Macron fait rire, mais jaune

17 septembre 2017

 

En proposant au propriétaire de baisser leur loyer de 5 euros pour compenser la baisse des APL, Macron nous a bien fait rire, mais par contre sûrement rire jaune les dits propriétaires. Depuis des lustres cette aide financière aux locataires les plus démunis va directement dans la poche des propriétaires et ceci au frais des contribuables; aussi l’investissement dans le logement étudiant est un placement rentable. 

Ces aides au logement sont automatiquement inflationnistes, les deux choses étant liées, lorsque les aides augmentent les loyers aussi suivant le principe des vases communicants. Il a eu l’idée géniale de faire payer la connerie de son gouvernement  (les fameux 5 euros enlevés sur les aides au logement des plus pauvres, c’est lui qui l’a dit)  de son gouvernement à ses administrés en demandant aux bailleurs de contrer cette mesure en baissant leur loyer. Il fallait y penser, mais pas sur que cela va faire un succès chez les nantis qui l’ont élu. 

Après avoir voté pour Macron, ce ne doit pas être ainsi qu’ils envisageaient le changement et ils doivent s’en mordre les doigts (référence à une blague qui circule actuellement sur les réseaux sociaux) doivent préférer la disparition partielle de l’ISF. Toutefois le niveau financier entre ces deux mesures n’est pas tout à fait identique, la première, mesure anti pauvres, 5 € de moins multiplié par 6 millions de bénéficiaires ça va faire dans les 3O millions d’euros par mois de ressources pour Bercy alors que pour l’ISF le coût de cette mesure, pour l’état et au bénéfice des 3400 familles les plus riches, est estimée à 3 milliards d’euros par an, on ne joue pas dans la même cour ! Une différence d’un facteur 10 au moins entre les deux mesures sauf que le première dont le but est de boucler des trous budgétaires afin de ne pas dépasser les fameux 3% pour 2017 sera effective dès octobre prochain; l’autre mesure (la modification de l’assiette de l’isf) qui grèvera fortement le budget de l’état ne prendra effet qu’en 2018. D’ici là advienne que pourra !

Et voilà qu’il en remet une couche en envisageant de réduire de 60 euros les APL des habitants des HLM avec en contrepartie une baisse équivalente des loyers par les bailleurs sociaux au détriment de leurs activités. Le gouvernement parle de plan logement on croit rêver, en faisant  2 milliards d’euros d’économies sur le dos des bailleurs sociaux cela ne va réduire les capacités d’intervention des offices HLM et aura des effets secondaires sur l’entretien des bâtiments et donc sur les activités de ce secteur industriel. Comme par hasard le secteur locatif privé est épargné alors que l’état y dépense encore plus d’APL que les propriétaires confisquent souvent à leur profit en augmentant le loyer des minuscules studios loués dans certaines villes universitaires où la demande est forte à des prix astronomiques. Il serait pourtant simple de conditionner le versement des APL à un loyer plafond en le modulant en fonction des villes.

 

 

SÉLECTION À L’UNIVERSITÉ, MACRON VA-T-IL L’OSER ?

10 septembre 2017

Il faut bien reconnaître qu’il y a un problème, certaines formations comme le STAPS ou la Psychologie attirent massivement les bacheliers qui viennent d’obtenir le baccalauréat, ce fameux sésame qui leur ouvre les portes des universités. Toutefois l’université n’est pas une caverne d’AliBaba, les portes sont parfois étroites car les possibilités d’accueil sont limitées entre autres pour des raisons financières ; pour pasticher Rocard : «on ne peut pas accueillir toute la richesse (intellectuelle) du monde ». Et pourtant c’est ce que l’on faisait jusqu’à une époque récente. Sans aller jusqu’à dire comme l’un de nos anciens président visionnaire analysant cette situation : »il y a de la lumière et c’est chauffé », il y a quand même un problème d’accueil.

 

Face à l’injustice du tirage au sort, il faut trouver une solution.  Un certain nombre d’étudiants s’inscrivent dans des filières qui vont les mener à l’échec car ils n’ont pas acquis antérieurement les connaissances indispensables leur permettant de suivre avec succès la première année de licence. Ainsi il parait évident qu’un bachelier qui n’a jamais suivi de cours de biologie au cours de sa scolarité dans le secondaire suivra difficilement en première année de STAPS à moins de faire un énorme effort de recyclage pendant l’été. Dans ces conditions il serait judicieux de lui déconseiller cette inscription même s’il est très bon en sport ! Pour suivre et réussir dans cette formation il faut en effet combiner la tête et les jambes comme dans un jeu télévisé ou avait brillé un futur premier ministre (pas Fillon, rassurez vous !).

