Les écoles universitaires de recherche

29 mai 2017

 

Alors que le LMD avait entre autre pour but d’harmoniser nos diplômes au niveau international, les écoles universitaires de recherche (EUR)  qui fédèrent à la fois les masters, les doctorats et des laboratoires d’excellences au niveau de regroupements d’universités  afin de renforcer l’impact et l’attraction internationale de leurs recherches vont faire le contraire.

La mise en place de ces EUR va dans le sens d’un nouveau panorama universitaire avec un système à deux vitesses, d’un côté de grandes Universités d’excellence fortement engagées dans la recherche de haut niveau, largement financées et très ouvertes à l’international attirant les meilleurs étudiants et les meilleurs post doctorants et de l’autre des Universités de seconde zone dites de proximité avec un recrutement régional voire local, sorte de collèges universitaires où les diplômes de master et les doctorats ne seraient plus délivrés du moins dans les filières non rentables au sens de l’économie libérale vers laquelle on s’oriente avec notre nouveau président.

Pour pouvoir émarger dans ce nouveau système d’excellence, il faut déjà être détenteurs de financements d’excellence, les fameux IDEX, et les LABEX qui en découlent ce qui réduit fortement le périmètre. Des établissements comme le notre, malgré la présence d’équipe de recherche de haut niveau international (je ne site personne mais certains se reconnaîtront !) n’ont aucune chance d’émarger dans ce dispositif. 

Ce qui est bien dommage car le financement est conséquent, avec un budget de 300 millions d’euros sur dix ans à partager entre quelques élus, la carotte est appétissante et quelques gros lapin vont se jeter dessus, n’en doutons pas. D’autant plus que le budget prévoit un financement très performant prenant en compte tous les aspects, non seulement le fameux financement des salaires et des primes sûrement conséquentes, des heures complémentaires, des dépenses de fonctionnement  incluant les frais de laboratoire mais aussi les frais de déplacement à l’étranger aussi bien pour les étudiants que pour leurs encadrants et enfin des dépenses d’équipements afin de financer de façon conséquente, mais discrète, les laboratoires d’excellence déjà bien pourvus participant au projet. Comme dit la chanson  de Pamelo Mounka :  » l’argent appelle l’argent »; il ne va plus rien rester pour les autres ! Tout cela est très proche du programme de notre nouveau président : »faire de la recherche une priorité nationale et de la France le pays de l’excellence en développant des Universités de niveau mondial ». À moins qu’il ne change d’avis, l’avenir des autres Universités risque de ne pas être « rose », mais c’est normal nous ne sommes plus sous un gouvernement socialiste !

En marche, mais vers quel avenir ?

22 mai 2017

 

Ayant du mal à marcher à cause de mes prothèses de hanches, je n’ai pas suivi Macron! Pourtant c’était gratuit alors que j’avais déjà été échaudé financièrement par mon précédent engagement dans un parti politique « Nouvelle Donne » qui survit difficilement depuis que je ne le finance plus. Du coup, je n’ai pas voté pour Macron au deuxième tour et encore moins pour l’autre candidate bien sûre. C’était sans risque puisque nos amis belges avaient sur leur site indiqué dans l’après-midi du dimanche que, d’après leurs sondages sorties des urnes, le candidat allait dépasser les 60 %.

 Ce président va être celui d’une régression sociale, moins marquée que ce que nous préparait l’abominable homme de la Sarthe, François Fillon, mais quand même significative; Fillon voulait reculer l’âge du départ en retraite, la sienne est avancée au grand soulagement de tous. Avec un parti qui n’est pas encore structuré, des élections législatives loin d’être gagnées, il risque de faire face à une grande instabilité gouvernementale. Ses électeurs ont plus votés contre Marine que pour lui et dans la mesure où le vote blanc ou nul et le taux d’abstention constitue presque le tiers de l’électorat, il est loin d’avoir une adhésion massive des français à ses propositions et à ses projets.

Le Parisien a évalué l’impact du programme fiscal d’Emmanuel Macron sur le portefeuille des Français. Si pour le chômeur de longue durée en fin de droit le bilan est nul, pas un euro de plus, par contre l’avocate gagnant 5 000 € par mois et au patrimoine de 2 M€ va voir ses revenus augmenter de 5 800€ par an. CQFD !!! C’est le président des nantis. En augmentant la CSG sans compensations, les retraités et peut-être les fonctionnaires vont y laisser des plumes. Par contre les salariés du privé devraient y retrouver leurs billes avec une petite baisse de charges sur leur feuille de paye.

