alors que la France et l’Europe essaient d’éviter le développement de fermes industrielles de très grande taille, les fermes de 1000 vaches contre lesquelles on s’offusque en Europe font figure d’élevage artisanal face aux fermes de 100 000 vaches qui se développent dans le monde. L’une existe déjà en Arabie Saoudite dans le désert, propriété d’un énorme groupe alimentaire Almarai avec 94 000 vaches Prim’Holstein qui pissent plus de 1,2 milliards de litres de lait par an, c’est actuellement la plus grande ferme d’élevage laitier au monde. Dans le désert pas de possibilité de pâturage donc elles sont élevées en stabulation permanente. Pour survivre sous des conditions climatiques extrêmes avec une température frôlant les 50 °C le jour, les étables sont ventilées et les vaches douchées deux fois par jour. La traite a lieu 4 fois par jour et le lait aussitôt réfrigéré.

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Mais il y a pire en Chine des fermes de plus de 9 millions d’hectares, afin de nourrir des usines de 100 000 vaches, sont en chantier pour faire face aux énormes demandes des consommateurs locaux qui veulent remplacer la soupe du matin ou le thé, par du café au lait comme chez nous. En contre partie, c’est un désastre écologique avec des montagnes de bouse qui vont polluer les nappes phréatiques.

 

Disney land

Aux États Unis une ferme de 40 000 vaches est visitée comme un parc d’attraction pédagogique où l’on explique aux visiteurs comment est produit le verre de lait quotidien de 3,5 millions d’américains. Pour produire une telle quantité de lait, la génétique a permis de booster les vaches qui produisent 30 % de lait de plus par an que nos vaches européennes ! Ce type d’agriculture industrielle surproductive, sûrement au détriment de la qualité des produits, est un choix politique qui ne fait pas l’unanimité même au USA. Par contre elle répond à l’immense demande en produits laitiers des pays asiatiques qui en ont marre de boire de l’eau chaude avec des plantes dedans !

Le lait

 C’est un aliment hautement symbolique que l’on associe à la pureté et à l’enfance. Toutefois en dehors quelques qualités nutritionnelles comme la présence de calcium son utilisation dans l’alimentation des enfants est parfois contestée en particulier du fait de la présence de lactose et l’intolérance qu’il déclenche chez beaucoup d’individus (plus de 65% des adultes) qui ne possèdent pas la lactase, enzyme indispensable à sa digestion. Consommé par l’homme depuis plus de 10 000 ans sa surproduction actuelle face à la forte demande risque de se faire au détriment de sa qualité.

Macron et la religion

16 avril 2018

La France, fille aînée de l’église, a-t-elle tant de péchés à se faire pardonner  pour que son président se confesse ainsi  publiquement devant les évêques de France.  Les liens entre l’église catholique sont ils aussi distendus comme il le dit qu’il faille se rapprocher voire revenir sur la loi de 1905 concernant la séparation des églises et de l’état ? Mais depuis la séparation entre l’église et l’Etat il n’y a plus de liens mais seulement des relations pas toujours faciles quand on recense tous les rejets par la hiérarchie catholique des décisions des gouvernements successifs de la cinquième république. Pour mémoire désaccords sur : la mise en place de la contraception et la commercialisation de la pilule, sur la loi autorisant l’avortement, sur la procréation médicale assistée, sur le mariage pour tous, et j’en oublie.

Déjà le coup de Sarkozy concernant le curé et l’instituteur lors du discours de Latran avait donné un coup de canif dans le principe de la laïcité, Macron va plus loin. Avec lui faudra t il bientôt remettre des crucifix dans les salles de classe et réciter le bénédicité à la cantine, on craint le pire ! La laïcité lui pose un problème, n’a t il pas déclaré : »L’état est laïque en France mais la société française n’est pas laïque » !

Il affirme la spécificité de la religion catholique dans la société française  en lui attribuant une place particulière par rapport aux autres religions rappelant les origines chrétiennes de la France. Le problème c’est que beaucoup de catholiques se sont mis a voter Front National, et les partis politiques de droite essaient de récupérer ces électeurs. Du coup Macron s’y met aussi, il faut bien préparer les prochaines élections.

Dans son discours, en s’adressant à un public défini par son appartenance religieuse il va dans le sens  du communautarisme. Pour compenser, il a fait allusions aux autres religions et même à l’athéisme en soulignant que l’état est le garant de la laïcité. Cette manœuvre très politicienne qui a séduit les évêques  risque de ne pas marcher avec leurs ouailles qui s’activent dans le social dans la mesure où il apparaît comme le président de la casse sociale, de la chasse au migrants et qui comble les riches de cadeaux, on est loin de la charité chrétienne !