 

Le nouveau premier ministre s’est engagé à ce que le tirage au sort disparaisse lors de la prochaine rentrée Universitaire, mais pour empêcher les bacheliers de postuler dans une filière saturée, la seule solution c’est la sélection. Un terme que se gardent bien de prononcer nos dirigeants car il met aussitôt les étudiants dans la rue, ce que craignent tous les gouvernements. Aussi, dans les discours récents sur ses projets pour l’université,  Macron se garde bien de l’utiliser. Plus de tirage au sort à la dernière minute, mais une information/orientation sous forme d’un « contrat de réussite » leur indiquant les pré-requis indispensables dans la filière choisie. Cela devrait permettre d’éliminer en douceurs et sans douleurs certains bacheliers de certaines filières, voire de l’université, mais que faire des exclus ? Il faudra y réfléchir.

Derrière cela se profile l’augmentation des droits d’inscription (la sélection par l’argent comme dans les pays anglo-saxons pour ce gouvernement pro-riches, ce pourrait être une solution) cela fonctionne bien dans ces pays, ruinant les parents pour ceux qui en ont ou obligeant les étudiants à s’endetter pour longtemps. Ce serait navrant, bien que cela existe déjà dans le privé au niveau de certaines formations. Toutefois, il est temps que la sélection par l’échec en première année d’université, qui fonctionne avec succès (si l’on peut le dire ainsi) depuis bien longtemps, disparaisse.

Je pense que le baccalauréat, éventuellement partiellement réformé en donnant plus d’importance au contrôle continu et dont le jury est présidé par un universitaire, doit rester la porte d’entrée à l’université. Mais il faudrait compléter la vérification de l’obtention du bac par l’administration par un examen des notes obtenues par le futur étudiant en première et en terminale et les comparer aux exigences définies par les Universités en fonction des filières choisies. Ce contrôle ou plutôt (évitons les mots qui fâchent) cette orientation pourrait avoir lieu lors des jurys de bac. Du coup la présence d’un membre de l’enseignement supérieur, qui seul est  autorisé à consulter les livrets scolaires des candidats bacheliers, qui jusqu’ici ne servait pas à grand chose servirait enfin vraiment à quelque chose !  Cela risque d’être lourd à gérer mais dans la mesure où je ne risque plus de présider un jury de bac je peux me permettre de faire une telle proposition ! 

Les vacances de Macron

3 septembre 2017

Par rapport à ses prédécesseurs, il l’a joué fine. Plutôt que de faire le « bling bling » sur un yacht de milliardaire ou aller au bord d’un lac américain pour milliardaire comme son prédécesseur ou dans les demeures de la république sur la Côte d’Azur à Brégançon voire à l’ile Maurice comme celui d’avant, il a choisi de passer ses courtes vacances dans une ville populaire. A Marseille, chez le préfet mais quand même dans une résidence de la république très haut de gamme au Sud de la ville dans un quartier très huppé, chez les riches rassurez vous, pas dans les quartiers Nord rongés par le chômage et la précarité.

C’est très malin, aller taquiner, pas le goujon, mais le Mélenchon sur ses nouvelles terres, jouer au foot avec les joueurs de l’OM (son club de foot préféré), rencontrer les ouvriers des chantiers navals sur le vieux port, visiter le château de Marcel Pagnol, plein de cartes postales montrant qu’il est actif et proche des français. 

En limitant et en maîtrisant son exposition médiatique (il a porté plainte contre un photographe trop entreprenant !) au détriment du principe fondamental de la liberté de la presse, peu photographié donc peu présent dans les journaux, il laisse à croire qu’il mélange travail et loisirs et donne ainsi l’exemple à la fois à ses ministres et à l’ensemble des français donc du buzz mais positif.