Plus grave, Il veut compléter et amplifier la loi travail déjà très impopulaire en privilégiant les accords d’entreprises au détriment des accords de branche, imposant un plafonnement des indemnités de dommages accordées par les prud’homme en cas de licenciement abusif et la fusion des institutions représentatives du personnel dans les entreprises, et tout cela par ordonnances (pourtant on est pas malade!).

Il a peu parlé d’environnement aux cours de sa campagne mais il a quand même envisagé de reconsidérer sa position en faveur du CETA (accord de libre échange entre l’Union européenne et le Canada) qu’il avait défendu lorsqu’il était aux affaires, qui a été signé par son prédécesseur et qui est entré provisoirement en vigueur au début du mois de mai. Il propose  qu’une commission impartiale soit mise en place pour étudier les conséquences environnementales de cet accord.  L’importation massive du pétrole sale issu des sables bitumineux canadiens récemment validé par l’Europe devrait être un des points clefs du rapport à venir. S’il veut satisfaire les écologistes, il devra renégocier certaines parties de cet accord et pour cela convaincre l’ensemble des pays membres de la communauté européenne, ce n’est pas gagné !

 Après avoir laminé le Parti socialiste, il vient de nommer un premier ministre de droite, juppéiste, ce qui devrait mettre le souk au sein du parti des républicains; est ce une bonne stratégie ?

Ce premier sinistre (comme disait le canard enchainé) se dit un adepte de la transparence et pourtant il a des zones obscures; ainsi il a reçu un blâme de la haute autorité pour la transparence de la vie publique n’ayant pas rempli correctement sa déclaration de patrimoine.

Précédemment, ses activités dans le privé comme lobbyiste chez Areva restent douteuses au moins d’un point de vue éthique; travailler pour une société qui exploite des mines d’uranium au Niger en sous payant le minerai au détriment de la population autochtones et en particulier des touaregs, puis faire un pont d’or à cette société lorsqu’il est devenu maire du Havre pour un projet d’éoliennes of shore qui n’a pas abouti; ça a du coûter cher aux contribuables du Havre. Il n’est donc pas aussi irréprochable que veut nous faire croire le nouveau président. L’histoire se répète, exigeant pour ses ministres mais tolérant avec lui même, on croirait du Fillon. Mais rassurez vous avec Nicolas Hulot la suite va être chouette ! 

Hollande n’a pas tout raté, mais presque !

15 mai 2017

 

 On est obligé de constater que la fin de son quinquennat a été catastrophique avec la loi travail, après la loi Macron, lois qu’il a fait passer en force avec la complicité de son premier ministre à l’aide du 49.3, et contre l’avis de la majorité des français.

Pourtant il n’a pas tout faux, à l’inverse de son prédécesseur qui en avait supprimé beaucoup, il a créé un peu moins de 54 000 postes d’enseignants, nombre quelque peu inférieur à ses promesses, car il y a eu un cafouillage au niveau des Universités qui ont souvent préféré récupérer l’argent  pour abonder leur déficit plutôt que de créer des emplois. Il a réduit le déficit public le ramenant presque aux fameux 3 %, voire en-dessous pour 2017, 3 % imposé par l’Europe mais on se demande pourquoi pas 2 ou 4 ? Il a fait voter une loi sur la transparence en politique qui en avait bien besoin quand on se rappelle du petit François de la Sarthe à la triste figure…

Positif, la réussite de la COP21 avec un accord d’une limitation de l’augmentation de la température au dessous de 2 % et un engagement des états à limiter leur rejets de gaz à effet de serre  à mettre au compte de François Hollande, et il s’est engagé, du moins sur le papier à réduire de 50 % la part du nucléaire dans la production d’énergie par la France, par contre il n’a pas totalement réussi à fermer définitivement la centrale de Fessenheim à cause de l’opposition du lobby de l’EDF. 

Il a mis en place le tiers payant en médecine que le nouveau président va en partie supprimer! Le mariage pour tous reste un point positif de son quinquennat malgré la polémique, même s’il aurait été judicieux de trouver un autre terme pour le désigner. Il a sauvé le régime spécifique d’assurance chômage des intermittents du spectacle, important quand on a un fils artiste. Il a créé environ 9000 postes au niveau des forces de l’ordre alors que son prédécesseur, cet imbécile, en avait supprimé 3500. Il a fait voter une loi encadrant les loyers mais dont l’application a été rapidement freinée par Manuel Valls le félon et qui là encore va être supprimée par Emmanuel Macron. Manuel Valls, ce premier ministre qui n’a pas cessé de se droitiser, est peut être le responsable de certains échecs du président, mais c’est lui qui l’avait nommé et il n’était pas obligé de le garder.