Comme aurait dit Jacques Chancel : « Et Dieu dans tout cela » ?

Parcoursup et les algorithmes locaux

8 avril 2018

Face à l’énorme quantité de dossiers de candidats aux études supérieures à examiner, chiffrés à plus de 600 000,  chacun ayant soumis 8 vœux en moyenne, la gestion d’un telle quantité d’informations va être un énorme travail, d’autant plus que les souhaits ne sont pas classés et qu’il vont donc tous devoir être examinés en détail. D’ici la fin mai mes ex collègues vont avoir de l’occupation. Quid des ponts du mois de mai et cette période sans enseignement qui traditionnellement leur permettait de se consacrer à leurs activités de chercheurs,  ils vont devoir la consacrer à des tâches administratives peu valorisantes, sélectionner des étudiants. Ils semblent que la plupart ne soient pas volontaires pour effectuer cette tâche inutile. Dans les formations qui ne sont pas saturées ce sera moins contraignant dans la mesure où ils pourront prendre tout les candidats ou presque, ne réorientant que ceux qui n’auront pas les fameux attendus !

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Filières sous tension

Pour les filières sous tensions comme le STAPS ou la sociologie, ils auront la possibilité d’utiliser des algorithmes dits locaux plus ciblés que ceux précédemment utilisés au niveau de l’admission post bac par le ministère. Toutefois ce dispositif informatique délocalisé risque d’engendrer les mêmes problèmes que précédemment dans la mesure où les commissions d’évaluation devront rentrer des critères de priorité dans le logiciel comme les notes obtenues dans telle ou telle matière ou la section choisie pour le baccalauréat. L’examen attentif des dossiers qui devrait être la règle sera difficile voir impossible ont reconnu les présidents des universités par manque de temps et de moyens en dans les filières en tensions ce sera à nouveau le logiciel qui risque prendre la décision sans prendre en compte les lettres de motivation et la masse des autres documents fournis par les étudiants.

Les algorithmes

Remplacer un algorithme national par un algorithme local pour sélectionner les étudiants, c’est s’asseoir sur l’égalité républicaine de notre devise nationale. Ce n’est plus l’étudiant qui choisit son université et sa formation mais l’inverse c’est l’université qui choisit ses étudiants. Cela va aboutir à un tri social et à une hiérarchisation des établissements. Une fois encore la politique de ce gouvernement nous déçoit et les enseignants chercheurs vont finir par se mettre en colère ce qui est déjà le cas dans nombre d’établissements même si le président Macron fait semblant de ne pas s’en rendre pas compte !

Loi Vidal

 Ce n’est pas la loi Vidal ou loi sur l’orientation et la réussite des étudiants dont l’acronyme est « ORE «  qui va arranger les choses. Promulguée en urgence le 8 mars par notre président alors qu’elle venait juste d’être présentée au conseil des ministres, il y avait urgence car elle était déjà en partie appliquée avant sa promulgation, en marche mais rapide ! Pour les étudiants, « l’âge d’or » n’est pas pour demain ! Entre autre, l’obtention de la licence à la carte par modules fait disparaître la compensation entre les matières ce qui va avoir des effets pervers risquant d’augmenter le taux d’échec et l’obtention de ce diplôme en beaucoup plus de trois ans avec sûrement de nombreux abandons. Je pense qu’il faudrait mieux changer le nom de cette loi en remplaçant réussite par échec avec un slogan : la loi Vidal, la loi qui va faire le vide dans les universités ! Mais peut-être est-ce le but ?

Ce gouvernement est-il rentable ?

1 avril 2018

Le souci de la rentabilité dans les services publiques est devenu un leitmotive des gouvernements récents, de droite comme de gauche ou bien « le cul entre deux chaises » comme l’actuel. Un certain nombre d’institutions dont nous étions très fiers comme les PTT, la SNCF, la Régie Renault ou les Télécoms ont été en partie ou totalement privatisées.