Il veut voir tout le monde au boulot dés la rentrée. Chirac et Sarkozy étaient des adeptes des grandes vacances à l’étranger, le Maroc pour le premier, les USA pour le second donc loin de Paris;  Macron a choisi d’inverser la tendance après avoir imposé à ses ministres de rester à moins de 2h de la capitale, il est lui même resté à proximité du boulot mais plutôt que de s’emmerder à Brégançon comme Chirac et de se montrer à la fenêtre dans le plus simple appareil (ce qui avait fait le buzz à l’époque car il y avait des photographes et lui il les aimait !) il a préféré aux bains de mer, les bains de foules « En Marche » dans la cité phocéenne. C’est un bon coup de com’,  c’est  sûrement ça le changement !

Loi travail, c’est pas du boulot !

28 août 2017

Cela a du le travailler pendant toutes les vacances, mais maintenant après avoir beaucoup marché, il arrive au bout du chemin; Macron va devoir promulguer sa loi travail dernière version, par ordonnance, donc sans consulter les élus de la république et sans débat parlementaire. La loi d’habilitation ayant été votée en juillet, il a les mains libres, toutefois ce n’est pas encore un pouvoir absolu; concernant ces ordonnances, le président a juste le pouvoir de les signer et donc de décider de leurs applications ou bien de les refuser. Mais pour être transformées en loi, l’ordonnance doit quand même être ratifiée par le parlement et les sénateurs. Si l’ordonnance n’est pas ratifiée, elle n’aura que valeur de décret et non de loi. Ce n’est donc pas gagné.

Le contenu des ordonnances sur la loi travail est actuellement présenté aux partenaires sociaux en commençant comme par hasard par le Medef, le plus facile et en se poursuivant par les autres syndicats sûrement moins conciliants, encore que FO… Suite à ces négociations, s’il y en a, le document final sera présenté fin août et adopté définitivement le 20 septembre. Mais entre ces deux dates il y aura très certainement une forte opposition dans la rue, le 12 pour la CGT et le  23 septembre pour la France insoumise, du moins on peut l’espérer.

Si l’on prend en compte le mécontentement des maires avec la suppression de la taxe d’habitation, la baisse de 300 millions d’euros de la dotation de l’Etat aux collectivités locales décidée de façon unilatérale en juillet, (il n’y a pas de petites économies quand on veut à tous prix respecter les 3 %) et, cerise sur le gâteau, le non renouvellement d’une partie des contrats aidés à quelques jours de la rentrée scolaire, de quoi vraiment fâcher les maires, ce gouvernement Marche, mais sur des œufs et il est loin de faire l’unanimité ou alors de plus en plus contre lui.

Est-ce astucieux quand on sait que le 24 septembre il y a des élections sénatoriales avec un renouvellement pour moitié (170) des sièges, car qui vote sinon les maires ou du moins leurs représentants. Du coup on ne peut pas accuser Macron de clientélisme, mais plutôt d’inconscience. Si l’on rajoute le mécontentement des étudiants et de leurs syndicats avec la baisse des APL et les difficultés d’accès dans certaines filières des universités mal résolues par un tirage au sort, c’est la fin de l’état de grâce comme le confirme les derniers sondages de l’IFOP avec un chute de 24 points de popularité pour Macron sur juillet/août, la rentrée risque d’être très très chaude.

Parti de rien, mais arrivé au sommet !

21 août 2017

« L’argent appelle l’argent », pour une fois cette sentence africaine ne se vérifie pas. A sa création le parti d’Emmanuel Macron est parti de rien (sans argent) d’autant plus que les adhérents n’ont pas payé de cotisations. Pourtant parmi les candidats à la présidentielle, c’est Emmanuel Macron qui a le plus dépensé d’argent pour sa campagne électorale. Plus de 16 millions d’euros, c’est le plafond autorisé. Il devance donc les candidats des partis bien établis dont les ressources financières sont connues car ils touchent des financements publics et leurs adhérents payent une cotisation souvent conséquente.

Par contre, « En Marche » n’ayant pas d’élus ne touchait pas de financement publique, sa seule ressource étaient les dons de ses sympathisants (limités à 7500 €). Aucune entreprise n’a théoriquement pas financé ce nouveau parti car c’est interdit par la loi. Grâce aux dons des particuliers, il aurait ainsi récupéré la moitié de la somme dépensée et l’autre moitié aurait été empruntée par le candidat à titre personnel sans cautionnement et sans garanties (attitude rare chez les banquiers, mais pour Macron la banque c’est un peu sa famille).