Justement parlons des échecs de ce quinquennat. Le premier est bien sûr celui du chômage (plus d’un million de chômeurs de plus en cinq ans, ce n’est pas une paille!) qui n’a cessé d’augmenter avec un petit palier en 2016. Ensuite la loi travail qui a mis dans la rue beaucoup de travailleurs pendant plus de cinq mois et qui a, à la fois, fracturé le monde syndical et la gauche. Pas Brillant non plus, L’abandon de l’écotaxe ou taxe poids lourds (à cause des bretons), ce qui a coûté très cher au contribuables (plusieurs milliards). Il a manqué de courage face aux banquiers en ne séparant pas banque de détail et banque d’investissement (mon ennemi c’est la finance ! Mais c’est les banquiers, peut-être en fait ses amis qui ont gagné).

Puisque l’on parle d’argent, la non régression de la pauvreté avec plus de 8 millions de personnes, autant qu’en 2012, qui vivent sous le seuil de pauvreté. D’autres échecs, la déchéance de la nationalité proposée suite à  l’attentat du 13 novembre au bataclan qui a finalement été abandonnée, la mauvaise gestion des ZAD (zones d’activités différées) comme celle de l’aéroport de Notre-Dames-des-Landes ou celle du barrage de Sirven (un mort!). 

Quand on voit les attitudes récentes de Manuel Valls et sa droitisation progressive tout au long de sa fonction, on peut se demander s’il n’a pas pris une part importante dans le désenchantement et la division du peuple de gauche. Le bilan de François Hollande plutôt que calamiteux, comme on le lit souvent dans la presse, est surtout inachevé. Emmanuel Macron va devoir reprendre tous ces chantiers mal aboutis tout en essayant de réunir les français lassés du schéma droite/gauche. Va-t-il réussir ? Une première réponse aura lieu le soir du deuxième tour des législatives; advienne que pourra !

Élection de Macron, piège à (c…) retraités

8 mai 2017

Emmanuel  Macron vient d’être élu 8ème président de la république française, mais sans enthousiasme, car ce n’est pas pour la plus part des électeurs un vote pour mais plutôt un vote de refus donc contre l’autre candidate. Une  candidate rejetée par beaucoup de français, membre d’un parti politique qui fait honte, et qui n’a cessé de mentir et de provoquer son adversaire au cours du débat de second tour. Elle a alors  montré sa vrai nature et son vrai visage, faussement souriant, de candidate d’extrême droite qu’elle avait réussi à faire oublier ces dernières années en faisant croire qu’elle était la candidate du peuple. Sans aller dans les détails, son programme monétaire, entre autres, s’il était appliqué, ouvrant la porte aux spéculateurs, mènerait à une inflation qui  toucherait surtout les petits salariés et les petits retraités dont le pouvoir d’achat se réduirait comme peau de chagrin, alors qu’elle veut soi-disant les défendre.

 

Sa défaite cuisante sauve de la catastrophe du moins les salariés, car le nouveau président a pour projet de prendre de l’argent à une catégorie qui ne peut plus beaucoup réagir, les retraités dont la pension va être amputée par une augmentation de la CSG passant de 6,6 % à 8,3 % au minimum pour plus de 60 % d’entre eux.

Si socialement l’idée est satisfaisante : permettre de continuer à financer la sécu et les indemnités de perte d’emploi tout en réduisant des cotisations chômage et maladies qui pèsent sur les salariés; c’est beaucoup mieux que d’augmenter la TVA de 2 points comme le proposait un candidat sarthois déchu et qui aurait concerné l’ensemble des contribuables. La CSG, contribution sociale généralisée crée par Rocard en 1991 perd un peu son caractère général car en ciblant préférentiellement cette fois une catégorie sociale, les retraités; il faudrait en changer l’acronyme : CSP, pour personnalisée.