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C’est Jacques Chirac qui, le premier en 1986, a eu l’idée de lancer ce processus lors de la cohabitation, une réaction faisant le pendant aux nationalisations du gouvernement socialiste précédent (pourtant années bonheurs pour la bourse qui a bondit de 450 % sous  François Mitterrand ). Les principales raisons de ces privatisations sont d’un côté la pression exercée par l’Union Européenne qui prône le principe de la concurrence et de l’autre la récupération de milliards afin de réduire l’endettement de l’état; vision à court terme car sur le long terme l’état se prive de recettes conséquentes, le plus bel exemple étant la privatisation des autoroutes qui a enrichi Vinci et les autres ! Pourtant cela continue avec ce gouvernement qui annonce la privatisation prochaine des Aéroports de Paris et de la Française des Jeux, encore des bijoux de famille de perdus et que feront fructifier des entrepreneurs privés en se faisant des organes génitaux en or, comme on dit vulgairement.

Si l’on pousse ce critère de rentabilité à l’extrême, pourquoi ne pas fermer les musées insuffisamment fréquentés où les salles d’opéra trop coûteuses et ne faire circuler les trains et les métros qu’aux heures d’affluence ? Au niveau familial pourquoi continuer à prendre en charge ses enfants les moins brillants voire conserver à domicile une vieille épouse qui n’est plus rentable et pourquoi pas la remplacer par une jeune plus efficace ! Cela se pratique déjà beaucoup, mais pour d’autres raisons !

Si l’on applique ce principe de rentabilité au niveau de l’état, il y a du ménage à faire ! Par exemple en ce qui concerne l’excès de représentants du peuple (sénateurs et députés) par rapport aux autres démocraties européennes et les nombreux avantages liés à leur fonction; tout cela serait à revoir. Moins d’état est souvent un leitmotive des dirigeants de droite dans un soucis d’économies mais le plus souvent pas pour eux, mais plutôt pour les autres. Macron a promis que cela aller changer en réduisant le nombre de sénateurs, mais sans toucher à  l’assemblée nationale ou LREM est majoritaire, il n’est pas idiot ! Pour vraiment faire des économies pourquoi ne pas tout bonnement supprimer ce gouvernement dispendieux ? Il n’y en a pas eu en Belgique pendant plus d’un an, en Espagne non plus pendant moins longtemps et prochainement en Italie et cela ne s’est pas si mal passé, au point que l’on peut se demander à quoi cela sert un gouvernement ?

Dernière minute, Concernant les privatisations, c’est au tour des barrages hydroélectriques dont les concessions vont être proposées au privé alors qu’elles sont actuellement attribuées aux opérateurs historiques L’EDF et ENGIE. Ces concessions devraient rester dans le périmètre du service publique. Ce gouvernement de comptable est, jours après jours, à nouveau en train de vendre nos bijoux de famille, il serait temps de l’arrêter ! 

Ce gouvernement taille un short aux retraités

26 mars 2018

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Cette augmentation de la CSG non compensée pour les retraités c’est une ineptie, leur pouvoir d’achat est maintenant réduit et cette réduction ne pourra plus jamais être compensée. Depuis 2003 date de la modification de l’indexation (avant c’était sur les salaires) les courbes d’évolution des pensions suivaient étroitement celle des prix puis en 2013 à cause de la CASA (contribution de solidarité pour l’autonomie) de 0,3%, les deux courbes se sont séparées celle des prix à continuer à monter alors que celle des pensions est restée en phase plateau puis fin 2017 et début 2018 elles se sont définitivement séparées (divorce consommé), l’une celle des prix augmentant brutalement alors que celle des pensions a fortement chuté du fait de l’augmentation de la CSG.

Pourtant théoriquement les pensions des fonctionnaires retraités doivent être indexées sur l’évolution de l’indice des prix et bien avec Macron c’est fini. Cerise sur le gâteau la revalorisation des pensions de retraite pour 2018 auront lieu en 2019 induisant une nouvelle petite perte de pouvoir d’achat en 2018.

Encore pire, on nous a annoncé  (mesure sociale) qu’au dessous de 1289 € de pension le fonctionnaire retraité sera exonéré de la hausse de la CSG, mais il y avait un piège pour les retraités qui vivent encore en couple, car dans ce cas ce n’est plus la pension de riche (d’après notre gouvernement alors que le seuil de pauvreté est à 1015 €) qui est prise en compte, mais le revenu fiscal de référence du couple et si chaque membre du couple a une pension de 1050 € donc près du seuil de pauvreté ce qui les dispenserait théoriquement de l’augmentation de la CSG, pas de chance leur revenu fiscal est supérieur au plafond de 22096 € par an fixé par  Bercy et du coup leurs deux pensions sont soumises tous les mois à 8,2 % de CSG et, de ce fait, ils sont ainsi classés parmi les riches retraités par notre bon président et ses services du ministère des finances, faire la peau même des petits retraités, c’est navrant une fois de plus.