Dans la mesure où l’état devait lui rembourser presque la moitié de ses frais de campagne à condition de dépasser les 5 % de voies, face aux prévisions des instituts de sondage, le risque n’était pas bien grand pour les banquiers; pour valider ce prêt à titre personnel, les assureurs ont quand même exigé un test d’effort, il a du pédaler un maximum car comme disait Raffarin « la route est droite, mais la pente est forte ». 

Toutefois l’argument de Macron lors de sa campagne : «Chez moi on ne vit pas du contribuable » reste douteux car tous les dons qu’il reçoit ou qu’il a reçu sont, comme pour les autres partis politiques, au moins en partie déductibles (66% du revenu imposable) donc indirectement, c’est l’état qui finance au détriment des impôts sur le revenu.

Depuis, suite aux élections législatives, son parti est blindé pour les cinq prochaines années, c’est pourquoi les adhésions vont continuer à être gratuites. Maintenant, il est président à seulement 39 ans, le plus jeune président de la république de l’histoire, le précèdent, c’était Louis Napoléon Bonaparte en 1848 (il avait 40 ans), cela ne nous rajeunit pas et on sait comment cela a fini… Pourvu que le notre ne suive pas ce modèle et n’ai pas l’ambition de devenir empereur !

L’inquiétude, c’est l’incertitude sur sa pratique présidentielle encore qu’après trois mois de Jupiter on a un petite idée. Il va difficilement être le président de tous les français compte tenu d’une popularité assez faible, il n’a été élu que par moins de 44 % des inscrits et encore beaucoup n’ont voté pour lui que par défaut; son indice de satisfaction ne cesse de s’amenuiser moins de 36 %, plus faible que celui de ses prédécesseurs au même stade, du en partie aux nombreux cafouillages entre lui et son gouvernement. Jupiter va devoir redescendre sur terre, même s’il soigne son image un jour, déguisé en boxeur, un autre jour en sous-marinier le lendemain en aviateur (style Top Gun) ou pire encore, en vacances à Marseille faisant du jogging avec un maillot de l’OM, il est de moins en moins crédible; aurait-il des choses à cacher, ce qui expliquerait ce goût du déguisement ? Faire le clown à la télé comme ses homologues américain ou russe, ce doit être une mode chez les nouveaux maîtres du monde, mais c’est navrant !

Migrants, le double discours du Président !

14 août 2017

 

Emmanuel Macron veut faire disparaître définitivement l’immigration, mais rassurez vous  seulement la pauvre, celle des sans papiers, des illégaux, des clandestins. L’autre, celle des riches et des diplômés qui arrivent en avion (pas à la nage !), avec un visa en bonne et due forme, et qui de ce fait vont pouvoir légalement obtenir un titre de séjour sera maintenue, on est rassuré. Les pauvres, qui se maintiennent dans la clandestinité depuis longtemps ou qui ont récemment affronté la traversée du Sahara et de la Méditerranée (nouveau cimetière marin) au risque de leur vie ne sont pas les bienvenus.

D’après le chef de l’état, très peu sont des réfugiés politiques par contre la plus grande partie sont des réfugiés économiques et il est décidé à enrayer à lui tout seul donc à l’initiative de la France ce mouvement migratoire. Son idée est de mettre en place dans certains pays africains des centres de tri afin de ne laisser passer que les réfugiés qui peuvent prétendre à bénéficier de la convention de Genève dans la mesure où ils sont en insécurité dans leur pays d’origine.

Les autres migrants, dits économiques, fuyant la pauvreté qui viennent manger le pain des français (comme disait si justement Fernand Raynaud dans un de ses sketchs fameux!) Macron n’en veut pas ! Il propose de les dissuader de poursuivre leur voyage et de les renvoyer dans leur pays par la contrainte ou encore de les retenir sur place comme cela se pratique actuellement en Turquie.