 

Le choix politique est judicieux si l’on sait que cette contribution obligatoire, mais assez discrète rapporte à l’état plus que l’impôt sur le revenu. Elle contribue ainsi pour une grande partie au financement de la protection sociale. Si pour les salariés du privé, mais pas pour les fonctionnaires, son augmentation couplée à une baisse des cotisations salariales va se traduire par une légère augmentation de leur salaire, par contre pour les retraités aisés ! (notion très relative, plus de 14000 € par an quand on compare au prix des maisons de retraites) qui ne cotisent plus ou presque, cela va correspondre à une réduction de leur pension sans aucune contrepartie hormis l’impression d’une participation forcée à une solidarité inter générationnelle. À moins d’être maso ils ont dû être nombreux appuyer sur le bouton blanc (le vote ni ni) ce qui explique les résultats obtenus au niveau du vote blanc ou nul (plus de 4 millions, soit 2 fois plus qu’en 2012 et 3 fois plus qu’en 2007), vote qui aurait du intervenir dans les calculs des pourcentages comme suffrage exprimé. C’est un message pas subliminal dont le nouveau président devra tenir en compte du moins on peut l’espérer.

Les Discours de Macron

30 avril 2017

J‘avais déjà remarqué et je ne suis pas le seul (voir Bedos fils) que les discours d’Emmanuel Macron, par rapport à certains autres candidats, étaient d’un niveau particulièrement faible, suite de lieux communs et de banalités, le plus souvent rien de concret : « je suis le candidat de la justice, je suis le candidat du travail », j’en passe et des meilleures! J’avais préféré « je suis le candidat de la feuille de paye » de Benoît Hamon ou « je suis le candidat de la paix » de Jean Luc Mélenchon, mais ils ont perdu.

Je souscrit donc à une analyse de Gérard Miller sur la vacuité des discours de Macron parodiant la phrase célèbre de Sacha Guitry : «   le silence qui suit du Mozart  c’est encore du Mozart : « le silence qui précède un discours de Macron c’est déjà du Macron ». Ainsi le soir du premier tour de l’élection présidentielle, il a mis du temps à démarrer faisant monter sa femme sur l’estrade, l’embrassant plus tendrement que ne l’avait fait Hollande avec Valérie Trierweiler le soir de son élection, la faisant applaudir par ses supporters. Ensuite, dans son discours, Macron a remercié les autres candidats (sûrement de l’avoir laissé gagner!), il a remercié sa femme, la Brigitte, car sans elle, il ne serait rien a-t-il dit (toujours des restes d’une relation presque œdipienne de prof à élève), mais il s’est surtout auto-félicité de sa victoire !

Macron a donc fait devant ses électeurs un discours de deuxième tour comme s’il était déjà élu président. Il devrait se méfier, il risque de les  démobiliser. Il ne faut pas vendre la candidature de la Marine avant de l’avoir battue car dans cette famille ils ont la peau dur et ils sont hargneux! Il y a quelque temps rappelez-vous, suite à la primaire de la droite, c’était plié, Francois Fillon devait être notre prochain président de la république. La droite a raté son coup avec un candidat attaqué de toute part car plein de zones d’ombre, avec une personnalité plus que douteuse qui s’est dévoilée au fur et à mesure du déroulement de la campagne. Que va-t-il en être de la campagne pour le deuxième tour de Macron face à une opposante qui va jouer son va tout ? Il va y avoir des coups bas, sera-t-il capable d’y résister ? Espérons qu’il n’a pas de casseroles cachées.

Pendant ce temps, ceux qui se régalent ce sont les banquiers et les boursicoteurs, dès le lundi matin le CAC 40 a fait un bon de 4 % et les actions des banques comme la BNP Paribas, la Société Générale, AXA ou le Crédit Agricole ont progressés de 6 à 8 %. 

Ce macaron on va en bouffer pendant 5 ans jusqu’à l’indigestion, mais pour éliminer Marine Le Pen, le vote utile, il faut se forcer et mettre un bulletin dans l’urne avec le nom de Macron dessus ou appuyer sur le bon bouton de la machine à voter; en effet  au Mans le vote est dématérialisé, plus besoin de se salir les mains en prenant un bulletin mais juste un doigt (celui qui appuie sur le bouton) à se laver après comme aurait dit Jules César, Ce sera douloureux, mais elle est pas toujours belle la vie !

Un vote tactique

24 avril 2017

 

Àla primaire de la droite des gens de gauche, et j’en connais beaucoup, sont allés voter tactiquement au premier tour pour éliminer Sarkozy en votant pour Juppé et cela a marché. Par contre ce que l’on avait oublié c’est qu’aux primaires de droite il y a surtout des gens de droite qui votent et le résultat fut un plébiscite pour Fillon confirmé au deuxième tour malgré les électeurs de gauche qui ont encore voté pour Juppé. Je suis content de ne pas avoir participé à cette mascarade.