Sachant que lors de  l’élection présidentielle 76 % des plus de 65 ans ont voté pour Emmanuel Macron, je pense qu’on ne les reprendra plus !

Venant de s’apercevoir de cette boulette le premier ministre a décidé de revenir sur cette aberration qui sera corrigée mais seulement lors de la prochaine loi de finance c’est à dire seulement dans un an. D’ici là les 100 000  retraités concernés continueront à être ponctionnés, pour ce gouvernement, il n’y a pas de petits bénéfices !

Quel devrait être le rôle de l’université ?

18 mars 2018

L’université vient du latin universitas, mais depuis quelques temps les politiques essaient de l’orienter vers des formations étroites menant à des emplois alors qu’elle est par définition universelle. L’enseignement du grec ancien devrait être aussi soutenu que les formations en informatique ou en mathématiques appliquées à la finance. En France, le concept à l’origine de l’université était depuis longtemps celui d’un service publique d’enseignement supérieur jouant un rôle essentiel dans la démocratisation sociale et dans la diffusion du savoir en s’adressant au plus grand nombre. Ainsi on a longtemps considéré que l’enseignement supérieur devait être au service de l’amélioration du bien publique et de la connaissance.

Malheureusement dans le contexte actuel cet objectif est mis à mal. Les universités se voient contraintes de répondre à la logique du marché afin d’augmenter leur rentabilité et de se plier à une logique de service au client comme une entreprise privée en essayant d’attirer les étudiants surtout lorsqu’elle sont privées. L’un de leurs défauts reste le faible accueil de jeunes issus des classes populaires, en France les enfants d’ouvriers ne représentant que moins de 13 % des étudiants en licence alors qu’ils composent près de 30 % des jeunes de 18 à 23 ans, âge moyen des étudiants. La réforme menée par jean Michel Blanquer ne se préoccupe pas de cet aspect, bien au contraire !

 De plus, les fameux attendus lors de l’inscription risquent d’opérer un tri social qui va encore aggraver la situation pour les enfants des classes laborieuses. Pire encore dans Parcoursup une autre catégorie a été oubliée, les handicapés. Dans l’ancien système il y avait une procédure spécifique alors que dans ce nouveau logiciel il n’y a pas de case pour préciser les particularités de leur situation afin de la prendre en compte en fonction de leurs souhaits. Le ministère assure qu’il va rattraper cette bévue qu’il explique par la précipitation dans la mise en place de cette nouvelle procédure informatique de pré inscription. Il reste un risque de discrimination et cette absence de prise en compte est vécu par les associations qui prennent en charge les étudiants handicapés comme une régression.

Le principe du libre accès à l’enseignement supérieur est définitivement bafoué. Avec la Belgique nous étions l’un des derniers grands pays européens à ne pas mettre de sélection à l’entrée dans les universités. Pourtant tous les pédagogues sont conscient que plus la sélection, sous quelque forme qu’elle soit, intervient précocement dans les cursus, moins elle permet l’évolution de la mixité sociale dans les établissements car elle repose essentiellement sur le capital culturel de l’étudiant, fonction de son héritage familial plutôt que sa formation dans le secondaire. Figer le destin des jeunes en leur refusant l’accès à l’université sur la base de la série dans laquelle ils ont passé leur baccalauréat, c’est inacceptable, lorsque l’on sait que certains d’entre eux ont besoin de temps pour se révéler dans leurs études au fur et à mesure que s’affine leur projet personnel. Un redoublement n’a rien de dramatique et que ceux qui n’ont jamais redoublé ne leur jette pas leurs diplômes à la figure. Tout le monde ne peut pas être premier de classe, d’autant plus qu’il n’y a qu’une place !

Le principal argument des fanatiques de la sélection porte sur les capacités d’accueil dans certaines filières très demandées et couteuses car mobilisant beaucoup de matériel. Il est vrai qu’il y a de plus en plus de bacheliers qui souhaitent faire des études supérieures correspondant à leurs aspirations, mais derrière ce problème il y a un choix politique : se donner les moyens d’un accueil de qualité pour tous ou bien faire le choix de l’austérité et des économies en restreignant l’accès aux formations les plus demandées. Offrir une chance d’obtenir une formation supérieure à un maximum de jeunes, est-ce que ce ne devrait pas être l’une des ambitions d’un pays démocratique, mais est-ce le choix du gouvernement actuel ?

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