En quelque sorte externaliser le problème, loin de nos frontières, en confiant, contre finances comme l’Allemagne, à des pays tiers la prise en charge du tri, des retours ou de la rétention des réfugiés, c’est le projet d’Emmanuel Macron. D’un autre côté, dans un discours récent, au niveau de l’hexagone, il s’engage : « Plus personne dans la rue », « Loger tout le monde dignement », « Des centres d’hébergement partout » et tout cela d’ici la fin de l’année ! Une nouvelle fois, plein de promesses, mais irréalisables car le système d’accueil est saturé et les futurs places d’hébergements ne seront pas ouvertes avant 2018 d’après le premier ministre qui semble une nouvelle fois ne pas jouer la même partition que son président !

Lors d’une conférence de presse avec Angela Merkel, Emmanuel Macron avait pourtant déclaré : « Nous devons accueillir tous les réfugiés car c’est notre tradition et notre honneur » depuis il semble s’être rapproché de la tendance Rocard : «La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde » !

Pas de pot pour le bio !

7 août 2017

 

 

 

Alors que son prédécesseur, Stephane Le Foll, l’ancien ministre de l’agriculture avait prévu de doubler les aides à l’agriculture biologique, le nouveau ministre, encore un Stéphane, mais de Travert cette fois, décide de geler les aides à la production du bio. Le gouvernement Macron a fait un choix celui de l’agriculture productiviste donc de l’agrobusiness, on s’en doutait un peu.

On n’est pas à un travers près, alors que le secteur bio est en pleine expansion (plus de 20 % par an) et que le pays doit importer du bio face à une production nationale insuffisante pour apurer les demandes des consommateurs, cette politique est désastreuse. Du coup les agriculteurs bio sont en colère, ils l’ont en « Travert » de la gorge, si l’on peut dire ! La FNAB (fédération nationale d’agriculture biologique) s’inquiète fortement face à la décision du ministre de ne prévoir aucun budget pour l’aide au bio dans les trois prochaines années. Alors que l’espoir des agriculteurs bio était le transfert d’une petite partie  des subventions de PAC vers l’agriculture biologique, c’est la déception.

Cela contredit les promesses de campagne du président sur l’introduction du bio dans les cantines scolaires et témoigne d’un manque de courage politique vis à vis de l’agro-chimie. Actuellement seulement 2 % des aides européennes agricole affectées à la France sont versées aux paysans bios alors qu’ils cultivent plus de 5 % de la surface agricole utile. Cherchez l’erreur !

 Comme depuis des lustres, ce sont à nouveau les intérêts de la toute puissante FNSEA qui passent devant l’intérêt général, bravo pour le changement. D’un côté le gouvernement en soutenant l’agriculture industrialisée fait la part belle à la mal bouffe et de l’autre en organisant les États Généraux de l’Alimentation, il propose un Grenelle de la reconstruction alimentaire, c’est contradictoire.

 L’un des chantiers de ces états généraux qui se déroulent actuellement porte sur la promotion d’une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous. C’est ambitieux mais les travaux sur ces thèmes sont seulement prévus à la rentrée, à partir de septembre, donc après les récoltes !  Tous les citoyens peuvent y participer et donner leur avis en se connectant sur le site du ministère ( https://www.egalimentation.gouv.fr) dans le cadre d’une expérience de démocratie participative, soit disant inédite et révolutionnaire si l’on écoute le ministre. Belle application de la formule bien connue : la démocratie, c’est cause toujours et la dictature, vers laquelle on va gentiment avec Jupiter, c’est ferme ta gueule ! Bon courage !

Tout sur la spiruline pour ceux qui ne l’ont pas lu

7 août 2017

 

Plus de 50 000 lecteurs c’est un succès !!!

La spiruline sera-t-elle l’aliment miracle du XXIᵉ siècle ?

21 juillet 2017, 01:24 CEST

De la spiruline. Nouchkac/Pixabay

Auteurs

  1. Gérard Tremblin est un(e) ami(e) de The Conversation

    Professeur de biologie végétale émérite, Le Mans Université

  2. assistant ingénieur biologie, Le Mans Université

Une prise de conscience a beau se développer en Occident sur la surconsommation de viande, l’agro-industrie n’en met pas moins en place des fermes de mille vaches : il serait ainsi opportun de penser à diversifier nos sources de protéines.

Au début du XXe siècle, des scientifiques avaient déjà tenté de produire de façon industrielle des protéines à partir de micro-organismes. Deux candidats furent retenus : une levure et une micro-algue verte, la chlorelle. Si les essais sur la levure ont été rapidement abandonnés, les chlorelles, dont l’avantage principal est de n’avoir besoin pour se développer que d’un peu d’air, d’eau, de soleil et de quelques minéraux, sont toujours produites industriellement. Mais, c’est un autre micro-organisme, la spiruline, qui domine actuellement le marché.