À gauche, pas mieux, je n’ai pas joué non plus, encore un vote tactique pour éliminer Valls sans qu’il y ait besoin des votants de droite cette fois. Lavage de linge sale en famille au PS et un candidat surprise, frondeur, qui sort des urnes Benoît Hamont avec un bon programme mais dont le côté gauche light, trop effacé, le manque de charisme et les coups de couteau dans le dos de ses amis élus socialistes qui vérifie l’adage de Voltaire : « Gardez moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge » s’est effondré au profit de Mélenchon. 

Dans ces conditions pour un électeur de gauche pas facile de choisir à part le vote tactique pour éviter d’avoir un futur président mis en examen, cul béni mais menteur, aimant sa femme mais ne respectant pas sa parole, une vrai caricature qui aurait été automatiquement éliminé par son parti dans la plupart des autres démocraties européennes mais pas chez nous où les électeurs se complaisent à élire des candidats menteurs, voleurs ou tricheurs, voir les précédents présidents.

Le résultat du vote tactique suite au premier tour, nous en avons pris connaissance hier soir, Marine Le Pen/Emanuel Macron, c’est la douche froide bien qu’elle était prévisible. Fini la bipolarité gauche/droite on pourrait s’en réjouir, mais ce n’est pas si simple. De nouveau face à un non choix pour un électeur de gauche et dans la mesure où le vote blanc n’est toujours pas comptabilisé, le vote tactique est de nouveau l’unique solution afin d’éliminer la candidate dont on ne veut pas et qui nous fait horreur, mais le fonctionnement de notre démocratie n’en sort  pas grandie. La cinquième république a vécu, vivement la sixième, mais c’est raté pour cette fois.

On va pouvoir remettre à l’ordre du jour le fameux slogan de ma jeunesse : « élection piège à cons » car cette fois nous sommes piégés : choisir entre « l’extrême droite et la finance extrême », c’est un non choix pour beaucoup d’entre nous; nous sommes obligés de revenir sur le vote utile comme en 2002, mais utile à quoi quand on voit ce que Chirac a fait de ses 82 %, on peut craindre le pire avec Macron. Il aura du mal à trouver une majorité à l’assemblée par contre au niveau de l’opposition il va être servi.

 

La transparence reste opaque !

17 avril 2017

 

 

Récemment le journal libération a proposé 6 mesures aux candidats à la présidentielle à appliquer afin de moraliser la fonction d’élu de la République. Les 6 propositions sont les suivantes :

-    interdiction de toucher une rémunération en dehors de son indemnité parlementaire.

-    Interdire les emplois familiaux d’attachés parlementaires.

-    Créer un statut pour le métier d’attaché parlementaire.

-    Nommer un déontologue pouvant enquêter et contrôler au niveau de chaque chambre et rendant des comptes en fin de chaque année.

-    Supprimer l’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) et la remplacer par un remboursement des frais sur présentation de justificatifs.

-    Supprimer la réserve parlementaire.

Surprise ou c’était prévisible tous les candidats à la présidentielle se sont engagés sur ces propositions, sauf un, vous l’avez deviné, il reste droit (ou plutôt maladroit) dans ses bottes, c’est le châtelain sarthois François Fillon.

 

 Et pourtant il y a du pain sur la planche lorsque l’on sait que 21 % des députés emploient des membres de leur famille, avec 62 qui emploient leurs femmes et 50 leurs enfants. D’un autre côté 12 % reconnaissent avoir en plus de leur indemnité des revenus venant du privé avec des champions : Coppé (314 000 € en 2012), Lefebvre (207 000 € en 2013), Lellouche (293 000 € en 2014); j’en passe et des meilleurs avec des activités d’avocat ou de conseil susceptible de générer des conflits d’intérêts comme l’un d’entre eux qui est devenu une référence dans cette spécialité, Francois Fillon (entre 200 000 et 300 000 € les bonnes années) avec ses activités de conseil et un super champion Olivier Dassault (3 millions d’euros de dividendes sans compter plusieurs centaines de milliers d’euros de revenus annuels).

Les membres des hémicycles ne sont pas très favorables au changement (on s’en serait douté), ils auraient préféré  que l’on se fie plutôt à leur bonne foi plutôt que de mettre en place des contrôles sur leur façon d’utiliser de l’argent public. Mais quand on voit où mène la bonne foi de celui qui se présentait comme le plus vertueux et le plus intransigeant d’entre eux, on peut difficilement leur faire confiance.