Consommée depuis des millénaires

Traditionnellement consommée depuis des millénaires en Afrique, la spiruline fait toujours partie de l’alimentation des peuplades présentes autour du lac Tchad qui l’utilisent sous forme de « Dihé » (une sauce à la spiruline). En Amérique du Sud, des recherches bibliographiques ont montré que les Aztèques consommaient du « Tecuitlal » ou galette de spiruline dans les environs du lac Texcoco, près de Mexico.

En milieu naturel, sa croissance est rapide grâce à son activité photosynthétique intense qui lui permet de coloniser les mares salées et alcalines et, ainsi, d’éliminer les espèces concurrentes. On rencontre naturellement de la spiruline dans tous les sites lacustres peu profonds des régions tropicales ou subtropicales où vivent des flamants roses : ces derniers sont à la fois des fertilisateurs (leurs excréments apportent de l’azote dans les bassins naturels qu’ils colonisent) et des vecteurs (ils transportent la spiruline lors de leurs migrations).

Plusieurs espèces

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Filament de spiruline ou trichome. B. Moreau, CC BY

Sous le microscope, la spiruline apparaît sous forme de petits filaments pluricellulaires de couleur bleu vert et plus ou moins spiralés (d’où son nom). Avec le développement des connaissances, la dénomination plutôt commerciale de spiruline a été remplacée par le nom de genre Arthrospiraavec deux espèces principales : Arthrospira platensis, originaire d’Afrique et Arthrospira maxima originaire Amérique centrale et de nombreuses variétés.

Abusivement classées parmi les microalgues, les spirulines sont en fait des cyanobactéries.

Dès les années 1970, la culture de la spiruline s’est développée avec un objectif humanitaire : produire des protéines de façon non conventionnelle afin de lutter contre la malnutrition. La spiruline, par sa richesse en protéines, sa forte teneur en vitamine B12 et la présence d’un précurseur de la vitamine A permet de lutter en Afrique contre la xérophtalmie (cécité infantile). Mais, rapidement, les industries agro-alimentaires et cosmétiques ont été très intéressées par l’un de ses composés, la phycocyanine. Cette protéine pigmentaire est abondante dans les cellules de spiruline et c’est l’unique colorant bleu intense qui soit naturel et comestible. Il est commercialisé sous l’appellation « Linablue ». Ainsi, la plus grande part de la production actuelle de spiruline est destinée au marché de la diététique des nations les plus riches. Sa richesse en protéines (plus de 60 %), en acides aminés essentiels, en vitamines (en particulier, le complexe des vitamines B), en acides gras poly-insaturés, en minéraux, en oligo-éléments, et en phycocyanine en fait un complément alimentaire remarquable par ses propriétés anti-inflammatoires, anti-oxydantes, anti-tumorales et immuno-protectrices.

Comment la cultiver et à quel prix ?

La spiruline se cultive facilement au laboratoire dans un photobioréacteur (ci-dessous), et se développe rapidement car ses performances photosynthétiques (qui ont été mesurées et comparées à celles d’autres espèces, il y a quelques années dans notre laboratoire) sont nettement plus élevées que celles des autres microalgues.

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Dispositif automatisé de culture en continu de spirulines. Sur l’image, la source de lumière (des leds blanches) et le cryothermostat permettant de réguler la température ne sont pas présentés. B. Moreau, CC BY

En conditions industrielles, la spiruline est cultivée le plus souvent dans des bassins de type race way ou piste de course dans lesquels une circulation du milieu est assurée par des roues à aube.


Bassin de type race way sous serre permettant de cultiver des spirulines en Anjou. B. Moreau, CC BY

Dans les pays en voie de développement, le coût de la spiruline utilisée par les ONG pour lutter contre la malnutrition de la population locale est minime. Par contre, dans les pays économiquement développés, le prix de la spiruline est bien plus élevé car la demande est forte, ce qui en fait une culture très rentable pour les industriels. Elle est commercialisée comme complément alimentaire sous différentes formes : paillettes, poudre, comprimés ou gélules.


La spiruline à l’état naturel après séchage est commercialisée sous différentes formes. B. Moreau, CC BY

À l’échelle mondiale, la spiruline est essentiellement produite par des grosses compagnies (Siam Algae Company à Bangkok, Earthrise Farm aux États-Unis ou Cyanotech Corporation à Hawaï). Cependant, la production la plus importante est chinoise et fournit plus de 50 % de la spiruline commercialisée. Pourtant, les conditions de production ne sont pas toujours satisfaisantes et le produit fini est souvent de qualité nutritionnelle médiocre et présentant parfois une contamination aux métaux lourds.

La production mondiale est actuellement estimée à un peu plus de 5 000 tonnes par an. Cependant, le marché est loin d’être saturé et elle devrait encore s’intensifier et atteindre le million de tonnes dans les années à venir. En Europe, et plus particulièrement en France, plus de 150 sociétés produisent et/ou commercialisent de la spiruline : Alpha-biotechAlgosudSpiruline de ProvenceSpiruline d’AnjouAlgocorp, etc. La Fédération des Spiruliniers de Franceforme et aide les producteurs à valoriser leurs produits dans le respect d’une charte commune de bonnes pratiques culturales.

Ses utilisations

Les applications de la spiruline en Europe sont nombreuses :

  • Dans le domaine de la diététique : La spiruline est utilisée comme complément protéique bénéfique pour la santé, comme coupe-faim lors des régimes. Grâce à son effet revitalisant, elle aide à surmonter la fatigue après une convalescence. Appréciée des sportifs de haut niveau qui l’utilisent comme aliment ergogénique, elle améliore les performances et réduit la fatigue musculaire.
  • En alimentation humaine : Pour la FAO et L’Unesco comme pour la Chine, la spiruline serait l’aliment miracle du XXIe siècle. En France, ce n’est qu’en 1984 (soit 10 ans après les États-Unis) que le CSHP (Conseil Supérieur Hygiène) a donné un avis favorable à son utilisation en alimentation humaine. Depuis, on trouve de la spiruline incorporée dans un certain nombre de produits alimentaires (des nouilles, des chewing-gums, des glaces, des boissons, des sucreries, etc.).
  • En alimentation animale : On ajoute de la spiruline dans la ration alimentaire des bovins en élevage intensif pour éviter les carences, et on l’utilise aussi pour nourrir les poissons d’aquarium, les oiseaux en cage, etc.
  • En cosmétologie : Sous forme de crème, les extraits de spiruline améliorent la souplesse et l’élasticité de la peau grâce à son action stimulante et régénérante sur le collagène et l’élastine et limite de ce fait l’apparition des rides. De plus, elle freine le vieillissement de la peau grâce à ses propriétés antioxydantes dues à la présence de vitamines A et E.

Cultiver sa propre spiruline dans sa cuisine ?

Un dispositif en cours de réalisation (développé par la société Alg&You) consiste à cultiver la spiruline dans sa cuisine dans une « phytotière », l’équivalent d’une yaourtière, mais à la lumière, et ainsi de pouvoir consommer sa propre production.

En attendant d’en produire chez vous, il est maintenant facile de s’en procurer dans les commerces bio ou sur Internet. Toutefois, dans la mesure où, pour les cultiver, il faut leur fournir de l’azote sous forme de nitrates ou d’urée, la spiruline ne répond pas, pour le moment, aux normes des produits issus de l’agriculture biologique. Aussi la présence du logo sur certains flacons est usurpée.

Il est navrant de constater tout le travail de mise au point des cultures, effectué dans les années 1970 par l’humanitaire et scientifique américain Ripley Fox et ses collègues, profite davantage aux producteurs occidentaux qu’aux populations mal nourries auxquelles il était initialement destiné. Heureusement, quelques ONG comme Antenna Technologies, Technap, Targuinca, Unis vers la vie Spirumann, Les carrefours de la spiruline, etc., ont pris le relais.

La spiruline reste la meilleure source de protéines au monde. Avec une concentration en protéines trois fois supérieure à celle de la viande de bœuf, un taux de digestibilité exceptionnel et la présence des huit acides aminés essentiels, elle prendra sa part parmi d’autres sources non conventionnelles de protéines afin de nourrir la population de la planète dans les années à venir.