 Si les députés n’ont plus le droit de faire construire leur villa, pardon leur permanence, avec leur IRFM, il n’en reste pas moins qu’ils n’ont toujours pas de comptes à rendre sur son utilisation. Si depuis la loi sur la transparence la déclaration des biens à la haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) est obligatoire, et des cadeaux supérieurs a 150 € doivent être déclarés au déontologue  de l’assemblée; il y en a (des maladroits sûrement) qui oublient et je ne vise personne !

C’est l’affaire Cahuzac qui a déclenché le vote d’une nouvelle loi sur la transparence avec l’obligation pour chaque parlementaire d’inscrire sur sa déclaration d’intérêt le nom de ses collaborateurs. Comme par hasard en novembre 2013, date de mise en application de la loi, Pénélope Fillon arrête ses activités d’assistante parlementaire, elle doit avoir un bon conseiller ou alors être bien informée. Elle n’apparaîtra donc pas sur la liste (publiée sur le net) des collaborateurs de l’assemblée nationale, ni sa rémunération, quelle discrétion ! C’est pousser au maximum la fictivité de son emploi !

Pour finir on comprend que Fillon s’accroche à sa candidature de président (comme une bernique à son rocher) lorsque l’on sait qu’il risque 10 ans de prison et 1 million d’euros d’amende pour ses malversations, une immunité serait la bienvenue !

Pour finir un dicton local d’actualité mais pas politiquement correct :  » Si tu as besoin d’argent, sarthois dans la caisse sinon tu l’auras dans le Fillon « .

 

PS – Surprise, récemment, le Ministre de l’Intérieur à du démissionner, fustigeant pourtant avec vigueur le comportement de Fillon, il avait oublié ses propres turpitudes en ayant employé ses propres filles encore adolescentes comme assistantes parlementaires. A qui le tour ?

Glyphosate, l’interdiction, une urgence !

10 avril 2017

Vous avez certainement appris que le glyphosate, composé actif du désherbant commercialisé sous le nom de « Roundup » dans la mesure où il fait disparaitre toutes les plantes lorsqu’il est pulvérisé sur un sol (on aurait du l’appeler Attila !) vient de voir son autorisation de commercialisation prolongée jusqu’en 2018. Pourtant c’est un produit à la fois néfaste pour l’environnement (dégradation de la biodiversité) mais aussi menaçant pour la santé animale et humaine.

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui dépend de l’OMS, classe le glyphosate parmi les cancérogènes probables pour l’homme. Un avis qui a réveillé les autorités sanitaires. Cet avis tiens aussi compte du fait que la plupart des OGM qui ont été développés l’ont été pour tolérer le glyphosate, ce qui signifie que ces OGM n’ont été développés que pour augmenter les ventes de glyphosate et non pas au bénéfice de l’agriculture et des agriculteurs comme on voudrait nous le faire croire, mais des multinationales comme Monsanto qui en a écoulé 825 000 tonnes en 2014.

Quelques mois plus tard, l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments (Aesa) remet en cause l’évaluation du CIRC, arguant que « les éléments disponibles ne permettent pas sa classification comme cancérogène probable » pourtant ce produit est soupçonné d’être l’un des facteurs responsables de l’augmentation des cas de cancer du sein et de la prostate !

Aussi il est urgent et possible de réagir au niveau de l’Europe grâce à l’initiative citoyenne européenne (ICE); c’est une procédure instituée par le traité de Lisbonne (2009) dont le principe est le suivant : si en l’espace d’un an une ICE recueille au moins un million de soutiens de citoyens au sein d’au moins sept États membres différents, la Commission Européenne est obligée de réagir dans les trois mois. La pétition, « Ban glyphosate », lancée en février, atteint actuellement 600 000 signataires; il faut encore faire un effort pour éviter que notre descendance soit contaminée. Pour nous, c’est trop tard car on trouve du glyphosate dans l’urine de 50 % des européens et dans celle des 50 parlementaires européens qui ont accepté de faire le test !

Pétition à cette adresse : https://actions.sumofus.org/a/stopglyphosate/?akid=29156.8902477.WeyAH_&rd=1&source=fwd&t=2

Pour signer cette pétition internationale il faut être citoyen de l’UE (ressortissant d’un État membre de l’UE) et être assez âgé pour voter aux élections du Parlement Européen donc avoir plus de 18 ans.

Plutôt que de dire comme nos ministres, c’est la faute de l’Europe et de s’en laver les mains, je vous propose d’y participer.