Tout est bon chez le Macron

30 juillet 2017

Tout au moins c’est ce que pensent ses militants, mais pour  aimer  le macron, il faut suivre ses ambitions dont la principale est de revenir aux fameux 3 % de déficit publique par tous les moyens. Théoriquement, si on l’écoute, le premier ministre  va maintenir les  3% sans augmenter les impôt mais en faisant des économies, mais sur qui et sur quoi ?

Nous avions déjà quelques pistes au niveau de l’armée et des universités, mais il a eu une nouvelle idée, raboter les APL de 5 euros par mois dès septembre, déjà que leur montant n’avait pas suivi l’évolution du prix  des loyers et des charges depuis plus de 15 ans. Cette allocation attribuée sous conditions de ressources avait du être recentrée vers les foyers les plus pauvres mais de plus en plus nombreux puisque encore attribuées à plus de 6 millions de ménage et surtout à plus de 800 000 étudiants qui vivent dans l’opulence, c’est bien connu. Dans les projets de Macron, Il était prévu de protéger les plus aisés et de taper sur les classes moyennes, mais là c’est au-dessous de la ceinture qu’il frappe car ce sont  les plus pauvres qui sont sanctionnés. Il est plus enclin à soutenir le CAC 40 que les nécessiteux.

Déjà, que pour ce gouvernement un retraité qui touche plus de 1 200 € est aisé et sera pénalisé par une CSG plus élevée. On craint le pire, nous les fonctionnaires retraités pensionnés par l’état, donc le maillon faible du système, sans moyens de pression, à la merci de ce gouvernement d’économistes, de comptables et de banquiers. 

Après mon ennemi c’est la finance, virage à 180 degrés avec Macron, c’est tout pour les investisseurs, ceux qui placent l’argent qu’ils ont en trop en actions ou en assurance vie et qui ne vont plus payer d’ ISF sur cette partie mobilière de leur fortune. Avec Macron, elle est pas belle la vie… des nantis !

Ça marche pour « En marche »

24 juillet 2017

 

Alors que le Parti socialiste et que les républicains vont être obligés de mettre en vente leurs sièges afin de rééquilibrer leurs budgets, le parti d’Emmanuel Macron va engranger plus de 100 millions d’euros sur 5 ans, de quoi voir venir. Ses militants qui avaient adhéré gratuitement vont pouvoir poursuivre leur activité militante sans avoir à débourser un centimes d’euros, ce qui n’est pas très courant dans les partis politiques et j’en sais quelque chose. Maintenir la gratuité, c’est astucieux et au lieu de voir fuir les adhérents qui ne veulent plus financer des partis dont ils ne sont  pas satisfaits, au contraire à LREM ils en ont pour leur argent, si je puis dire, et ne sont pas prêt d’être exclus pour non paiement de leurs cotisations.  

Par contre, dans les autres partis les militants vont disparaître, on compte ses sous et on vend les bijoux de famille. Du coup en marche devient le premier Parti de France en nombre d’adhérents et  à un tarif défiant toute concurrence, cela risque de durer longtemps. Le Parti politique gratuit c’est un nouveau concept qu’il fallait inventer, Macron l’a fait, très intelligemment, il faut le reconnaître. Advienne que pourra, mais dans ces conditions il est difficile d’évaluer l’engagement et la motivation des adhérents, ce n’est peut être pas le but. En Marche, venant de rien pour arriver nulle part, bientôt au bord du précipice, ils n’auront plus qu’à faire un pas en avant et le but sera atteint ! Mais pour l’instant, ce n’est pas tout à fait vrai car ils ont quand même réussi à investir l’assemblée nationale, maintenant majoritaire ils vont pouvoir faire la pluie et le beau temps, espérons que la météo nous sera favorable !

Mais si l’on suit l’actualité ce n’est pas toujours le grand beau fixe. Le nouveau premier ministre avec sa barbe noire est aussi sinistre que le précédent aux gros sourcils et à du mal à se conformer aux promesses de son président, tergiversant sur les dates de leurs mise en place  comme la suppression partielle de la taxe d’habitation repoussée puis avancée,  de la modification de l’impôt sur la fortune, etc. Par contre en ce qui concerne l’augmentation de la CSG dés janvier 2018, il semble que le calendrier soit maintenu et c’est bien dommage, on en demandait pas temps !

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