 

Remarque :

La composition du CIRC se base sur l’excellence des scientifiques (j’allais dire des clowns, mais ce n’est pas respectueux) qui en sont membres avec comme critère utilisé le fameux facteur h (ou h-index), ma bête noire, basé sur une analyse bibliométrique des travaux des chercheurs. Cet indice prend en compte leur productivité scientifique et  la reconnaissance de leurs travaux évaluées par la fréquence de leurs citations dans la littérature scientifique. Ainsi, en calculant la moyenne des h-index affectés aux 17 membres du CIRC on obtient un h-index moyen de 30,5[1]. C’est précis, mais pour moi et beaucoup d’autres, c’est loin d’être suffisant comme critère pour évaluer la recherche.

 

 


[1] Selon les critères de Jorge Hirsch, le créateur de l’indice, un scientifique ayant un h-index de 20 peut estimer sa carrière « couronnée de succès » après 20 ans d’activité. Avec un h-index de 40, il entre dans la catégorie des «chercheurs exceptionnels».

 

Poisson d’avril, dommage !

3 avril 2017

 

Sur les réseaux sociaux est apparu ce samedi une information, le désistement de Benoît Hamon au profit de Jean Luc  Mélenchon et du coup dans un faux sondage, la progression des intentions de vote le plaçant juste à un point derrière Marine Le Pen et largement devant l’homme qui marche avec tout le monde et le châtelain de Sablé sur Sarthe. Malheureusement, c’était un poisson d’avril.

 

Récemment, Hamon a Fortement décroché dans les sondages aussi un désistement pour éviter une humiliation et permettre à la « gauche » de revenir dans le peloton de tête et de lui donner une chance de gagner, ce pourrait être une solution. Mais c’est impossible pour des raisons à la fois politiques et financières. Ainsi pour les 2 millions d’électeurs socialistes qui ont voté à la primaire ce serait une trahison. Pour le PS, ce serait une n-ième trahison après celle de Valls et des autres, et l’avenir du PS, s’il en a encore un, serait plus que compromis. Mais la principale raison rendant le désistement impossible est financière, s’il y a retrait il n’y a plus de remboursement des frais de campagne par l’état ce qui ruinerait définitivement le parti socialiste.

 

De plus si les programmes des deux candidats présentent de nombreux points de similitudes comme l’avènement d’une 6éme république, la reconnaissance et la prise en compte du vote blanc, l’abrogation de la loi travail, la légalisation du cannabis, etc.,  ils restent néanmoins très éloignés sur l’Europe. L’un, Mélenchon, ne veux plus de l’Europe actuelle se méfiant des allemands, il veut sortir des traités européens. Il est contre « l’Europe de la guerre », mais pour « l’Europe de la paix », prêt à renégocier certaines frontières avec Poutine et par ailleurs, il n’accepte pas la règle des 3 % de déficit à ne pas dépasser.

 

A l’inverse, Hamon s’engage à respecter la règle des 3 %, et il veut mettre en place une véritable stratégie de coopération européenne dans le domaine de la défense. Ils sont quand même tous les deux pour une suspension provisoire du CETA et contre le TAFTA; mais alors que l’un veut tout casser, l’autre propose une négociation progressive des traités, avec un plus pour Hamon qui propose la mise en place d’un salaire minimum européen qui règlerait le problème des travailleurs détachés.

En bref ils ne sont pas d’accord et malgré les efforts de Benoît Hamon, ils sont donc loin de se réconcilier. Advienne que pourra !

Quel avenir pour l’université, rose ?

25 mars 2017

 

 

Les 5 principaux candidats à la présidentielle, ceux qui ont débattu récemment à la télé, n’en ont pas vraiment parlé car ce n’est pas, pour eux ni pour les journalistes animateurs, un thème important de la campagne électorale. Aussi c’est dans leur programme qu’il faut aller chercher des informations sur les orientations, les moyens et les objectifs en direction du milieu universitaire.

Si tous les candidats (vœux pieux) proposent de développer l’enseignement supérieur et la recherche, la méthodologie proposée par chacun est bien différente.

 

Pour Mélenchon, c’est la rupture avec l’abrogation de la LRU et des lois Pécresse et Fioraso (enfin !) un doublement du budget en cinq ans, la suppression de l’ANR et de l’HCERES (bravo!), le recrutement de 5000 personnels avec un plan de titularisation des précaires et la suppression des primes au mérite,

Il propose aussi L’intégration des grandes écoles aux Universités (pas facile), une réduction des charges d’enseignement et une formation à l’enseignement des enseignants chercheurs au cours de leur thèse (judicieux mais seulement pour ceux qui deviendront MCF), un statut d’élèves-fonctionnaires pour former les enseignants du primaire et du secondaire et enfin rendre l’accès libre à toutes les publications scientifiques des universitaires (enfin).

 

Avec Fillon c’est bien différent les mots clefs sont : toujours plus d’autonomie et mise en concurrence des établissements en les divisant en quelques Universités de haut niveau orientées recherche (pour les meilleurs !) et la majeure partie transformées en Universités de proximité (pour les autres, les moins bons !) au service du tissu économique régional. Avec une augmentation des droits d’inscription surtout en master accompagné d’une sélection (des meilleurs encore !) à tous les niveaux (il a du être très brillant lors de ses études ! faut voir ?). Pour les enseignants chercheurs, c’est non seulement une modulation des services mais aussi des salaires, avec comme objectif le remplacement des fonctionnaires par des contractuels plus à la botte de la hiérarchie. La politique de recherche va dans le même sens avec une relance de l’ANR afin de ne financer que les meilleures équipes. Seul point positif une revalorisation des traitements des maîtres de conférences débutants.

 

Pour l’enseignement supérieur et la recherche, chez Marine, c’est un astucieux mélange de démagogie et d’autoritarisme avec comme chez le précédent une sélection renforcée tout en maintenant un accès de droit à l’université pour tout bachelier ! Par contre on y trouve une défense de l’enseignement en langue française (ce qui pour moi serait plutôt positif) même si derrière se cache un nationalisme exacerbé. Au niveau de la recherche, les laboratoires seront évalués de façon drastique tous les 5 ans  afin de renouveler ou de réduire leur financement et le rôle de l’ANR sera renforcé. Le système des grandes écoles sera maintenu mais en se rapprochant de la recherche universitaire (encore un vœux pieux!). Concernant le statut des EC elle propose une revalorisation de leur point d’indice et le maintien du statut de fonctionnaire avec des heures supplémentaires défiscalisées et majorées, mais avec une modulation des services suite à une évaluation de l’activité de chacun par le CNU, voire une reconversion (dans la politique ?) pour les EC n’ayant rien publié depuis plusieurs années. Par contre pour les étudiants pas d’augmentation des droits d’inscription afin de maintenir l’égalité républicaine.

 

Pour les Universités comme pour le reste, Macron comme prévu picore à gauche et à droite mais surtout à droite. Il veut donner aux présidents d’universités une autonomie réelle et concrète avec la liberté de recruter comme tout chef d’entreprise. Partisans d’un nouveau modèle de gouvernance avec un recrutement des dirigeants suivant des normes internationales (inquiétant), de nouvelles procédures d’évaluation seront mises en place avec, en fonction du bilan, un financement modulé des Universités (vers le bas, bien sûre). Faire de la recherche une priorité nationale et de la France le pays de l’excellence en développant des Universités de niveau mondial et en finançant des projets qui privilégient « la prise de risque et la recherche à la frontière de la connaissance » (c’est bien dit, mais très abstrait !). La France deviendra ainsi le leader mondial de la recherche sur le réchauffement climatique et la transition environnementale (ah bon !). Il s’engage à sanctuariser le budget de l’ESR mais avec diversification des sources de financement (qu’est ce que cela cache ?). Enfin en direction des étudiants, il veut construire des logements en quantité suffisante afin de leur fournir de bonnes conditions de travail sans oublier les bourses au mérite pour ceux qui auront obtenu une mention très bien au baccalauréat (tant pis pour les autres).

 

Avec Hamon c’est un milliard d’euros par an pour l’enseignement supérieur et la recherche (là c’est du lourd !), il se propose de créer 7 500 emplois et d’augmenter le salaire de 10 % des débutants. Original, il veut supprimer les cours magistraux en amphithéâtre en L1 (c’est couteux !). Comme les autres il prévoit de construire 60 000 logements étudiants et ils pourront aussi bénéficier du revenu universel d’existence ce qui leur permettra de se consacrer pleinement à leurs études (au lieu passer plus de temps à travailler au MacDo qu’à l’université !). Il propose de réformer en profondeur le premier cycle universitaire en remettant en place un tronc commun facilitant les passerelles. Pour le personnel enseignant il prévoit de réduire la précarité et de revaloriser les carrières (il est temps !).

 

Pour conclure, un seul point commun, ils veulent tous relancer le bâtiment, c’est à dire,  la construction de résidences universitaires. A partir de là, sur l’unique critère de la défense de notre système universitaire, qui croire, qui soutenir, pour qui voter ? J’ai fait mon choix, à vous de faire le vôtre sur la base de ces quelques informations.

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